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23/08/2010

Curieuses pratiques de recherches scientifiques:

Les cancers sont, tous les spécialistes en conviennent, une terrible maladie dont les causes sont multifactorielles, et nous connaissons dans notre entourage familial, professionnels, amical ou relationnel des personnes qui en sont victimes ou qui luttent, dans un combat inégal, contre cette atteinte à leur intégrité physique et mentale. La défense contre les cancers est une mission essentielle de santé publique, et tout ce qui peut être fait dans ce domaine, doit être renforcé. Mais cette cause nationale bien identifiée et justifiée, ne doit pas servir des intérêts mal définis ou cachés, bien présents dans le texte de la brochure

Nutrition & Cancers :des connaissances scientifiques aux recommandations, lancée à grand spectacle par le ministère de la santé le 17 février 2009, destinée aux personnels de santé français, dont le résultat médiatique a été principalement, « consommer du vin est dangereux », « le premier verre peut conduire au cancer. »

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27/04/2010

Obésité, action publique et recherche scientifique

 

 

Un livre qui vient de paraître, sur les secrets de la nouvelle « malbouffe », un questionnement sur des yaourts produits, pour le marché international, par une grande marque française,des présidence institutionnelles par des chercheurs utilisant la notoriété de leur employeur pour accréditer l'injustifiable, des signatures sur un document officiel de grande diffusion, destiné au milieux médical, contesté par les spécialistes du secteur concerné, c'est l'actualité récente de l'alimentaire et de la nutrition. C'est ce qui émerge dans l'univers médiatique, se cantonnant souvent à l'écume des choses, et ne peut décrire les fondements scientifiques du travail de milliers de chercheurs présents dans leurs laboratoires, bureaux, ou d'autres espaces adaptés à leur recherche.

Mais c'est une réalité de certaines dérives, peut être inévitables, mais qu'il faut bien connaître pour en éviter le développement, et acheter de façon avertie dans la GD. (grande distribution)

Le livre c'est « Toxic Food » écrit par William Reymond, journaliste franco-américain traduit et publié en novembre 2009 par « Flammarion » « Enquête ».C'est un livre documenté et sérieusement référencé par des nombreuses notes de bas de page indiquant les études, articles scientifiques,adresses internet justifiant les propos tenu dans le corps du livre. Bien entendu la pandémie mondiale d'obésité sous tous ses aspects constitue la principale matière de l'ouvrage, montrant les responsabilités complexes qui conduisent inévitablement à son développement international. Il démontre aussi comment s'organise la défense des industriels et des produits coresponsables de cette catastrophe humaine. Les tensions et les tentations, en particulier financières qui existent, entre le recherche et l'industrie agro-alimentaire.

Un exemple parmi d'autres: Une directrice de recherche de l'INRA (réseau NACRE) est aussi présente dans plusieurs instances , présidente du Comité de Communication de l'Institut Français (IFN) interface entre les milieux scientifiques et l'agro-industrie, Nestlé, Danone, Kelogg's,Coca-Cola...., elle siège au Conseil Européen de l'information et de l'alimentation (EUFIC) dont les soutiens financiers s'appellent Barilla, Cargill, Coca-Cola, Ferrero, Unilever, Danone, Krast Food, Nestlé et des dizaines d'autres.. Pourquoi pas une interface entre les industriels de l'Agro-Alimentaire et les spécialistes de la nutrition ?? Mais il y a des doutes sur la résistance de certains scientifiques aux avantages, entre autres, pécuniaires.

L'association de consommateur américaine CSPI, réalise un programme « Integrity in Science » destiné à mettre sous surveillance médiatique des personnes plus sensibles que d'autres. C'est le cas de notre directrice de recherche INRA déjà mentionnée, qui a cosignée une synthèse bibliographique publiée par « The Américan Journal of Clinical Nutrition (AJCN) » en négligeant de révéler les liens financiers l'unissant à l'industrie de la boisson. Car notre directrice de recherche siégeait au sein de 'l'advisory board de McDdonald's. Par ailleurs ses travaux bénéficient de financements révélés par AJCN ,de « The Américan Beverage Association »dont les membres principaux sont Coca-Cola et Pepsi-Cola !!

Il ne faut pas s'étonner que notre directrice de recherche cautionne un article dans France Soir qui précise:

« contrairement à ce que l'on pourrait penser, les boissons rafraîchissantes sans alcool, en particulier les sodas, contribuent peu aux apports caloriques, et il n'y aurait pas corrélation entre ces boissons et la prise de poids ». (Conseils d'hydratation devant les médecins participants à la conférence du CREDOC le 20 mars 2008 à Paris.)

Le choix des termes utilisés pour élaborer le titre d'un article, la hiérarchie de l'information mise en avant, la volonté de transformer, voire travestir ce que peut comprendre le public, les relations ambiguës entre l'agro-industrie et certains scientifiques contribuent a troubler l'opinion publique, ce qui sert ses produits présent en Grande Distribution et faisant l'objet de grandes campagnes de communication. Mais trop c'est trop et il arrive que l'échec médiatique entraîne l'insuccès commercial. C'est le cas de Danone, pour ses deux produits phares Actimel et Activia qui a annoncé le 15 avril 2010 qu'il retirait les dossiers déposés auprès de l'EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) en vue de faire valider les prétentions d'amélioration de la santé qui faisaient l'objet d'intenses campagnes de publicité pour ses deux yaourts présentés comme « alicaments ». Cette décision de Danone a été prise à la suite de l'annonce de l'EFSA de convoquer le 1° juin prochain, une réunion de clarification des critères et des règles d'évaluation des dossiers déposés. L'entreprise a préféré retirer ses demandes et abandonner, peut être provisoirement, la qualification « effet actif sur la santé du consommateur » de ses produits les plus rémunérateurs.

Le 15 octobre, l’ASA (Advertising Standards Authority) anglaise, avait déjà refusé un spot publicitaire sur Actimel qui incorporait un slogan sur les bienfaits «scientifiquement prouvés» du produit pour la santé des enfants. Peu après, Danone a déboursé 35 millions d’euros pour clore une plainte collective aux États-Unis qui reprochait au groupe de mettre trop en exergue les bienfaits sanitaires sur les emballages Activia et Actimel.

C'est le marché des alicaments qui représente actuellement 3 milliards d'€. dans le monde

Le groupe s’enorgueillit pourtant d’avoir publié 40 études cliniques sur Activia et Actimel grâce à des partenariats prestigieux avec l’université de Washington, l’Institut Pasteur ou encore l’Institut national de recherche agronomique (INRA) pour illustrer les bienfaits des probiotiques (lactobacillus et bifidobacterium), ces prétendues «bonnes bactéries» présentes dans ses yaourts qui renforceraient les défenses immunitaires et le confort digestif. Mais des études indépendantes jettent le doute sur ces probiotiques, qui sont massivement utilisées dans l’industrie d’élevage: Le Canard Enchaîné, qui n'a pas la réputation de s'avancer sans de solides arguments, en a fait un article récemment : « Porc de yaourts »

C'est un pavé dans le pot de yaourt que lance un chercheur français dans la prestigieuse revue scientifique « Nature » de septembre 2009. Pour Didier Raoult patron du laboratoire de virologie de La Timone à Marseille, les yaourts et autres boissons lactée farcies aux probiotiques que l'on nous fait avaler depuis près de 20 ans auraient leur part de responsabilité dans l'épidémie d'obésité qui frappe les enfants......

Voici le meilleur pour la fin:

Le 17 février 2010, une conférence de presse était réunie à l'invitation Mme le ministre de la Santé dans les locaux du ministère, présidée par Didier Houssin, directeur Général de la Santé, pour la présentation avant diffusion a tout le personnel de la santé, médecins compris, en France .Cette brochure nommée: Nutrition et prévention des cancers, cosignée par plusieurs personnes dont 2 membres de NACRE-INRA (réseau Nutrition, Alimentation, Cancer, Recherche), qui ont apporté leur caution scientifique dont s'est abondamment servi le service de presse chargé de promouvoir l'évènement de façon sensationnelle. C'était quelques jours avant les débats à l'Assemblée Nationale sur la loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoire.)

Ces informations ont été immédiatement et très largement relayées par toute la presse et les moyens audio-visuels, présentées comme des vérités scientifiques incontestables. Le fait le plus marquant et le plus diffusé était l'affirmation que le premier verre de vin bu, était vecteur potentiel de cancer, ce qui a provoqué une réaction immédiate des spécialistes et professionnels concernés, y compris du monde médical, de la recherche en matière de cancer. De nombreux scientifiques et praticiens de Santé publique ont eu le sentiment qu'un petit groupe d'hygiénistes gravitant autour des instances liées à la Direction Générale de la Santé, ont tenté d'impulser en France une politique de santé « prohibitionniste » cautionnée scientifiquement par des personnes de l'INRA dont on a certainement abusé la bonne foi. Le professeur Bernard Debré, chef du service d'urologie à l'Hôpital Cochin dénonce cette étude, sans queue ni tête, sans réel fondement scientifique. C'est scandaleux de publier des choses pareilles. Tout cela inquiète l'opinion publique et me choque profondément.... Le professeur de Leiris de l'université Joseph Fourrier à Grenoble :Cette affirmation est d'autant plus grave que les gens qui l'ont lancée détiennent le Pouvoir et sont donc écoutés....Désormais les médecins ne pourront faire autrement que de dire à leurs patients, soyez abstinents......le risque 0 n'existe pas.....Bien d'autres spécialistes ont tenu des propos semblables.

En fait l'INCA appuyait son argumentaire sur les référence du WCRF (World Cancer Research Fund) mais en masquant la vrai hiérarchie des risques cancérigènes. Le risque le plus important serait selon l'INCA la consommation, même modérée, de boissons alcoolisées Le rapport WCRF désigne très clairement 3 causes principales de cancer de tous types, et place ces causes , en priorité dans les actions de réduction des risques , à mener, tant au niveau des politiques de santé publique, qu'au niveau des recommandations à faire aux personnes:

A: Gras corporel: être aussi mince que possible.

B: Activité Physique:être aussi actif que possible au quotidien

C: Éviter les boissons sucrées, soft drink, de type sodas ou colas, limiter la consommation d'aliments denses en énergie, type fast food et les jus de fruit.

La recommandation N° 6 du WCRF concerne les boissons alcoolisées à limiter, 2 boissons par jour pour les hommes une par jour pour les femmes. Cette recommandation prend en compte la possibilité d'un effet protecteur contre la maladie coronaire qui est considéré comme prouvé

Le Haut Conseil de Santé Publique a publié en janvier 2009 l'évaluation finale du Plan Cancer, très critique au fond sur l'initiative de l'INCA, il regrette l'insuffisance des moyens dans l'évaluation du plan Cancer, l'insuffisance des données, les indicateurs imprécis, Ainsi, la mesure 16 du plan cancer « aider à l'arrêt de la consommation excessive d'alcool » aurait nécessité d'abord de définir de façon précise ce qu'est une consommation excessive, d'avoir un indicateur sur cette consommation, afin de savoir comment évaluer les actions entreprises pour diminuer cette consommation.

A la suite de plusieurs actions judiciaires contre l'Inca et la DGS la brochure de 70 pages en couleur n'a pas été diffusée en France et son texte a été supprimé du site internet du ministère de la santé. Un questionnement répété auprès de l'INRA et de l'Inca pour obtenir le niveau de compétence scientifique en matière de nutrition et de santé publique, des signataires de la brochure, n'a pu encore aboutir. Habituellement ces questions ne se posent pas, car les publications dans les revues spécialisées et reconnues par un « impact-factor » élevé, donnent les références scientifiques des signataires, c'est donc que ceux de la fameuses brochure ne sont pas reconnues par la communauté scientifique, ce qui a une certaine gravité pour un Institut comme l'INRA dont les travaux font autorité, dans son domaine au plan mondial.


Le Président de la République a nommé une commission chargée d'élaborer les bases d'une politique anti-obésité, qui devrait s'intégrer dans le futur PNNS 3, (plan national nutrition santé) lequel doit prendre la suite du PNNS 2 remis au ministre de la santé le 4 avril 2006 par le professeur Serge Hercberg. Cette commission qui a remis fin décembre 2009 son rapport au Président de la République, est présidée par une personne certainement très compétente, ancienne énarque, mais qui a des fonctions de responsabilité, dans un groupe pharmaceutique international, préparant la mise en marché d'un médicament anti obésité. Cette commission comprend des personnes très concernées par une politique publique sur l'obésité, dont le président de l'ANIA , (association nationale des industries alimentaires) dont les prises de position publiques sur la taxation des boissons sucrées de type soda et sur l'interdiction de publicités sur les boissons et aliments destinés aux enfants sont bien connues.

La lutte publique en France contre l'obésité n'a pas fini de susciter des questions !!!

Jean Clavel

Cet article condensé a paru dans Le Monde.fr du 27/04/2010




09/10/2009

ARC et défense du vin

Monsieur Jacques Raynaud

Président de l’Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC)

9, rue Guy Môquet, 94800 Villejuif

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Vous avez fait paraître sur votre site WEB un communiqué, dont la première phrase est : Un verre de vin consommé chaque jour à table, augmente significativement le risque de cancer. Votre association était pourtant présente lors de la dernière séance de vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune et je crois savoir que êtes parmi les bénéficiaires des résultats de ces ventes faites a destination d’associations d’utilité publiques. Dans ces conditions comment pouvez vous affirmer une telle énormité !!!

 Le développement de cette terrible affection que constitue le cancer, favorisé par l’allongement de la durée de vie humaine, est reconnu par toute la population. Toute initiative susceptible de contribuer à mieux connaître les causes des cancers et les moyens de lutte, mission des acteurs scientifiques  doit être soutenu, pour peu toutefois qu'elle soit en réelle conformité avec l'état de la recherche et des synthèses internationales, telles que celle du World Cancer Resarch Fund (WCRF). Le sérieux en la matière s'impose.

Notre association a participé à un débat, entraîné par les initiatives de l’Institut National du Cancer soutenues par une conférence de presse au ministère de la Santé le 17/02/2009, laquelle a précisé les conditions d’élaboration des documents présentés, dont la base scientifique serait le rapport détaillé de ce fonds mondial publié en 1997: « Alimentation, Nutrition, Activité Physique et Prévention du Cancer : une Perspective

Mondiale »  et remis à jour en novembre 2007.

       Une controverse, alimentée aussi, par des Professeurs de médecine spécialistes de la nutrition et d’autres spécialités, et des médecins alcoologues,  s’est développée mettant en cause l’utilisation par l’INCa, des conclusions du rapport WCRF 2007, de façon qui semble peu conforme à l’éthique scientifique.

         A la suite d’une conférence de presse  cours de laquelle il a été déclaré que le premier verre de vin consommé augmentait les risques de cancer du consommateur dans les proportions très importantes, par exemple + 168% de cancer VADS, nous sommes intervenus auprès du Ministre de la Santé, qui a saisi le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) lui demandant son avis sur les recommandations de l’INCa.  Le HCSP  vient de produire un rapport publié le 1 juillet 2009, qui précise que les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) concernant les consommations de boissons alcoolisées, doivent être considérées comme toujours fondées, au plan scientifique, et qu’elles ne peuvent dans ces conditions être remise en cause.

 

http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapports?ae=avisrapports&menu=09 

 

           Dans ces conditions, nous vous serions très reconnaissant de publier un communiqué de presse indiquant l’existence du rapport du HPSC qui confirme les recommandations de l’OMS en matière de consommation maximum de boissons alcoolisées, dont le vin, soit 3 verres par jour pour les hommes et 2 verres par jour pour les femmes, assorti d’un jour d’abstinence totale par semaine, étant bien entendu que les personnes ne consommant aucune boisson alcoolisée, doivent persister dans leur absence de consommation de ces types de boissons.        

  Vous pourriez également, ajouter quelques considérations du rapport mondial de WCRF :

 

1°-La consommation de certaines denrées et boissons sont considérées, dans le rapport mondial ( lien internet ci après) comme à « éviter » , c'est notamment le cas des boissons sucrées (sauf jus de fruits à « limiter »). A « éviter » aussi, la restauration rapide, source de déséquilibre alimentaire,  les plats préparés, la charcuterie. Ces recommandations sont  placées dans le rapport mondial, en priorité, avant celles concernant les boissons alcoolisées, ce que le rapport de l’INCa a « oublié » de préciser.

2°- Les boissons alcoolisées, signalées dans le rapport mondial, sont placées dans la catégorie «à limiter » dans les conditions fixées par l’OMS.

   

 

http://www.fmrc.fr/PDFs/french_summary_5Nov07.pdf

 

L’un de nos amis qui a exercé dans le passé une responsabilité dans votre association, écrivait il y a quelques jours : Le Cancer est un mal trop sérieux pour que la lutte menée contre toutes ses formes tombe dans une communication faisant la part belle au sensationnel, à la mise en avant d’interdits d’un autre âge. C’est faire injure au sens des responsabilités de nos compatriotes. C’est nous transformer en un troupeau triste et soumis. D’ailleurs, lors du déjeuner qui succédait aux AG de l’ARC, où je participais en tant que censeur de l’association, il y avait du vin servi au buffet. Nous étions dans le domaine de la raison et non dans celui du slogan.

 

 Jean Charles Tastavy et Jean Clavel