06.06.2009
Rapport WRCF et interprétation INCA
Controverses
Le Word Cancer Research Fund (WCRF) a publié en 1997 un rapport détaillé : « Alimentation, Nutrition, Activité Physique et Prévention du Cancer : une Perspective Mondiale remis à jour en novembre 2007. Le ministère de la santé Français et l’INCA, l’Institut National contre le Cancer ont utilisé ce rapport WCRF/AICR 2007 pour argumenter l’établissement du PNS 2 plan national de santé(2006/2010) et pour la rédaction de la brochure « Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations » qui a fait l’objet d’un lancement fortement médiatisé en France le 17 février 2009
Une controverse s’est développée sur l’utilisation par l’INCA, des conclusions du rapport WCRF 2007, de façon qui semble peu conforme à l’éthique scientifique. Afin d’évaluer les différences entre l’original du rapport et l’interprétation française, nous avons fait traduire, par un expert, la partie la plus importante de ce rapport et en avons tiré une synthèse.
Extraits :
Les objectifs et recommandations de la Commission d’enquête de WCRF, atteints après cinq années de travail, sont guidés par les recommandations de santé publique et de santé personnelles.. Elles sont basées sur les meilleures preuves disponibles, preuves qui ont été identifiées, collectées, analysées, montrées, résumées et jugées systématiquement, en respectant la transparence et l’indépendance. Les objectifs pour la santé publique sont destinés principalement aux professionnels de la santé ; les recommandations visent le public.
La commission indique qu’il y a suffisamment de preuves pour dire que les causes d’un grand nombre de cancers, y compris des cancers communs, sont dus à l’excès de gras corporel ou à l’inactivité physique. Pour cette raison, les trois premiers groupes d’objectifs et recommandations ont été mis au point pour servir de point de départ pour la politique, les programmes et les choix dont le but est de maintenir un poids corporel sain et de continuer à pratiquer une activité physique tout au long de la vie.
Les cinq recommandations générales restantes n’ont pas de priorité particulière, elles sont traitées au fur et à mesure selon les sujets des chapitres de la deuxième partie
1°- Gras corporel : Etre aussi mince que possible en restant dans les normes de poids corporel.
2°-Activité physique :Etre aussi actif que possible au quotidien
3°-Limiter la consommation d’aliments denses en énergie, type fast food, éviter les boissons sucrées, soft drink, de type sodas ou colas. Les jus de fruit sont à « limiter »
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4°-Plantes : Manger surtout des aliments venant des plantes
5°Viande rouge : Limiter la consommation de viande rouge et éviter la viande transformée, type charcuterie.
6°-Boissons alcoolisées : Limiter la consommation de boissons alcoolisées
7° Sel : Limiter la consommation de sel, éviter les céréales en gaines, ou légumes secs moisis
8°-Suppléments alimentaires : Se nourrir uniquement par régime alimentaire, sans supplément additionnel
Remarques :
Le rapport WCRF ayant servi de base aux travaux de l’INCA désigne très clairement 3 causes principales des cancers de tous types, N°1, N°2 et N°3 et place ces causes en priorité dans les actions de réduction des risques a mener, tant au plan des politiques publiques de santé qu’au niveau des recommandations a faire aux personnes. Il y a donc une hiérarchie établie par WCRF dans les risques de cancer, un premier groupe de 3 causes principales et 5 recommandations nettement séparées des 3 premières causes identifiées, parmi lesquelles figure les recommandations en matière de consommation de boissons alcoolisées.
RECOMMANDATION 6
LES BOISSONS ALCOOLISEES
Limiter les boissons alcoolisées
OBJECTIF POUR LA SANTE PUBLIQUE
La proportion de la population qui boit plus que la limite préconisée est à réduire d’un tiers tous les 10 ans
RECOMMANDATION PERSONNELLE
Si des boissons alcooliques sont consommées, limiter la consommation à un maximum de deux boissons par jour pour les hommes et une par jour pour les femmes (1.)
1) cette recommandation prend en compte la possibilité d’un effet protecteur contre la maladie
coronaire . l’effet protecteur est ,dans le texte WRCF, considéré comme « Prouvé »
Les documents établis et diffusés par l’INCA, a partir du 17 février 2009 font, essentiellement, référence aux travaux de WCRF, et ont indiqué que c’est à partir de ces travaux qu’ils ont établi la hiérarchie des risques de développer un cancer, ils ont placé la consommation d’alcool en priorité dans l’échelle des risques, alors que WRCF a placé le risque alcool en 4° position, si l’on place les risques 5, 6 ,7 ,8 en situation de risque identique, comme WRCF le propose. Par ailleurs WRCF recommande de limiter la consommation quotidienne à 2 boissons par jour pour les hommes et 1 boisson par jour pour les femmes, qui sont conforme aux recommandations de l’OMS, il n’y a aucune trace d’interdiction de boissons alcoolisées dans le rapport WRCF,
Texte diffusé par l’INCA, placé en risque N° 1, concernant les boissons alcoolisées.
Les facteurs augmentant le risque de cancers :
les boissons alcoolisées : leur consommation est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx et larynx, œsophage, côlon-rectum, sein et foie (de 9 à 168 % par verre consommé par jour, selon les localisations). Le risque augmente avec la quantité globale d'alcool absorbée et est significatif dès une consommation moyenne d'un verre par jour. Toute consommation d'alcool est donc déconseillée.
On a la démonstration, par cette comparaison des textes WRCF et de ceux de l’INCA, de l’utilisation détournée de travaux scientifiques incontestés et de leur interprétation par un service de l’Etat français, peu conforme à l’éthique scientifique.
Jean Clavel 06/06/2009
09:47 Publié dans Réflexion sur l'actualité viticole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.05.2009
Prohibition, modération ou éducation ?
Le vin en France :
Prohibition, Modération où Education?
1°-La prohibition américaine :
Dès 1850 des sociétés de tempérance, créées dans les villes principales des USA, demandent la mise hors-la-loi des boissons alcoolisées. Emmenées par des prédicateurs, ces sociétés demandaient la fermeture des saloons, défilaient dans les rues et prirent une place dans la vie politique. La « première dame » des Etats-Unis, Lucy Hayes, femme du président Rutherford B. Hayes, interdit tout alcool à la Maison Blanche durant l'investiture de son mari 19° président 1877/1881…elle y gagna le surnom de « Lemonade Lucy »…
Les esprits étaient préparés au « régime sec », ce qui advint en octobre 1919 dans certains Etats puis au niveau fédéral en janvier 1920 par le 8° amendement de la Constitution complété ensuite par le Volstead act qui interdisait la production, la vente et le transport des boissons dont le degré d'alcool était supérieur à 0,5%, ce qui concernait aussi la bière, y compris dans les restaurants et les bars, des règlements un peu semblables furent établis dans des Etats Canadiens et dans certains pays européens beaucoup plus près de chez nous durant la même période en Finlande et en Norvège notamment
Plus de bière, ni de vin, ni d’alcool de grains, on espérait donc fin des bagarres et de l'ivrognerie dans les saloons ? Les raisonnements des théoriciens de la tempérance et des législateurs qui les interprétèrent furent bien naïf.
Loin d'éradiquer la délinquance, la loi anti-alcool fut au contraire un vecteur de croissance de la mafia ; l'alcool, produit rare, donc cher, permit aux fraudeurs de percevoir des revenus énormes. Les distillateurs, et autres professionnels de l'alcool, désormais au chômage, tombèrent dans l'illégalité ; ils devinrent « bootleggers », autrement dit contrebandiers, à la solde de gangs bien organisés qui se livrèrent une guerre sans merci pour obtenir le monopole de la distribution des boissons alcoolisées.
Les bars, reconvertis en salons de thé ou épiceries, disposaient d'arrière-boutiques où se mêlaient l'alcool, la drogue, le jeu et la prostitution…tout l'inverse de ce que la loi avait envisagé ! On a ainsi estimé que la fermeture des 15 000 débits de boissons légaux avaient donné naissance à plus de 30 000 « speakeasies » (nom donné aux bars clandestins…parce qu'il fallait le prononcer à voix basse de façon à ne pas risquer de renseigner les agents fédéraux !). Les sommes colossales ainsi engrangées permirent d'acheter facilement des complicités parmi les politiciens, juges et policiers ; ce fut l'âge d'or de la corruption.
En dehors des Al Capone et confrères, des Etats riverains ont pu en toute légalité retirer quelques bénéfices de cette loi qui profita aussi à la France !
Saint-Pierre et Miquelon, un petit archipel perdu au large de Terre Neuve dans l'Atlantique nord , territoire d'outre-mer (DOM à l'heure actuelle), n'était pas concerné par les lois sur la prohibition. Les producteurs écossais ou irlandais l'utilisèrent alors comme tremplin pour faire entrer en fraude leur production aux USA l’administration locale percevant au passage une taxe pour le transit de chaque caisse d'alcool.
L'opinion publique américaine évolua considérablement au début de la grande crise de 1929, lorsque les adversaires de la prohibition firent remarquer qu'elle privait les gens de travail et le gouvernement de revenus et qu'elle contribuait à la stagnation économique générale. La campagne pour l'annulation proprement dite fut le fait de l'Association Against the Prohibition Amendment (AAPA, Association contre l'amendement de la prohibition), une organisation apolitique rassemblant des personnes riches et influentes, qui craignaient que la prohibition soit l'occasion pour le gouvernement fédéral de compromettre d'une façon permanente les traditions de liberté individuelle. La lutte entre partisans et opposants à la prohibition se joua très rapidement sur le terrain politique. L'AAPA soutint les candidats anti-prohibition, souvent démocrates, pour les élections dans les États ou pour les élections fédérales. Mais il fallut attendre que les démocrates obtiennent la présidence, en 1932, pour que le 18e amendement soit annulé par le 21° amendement en 1933, mettant ainsi fin à la prohibition, le Kansas et Le Mississipi jouant pour quelques années encore les prolongations.
L’obligation de l’étiquetage spécial des boissons alcoolisées persiste depuis cette époque sous la forme d’un message « Warning » "GOVERNMENT WARNING : According to the Surgeon General, women should not drink alcoholic beverages during pregnancy because of the risk of birth defects. (2) Consumption of alcoholic beverages impairs your ability to drive a car or operate machinery, and may cause health problems. "GOVERNMENT WARNING" doit apparaître en majuscules et en caractère gras.
Mais cette obligation d’étiquetage n’a pas empêché l’augmentation sensible de la consommation des vin aux USA, particulièrement des femmes et des jeunes américains !!
2°-La Modération Européenne
Le programme WINE in MODERATION est une initiative du secteur vitivinicole européen, soutenu par l’Union Européenne, visant à promouvoir une consommation responsable et modérée de vin et à prévenir la consommation abusive et immodérée de boissons alcoolisées en Europe. Un site Internet européen assure un lien avec les publics concernés :
http://www.wineinmoderation.ue contact : mailto:info@wineinmoderation.eu
CEEV – Comité Européen des Entreprises Vins
Comité Vins
Vins, Vins Aromatisés, Vins Mousseux, Vins de Liqueur et Autres Produits de la Vigne
www.ceev.be
COPA-COGECA
Committee of Professional Agricultural Organisations in the European Union
General Confederation of Agricultural Co-operatives in the European Union
www.copa-cogeca.eu
Le vin fait partie intégrante de la vie et de la culture européennes. L’UE est le plus grand producteur de vin au monde et le plus grand exportateur mondial de produits vitivinicoles. Le secteur rapporte ainsi à l’économie de l’Union quelque 15 milliards d’euros par an. Cependant, l’importance du secteur vitivinicole dans l’économie européenne ne se mesure pas uniquement en termes financiers. Le secteur influence en effet plusieurs niveaux de la vie européenne, contribuant de façon significative à la société d’un point de vue socio-économique, environnemental et sociétal : dans toutes les régions plantées de vignes, le secteur vitivinicole crée des millions d’emplois, favorisant ainsi le maintien de la structure des sociétés rurales et d’un mode de vie inhérent à la notion même d’identité européenne. Enfin, le vin et les produits viticoles sont appréciés par des millions de personnes en Europe et dans le monde, et accompagnent souvent les grands événements et les bons repas.
Le secteur vitivinicole européen est conscient de ces contributions considérables et tente de promouvoir le développement durable du secteur européen du vin et de ses produits dans l’UE et au-delà.
Toutefois, le secteur vitivinicole européen est également conscient des risques pour la santé et de l’impact social et économique négatif que peut engendrer et a engendré la consommation immodérée de vin et d’autres boissons alcoolisées. Le secteur reconnaît que, si les produits vitivinicoles représentent pour la majorité des consommateurs une boisson à déguster avec plaisir et modération, une minorité d’entre eux ont une consommation excessive de boissons alcoolisées qui leur est dommageable et peut avoir des conséquences néfastes sur les personnes qui les entourent. Le secteur a également identifié des tendances préoccupantes liées au binge drinking, un phénomène particulièrement présent dans certaines parties de l’Union européenne et parmi certaines classes d’âge ou groupes sociaux ou socio-économiques.
Le secteur vitivinicole européen est convaincu que ses produits de qualité incitent de par leur nature même à une consommation modérée. Cependant, le secteur reconnaît également que tout le monde ne consomme pas le vin avec modération. Il tente donc de promouvoir la consommation modérée et responsable de vin en tant que norme sociale.
A cette fin, le secteur vitivinicole européen a développé un programme paneuropéen appelé « Wine in Moderation ». Ce programme vise à promouvoir des habitudes de consommation raisonnables et à réduire les dommages liés à une consommation immodérée ou excessive d’alcool. Ce programme va également soutenir des initiatives destinées à réduire la fréquence des comportements nuisibles liés à l’alcool en Europe tout en préservant le rôle culturel, environnemental et économique du vin dans la société européenne.
Le message commun repose sur des idées communes qui forment la base et le fondement du programme « Wine in Moderation ». L’intention est de déployer ce programme à travers toute l’Union européenne dans le but :
· D’encourager une consommation raisonnable de vin, empreinte de modération et de responsabilité, et d’encourager son acceptation comme norme culturelle/sociale.
· De contribuer à la prévention d’une consommation abusive ou excessive de boissons alcoolisées, de réduire la consommation immodérée d’alcool et d’aider les jeunes et les adultes à prendre des décisions éclairées et responsables quant à la consommation d’alcool.
· De coopérer efficacement avec les autorités compétentes et les autres parties prenantes concernées par la prévention de la consommation excessive ou immodérée de vin.
3°- le concept de modération français :
Le problème auquel se heurte la filière viticole est que les militants anti alcool financés par le ministère de la Santé (l’ANPAA emploie 800 personnes équivalent plein temps) refusent le terme et le concept de modération dont ils contestent le contenu. Pour eux, la consommation de vin, même de faible importance, conduit systématiquement à l’abus. Leur politique consiste à décourager la consommation de vin par les jeunes, de façon à ce que cette consommation globale de vin, se réduise à terme à peu de chose. Ces structures n’hésitent pas à employer des moyens peu orthodoxes pour parvenir à leurs fins, l’exemple du rapport INCA 2009 qui a transformé les conclusions d’études scientifiques internationales sur l’alcoolisme pour justifier le contenu de ce rapport, est très probant.
Par ailleurs, l’ANPAA, la MILDT, l’INPES et l’INCA refusent et contestent les conclusions des études scientifiques internationales démontrant qu’une consommation modérée de vin a des effets bénéfiques sur la santé humaine.
Après de multiples péripéties et essais sans lendemain et la remise du livre blanc sur la viticulture française au premier ministre le 28 juillet 2004, un décret signé du ministre de la Santé et du ministre de l’Agriculture du 14 février 2006 a créé le Conseil de modération et de prévention :
Le Conseil de modération et de prévention est une instance de dialogue et d'échange qui ne se substitue pas aux instances qualifiées en matière de santé publique ou de politique agricole. Il assiste et conseille les pouvoirs publics dans l'élaboration et la mise en place des politiques de prévention en matière de consommation d'alcool.
Il est consulté sur les projets de campagne de communication publique relative à la consommation des boissons alcoolisées et sur les projets de textes législatifs et réglementaires intervenant dans son domaine de compétence.
Il peut être saisi par le ministre chargé de la santé, par le ministre chargé de l'agriculture ou par un cinquième de ses membres sur toute question se rapportant aux usages et aux risques liés à la consommation de boissons alcoolisées. Il peut émettre des avis et recommandations sur ces questions et peut proposer les études, les recherches, les évaluations et les actions d'information et de communication qui lui paraissent appropriées.
Il remet chaque année aux ministres chargés de la santé et de l'agriculture un rapport rendu public. »
Mais le fonctionnement de ce Conseil s’est heurté dès le début aux prohibitionnistes des structures environnant le Ministère de la Santé, conduits par l’ANPAA, association , et composé de l’INPES, de la MILDT, et plus récemment de l’INcA qui ont refusé de siéger au sein du Conseil et agi pour sa suppression. Ils ont mené une campagne au moment des dernières élections législatives pour réunir des engagements visant à ce que les futurs députés demandent la suppression de ce Conseil :
Extraits de l’argumentaire diffusé aux candidats députés
« Il est inapproprié de vouloir traiter spécifiquement par un tel Conseil les problèmes de communication concernant l'alcool. La simple appartenance régionale et les noms des parlementaires désignés pour y siéger indique que nous sommes en présence d'une action de soutien psychologique à la viticulture en crise, destinée à donner l'impression que ce Conseil évitera des campagnes sanitaires mal vécues par un milieu qui a toujours soutenu que les dégâts provoqués par l'alcool n'étaient pas dus au vin, alors que celui-ci représente 60% de l'alcool consommé en France. Nous avons de multiples structures légitimes pour traiter de ces problèmes. L'une d'entre elles a spécifiquement en charge les problèmes de prévention dans le domaine de la santé, il s'agit de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES) créé par la loi du 4 mars 2002. Une autre, la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et les Toxicomanies est chargée de coordonner l'ensemble des actions de l'Etat dans le domaine des drogues. »
Cette situation a conduit des vignerons et des professionnels de la filière à la création d’une association Honneur du Vin qui a déposé un recours contre le ministre de la Santé, et d’un site www.honneurduvin.com qui décrit l’action menée et les objectifs poursuivis.
4°- Le concept d’éducation à la boisson du Québec :
Educ-alcool a été créé en 1989 par 5 pionniers mettant en place une méthode d’éducation des jeunes à la consommation de boissons alcoolisées dont principalement le vin, c’est devenu au fil du temps un organisme sérieux et crédible qui s’est imposé comme une véritable référence dans ce domaine si difficile des rapports des vins et alcools avec les comportements à risque, principalement des jeunes.
Éduc’alcool est un organisme indépendant et sans but lucratif. Il regroupe des institutions parapubliques, des associations de l’industrie des boissons alcooliques et des personnes provenant de divers milieux (santé publique, universités, journalisme) qui, conscients de leur mission sociale, mettent sur pied des programmes de prévention, d’éducation et d’information pour aider jeunes et adultes à prendre des décisions responsables et éclairées face à la consommation de l’alcool. Le slogan d’Éduc’alcool résume bien son engagement sociétal : La modération a bien meilleur goût.
Éduc’alcool est fier d’annoncer que la ville virtuelle sur internet, qu’il a créé à l’intention des jeunes de 12 à 16 ans afin de les sensibiliser aux effets de l’abus d’alcool affiche le plus important taux de croissance au pays avec plus de 100 000 nouveaux habitants en moins de six semaines. Pocheville devient ainsi la neuvième plus grande ville du Québec, tout juste derrière Trois-Rivières (126 000) et devant Terrebonne (96 000).
Au moment du lancement de « Pocheville.ca », en mars dernier, Éduc’alcool visait 50 000 inscriptions en deux ans. Or, voilà que la plateforme, amusante, dynamique et résolument éclatée, connaît un succès inespéré et franchit le cap des 100 000 inscrits.
Ces dernières années, Éduc’alcool a beaucoup misé sur les campagnes visant les jeunes âgés de 16 à 25 ans, notamment par ses messages pour contrer l’abus d’alcool, les concours de calage et, plus récemment les dangers du mélange de l’alcool avec les boissons énergisantes. Les données nous indiquent que les jeunes font leur première expérience de consommation dès l’adolescence, mais n’en connaissent pas les effets », a indiqué Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool. Le défi était de créer un site qui saurait les rejoindre tout en étant pertinent et qui éviterait de tomber dans le discours moralisateur. Il semble bien que nous y soyons parvenus », a-t-il ajouté.
Éduc’alcool espère maintenant qu’un nombre encore plus grand de jeunes se rendront sur Pocheville.ca au cours des prochaines semaines et que l’organisme pourra ainsi les convaincre que la modération a bien meilleur goût.
Pocheville favorise l’acquisition de connaissances et incite à l’adoption de comportements responsables : ranger sa chambre, prendre soin des autres, etc. On y découvre que seul le temps permet de métaboliser l’alcool, on y constate que les personnes saoules, avec lesquelles il faut établir une relation et face auxquelles il faut prendre des décisions, sont particulièrement dévalorisées.
L’internaute qui prend la bonne décision (ranger sa chambre, cesser de servir de l’alcool) gagne des points et, à l’inverse, en perd s’il fait poser le mauvais geste à son avatar. Les points accumulés permettent aux participants de gagner des iPod et d’autres prix.
Éduc’alcool entend ajouter régulièrement de nouvelles sections au site Pocheville.ca
Brève conclusion :
L’application du principe de précaution en France, à la suite de son inscription dans la Constitution par le Parlement réuni en Congrès à Versailles le 28 février 2005, conduit les décideurs de notre société à assortir de nombreuses décisions d’une excessive prudence. Le Ministère de la Santé français, appliquant ce principe, agit dans la lutte anti-alcoolique par des contraintes règlementaires, fiscales, de communication, de plus en plus insistantes et collectivement pesantes au plan de la société. Elles en deviennent contre productives et sont à la limite de l’honnêteté intellectuelle, en particulier sur les utilisations faussées des études internationales de vin et santé. On peut constater que l’Union Européenne propose des règles simples fondées sur « Wine in Modération » et ne conteste pas les résultats du « French Paradox » contrairement à la France. L’exemple d’une politique efficace et constructive de lutte contre les abus d’alcool et de vin vient du Québec, qui a pris en charge l’éducation de jeunes, dans le cadre de véritables initiations à la maîtrise des boissons et des comportements en collectivité.
Jean Clavel 29/05/2009
Préservez nous d’une société aseptisée, normée, encadrée,
peureuse, anxieuse, inhospitalière
car le bien-vivre en est l’antidote radical.
Le bien-vivre n’est ni un luxe réservé à une élite,
ni le privilège d’une société opulente,
mais un élément essentiel de notre mode de vie à la française
Jacques Berthomeau
16:19 Publié dans Réflexion sur l'actualité viticole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.05.2009
de Embres et Castelmaure à Nouillork
Jacques Berthomeau est un acteur permanent du débat viticole, depuis longtemps, il anime son blog avec constance, amour du vin et de tout ce qui l'entoure, du culturel, de l'administratif, du commercial.... Sa chronique de ce jour est trés pertinente dans les circonstances actuelles, a lire avec délectation:
Urgence : défendons le seul chemin vicinal qui relie Embres&Castelmaure à New-York : l'Internet!
Oui, messieurs les défenseurs autoproclamés de notre santé, puisque vous nous accusez, par anticipation, d’être les affreux « débaucheurs » de notre belle jeunesse, moi je vous accuse, en retenant ma plume, d’être des « tueurs de territoires » lorsque vous exigez que la loi française dresse, tout autour du réduit gaulois, un réseau de barbelés pour couper le seul chemin vicinal qui relie Embres&Castelmaure à New-York : l’Internet !
Ne souriez pas messieurs, ne m’accusez pas d’emphase sinon je vous demande de justifier vos emballements : n’est-ce pas vous qui proclamez une mobilisation contre un risque majeur ? Non contents de terroriser l’opinion publique avec vos manipulations de la vérité scientifique vous voilà maintenant en train d’agiter, comme un vulgaire H5N1, une nouvelle espèce de risque majeur d’une étrange nature puisqu’il est à la fois sanitaire et social. Vous n’êtes pas à un abus de langage prêt. Il est vrai que le silence assourdissant, sur l’amiante ou lors de la canicule, de vos grands protecteurs de la DGS, qui vous propulsent en première ligne, faute de pouvoir contrer en pleine lumière leur Ministre, fait de vous des gens à qui nous avons très envie de placer toute notre confiance.
Oui, ma première réaction à la lecture du « Mobilisons-nous face à une risque sanitaire et social majeur » des prohibitionnistes masqués emmenés comme à l’ordinaire par l’ANPAA a été : « Mais de quoi diable vivrons-nous demain si la loi française interdit l’accès à l’Internet à l’un de nos secteurs stratégiques : le vin ? » En effet, par-delà la pure notion de publicité sur la Toile, qui rallie facilement des majorités hétéroclites, ce qui est en jeu dans cette affaire c’est la liberté de circulation sur l’Internet. La Toile n’est pas une télévision-bis, elle maille toutes les voies de communication possibles sur lesquelles la circulation est à double sens. Alors traiter le vide juridique, en ce qui concerne la publicité pour les boissons alcoolisées sur l’Internet, par un simple principe d’interdiction relève soit de la mauvaise foi, soit de la politique de l’autruche.
La culture de la ligne Maginot reste vivace en notre vieux pays. Dresser une digue réputée infranchissable, cette fois-ci elle ceinturerait notre espace juridique national, pour défendre notre belle jeunesse constitue pour ceux qui on fait un fonds de commerce de notre santé, la panacée. Illusion absolue : seuls les vignerons, les domaines, les PME du vin seront touchés par ce verrouillage, alors que les grandes sociétés auront, elles, de part leur implantation internationale, tous les moyens juridiques, financiers, humains pour contourner l’obstacle. Que la caste médicale et ses supplétifs associatifs s’en battent l’œil rien d’étonnant à cela vu leur degré d’appréhension de ces questions mercantiles, sauf bien sûr lorsqu’il s’agit des leurs. En revanche, pour tous ceux qui, sur les estrades électoraux, se proclament indéfectibles défenseurs des territoires et des paysages, des services publics qui vont avec, des femmes et des hommes de la France besogneuse, n’est-on pas en droit de leur demander de quitter des positions de pures postures, y compris lorsqu’ils sont député du 13ième arrondissement ou représentant urbain d’une belle région viticole frontalière ?
Ce débat, mal posé à dessein par ceux qui s’autoproclament défenseurs de notre santé, et transformé par eux en une bataille frontale, est représentatif de l’incapacité française de générer des politiques qui s’attaquent aux racines des maux sociaux dont nous souffrons. Il est beaucoup plus simple, plus gratifiant pour les egos de battre les estrades, d’en appeler à l’opinion publique, d’agiter des peurs, de sortir quelques vieilles gloires médicales à la retraite et un ex-Ministre en voie de recyclage, de s’en tenir au « parler gros » plutôt qu’au « parler fin ». L’émotion d’abord, en effet l’appel à la raison risquerait de mettre tout ce beau monde face au peu d’effets concrets de leur gesticulation médiatique sur le fléau qu’est l’alcoolisme. Alors prendre à témoin l’opinion pour stigmatiser le pouvoir politique qui cèderait en rase campagne à un fantomatique lobby du vin – qui d’ailleurs n’existe pas dans la réalité des sommes consacrées à cette activité, comme à la publicité d’ailleurs – c’est de la désinformation. Le compromis élaboré est un bon texte, vouloir le tailler en pièces relèverait d’une pure bataille idéologique.
La défense du Bien Public, sauf à proclamer le vin hors-la-loi, implique d’élaborer une règle commune : la loi, qui puisse permettre à un produit : le vin, qui n’est pas en lui-même nuisible à la santé de nos concitoyens, de pouvoir utiliser pleinement l’outil de travail, de communication, qu’est l’Internet. Les bonnes âmes hypocrites vont me rétorquer que l’interdiction de la publicité sur la Toile n’entravera en rien l’activité de la grande majorité des gens du vin en France. Faux ! L’insécurité juridique provoquée par un principe d’interdiction de la publicité provoquera immanquablement, au nom d’un principe de précaution juridique, un verrouillage de la Toile par les « maîtres du Net ». C’est, à ne pas douter, le rêve que caressent ceux qui proclament la mobilisation générale. La politique de harcèlement ciblée de l’ANPAA pour générer des jurisprudences attentatoires à la liberté de la presse est là pour qu’on n’accorde aucun crédit à leurs bonnes paroles.
En tant que citoyen, père, grand-père, ancien responsable public ayant eu face à lui les ayatollahs et les extrémistes des deux bords, « messieurs les tueurs de territoires » autant que vous, même souvent bien plus que vous, je suis soucieux du présent et de l’avenir de nos enfants, de nos petits enfants, de nos adolescents ou de nos jeunes adultes, mais, ne vous en déplaise, ce n’est pas en tordant la réalité, en la fardant ou en la caricaturant que vous rendrez nos sociétés plus vivables. Votre manichéisme de lobby blanc est réducteur, simplificateur, donc manipulateur et en définitive totalitaire. Vous nous préparez, pièce par pièce, avec la stratégie du Go préconisée par le Professeur Got , une société médicalisée encore plus froide, plus anxiogène, plus mortifère. Notre bien vivre vous agresse. Notre façon de vivre vous chagrine. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous ne nous laisserons pas impressionner par votre « terrorisme intellectuel ». Nous ferons bien plus que nous défendre. Nous gagnerons la bataille du bien vivre et, bien sûr, nous passerons outre à vos tentatives de fermer le seul chemin vicinal qui mène d’Embres&Castelmaure à Nouillorc…
Préservez nous d’une société aseptisée, normée, encadrée, peureuse, anxieuse, inhospitalière car le bien-vivre en est l’antidote radical.
Le bien-vivre n’est ni un luxe réservé à une élite, ni le privilège d’une société opulente, mais un élément essentiel de notre mode de vie à la française
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