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23/06/2014

Ma vie engagée

Après mon service militaire 11/1954-05/1957, maintenu sous les drapeaux en AFN, je reprends l'exploitation familiale viticole en Corbières, et je deviens le secrétaire général des jeunes agriculteurs de l'Aude et a ce titre ,ai reçu une formation générale et syndicale, en alternance à Paris, dans le cadre de l'IFOCAP (institut de formation des cadres paysans).

J'ai participé aux discussions lors de la création du syndicat des Coteaux du Languedoc (1960), sur proposition du professeur Jules Milhau (Agro, et Science éco) et de Philippe Lamour alors vigneron dans les Costières de Nîmes et président de la Fédération Nationale des VDQS. Ce syndicat devait regrouper, à l'origine, tous les syndicats VDQS (vins délimités de qualité supérieure) du Languedoc depuis Corbières jusqu'aux Costières de Nîmes. Mais des désaccords sur la politique d'encépagement, ont limité les syndicats à l'origine des Coteaux du Languedoc à ceux de l'Hérault, à La Clape et au Quatourze dans l'Aude et à Langlade dans le Gard. (13 syndicats de base)

Suite à des problèmes familiaux , je change d'orientation professionnelle en 1964, et deviens un des acteurs administratifs de la mise en place dans le sud de la France du Fonds européen d'action sociale pour l'aménagement des structures agricoles (FASASA) Je crée à cette occasion l'ADASEA de l'Hérault (1967) dont je suis le directeur jusqu'en 1976, en même teemps que l'animateur de la FDSEA (fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles).

Un grave événement se produit le 4 mars 1976 à Montredon, mon village de naissance, lors d'une manifestation viticole au pont de Montredon. Une fusillade éclate entre une Compagnie de CRS, et le groupe de viticulteurs bloquant la circulation sur la RN 113 et tentant le blocage de la voie ferrée Bordeaux- Marseille. Un vigneron des Corbières et le commandant de la compagnie de CRS sont tués et il y a une quinzaine de blessés.

A la suite de ce tragique événement, des responsables viticoles de la région , présidents de syndicats ou de coopératives, prennent conscience qu'il faut changer de politique professionnelle et engager une orientation qualitative du vignoble, vigoureuse et durable. Certains de ceux ci me demandent de prendre en charge l'animation qualitative du vignoble à partir du syndicat Coteaux du Languedoc, encore peu actif.

Sous la présidence de Jean-Claude Bousquet, alors président de la Safer, nous avons construit une politique de long terme visant à une amélioration qualitative, du vignoble, des vins, de la compétence professionnelle des vignerons, et de la communication, alors inexistante, sur les vins du Languedoc. Dans ce cadre , j'ai écrit plusieurs ouvrages , dont l'un édité par Privat à Toulouse, « Histoire et avenir des vins en Languedoc » (1985) a eu un prix de l'Académie Française. Il y a eu ensuite « Le 21° sècle des vins du Languedoc, du monde gréco-romain à internet », puis «  Qualité oblige », « Réussir » « La mondialisation des vins, » édité chez Feret en 2008 à Bordeaux .

Nous avons obtenu après de difficiles débats, dans le cadre de l'INAO, le classement en AOC des vins des coteaux du Languedoc (12/1985). Afin de communiquer, auprès des consommateurs et des médias une image positive de nos vins, nous avons installé la maison des vins de Saporta, dont j'ai été le maître d'ouvrage, qui accueille depuis un nombteux public. Afin de faire découvrir la réalité des autres vignoble européens nous avons organisé, dès 1980, des voyages d'études pour les principaux responsables viticole du Languedoc, les présidents et directeurs de caves coopératives , les journalistes viticoles, dans tous les vignobles espagnols, italiens, allemands, Suisses, autrichiens, Hongrois, ce qui a permis de dépasser les fausses idées ,répandues en Languedoc, sur ces productions et a facilité le changement espéré.

C'est à cette époque , qu'à la demande du président Gravegeal , j'ai élaboré le concept « Pays d'Oc » destiné à donner une identité positive aux vins de qualité (Vins de Pays) ne pouvant pas bénéficier de l'AOC. C'est devenu un grand succès, puisque , dans le cadre des IGP norme européenne, (indication géographique protégée) les vins des 4 départements PO, Aude, Hérault, Gard, qui sont soumis a des conditions de production sévères, et sont produits en dehors des zones délimitées AOP, ont une image internationale très positive, et sont un succès économique reconnu.

Depuis ma retraite des fonctions opérationnelles, j'ai participé dans le cadre de la Chambre d'agriculture a toute une série d'actions, et avec le Président Tastavy nous avons créé l'association « Honneur du Vin » (2009) qui nous a permis d'engager des actions judicaires et d'information pour protéger le vin contre les agissements dévoyées des ligues anti-alcooliques qui menaçaient l'existence même des vignerons français. Dans ce cadre , a partir d'une motion votée par la session de la chambre d'agriculture de l'Hérault (20/03/2011)nous sommes en bonne voie d'obtenir du Parlement, que dans le code rural soit inscrite la mention sous l'article L665-6 « Le vin produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France »

J'ai enfin participé en 2013 à la rédaction de l'Atlas des Garrigues (Hérault, Gard) pour la partie viticole, Atlas édité par les « écologistes de l'Euzière ».

Nous avons fêté , dans le domaine de mon fils aîné à Assas (Mas de Périé) en mai 2014, mes 80 ans, entouré de ma nombreuses famille, des amis du groupe « Lo cocut » chant choral occitan, qui ensemble m'ont offert, un vélo a assistance électrique pour me permettre de continuer à faire mes parcours de VTT. (100 km semaine 500 km mois)

 

Jean Clavel 20/06/2014

 

22/04/2014

Action législative en faveur du vin:

 

 

On s’est réveillé ce samedi matin (10 avril) avec un patrimoine enrichi qui a fait pousser un cocorico victorieux dans la presse. « Le Sénat a adopté à l'unanimité dans la nuit de vendredi à samedi un amendement au projet de loi sur l'agriculture reconnaissant que "le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager de la France", annonce dans un flash Le Figaro. Le quotidien La Croix reprend les propos du sénateur audois Roland Courteau à l’origine de l’amendement voté : « Le vin exprime un patrimoine vivant, il fait partie du patrimoine culturel, littéraire mais également gastronomique, paysager, architectural, matériel, économique et social, aussi bien sûr avec des centaines de milliers d’emplois ». Le Parisien cite, lui, l’enchérissement d’autres sénateurs : « Le travail des vignerons a imprimé une profonde empreinte sur le patrimoine bâti et les paysages de nombreuses régions», selon un élu du Jura. En revanche, note le quotidien, l’amendement ajoutant la bière a été rejeté : « Le vin, à l'étranger, dans le monde entier, c'est la France. Il en va autrement de la bière... ou des spiritueux, qui posent des problèmes pour la santé». En 1957, dans ses Mythologies, Roland Barthes écrivait : « Le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, au même titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C’est une boissson-totem ». Etrangement, la nouvelle a laissé de marbre les journalistes du « mondovino ». Pas une ligne dans la RVF, pas davantage chez nos voisins anglo-saxons Decanter, pourtant prompts décrypter nos mœurs gastronomiques et viniques. Serait-ce une nouvelle qui n’en serait pas ? (Vitisphère)

Ces débats parlementaires ne sont pas terminés,la loi devrait être vôtée , dans sa version définitive ,courant juin. Il y eut plusieurs propositions de loi, présentées au Sénat et à l'Assemblée Nationale par des Députés et des Sénateurs de tous les bords politiques, Le 9 avril dernier, le sénateur Raymond Couderc et ses amis déposaient un amendement  légèrement différent de celui qui avait été adopté en commission des Affaires Économiques afin de répondre au besoin implicite de protéger le vin, produit de la vigne, les terroirs viticoles et les paysages qui y sont liés. Souhaitons que le Gouvernement , au moment du vote définitif, ne retire sous la pression des anti-vin, ces amandements adoptés à l'unanimité au Sénat et à l'Assemblée Nationale ?

J'avais dans ce blog, publié le 31/03/2011 une note relative au texte présenté par JC Tastavy et moi même à la session de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault du 28 mars 2011, note votée à l'unanimité, demandant aux pouvoirs publics de rédiger un « projet de loi à proposer au débat et au vôte de l'Assemblée Nationale et du Sénat pour que soit inscrit dans le Code Rural, l'article suivant:

« Le vin produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France. »

La motion vôtée à la Chambre d'Agriculture de l'Hérault avait été expédiée à l'ensembles des parlementaires des régions viticoles de France, et nombreux avaient été très intéressés.

L'intention était de limiter les actions des ligues anti-alcoolique, et de quelques associations fonctionnant en périphérie et grâce au financement du ministère de la santé qui cherchent , par toutes sortes de moyens, de limiter le consommation du vin, prétextant que cette boisson , très consommée en France, est la source principale des pathologies alcooliques. Tous ces acteurs oublient de dire que la consommation du vin a fortement diminuée en France de plus de 50% ces 30 dernières années, et que l'alcoolisme qui subsiste, est plus causé par des consommations a risque, type « binje drinking », d'alcools forts, souvent d'importation pratiquées par des jeunes dans les pays nordiaues, en Grande Bretagne et imitées en France. Les boîtes de nuit frquentées le plus souvent par des jeunes gens, ne proposent pas de vin à leur clientèle;

Le vin dans la société française du 21° siècle

 

Le vin a été reconnu comme partie intégrante du repas Gastronomique des Français qui estinscrit, après études et propositions des ministères des Affaires Étrangères et de la Culture Français, sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l'Humanité, établie par l'UNESCO.

C'est une étape importante, mais insuffisante pour mettre fin aux nombreuses actions des personnes qui militent avec des moyens très importants , dans l'entourage du ministère de la santé, de façon plus ou moins avouée, en vue de la réduction très importante de la consommation de vin. Ces structures et personne, oublient que l'alcoolisation, en particulier des jeunes, a des sources essentielles, vers des alcools souvent importés ou des boissons alcoolisées produites par des groupes industriels internationaux, ayant des moyens puissants de communication.

 

La vigne et le vin, patrimoine des français

 

Le classement dans le Code Rural, du vin, au patrimoine culturel et gastronomique protégé en France, réduira de façon considérable les actions anti-alcooliques spécifiques au vin, sans aucun dommage pour la santé publique. La culture du vin, partie du patrimoine bi-millénaire, culturel, cultuel, paysager et économique français et européen, transmis de génération en générations, a grandement contribué à la renommée de notre pays, et tout spécialement de sa gastronomie au yeux du monde. L'activité viticole française, par ses performances sur le marché mondial, représente un élément essentiel de la balance commerciale du pays et donc de son économie et de ses ressources fiscales, mais aussi des centaines de milliers d'emplois direct ou indirects et qu'elle est pratiquée dans 18 des 22 régions métropolitaines .

 

Voici le texte voté au Sénat pour la protection du vin reprenant les arguments développés dans la motion Chambre d'Agriculture, sans suite législative, les gouvernements successifs jugeant inutile cette législation..

Le chapitre V du titre VI du livre VI du code rural et de la pêche maritime est complété par un article L. 665-6 ainsi rédigé :

« Art. L. 665-6. – Le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France. »

Le sénateur Roland Courteau a proposé, cet après-midi, (18/03) en commission au sénat, palais du Luxembourg,un amendement à la loi sur l’agriculture pour que le vin fasse "partie intégrante du patrimoine culturel et gastronomique de la France".Peu avant 16 heures, l’amendement était adopté à l’unanimité. La loi devrait être votée en juin. Une victoire pour l’élu qui avait déjà déposé une loi en 2012, jamais mise en discussion. Pour l'élu, il s'agit de "réhabiliter l'image du vin et de favoriser sa reconnaissance face aux attaques dont il fait l'objet."Le 9 avril dernier, le sénateur Raymond Couderc et ses amis déposaient un amendement  légèrement différent de celui qui avait été adopté en commission des Affaires Économiques «afin de répondre au besoin implicite de protéger le vin, produit de la vigne, les terroirs viticoles et les paysages qui y sont liés

Cet amendement à la loi constitue une première étape décisive avant le dépôt d’un dossier auprès de l’Unesco en vue du classement du vin au patrimoine immatériel de l’humanité. "Je vais prendre rendez-vous au ministère afin de voir comment constituer un dossier plus complexe. Le repas gastronomique français a été classé. Le vin doit logiquement l’être."

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Copie de la motion du 28 mars 2011

 

Chambre d'Agriculture de l'Hérault

Motion sur le Vin

 

 

La Chambre d'Agriculture de l'Hérault, réunie en Session le 28 mars 2011 au château de Flaugergues à Montpellier, sous la présidence de Jacques Gravegeal, délibérant conformément aux dispositions législatives et règlementaires a examiné les points suivants:

 

Considérant que:

 

-Le vin a été reconnu comme partie intégrante du repas Gastronomique des Français qui est inscrit, après études et propositions des ministères des Affaires Étrangères et de la Culture Français, sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l'Humanité, établie par l'UNESCO,

-La culture du vin, partie du patrimoine bi-millénaire, culturel, cultuel, paysager et économique français et européen, transmis de génération en générations, a grandement contribué à la renommée de notre pays, et tout spécialement de sa gastronomie au yeux du monde.

-Au-delà des arts de la Table, légion sont les exemples qui pourraient être cités et démontreraient à quel point unique au monde depuis l'Antiquité, le vin est évoqué dans la production artistique de notre pays, particulièrement dans les domaines de la littérature et de la poésie.

 

 

Considérant par ailleurs, que:

 

-L'activité viticole française, par ses performances sur le marché mondial, représente un élément essentiel de la balance commerciale du pays et donc dans son économie, mais aussi des centaines de milliers d'emplois direct ou indirects et qu'elle est pratiquée dans 18 des 22 régions métropolitaines

-La vigne et le vin constituent, en France, un des bases principales du développement touristique , par la qualité reconnue de ses paysages façonnés, la protection et l'entretien du patrimoine immobilier et monumental qu'elle permet,par la culture de l'accueil développée par les vignerons, et par son rôle primordial dans les arts de la table, éléments indiscutables de l'art de vivre à la Française

-Le vin, consommé avec modération, a largement participé à la bonne santé de nos populations, qu'il joue un rôle actif de lubrifiant social dans la communauté, et que l'éducation a la maîtrise de sa consommation, lorsqu'elle est perpétuée, permet d'éviter les dérives alcooliques.

-Nombre de boissons, tendant à se substituer au vin pour accompagner les repas se révèlent beaucoup plus dangereuses, même en cas de limitation, comme le soulignant les rapports scientifiques internationaux majeurs.

-La majorité de la population française, celle de la plupart des médias, des leaders d'opinion, souhaitent que soient maintenues et protégées les activités vigneronnes, la production des vins français, la reconnaissance internationale dont elle jouit

-L'enseignement français des techniques de la viticulture dispensée par ses écoles d'agronomie accueillant de nombreux étudiants étrangers, par ses centres de recherche, par son histoire, par ses cépages, par la notoriété de ses vins, est reconnue comme le premier au plan international.

 

Considérant que:

 

-Ces réalités objectives sont parfois contestées par des personnes ou des services officiels, entretenant une confusion entre la nécessaire lutte anti-alcoolique protégeant la santé publique, et les apports positifs permis par la consommation modérée de vin, et démontrée par la plupart des études récentes

 

-Que le parlement Français en plein accord avec le Ministre de l'Agriculture de l'époque, a en janvier 2006, prenant en considération les attaques dont le foie gras était l'objet, ajouté l'article suivant au code rural:

Article L654-27-1

Créé par Loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006-aert.74 JORF 6 janvier 2006

le foie gras fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France. On entend par foie gras, le foie d'un canard ou d'une oie spécialement élevée par gavage.

 

Souhaite que

-L'ensemble des élus de France veuille bien prendre connaissance et conscience des faits ci-dessus énoncés et s'engagent dans une démarche assumée de reconnaissance et de défense du vin.

 

Demande que:

 

-Soit d'ores et déjà affirmé clairement par la représentation nationale que le vin fait partie intégrante du patrimoine culturel et gastronomique de notre pays, qu'il convient de protéger, et qu'à cet effet soit ajouté l'article suivant au Code Rural:

 

Article L665-6

créé par la loi n°...........du..........

Le vin produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France.

 

 

Le président Jacques Gravegeal

 

Texte adopté à l'unanimité par la session de la Chambre d'Agriculture de l'Hérault du 28 mars 2011

 

 

Le vin, élément du patrimoine culturel et gastronomique de la France

Norbert Olszak
Professeur à l’École de droit de la Sorbonne - Université Paris 1 - Paris - France.

De la page 7 à la page 8

 

Le 28 mars dernier, la Chambre d’agriculture de l’Hérault, présidée par Jacques Gravegeal, vigneron, a adopté une motion demandant que l’on ajoute au Code rural et de la pêche maritime un article L. 665-6 ainsi libellé : « Le vin, produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France ». Cette motion a été immédiatement bien accueillie par les parlementaires. Dès le 4 avril, Roland Courteau, sénateur de l’Aude (PS) et 36 de ses collègues déposaient une proposition de loi en ce sens et le 7 avril, Robert Navarro, sénateur de l’Hérault (PS) faisait de même, avec une proposition signée par 16 collègues. Les membres de l’Assemblée nationale ont été tout aussi actifs : le 8 avril, Jean-Pierre Grand, député de l’Hérault (UMP) et 40 collègues ont proposé un amendement au projet de loi sur l’hôpital pour introduire ce complément au Code rural, ce qui peut paraître étrange mais on se souviendra qu’en 2009 le débat sur la réforme hospitalière avait déjà permis des modifications concernant la publicité pour le vin (Depuis, pour plus de clarté, cet amendement a d’ailleurs été transformé en proposition de loi, le 1er juin). Enfin, le 19 avril, Philippe Armand Martin, député de la Marne (UMP) et viticulteur, a posé une question écrite au Ministre de l’Agriculture. L’accueil est donc remarquable, dans la majorité et dans l’opposition, mais il est vrai que l’idée cheminait déjà depuis octobre 2005 quand les parlementaires avaient donné ce statut éminent au foie gras dans l’article L. 654-27-1 du Code rural, pour le protéger des attaques anti-gavage. Jean-Charles Tastavy, président des Vignerons Indépendants de l’Hérault, avait alors interpellé le Premier Ministre de passage dans le département en lui disant « Pourquoi pas le vin ?». Et le thème sera ensuite soutenu par Jean Clavel et l’association « Honneur du vin ». De plus, le classement, le 16 novembre 2010, par l’UNESCO du repas gastronomique des Français au patrimoine mondial de l’humanité a donné une place importante au vin et renforcé l’attention de l’opinion, mais une action législative nationale conserve son intérêt pour une véritable protection.

 

 

31/03/2014

Georges Clémenceau et Jeau Jaurès

 

Semblables et différents

 

Georges Clémenceau et Jean Jaurès sont des personnages remarquables de la 3° République, l'un et l'autre, intellectuels et humanistres recherchant dans leur engagement politique, des solutions d'organisation sociale visant à un meilleur équilibre des diverses classes de la société française, luttant pour une amélioration de la situation des ouvriers et paysans, et pour une meilleure égalité devant la loi. Mais l'un ,Clémenceau, engagé dans le radical-socialisme, défend l'individu recherchant dans sa formation scolaire et intellectuelle, le moyen personnel d'épanouissement famillial, qui lui permette , individuellement, de mieux vivre dans la société française du moment, alors que Jaurès, influencé par la philosophie marxiste et pacifiste militant convaincu, préfère l'action collective, par la recherche de la prise de pouvoir de la classe ouvrière, dont l'action devrait aboutir a une société prospère, égalitaire, sans classe sociale. Parlementaires tous deux, et écrivant dans des journaux d'opinions, ils débattent de leurs différences et de ce qui les rapproche.

Clémenceau ne croit pas au socialisme marxiste de Jean Jaurès, qu'il considère comme utopique, même s'il le rspecte profondément;(La Mêlée sociale) (Le monde selon Clémenceau de Jean Garrigues . Ed.Taillandier-2014)

« M. Jaurès eut-il l'heureuse fortune d'être en possession de la vérité absolue, il ne peut faire le bonheur de l'humanité qu'avec son consentement; Il faut donc la convaincre d'abord. Il s'y essaye bravement, avec un entrain, une bonne foi, qui l'honore. J'ai lu ses articles dans L a Dépèche, ma culture intellectuelle ne doit pas être inférieure à celle des paysans. Eh bien, je le dis franchement, il n' pas fait la lumière dans mon esprit. J'en conclue que nous sommes loin de compte!!

Il ne lui est pas hostile sur le principe:

Jaurès a conçu l'ambition légitime, de faire du parti socialiste, un parti de gouvernement, il y dépense sans compter, le meilleur de son énergie, . Bien que je ne sois pas « socialiste » au sens restreint, où il plait à sa foi marxiste de l'entendre, je pense qu'un immense progrès serait réalisé si l'éloquent leader réussissait dans sa haute entreprise.

Mais Clémenceau redoute la stratégie révolutionaire (mai 1901)

Le parti socialiste, hanté par le besoin atavique de mettre une réconpense, au boût de chaque effort, s'offre, peut être un peu vite, à faire descendre, le paradis sur terre.. Des changements de loi, ne sauraient accomplir ce miracle, toute réforme d'organisation, n'ayant de valeur, que par la réforme des individus organisés......

.Je n'ai pas peur des mots, et je ne vois pas rouge, lorsque j'entends parler de communisme ou collectivisme. J'admet très bien que la propriété, n'est pas destinée à demeurer telle que nous la connaissons. Elle s'est modifiée dans la passé. Elle se modifiera dans l'avenir. A vrai dire, en dehors de ce qui touche aux services publics, je ne crois pas que l'évolution future de la propriété se fasse du côté de son absortion par la collectivité, autant dire par l'Etat,et j'espère que la liberté d'association, quand nous l'aurons, permettra le développement d'une forme de propriété mi-individuelle, m-collective, mais parfaiement indépendante de l'Etat (juin 1901) La loi sur les association est de juillet 1901

.Les Congrès socialistes ont pu trouver des formules plus ou moins heureuses pour maintenir l'équivoque entre les dogmatiques de la Révolution, et les empiriques du ministérialisme à outrance; Jaurès qui est au combat de chaque jour, Jaurès qui se repand en conférences, en discours, en écrit où rivalisent l'art et la pensée, éprouve une difficulté fort grande à se tenir à égale distance des uns et des autres .(mars 1902)

A Jean Jaurès à la Chambre 18 juin 1906 (Clémenceau est ministre de l'Intérieur)

« C'est vrai, le préjugé de l'ordre, je l'ai. Je n'ai peur d'aucune idée, d'aucune proposition, accessibles à ma raison, mais véritablement, a vous, qui avez de si ambitieux projets, et songez à de si vastes entreprises, , l'ordre est plus nécessaire qu'a nul autre, car rien ne peut se modifier, rien ne peut se créer , si l'ordre légal n'est pas maintenu »

Evoquant dans son éditorial du 2 aout 1914, la disparition de Jean Jaurès:

L'heure est venue de résolutions graves, En effet il s'agit pour la France, de la vie et de la mort. Aujoud'hui, il ne peut y avoir deux français qui se haïssent. Il est temps que nous connaissions la joie d'aimer, , de nous aimer, parce qu'il y a de plus grand en nous, le devoir de témoigner devant les hommes , que nous n'avons pas dégénéré de nos pères, et que nos enfants n'aurons pas à baisser les yeux , quend on leur parlera de nous...Ni récriminations, ni phrases grandiloquantes, ni promeses de mourir. Assez de paroles, des actes, des actes réfléchis, de prudence ordonnée et d'actions sans retour. Le sort de Jaurès fut de prêcher la fraternité des peuples et d'avoir une si ferme foi en cette grande idée, qu'elle ne put même pas le protéger de la mort.

 

 

Georges Benjamin Clemenceau, né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) et mort le 24 novembre 1929 à Paris, est un homme d'Étatfrançais, radical-socialiste, président du Conseil de 1906 à 1909, puis de 1917 à 1920.

Issu d'une famille de notables républicains, il est maire du 18e arrondissement de Paris puis président du conseil municipal de Paris au début de la Troisième République, ainsi que député en 1871, puis de 1876 à 1893, siégeant en tant que républicain radical. Défenseur de l'amnistie pour les Communards et anticlérical, il prône inlassablement la séparation des Églises et de l'État et s'oppose à la colonisation, faisant tomber le gouvernement Jules Ferry sur cette question. Fondateur du journal La Justice et de la Société des droits de l'homme et du citoyen, il travaille ensuite à L'Aurore et prend une part active dans la défense du capitaine Dreyfus.

Il obtient le baccalauréat ès-lettres en 1858. Il s'inscrit ensuite à l'école de médecine de Nantes. Après trois années pendant lesquelles il se révèle un étudiant médiocre et dissipé, passant notamment en conseil de discipline, il part en 1861 poursuivre ses études à Paris, où il s'inscrit également en droit.

Il fréquente des cercles artistiques et républicains dans le Quartier latin où il fait connaissance avec Claude Monet en 1863. Avec plusieurs camarades , il fonde un hebdomadaire, Le Travail, dont le premier numéro paraît le 22 décembre 1861. Zola se joint au groupe afin de soutenir le journal contre la censure. La publication prend fin au bout de huit numéros : la plupart des membres ont en effet été arrêtés après un appel à manifester place de la Bastille afin de commémorer les évènements du 24 février 1848. Le 23 février 1862, Clemenceau est envoyé pour 73 jours à la prison Mazas[. « Quand on a l'honneur d'être vivant, on s'exprime ! », dira-t-il plus tard. En 1896, il honorera Blanqui en parlant de « cette vie de désintéressement total qui ne découragera que les lâches du grand combat pour la justice et pour la vérité ».

Durant ses années d’études, Clemenceau participe à la création de plusieurs autres revues et écrit de nombreux articles Après avoir effectué des stages à l'hôpital psychiatrique de Bicêtre, puis à La Pitié, il obtient le doctorat en médecine le 13 mai 1865 avec une thèse intitulée De la génération des éléments anatomiques, sous la direction d'un ami d'Auguste Comte. Sa thèse reprend les idées de Robin, qui est un adversaire du catholique bonapartiste Pasteur. Elle est ensuite publiée en échange de la traduction par Clemenceau d’Auguste Comte and Positivism. Plus tard, lorsque Pasteur sera devenu célèbre, Clemenceau reconnaîtra de bonne grâce son erreur.

À la suite d'un dépit amoureux il s’embarque, d'abord pour l'Angleterre, où son père le présente à Mill et Spencer, puis pour les États-Unis, qui sortent à peine de la guerre de Sécession. Il trouve un poste d’enseignant dans un collège pour jeunes filles à Stamford où il donne des cours de français et d’équitation. Il devient également correspondant du journal français « Le Temps » Ancêtre du journal Le Monde..

Clemenceau s’éprend alors d’une de ses élèves, Mary Plummer  qu’il épouse civilement le 20 juin 1869, avec qui il aura trois enfants. Sa femme ayant une liaison avec son jeune secrétaire précepteur des enfants, il fait constater l'adultère et demande le divorce qu'il obtient en 1891 avant de la renvoyer brutalement aux États-Unis avec un billet de troisième classe et obtenu qu'elle perde la garde de ses enfants et la nationalité française.

Élu sénateur du département du Var en 1902, bien qu'il ait critiqué dans sa jeunesse l'institution du Sénat et de la présidence de la République, il est nommé ministre de l'Intérieur en 1906, se désignant lui-même comme le « premier flic de France ». Surnommé « le Tigre », il réprime alors les grèves et met fin à la querelle des inventaires, puis devient président du Conseil à la fin de l'année 1906, fonction qu'il occupe pendant près de trois ans. Dans l'été 1907, il gère brutalement la révolte des vignerons languedociens, (5 morts à Narbonne) compromet Marcelin Albert , l'animateur de la révolte ,qui lui rend visite pour négocier, en lui remettant un billet de 100 francs pour qu'il reprenne le train vers Narbonne, et en informe un journaliste qui transmet ce fait aux journaux locaux, l'objectif est atteint , Marcelin Albert est totalement décrébilisé. Aprés la révolte du 17° régiment d'infanterie de Béziers, il décide que désormais, tous les conscrits seront dispersés dans des villes françaises et non plus mobilisés dans la ville voisine de leur domicile

Retournant ensuite au Sénat, il fonde le journal L'Homme libre, rebaptisé L'Homme enchaîné après avoir essuyé la censure au début de la Première Guerre mondiale.En novembre 1917, il est de nouveau nommé président du Conseil et forme un gouvernement consacré à la poursuite de la guerre. Négociateur lors de la Conférence de Versailles, le « Père la Victoire », après avoir promulgué la loi des huit heures, échoue à l'élection présidentielle de janvier 1920, étant critiqué à gauche et à droite, et se retire de la vie politique.

 

Jean Jaurès est un homme politiquefrançais, né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914. Orateur et parlementaire socialiste, il s'est notamment illustré par son pacifisme et son opposition au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Issu de la bourgeoisie et agrégé de philosophie, il débute sa carrière politique comme députérépublicain, mais adhère définitivement au socialisme après la grande grève des mineurs de Carmaux et s'oppose aux lois scélérates. Durant l'affaire Dreyfus, il prend la défense du capitaine et pointe l'antisémitisme dont celui-ci est victime. En 1905, il est un des rédacteurs de la loi de séparation des Églises et de l'État. La même année, il participe à la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), dont il est l'acteur principal, unifiant ainsi le mouvement socialiste français. Ses positions réformistes lui valent toutefois l'opposition d'une partie de la gauche révolutionnaire. Il consacre les dernières années de sa vie à empêcher, en vain, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, et se lie aux autres partis de l'Internationale ouvrière, faisant planer la menace de grève générale au niveau européen. Ces positions pacifistes lui valent d'être assassiné par le nationalisteRaoul Villain à la veille du début du conflit. Cet événement entraîne paradoxalement le ralliement de la gauche à l'« Union sacrée ».

En 1924, sa dépouille est transférée au Panthéon. Bien qu'historiquement rattachée au socialisme, la figure de Jaurès est aujourd'hui aussi bien utilisée par la gauche que par la droite dans les discours politiques.

Brillant élève au collège de Castres, il y est remarqué par un inspecteur général, Félix Deltour, qui convainc ses parents à ce qu'il poursuive ses études dans les écoles de l'« élitisme républicain », alors qu'ils le destinaient à l'administration des postes. L'inspecteur lui obtient une bourse qui lui permet de préparer à Paris l'École normale supérieure, au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis-le-Grand. En 1878, il est reçu premier à l'École normale supérieure en philosophie, devant Henri Bergson. En 1881, il termine troisième à l'agrégation de philosophie, derrière Paul Lesbazeilles et Henri Bergson. Devenu professeur, Jaurès enseigne tout d'abord au lycée Lapérouse d'Albi, puis rejoint Toulouse en 1882 pour exercer comme maître de conférences à la faculté des lettres. Il donne également un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de cette même ville.

Il se marie le 29 juin 1886 avec Louise Bois (1867-1931), rencontrée au château de Loirac, fille d'un marchand de fromages en gros d'Albi, avec qui il a deux enfants :Madeleine, et Louis Paul qui engagé volontaire en 1915 à 18 ans, au 7° régiment de dragons, passe aspirant au 10e bataillon de chasseurs à pied. Il est tué le 3° juin 1918 à Pernant (Aisne), village où l'armée allemande est arrêtée lors de la seconde bataille de la Marne, et déclaré « mort pour la France ». Une stèle, surmontée du buste de son père, est inaugurée à quelques kilomètres du lieu de sa mort..

 

Citations:

-Ces grands changements sociaux qu'on nomme des révolutions ne peuvent pas ou ne peuvent plus être l'œuvre d'une minorité. Une minorité révolutionnaire, si intelligente, si énergique qu'elle soit, ne suffit pas, au moins dans les sociétés modernes, à accomplir la révolution. Il y faut le concours, l'adhésion de la majorité, de l'immense majorité.

-N'ayant pas la force d'agir ils dissertent!!

-Tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, malgré tous les congrès de la philanthropie internationale, la guerre peut naître toujours d’un hasard toujours possible… Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage.
Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille — un régime de concorde sociale et d’unité. Et voila pourquoi si vous regardez non aux intentions qui sont toujours vaines, mais à l’efficacité des principes et à la réalité des conséquences, logiquement, profondément, le Parti socialiste est, dans le monde, aujourd’hui, le seul parti de la paix.

-C'est vers le financier gaspilleur, vers le bourgeois taquin et avare que va, de siècle en siècle, la richesse des champs, des vignes et des bois.

-Quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots.

-Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

-Oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n'est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c'est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c'est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n'en avez gardé que la cendre.

-Quelle abjection dans cette propagande de la peur ! On lit sur les murs de Paris d'ignobles affiches qui apprennent au monde que toutes les boutiques sont forcées, que toutes les existences sont menacées, qu'au coin de toutes les rues le passant est guetté par le couteau d'un apache. « Défendons-nous », hallucinons les cerveaux, affolons les coeurs ; demandons à la société française de répudier toutes les lois humaines sur le sursis, sur la libération conditionnelle, que ce fut son honneur de promulguer ; dénonçons comme des lâches, comme des traîtres, les jurés qui ont cru équitable, après examen des circonstances, un verdict de pitié. Faisons que la loi pénale fonctionne toujours automatiquement avec le maximum de rigueur. Appliquons, s'il le faut, la torture aux condamnés ; arrachons les ongles aux transportés par le rétablissement des poucettes ; et frappons, flétrissons comme des complices des assassins, tous les hommes qui demanderont à la nation de ne pas s'affoler, de ne pas se dégrader. « Défendons-nous, défendons-nous. »

-J'ai le goût le plus vif pour la langue et pour les oeuvres de notre Midi, du Limousin et du Rouergue au Languedoc et à la Provence. J'aime entendre notre langue et j'aime la parler.

-Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l'orage.

Jean Clavel 31/03/2014