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22/09/2014

Vins AOP Pic Saint Loup

 

 

 

Il y a environ 10000 ans, les paysages méditerranéens étaient recouverts d’une forêt de chênes verts et de chênes blancs parfois hauts de 20mètres. L’homme d’alors est chasseur-cueilleur, son impact sur la forêt est très faible. Quatre mille ans plus tard, au néolithique, des peuplades “maîtrisant” l’agriculture viennent s’installer dans cette forêt, apportant avec elles des changements radicaux, défrichant pour créer des espaces ouverts. C’est l’acte de naissance de nouveaux paysages qui deviendront peu à peu les garrigues que nous connaissons.

 

 

 

Ager, patus, sylva Tout au long de l’histoire, les territoires de garrigue ont donné lieu à trois grands types d’usages: - les zones de parcours (c’est-à-dire de pâture) pour les moutons, formant de vastes territoires ouverts dominés par les herbacées et quelques bas arbrisseaux: c’est le patus, - la forêt, exploitée à diverses fins (et souvent en taillis): c’est la sylva, - les terres arables, principalement utilisées pour semer les céréales (le pain est la première des nourritures), mais aussi pour planter la vigne, l’olivier et quelques arbres fruitiers: c’est l’ager. Un équilibre s’instaure entre ces trois ensembles. Les troupeaux, par exemple, sont amenés sur les terres arables en dehors de la période de culture pour brouter les repousses et fumer (enrichir) le sol. Les céréales sont souvent semées entre les rangs d’oliviers: on parle de “cultures mariées”, une forme d’agroforesterie méditerranéenne. Selon l’évolution des populations et des pratiques agronomiques, ager, patus et sylva ont occupé des surfaces variables au cours du temps. La fin de l’exploitation traditionnelle des zones de garrigue signe la fin de cette trilogie.(source :Les Ecologistes de l'Euzière)

 

 

 

 

 

Activités agricoles dans la région du Pic St Loup,

Il faut distinguer la zone nord , dont le climat est marqué par des températures moyennes fraîches, des risques de gelées printanières, une pluviométrie abondante qui obligent à une sélection et adaptation culturale, limitant la vigne et l'olivier et la zone sud du Pic, au climat plus favorable à une diversité des cultures, ce qui a permis l'implantation de villages plus nombreux et plus peuplés.

Au 19° siècle coexistaient, au sud, plusieurs types de productions agricoles, d'élevage, d'exploitation des bois de chêne vert, en plus de la viticulture. Le paysages étaient étaient très différents de ceux de notre époque. L'exploitation des bois , pour la production de charbon de bois, favorisait l'entretien des voies d'accès, les troupeaux ovins très nombreux, pouvaient paître en sous bois ce qui favorisait leur entretien, les petits viticulteurs qui possédaient des chevaux de traits , assuraient le transport des fagots de sarments et de branchage de chêne verts vers les boulangers du bas pays et de Montpellier. Les troupeaux ovins pratiquaient la transhumance, par les « drayes » vers le plateau du Larzac ou vers les Cévennes, et le fumier des bergeries qui étaient libérées l'été, servait à enrichir les terres arables et les vignes. Les vignobles étaient sur les pentes des Coteaux,sur des îlots plus favorables, les bas-fonds servaient à produire des céréales et la nourriture des chevaux de traits. Les agriculteurs fréquentaient le marché hebdomadaire de Nîmes, spécialisé pour les productions ovines et non celui de Montpellier plus orienté sur le vin Sur les pentes les mieux exposées au levant et à l'abri des vents du Nord, des oliviers bien entretenu permettaient d'obtenir l'huile nécessaire à la famille pour la cuisine et l'éclairage. La chasse, qui n'était pas considéré comme un loisir, permettait d'améliorer l'ordinaire.

2°La viticulture :

 

Avant le 19° siècle , la diversité culturale était la règle, la production viticole était destinée à la consommation familiale et au marché local. Les transports plus lointains étaient très onéreux et c'est la mise en service des chemins de fer après 1850, (liaisons nationales et liaisons locales) qui a permis l'abaissement des coûts de transport (divisés par un facteur 10) et l'extension viticole.

Jusqu’à 1945 la production viticole du Pic Saint Loup était destinée à la consommation populaire, sans distinction d'origine, comme la majorité des vins du Languedoc .

Après la Libération, Philippe Lamour a été chargé par le ministre de l'Agriculture (Tanguy-Prigent) du Général de Gaulle, de réorganiser l'agriculture nationale. Il a obtenu du Ministre des Finances Mendès-France la possibilité de créer en 1946 une nouvelle catégorie de vins de qualité destinée aux régions n'ayant pas la possibilité d'utiliser les Appellations Contrôlées ,

ce qui était le cas de toutes les zones viticoles du sud de la France, les Vins Délimités de Qualité supérieure (VDQS). Il demanda aux maires des zones de Coteaux intéressés par cette mesure d'inscrire leur commune sur une liste de candidature et de demander aux vignerons de ces commune de se réunir en syndicats destinés à contrôler ces productions. Il créa aussi une fédération Nationale de ces syndicats dont il devint président et qui établirent avec l'appui du ministère les règles de production et de labellisation de ces vins. C'est ainsi que les maires d'une dizaine de communes du Pic Saint Loup demandèrent en 1950 à faire bénéficier les vignerons de leur commune de cette nouvelle législation, qui, dans un premier temps se limitait a définir les cépages et les grandes zones de production. Puis rapidement des règles plus précises furent mise en place, degrés minimum des vins , dégustation avant labellisation. En 1960, le professeur Milhau de la faculté de Sciences économiques et de l’École d'Agronomie de Montpellier, aussi maire de Saint Chinian, et président du nouveau Syndicat de Saint Chinian , créateur de la Cave coopérative de Causses et Veyran, proposa aux syndicats VDQS du Languedoc de se réunir en une Fédération Régionale sous le nom de Coteaux du Languedoc . J'étais alors , secrétaire général des jeunes agriculteurs de l'Aude et participais aux assemblée créatrices des Coteaux du Languedoc. Le Professeur Milhau avait demandé que l'on réglemente de façon plus complète la politique d'encépagement régionale en limitant le carignan à 50% de l'encépagement . Les responsables des Corbières et du Minervois, refusèrent cette règle et ont voulu rester au 100% carignan qu'ils pratiquaient Après de nombreuses réunions agitées , les Coteaux du Languedoc ont concerné les syndicats VDQS de l'Hérault, La Clape et le Quatourze dans l'Aude et Langlade dans le Gard. Je suis devenu directeur du Syndicat Coteaux du Languedoc en 1976, avec mission de développer cette appellation, d'améliorer sa notoriété, de la conduire au niveau des AOC ce que nous avons obtenu en décembre 1985.

En 2006, la législation europénne sur les vins a été modifiée, les AOC sont devenus les AOP (appellation d'origine protégée) et cette législation s'applique à tous les vins d'appellation produits en Europe

C'est sous le nom « Coteaux du Languedoc-PicSaint Loup » que la catégorie AOC s'est appliquée au Pic Saint Loup depuis 1985. L'étape suivante est l'accession de Pic Saint Loup à l'appellation indépendante communale. Cette évolution , plus sélective, impose des règles de production , délimitation parcellaire stricte en fonction de la qualité des sols, conduite et traitement de la vigne, adaptation des cépages. Les vignerons espèrent que la récolte 2015 sera la première dans la catégorie supérieure des vins, celle de l'AOP Communale « Pic Saint Loup ».

 

3°Détails communaux :

 

J'ai relevé dans un ouvrage paru en 1897 et décrivant les vignobles du Languedoc les renseignements concernant les communes viticoles du Pic Saint Loup (population, production, surface en vigne) que j'ai complété par les données administratives 2011 ( déclarations de récolte)  :

 

Ce terroir principalement argilo-calcaire, mais aussi de marnes, etait planté à la fin du 19° siècle d'aramon pour 60%, de carignan pour 25% et de 15% de métis Bouchet , (alicante) issu d'un croisement des cépages grenache noir, et teinturier du Cher (vins rouge). Ce métis est né à Mauguio, est maintenant connu dans le monde entier viticole, ses raisins à la pulpe très colorée, produisait un vin destiné a consolider la couleur rouge des vins de table, a dominante aramon gros producteur, mais faible en couleur

L'encépagement est complètement transformé en 2011:

majoritairement en AOP (règles européennes anciennement AOC), en cépages rouges, principalement Syrah, Mourvèvre, Grenache,quelques carignans et cinsault,

en IGP,(Réglement européen, anciennement vins de pays) quelques blancs chardonnay et sauvignon, en rouges cabernet-sauvignon et merlot .

 

Production des Caves coopératives (R. 2010):

Corconne.: 42 277 hl, Saint Mathieu de Tréviers 48 314 hl Assas: 38 672 hl. La Cave de Assas a intégré la CC de Claret, et celle de Saint Mathieu de Tréviers a intégré le CC de Valflaunès. (3 caves coopératives sur le secteur, avec plusieurs points de collecte)

 

Détail des populations, des surfaces en vigne et des productions en 1897 et en 2011 des différentes communes du Pic Saint Loup.

 

Saint Mathieu de Tréviers:1897: 403 hab. 250 ha.vignes,7500 hl. 2011:4660 hab.11250 hl dont 3116 hl en caves particulière, 28 exploitations agricoles, 464 ha vignes en production

 

Corconne, 1897:503 hab.980 ha. vignes 5000 hl. 2011: 562 hab.13742 hl.dont 570 hl en cave particulière, 217 ha en production

 

Vacquières,1897: 276 hab. 255 ha. de vignes 14000 hl.2011: 418 hab.14741 hldont 5440 en cave particulière, 19 E.A. 314 ha vignes

 

Saint Jean de Cuculles, 1897: 180 hab. 120 ha. de vignes, 5000 hl.2011: 443 hab 9614 hl. dont 2791 en cave particulière, 14 E.A. 147 ha vignes

 

Claret, 1897:640 hab.267 ha. de vignes, 10 000 hl 2011:1364 hab.14953 hl. dont 3321 hl en cave particulière, 32 EA. 320 ha vignes.

 

Lauret, 1897:357 hab.350 ha. de vignes 4000 hl.2011:564 hab.7280 hl. 12 EA, 153 ha vignes

 

Valflaunès, 1897: 409 hab. 200 ha. vignes 13 000 hl.2011 2714 hab. 24144 dont 9828 hl.en cave particulière, 23 EA 447 ha vignes

 

Fontanès, 1897: 127 hab.140 ha. vignes, 8550 hl.2011:249 hab.6399 hl. 4EA, 178 ha vignes

 

Sainte Croix de Quintillargues, 1897: 234 hab. Vignes 125 ha. 2700 hl.2011: 575 hab.1905 hl. 7EA 59 ha vignes

 

Assas, 1897: 287 hab. 350 ha. vignes 15 000 hl.2011:1527 hab.12432 hl 18EA 295 ha vignes

 

Saint Vincent de Barbeyrargues, 1897: 83 hab.50 ha. vignes 2500 hl.2011:660 hab.2526 hl. 7 EA

 

Guzargues, 1897: 110 hab. 145 ha. vignes, 2/3 Coteaux ou soubergues 5000 hl.

2011: 423 hab.5334 hl. 10 EA 124 ha. vignes

 

Cazevielle, 1897, non repertorié. 2011: 171 hab. 1 EA 45 ha.vignes

 

Sauteyrargues,1897: 147 hab.500 ha. vignes 16 000 hl.2012:325 hab. 2934 hl. 7 EA

205 ha vignes

 

Brouzet les Quissac,1897: 158 hab.150 ha. vignes 5000 hl.2011: 233 hab.8248 hl., 221 ha vignes

 

Le Triadou, 1897: 57 hab. 100 ha. vignes, 3500 hl. 2011: 372 hab.13 EA 125 ha. vignes

 

Les Matelles 1897: 456 hab. 140 ha. vignes 5000 hl.2011:1537 hab.8448 hl. 10EA 187 ha vignes

 

Saint Gély du Fesc,1897: 534 hab.325 ha. vignes 10 000 hl.2011: 8495 hab 2007 hl..20 EA 124 ha vignes.

 

Jean Clavel 22/09/2014

11/09/2014

Jean Devic (20/02/1952/06/09/2014)

 

 

 

Il est décédé samedi 6 septembre, emporté, brutalement, par une tumeur au cerveau. C'était un proche au plan familial et au plan professionnel. Nos mères étaient sœurs, et nos pères cousins-germains. Il était président de la cave coopérative de Montredon les Corbières , dont j'ai été adhérent dans mon jeune âge, et président du groupe coopératif du Val d'Orbieu depuis 2004 Il était aussi président de la Caisse de Crédit Agricole du secteur de Narbonne, ancien joueur de Rugby il était membre du Racing Club Narbonnais.

Jean Devic était un homme particulièrement estimé et très respecté par l’ensemble des vignerons adhérents et des collaborateurs de la filière. Viticulteur avant tout, il était aussi un homme d’engagement et de convictions, humble et à l’écoute. Il faisait preuve d’une grande ouverture d’esprit et avait à cœur de faire valoir les valeurs coopératives et les vins de notre région. Dès 2004, en pleine crise, il assuma la présidence du groupe en s’y engageant avec toute son énergie ayant comme seul objectif la reconstruction d’une entreprise coopérative au service de ses adhérents en adéquation avec les marchés. Sans renier l’histoire, doté d’une sensibilité économique, c’est avec une foi sans faille et des valeurs fortes qu’il a œuvré pendant 10 ans avec patience et sagesse, fédérant autour de lui, tant par son humanisme et sa détermination que par son pragmatisme. Ayant toujours su accorder sa confiance aux équipes, il laisse en héritage un groupe fort et puissant qu’il a marqué incontestablement de son empreinte en lui offrant des perspectives porteuses d’avenir pour ses adhérents et ses collaborateurs.

Entreprise coopérative viticole pionnière crée en 1980 par Yves Barsalou, conscient des problèmes viticoles de cette époque, n'oublions pas les événements de Montredon en 1976 (4 mars), visionnaire président national de Crédit Agricole, mais qui avait entraînée Val d'Orbieu dans une croissance démesurée, un peu désordonnée, oubliant quelque peu les valeurs fondatrices viticoles languedociennes, ce qui a obligé le groupe a revenir aux fondamentaux d'origine, et entraîné des révisions stratégiques difficiles que Jean Devic a assumé, après Joël Castany, avec son aide et celle de quelques administrateurs et de son frère Bernard, directeur général.

Val d'Orbieu fédère actuellement 2500 vignerons adhérents répartis sur 11 caves coopératives et 60 Domaines et Châteaux du Languedoc Roussillon. Un vignoble qui s'étend sur 17 000 hectares de vignes pour une production annuelle de 1 000 000 HL.
Le groupe Val d'Orbieu-Uccoar est une des premières entreprises viticoles de France, construit sur un modèle coopératif, porteur de sens, il répond aux préoccupations et aux aspirations citoyennes. Engagé depuis de nombreuses années dans l’action « durable-responsable », l’ambition du groupe s’articule autour de valeurs fortes : la solidarité, la fierté et l’attachement à son territoire, l’éthique, l’équité, le respect, la bienveillance et l’efficacité. Une organisation qui place l’homme au centre de tout, et des valeurs qui s’inscrivent naturellement dans une logique de durabilité pour faire vivre notre nature, nos vignerons, de manière décente et donner du sens au vin consommé. Le vin d'artisan, différent du vin « industrie » du Nouveau Monde viticole.
Le Groupe Val d’Orbieu, est un pionnier en la matière dans le secteur viticole, il comprend :.



SCA Les Vignerons du Val d'Orbieu

Actionnaire historique et majoritaire du Groupe Val d'Orbieu, la SCA Les vignerons du Val d'Orbieu est représentée par un conseil d'administration, qui comprend des coopératives viticoles vinifiant la production de leurs adhérents et des domaines vinifiant leur propre production. La SCA valide les orientations stratégiques du Groupe et veille à leurs mises en œuvre.

Cave La Malepère

Créée en 1949 à Arzens (Aude), la Cave La Malepère, est aujourd’hui présidée par M. Dominique Farail. La cave rayonne sur 30km à la ronde et fédère plus de 200 viticulteurs, sur plus de 2 000 hectares de vignes. La production moyenne est de 155 000 hl, ce qui la place parmi les caves coopératives les plus importantes de France. La cave est en effet, dotée d’une unité de vinification à la pointe et la diversité et la qualité constante de ses vins en font sa renommée. « La Malepère » est l’une des 2 caves fondatrices d’UCCOAR.

Cave du Razès

Construite en 1947 sur l'ancienne gare de Routier dans le département de l'Aude, la cave du Razès est aujourd'hui une des plus importante cave de France. Elle dispose de moyens techniques et d'installations modernes pour vinifier les 250 000 hectolitres de production annuelle moyenne. Son vignoble est implanté sur 36 communes situées au sud de Carcassonne représentant 3000 ha de vignes. La cave du Razès est présidée par Mr Gérard Guiraud et est également une des 2 caves fondatrices d'Uccoar

La Languedocienne

C'est la holding conmmerciale du Groupe Val d'Orbieu gouvernant ses filiales commerciales que sont les Vignerons de La Méditerranée, Trilles et Uccoar. Elle est détenue à 75% par la SCA les vignerons du Val d'Orbieu et à 25% par les caves du Razès et de la Malepère, fruit du rapprochement Val d'Orbieu-Uccoar.

Il y a 3 sites de production a destination des marchés, prospection action commerciale, facturation, stockage, conditionnement, expédition, facturation, gestion financière : Trilles à Maureilhan dans l'Hérault, Les Vignerons de la Méditerranée à Narbonne, Uccoar à Carcassonne

SA Trilles à Maureilhan 34370 (SA à Conseil d'admiistration, présidé par Jean Devic) Capital social de 4 672 000 € crée en 1975. Chiffre d'affaire 2012 : 95 millions d'€. 95 employés.

SA Les Vignerons de la Méditerranée ZI Plaisance à Narbonne SA à Conseil d'administration au Capital Social de 19 millions d'€ crée en 1982, présidée par Jean Devic , Chiffre d'affaire 2013 : 101 millions d'€. 100 personnes employées.

SA UCCOAR SA à directoire ZI Salvaza Carcassonne 11000 créée en 1991 Capital social 5 millions d'€ Président du Directoire Bernard Girard Président du Conseil de surveillance Jean Devic CA 2013 70 millions d'€ . Par suite des difficultés financières du groupe UCCOAR en 2012, l'ensemble des partenaires a souhaité la création d'une nouvelle structure permettant la fusion absortion de l'Uccoar par le Val d'Orbieu, cette nouvelle structure a un capital social composé de 75% d'apports de Val d'Orbieu et 25% d'apport Uccoar.

L'examen de l'ensemble Val d'Orbieu, montre combien l'implication de Jean Devic était importante dans la gestion des structures de ce groupe et sa présence permanente pour la coordination de son fonctionnement, et la confiance des secteurs amont et aval, en particulier du système bancaire. Personne n'est indispensable mais certains le sont plus que d'autres

Jean Clavel 11septembre 2014

17/07/2014

Philippe Lamour

Quelques infos sur la création des Coteaux du Languedoc et l'action de Philippe Lamour. Il a été avant la guerre de 39/45, un grand avocat, à trente ans, il est déjà célèbre, ayant plaidé notamment dans l'affaire Seznec et l'affaire Stavisky.

Lecteur lucide de Mein Kampf, témoin engagé de la guerre d'Espagne comme conseiller du gouvernement républicain, il multiplie en vain les avertissements dans un univers politique paralysé. La vengeance de la Gestapo lui interdira, après sa démobilisation en 1940, de rentrer à Paris. Pour assurer la subsistance de sa famille, et s'engager dans une résistance active et gaulliste, en zone sud, il remet en état une propriété abandonnée, dans le centre, avant d'acquérir un mas viticole sur les Costières de Nîmes, dans le Gard, où il vivra jusqu'à sa mort.

Après la Libération, il se lance dans l'action professionnelle agricole, la France doit tout reconstruire . Les organisations professionnelles viticoles, souvent marquées par le pétainisme, sont déconsidérées. Il se rend compte rapidement que la viticulture du sud de la France, a raté avant guerre, la démarche qualitative réussie par le Bordelais, la Bourgogne , la Champagne et quelques autres vignobles, de la Loire. Aucun des vignobles du sud depuis la Provence jusqu'à la Catalogne française, en passant par les basses côtes du Rhône (à l'exception de Chateauneuf du Pape, Fitou et quelques muscats) n'a reçu la qualification AOC. Les vignobles historiques AOC, ne souhaitent pas alors, que le sud viticole entre dans leur famille. Philippe Lamour réussit a convaincre, avec difficulté, le ministre des finances du gouvernement De Gaule, Pierre Mendez-France, qu'il faut créer une famille de vins de qualité, capable d'entraîner cette viticulture, vers une amélioration de leur production. Ce seront les VDQS (Vins délimités de qualité supérieure, loi de 1946) . Dans un domaine agricole plus large et national, c'est sous son impulsion que naît la Confédération générale de l'agriculture, (CGA) dont il devient le secrétaire général. Il s'agit alors de redonner à l'agriculture française et à ses organisations syndicales, financières et mutualistes une structure cohérente et représentative. À cette époque, les moyens de production sont détruits, et les restrictions alimentaires frappent encore durement la population. Il s'attache, en collaboration étroite avec le ministre de l'Agriculture, Tanguy-Prigent, à obtenir, dans le cadre du plan Marshall, les indispensables dotations en matériel, engrais et semences. Son action est déterminante. L'agriculture française entre de plain-pied dans l'ère moderne.

En février 1955, Philippe Lamour arrache des mains de Pierre Mendès-France, le jour de sa démission de la présidence du Conseil et sur le capot de sa voiture, la signature du décret instituant la création de la Compagnie nationale d’aménagement de la région du Bas-Rhône Languedoc (CNABRL).C’est la fin du premier acte d’un combat vieux de dix ans pour Philippe Lamour, sur la rive droite du Rhône, au cours de l’occupation.Grâce à cette signature, le visionnaire Lamour va offrir un nouvel essor à sa région d’adoption, un Languedoc aride et peu industrialisé, soumis à une viticulture en perte de vitesse au sortir de la guerre. Son projet s’inspire de l’aménagement hydrologique de la Vallée du Tennessee, mené dans les années 30 aux Etats-Unis : la Tennessee Valley Authority (TVA).

Soit un vaste réseau d’irrigation (canaux, barrages) qui conduirait l’eau du Rhône, qui en abondance se perd en mer , à travers trois départements (le Gard, l’Hérault et l’Aude), permettant ainsi le développement d’une agriculture diversifiée. Le canal du Bas-Rhône, fruit du premier plan de modernisation de Jean Monnet, voit le jour au tout début des années soixante et la Costière gardoise, aux portes de Nîmes, ne tarde pas à s’imposer comme l’un des grands plateaux arboricoles européens grâce, notamment, à l’arrivée et au savoir-faire des rapatriés d’Algérie.

Mais l’eau ne servira pas qu’à des fins agricoles. Les centaines de kilomètres de réseaux du canal vont permettre au gouvernement Pompidou, dès 1963, de s’attaquer à l’aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon.

Près de 60 ans après sa création, la compagnie du Bas-Rhône Languedoc (BRL), après bien des déboires, est devenue un acteur international de l’aménagement hydraulique. Société d’économie mixte locale (SEML) aux mains de la région Languedoc-Roussillon, elle ne saurait toutefois négliger sa vocation première face à l’afflux de nouvelles populations venues profiter du soleil méditerranéen.

Le projet Aqua Domitia vise aujourd’hui à conduire l’eau du Rhône jusqu’aux confins de l’Aude, et pourquoi pas prochainement, jusqu’aux Pyrénées . Le canal, parfois décrié pour son envergure démesurée, trouvera t-il demain une nouvelle raison d’être dans cette région où l’agriculture perd chaque jour des exploitants, mais où il y a une agriculture dynamique, voir a Mauguio la réutilisation des surfaces de vignobles arrachées grâce aux aides européennes, mise en valeurs par des immigrants espagnols ?

En creux, se dessine au fil de sa vie, le portrait d’un homme gouverné par l’amour de la liberté et de la modernité, n’ayant jamais succombé aux sirènes de la vie politique. Philippe Lamour est considéré à bien des égards comme l’un des pères de l’aménagement du territoire en France, et dont ce cher Languedoc aura été le précieux laboratoire.

 Le canal du Bas-Rhône et Philippe Lamour, une histoire commune :

* 1903 : Naissance de Philippe Lamour à Landrecies (Nord) bachelier à 15 ans, avocat à 20 ans

* 1923 : Il plaide notamment dans le cadre des affaires Seznec et Stavisky

* 1931 : Création de la revue d’avant-garde Plans, à laquelle collaborent notamment Le Corbusier et Fernand Léger.

* 1934 : Publication de son premier roman (« Un dur ») avec son ami, l’avocat André Cayatte.

* 1942 : Installation au mas Saint-Louis la Perdrix à Bellegarde (30300).

* 1946 : Création de la Commission du Bas-Rhône. Visite de l’aménagement hydraulique de la Tennessee Valley (USA).

* 1947 – 1954 : Secrétaire général de la Confédération générale de l’Agriculture (CGA) Création des VDQS (vins délimités de qualité supérieure, loi de 1949) et de la Fédération Nationale des VDQS dont il devient président ce qui lui permet d'entrer dans le cénacle de l'INAO ce qui aidera au classement AOC de Faugères et de Saint Chinian en 1983 et des Coteaux du Languedoc, des Corbières, du Minervois, des côtes du Roussillon en décembre 1985.

* 1955 : Création de la Compagnie nationale d’aménagement de la région du Bas-Rhône et du Languedoc (CNARBRL, 1ère Société d’aménagement régional française) dont il sera le président jusqu’en 1974.

* 1956 : L’Etat autorise la compagnie à prélever jusqu’à 75 m3/s dans le Rhône pour alimenter les communes du Bas-Rhône et du Languedoc.

* 1957 : Avril, les travaux du canal s’ouvrent à Saint-Gilles (Gard). Au total, ils dureront dix années.

* 1960 : 26 février, inauguration de la station de pompage de Pichegu à Bellegarde, rebaptisée plus tard Aristide Dumont, par le général de Gaulle. Mars : visite de Nikita Khroutchev, président de l’U.R.S.S. (J'y étais)

* 1961 : La concession attribuée par l’État à BRL est élargie pour permettre l’irrigation, grâce à un système de barrages, des plaines autour de Béziers et du littoral audois. A la fin des années 60, construction du barrage du Salagou.

* 1963 : Février, création de la Commission nationale d’aménagement du territoire dont Philippe Lamour est nommé président. Juin : création de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar). Naissance de la mission Racine (aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon).

* 1965 -1983 : Philippe Lamour est maire de Ceillac (Hautes-Alpes).

* 1974 : Président du Conseil économique et social de la région Languedoc-Roussillon. Il fut aussi, notamment, président du comité des experts de la FAO (Nations Unies) et de l’ANDAFAR (Association nationale pour le développement de l’aménagement foncier agricole et rural).

* 1977 : Président fondateur du Parc du Queyras.

* 1980 : Publication de son récit autobiographique « Le cadran solaire ».

* 1989 : Publication d’un article dans Le Monde : « TGV et voie d’eau : même combat ».

* 1992 : Mort de Philippe Lamour.

* 2005 : Lancement du projet « Aqua domitia », qui prolonge l’œuvre de Philippe Lamour (réseau enterré) jusqu’à Narbonne.