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08/06/2013

Réforme du Capitalisme. réflexions et propos (3)

 

 

Sauver l'Euro???

 

Le désastre financier de 2008, avait provoqué une forte mobilisation de la classe politique européenne pour dénoncer toute « tentative protectioniste qui conduirait à la guerre ». Les vertus attribuées au « libre échange » relèvent plus de l'imaginaire que de l'expérience historique.

Rien n'est plus faux que l'affirmation ressassée dans de nombreuses publications et médias, selon laquelle « Le protectionnisme signifierait la fin du commerce international!! »

De 1890 à 1914 tous les pays industriels (sauf la GB) ont mis en place des politiques commerciales protectionnistes. Cette période a connu une expansion très soutenue du commerce international, (plus de 5% en moyenne annuelle) les historiens décrivent cette période comme: la première mondialisation.

Les « 30 glorieuses » sont la prériode de forte croissance économique de 1945 à 1973. En France, taux de croissance 5,1 % en moyenne avec un sommet à 7,9% , cette période a été celle d'un fort protectionisme qui n'a pas conduit à un conflit armé, comme on en a connu dans le passé.

N'est ce pas un protectionisme déguisé que celui pratiqué par les entreprises multinationales? Sachons que 50% du commerce mondial actuel est dû aux échanges intra-firmes, régis par les prix de transfert, qui pour la plus grande partie ne sont pas des prix de marché et relèvent souvent de stratégies d'optimisation fiscale. L'OMC, le FMI, la commission européenne engagent chacun, dans leur secteur d'influence, une orientation très libérale masquant les réalités de terrain. Pékin refuse de jouer le libre échange, malgré son adhésion à l'OMC, sa politique monétaire fondée sur un Yuan dévalué , entretenant un profonds déséquilibres des échanges internationaux. Mais comment soutenir par ailleurs qu'il n'y a aucune distorsion de concurrence en Europe quand l'Estonie et la Macédoine ont un taux d'impôt sur les bénéfices de 0%, quand l'impôt sur les sociétés en Irlande est à 12,5% alors qu'il est entre 25 et 30% en moyenne en Europe , quand en Roumanie les ouvriers de Dacia Renault , sont payés 300 € par mois, quand la Pologne refuse toute règlementation environnementale, quand la GB dévalue sa £ de 30%, quand l'€ est surévalué, de fait ,depuis 2002, ce qui introduit une distorsion qui coûte plusieurs points de PIB à la pluspart des pays de la zone Euro !!!

Certains pays émergents , dont la Chine, ayant compris que les marchés occidentaux ne seront plus solvables dans les années a venir, tentent progressivement de subsituer le consommateur domestique à leurs exportations vers les pays du Nord occidental. Le salut des pays du sud ne pourra consister qu'à une production destinée à leur propre marché.

La zone Euro , telle qu'elle a été élaborée en 1999, n'est plus viable, L'implosion, qui la menace aujourd'hui, du fait des dettes publiques, est la confirmation d'un fait historique, jamais démenti, aucune union monétaire ne peut fonctionner durablement , sans une forme au moins temporaire de protectionnisme.

La survie de la zone Euro dépend de notre conversion à un protectionaisme européen raisonné. On sait que le chômage actuel en Europe concerne 10,9% de la population active (26 millions de personnes) et plus encore en zone €uro, 12%, , les jeunes qui sont les plus vulnérables à la situation de « sans emploi », 23,5% de 25 ans en moyenne européenne, mais l'Espagne est à 55,7% de chomeurs de moins de 25 ans.

Quand les responsables politiques des Etats Européens comprendront-ils que le liberalisme actuel condamne , à terme , le système social et humain qui est le fruit de notre civilisation et culture ???

Les responsables européens, mais aussi nationaux, les uns et les autres agissant de concert, attendent passivement une reprise éventuelle !!!. Le passage à la rigueur, indispensable en France, ne se fera pas, faute de courage politique, provoquant les réformes macroéconomiques indispensables.

As t-on conscience que la situation de dégradation économique et sociale des pays de l'Union Européenne, pourrait provoquer des mouvements de révolte ?

 

 

04/06/2013

Réformer le capitalisme (2)

 

Dans la première note , ci dessus, nous avions mis en évidence, les causes de la grave crise financière qui a débuté en 2008 et ses conséquences dans de nombreux domaines économiques, en concluant sur les risques d'une nouvelle crise bancaire et ses possibles effets sur le montant des retraites des salariés français.

 

Un article du journal Le Monde du 1° juin 2013 conforte cette éventualité :

http://www.lemonde.fr/journalelectronique/donnees/protege/20130601/html/910882.html

 

Dans cette 2° note, nous allons poursuivre nos propos sur cet ouvrage fondamental , en particulier sur les propositions 13 à 20 de « 20 propositions pour réformer le capitalisme » .

En décembre 2008, les auteurs de cet ouvrage s'étaient réunis pour proposer un vaste programme de réformes. Qui sont-ils ?

-Des praticiens des marchés financiers

-Des cadres dirigeants d'entreprises

-Des économistes, des philosophes

-Des mathématiciens,des ingénieurs....

Tous motivés par la recherche de l'intérêt général des français et des européens.

Trois ans plus tard, la recession gagne, la zone euro est en danger, les finances publiques asphyxiées, les secteur bancaire en faillite... Pendant que les banques sont recapitalisées au frais du contribuable, l'économie réelle est sacrifiée sur les autels de la finance dérégulée et de l'austérité budgétaire.

Ils ont remis en chantier leur programme de réformes. De la transition énergétiques et écologique, au statut juridique de l'entreprise, de la titrisation au mandat de la banque centrale européenne, du « social business » à la formation éthique, des marchés des matières premières au droit des brevets, des prix des transferts à l'investissement socialement responsable, ce livre trace une chemin à la fois cohérent, audacieux et réaliste. Pour construire une société sobre, définanciarisée et solidaire.

La conviction qui sous tend l'pproche des auteurs, est que toutes les propositions même les plus techniques, ont une portée éthiqueet et politique, qui doit pouvoir être discutée par tous, discussion possible et féconde.

On aurait tort de vouloir faire adopter l'une ou l'autre des propositions à l'exclusion des autres, , car elles sont liées entre elles. Si elles étaient adoptées simultanément, elles changeraient radicalement le visage du capitalisme européen et par voie de conséquences, le capitalisme mondial.

Les produits bancaires dérivés, favorisés par la titrisation, les dérives des marchés des matières premières, permettant au système bancaire de contourner des normes et des règles parfois obsolètes, d'engranger des marges confortables, grâce à l'opacité du système. Comment peut on justifier que des banques, un moment à la limite du dépôt de bilan, ayant bénéficié de financements public, réalisent peu après des bénéfices confortables ??

Il faur renforcer les moyens de contrôle, en introduisant des moyens éthiques, indispensables à la moralisation de la finance internationale. Les entreprises en particulier multinationales doivent prendre en compte les contraintes climatiques et énergétiques, et conduit a imaginer d'autres types de système fiscal, éradiquant les paradis fiscaux, par une fiscalité détéritorialisée qui empêche l'optimisation fiscale.

Quand on mesure les dégats fait par la crise bancaire aux porteurs d'actions boursières dans le monde, à cause des préts « subprimes » des banques US, plus de 24 000 millards de $ US de pertes de capital boursier !! la mise en place d'une régulation financière, assortie d'une taxation minime des transactions boursières est indispensable , mais rencontre beaucoup d'opposition du système bancaire mondial qui souhaite conserver sa liberté de spéculation sans risque pour lui, car en cas de catastrophe , genre « suprimes », ce sont les Etats qui sont mis à contribution et donc les contribuable-consommateur. Nos dirigeants (du G20 ??) auront-ils la volonté et le courage, d'affronter enfin le système !!!

La seule institution libérale des marchés, ne garantit ,aucunement, le fonctionnement démocratique. La situation actuelle de crise qui frappe les classes moyennes, ayant un poids politique, pourrait donner une crédibilité aux solutions de gestion politique autoritaires, bien loin de solutions démocratiques !!!

L'avenir du « capitalisme démocratique » passe très concrêtement, par la reprise du processus de construction d'une Europe politique.

 

Jean Clavel 04/06/2013

23/05/2013

Réforme du Capitalisme ?

 

réflexions et propos (1)

 

Est-on a la veille d'une nouvelle crise bancaire ?

Les indices pour cela ne manquent pas. L'Europe est déjà en récession. Les exportations de la Chine, souvent considérées comme "l'atelier du monde", sont en forte baisse et ses indicateurs se contractent ou ralentissent dangereusement avec, en outre, une importante bulle du crédit .L'Australie, bon indicateur de la santé de l'économie mondiale par son exposition aux matières premières, s'essouffle . Les consommateurs, eux aussi, marquent le pas. Les ventes en gros ou en détail aux Etats-Unis sont en baisse. La bourse du Japon vient de subir une forte réduction de 7,5% en une seule séance.(22/05/2013) Une récession mondiale est en vue . Pour se prémunir de son impact, les différents acteurs, à commencer par les banques, usent de différentes stratégies .

Mais rappelons nous, ce n'est pas très lointain: La valeur en bourse de BNP est passée de 65 ,87 M€ à 31,58 M€ soit une perte de 52% (35 milliards d'€) du 01/07/2011 au 12/09/2011. La capitalisation boursière des 3 premières banques françaises BNP, Soc.Géné, Crédit Agricole , a perdu 69,66 Milliards d'€ en 10 semaines au cours de l'été 2011. Lorsque ces catastrophes arrivent , avec le risque d'un assèchement total du crédit aux entreprises et aux particuliers, il ne reste plus qu'a faire appel à l'assureur en dernier recours, c'est à dire l'État, c'est à dire le contribuable !!! Mais dans la situation actuelle des finances publiques de la France et de la zone Euro, est-il encore possible que ces banques obtiennent un secours des pouvoirs publics de l'Union Européenne ?

Depuis 150 ans, la croissance économique s 'est accompagnée d'une croissance exponentielle de la consommation des ressources de la planète. Nous allons buter, dans les prochaines décennies, et ce, qu'on le veuille ou non, sur des pics de production des ressources stratégiques de la planète terre.

Une quantité de matière ou d'énergie, présente dans le sous sol, est exploitée selon une courbe qui connait un maximum, puis décroit et finit à 0. C'est au moment ou la courbe décroit que les ennuis commencent et que les prix augmentent, si la consommation de pétrole, continue de progresser, comme la construction automobile, celle des camions, celle de l'aviation, semblent l'indiquer, aprés les pays européens et les USA, par tous les pays émergents, asiatiques , Amérique du sud et autres.

Le pic de production du pétrole sera certainement atteint vers 2020 et ses prix s'envoleront, surtout si la problématique décrite au chapitre 9 reste ingérable.(financiarisation des marchés à terme des matières premières). Pour l'acier, 1 milliard de tonnes de production annuelle actuellement, + 3,5 % par an. En 135 années, cette production serait multipliée par 100, impossible, il n'y aura plus de minerai économiquement utilisable bien avant.

Les lobbies financiers s'opposent de façon efficace et discrète à une réforme du fonctionnement de leur système international, comme le montre la problématique de la séparation des activités de banque de détail et de banque d'affaire, qui reste impossible. Les subprimes, produits financiers dérivés, des banques américaines ont provoqué une crise majeure dont l'Union Européenne et l'Euro sont victimes. Il semble qu'il y a, en gestation, d'autres crises gravissimes qui pourraient nous atteindre prochainement. C'est celle des produits financiers dérivés concernant les matières premières, pétrole mais aussi matières premières agricoles, devenues, des produits de spéculation, ce qui entraine des variations importantes de cours qui n'ont plus rien a voir avec les quantités produites.

 

L'enjeu est d'abord politique, la réforme du système financier international n'a pu encore aboutir, la pression exercée par les marché financiers sur le jeu démocratique depuis le début de la crise des dettes publiques a des effets sur les gouvernements démocratiquement élus. Le système financier est d'une extrême complexité: marché de gré a gré fonctionnant par HFT (haute fréquence de trading) à la milliseconde,certaine firmes fonctionnent à la microseconde, grâce à les algorithmes algébriques dont peu de personnes peuvent comprendre et analyser les effets. 50% des ordres de vente ou d'achat du CAC 40, sont réalisés par robots informatiques, sans décision humaine, par 3 opérateurs. Il s'agit souvent de ventes à découvert, parfois nus sans aucune garantie, parfois couvert par des CDS qui eux mêmes font l'objet de marché de produits dérivés. Les traders qui managent ces marchés font confiance à l'autorégulation des marchés financiers, ou a l'autocontrôle bancaire !!!

Quand on ajoute le fonctionnement des effets de levier financiers que des repreneurs d'entreprises utilisent largement, avec l'appui de certaines banque d'affaire, il ne faut pas s'étonner que l'on aboutisse à des liquidation et au chômage.

Cette financiarisation sophistiquée et risquée concerne, aussi, directement le montant des retraites . Retraites par répartition gérées et garanties par un système contrôlé et garanti par l 'État ? Ou, retraite complémentaire géré par les partenaires sociaux, dont une partie souvent placée sur des fonds spéculatifs ou(et) retraite supplémentaire, sous forme de contrats individuels de fonds de pension ou d'assurance vie.

La répétition des chocs financiers extrêmes montre la fragilité, des systèmes de retraite par capitalisation, des exemples célèbres comme Enron aux USA ou tous les salariés ont perdu, après la faillite, leur retraite, capitalisée par décision de leur direction, sur les actions de leur société. Cela montre que ce n'est plus au système par répartition de faire la preuve qu'il n'est pas aussi efficace qu'on le dit, compte tenu de la contrainte démographique , mais le système par capitalisation qui doit s'amender pour demeurer une alternative crédible. La charge de la preuve s'est inversée. En l'absence de réforme du système par capitalisation, la répartition risque de devenir le seul mode de financement durable, contrairement a l'opinion de ceux qui voudraient profiter de la crise actuelle pour le faire disparaître.

 

(a suivre)

 

 

D'après,

20 propositions pour réformer le capitalisme

 

Sous la conduite de Gaël Giraud: Normale Sup:(ENS-Ulm), Docteur en mathématiques de Polytechnique, Membre de l'Ecole d'Economie de Paris, CERAS, Chroniqueur à la revue Projet, Auteur de plusieurs ouvrages et études, Jésuite.

12 auteurs (jeunes nés entre 1964-1974)

Très haut niveau de formation initiale, très hautes fonctions et responsabilités.

Editeur Champs, essais.(numérisé)

 

 

1° -Faire de la fonction sociale de l'Entreprise une priorité stratégique, Inciter et Contraindre.

2°-Organiser la Société commerciale à partir du projet d'entreprise plustôt qu'à partir du profit.

3°-Pour un contrôle indépendant financier et extra financier des entreprises.

4°-Intégrer les impacts environnementaux et sociaux des entreprises , dans l'analyse financière et l'investissement.

5°-Valoriser le salariat pour redonner sens à l'entreprise.

6°-Pour une formation initiale et continue à l'Ethique.

7°-Climat: Vers une économie européenne à faible intensité Carbonne.

8°-Pour un financement volontariste de la transition énergétique.

9°-Restaurer la fonction première des marchés à terme des matières premières.

10°-Pour une finance au service de l'économie.

11°-Mettre fin à certaines dérives des marchés financiers.

12°-Réguler les fonds de pension pour sauver les retraités européens.

13°-Désamorcer la guerre numérique et accélérer l'innovation utile.

14°-Pour une comptabilité sociétale et environnementale.

15°-Pour une fiscalité déterritorialisée des multinationnales.

16°- Vers des outils de mesure de l'optimisation fiscale.

17°-Instaurer des taxes globales.

18°-Pour une taxe européenne écologique et sociale.

19°-Réformer le BCE pour sauver la zone enro.

20°-Pour une économie « verte » équitable et pluraliste