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19/02/2009

Une fois encore!!!

Un cop de mail :
(une fois de plus)

Tous les titres de première d’hier et d’aujourd’hui de la télé, des radio, des journaux, d’internet (Orange en a fait sa page d’accueil avec l’image d’un verre de vin qui se remplit) Libération, Le Monde, Midi Libre, traitent du même sujet : les dangers en matière de santé de la consommation du vin.
C’est nouveau : le premier verre est dangereux.
Seul le « Progrès » de Lyon donne un article faisant appel aux responsables du Beaujolais en face de l’article reprenant la communication de l’INCA,( institut national contre le cancer).
On peut se poser la question de savoir pourquoi cet institut de création récente (2004) lance cette action de communication reprise immédiatement sans analyse ni esprit critique par tous les principaux médias français. Est-ce parce que vient en discussion à l’Assemblée Nationale l’article 24 de la loi HPST qui prévoit de supprimer toute possibilité de dégustation gratuite des vins ?
C’est à partir d’une publication de l’INCA qui vient de sortir, que l’agence de com de l’INCA a lancé cette bombe, très efficace si l’on se réfère au nombre de Unes qu’elle a suscité :

Nutrition et prévention des cancers :
Des connaissances scientifiques aux recommandations
Extraits :
C’est à par 1 : estimation de l’augmentation du risque de cancers par verre d’alcool calisées dans le cadre du rapport WCRF/AICR 2007)
< Pourcentage d’augmentation du risque de cancers
<* Significatif pour ces localisations. Une augmentation de risque de cancers de 10 % pour <** Augmentation de risque estimée à partir d’une méta-analyse d’études cas-témoins.
_________________________________________________

Les médias ont associé Paule Martel, directrice de recherche à l’INRA, qui a ajouté : toute consommation quotidienne de vin est déconseillée

Questions :

Quelle est la valeur scientifique de ces affirmations :
Si elles sont avérées, certifiées par les principales autorités scientifiques mondiales en la matière, il n’y a plus aucun avenir dans la production viticole française et son environnement technique, de recherche, de mise en marché…..

Comment est on passé du French Paradox, qui a eu un impact si important aux Etats-Unis, et des découvertes du professeur Serge Renaud , et des D. Lanzmann, Guéguen, ayant démontré les qualités du vin en matière de santé a cette situation catastrophique aujourd’hui. ??

Il faut que la filière vinicole française et surtout ses représentants nationaux, s’expriment sur ce sujet fondamental. L’organisme « Vin et Société » a été chargé et financé par la filière viti-vinicole de gérer cette problématique. Il est bien silencieux !!!

Que vient fait l’INRA dans cette galère ???

A suivre………………………….

Jean Clavel 18/02/2009


08/02/2009

Propos sur l'actualité du vin et son histoire

Extraits des commentaires du Blog de Jacques Berthomeau, sur un discours prononcé à la Saint Vincent de Sancerre

Il existe toujours des gens qui se sentent missionnés pour faire le bonheur des autres sans leur consentement.
Des intégristes hygiénistes, ont lancé une fatwa sur le Vin il y a quelques années. Ils avancent à pas feutrés et sapent jour après jour ce qui a fait notre identité.

Non l’image du français avec sa baguette et sa bouteille de vin à mes yeux ça n’est pas ringard.
Ce serait même plutôt tendance si on lui ajoute un fromage au lait cru. Ils font partie intégrante de notre patrimoine culturel que le monde entier nous envie encore.
Las, ces abstinents sont sur le point d’aboutir dans leur travail de destruction.
Je vous donnerai tout à l’heure des exemples de cette sape qui risque d’aboutir tout bonnement à la suppression de toutes manifestations, telle la St. Vincent et a expurger le dictionnaire de tout le vocabulaire lié à la vigne et au vin.

Puisque la mort de la vigne et du vin semble programmée -en France- je me dois de retracer la vie de cette honorable vieille dame, au près de laquelle Mathusalem fait figure de jeunot.
Elle laisse ses premières traces en Champagne, dans des sédiments marins datant de 40 millions d’années.
Au gré des glaciations et des réchauffements successifs elle fait le pas de deux entre le nord et le sud de notre hémisphère.
A notre ère, c’est dans le Caucase qu’elle fait réellement souche. C’est une liane qui coure dans les arbres. Ses baies nourrissent alors les caucasiens de l’époque. Il y a 10 000 ans. Quelques pépins retrouvés laissent penser que quelles baies cueillies et oubliées auraient pu fermenter et réchauffer le cœur de nos lointains ancêtres.

La saga du Vin peut commencer.

La vigne se déplace au gré des migrations humaines du Caucase elle gagne la Mésopotamie.
Découverts entre Tigre et Euphrate, des tessons de poterie ayant contenu du vin, il y a plus de 5000 ans, l’attestent.
Elle poursuit sa pérégrination en Phénicie dans l’ Egypte des Pharaons.
Elle passe en Crête, Grèce, Carthage, Sicile, Sardaigne, Étrurie, Espagne, Rome.
Elle couvre toute la méditerranée.
Les Phocéens implantent leurs cépages grecs en Gaule.
Puis ce sont les romains qui introduisent les leurs à Massalia, puis en Narbonnaise et dans toutes les provinces gauloises au rythme de leur conquêtes et jusqu’aux limes de l’Empire.
La vigne et le vin sont deux symboles essentiels pour toutes ces civilisations méditerranéennes qui se sont succédées.
Ils ont toujours été du voyage.
La vigne est l’arbre de vie. Le vin rapproche des dieux.

A la chute de l’empire romain le christianisme est en marche. La vigne et le vin sont aussi des symboles forts de cette religion.
Peu à peu les monastères s’étendent sur toute l’Europe, la consommation du vin également.
Les monastères sont considérés comme les premiers éléments constitutifs de l’identité européenne.

On nous a beaucoup parlé ces derniers mois de l’Union de la Méditerranée et de l’Union Européenne.
Pour celle-ci il a été question de faire référence dans le traité européen à ses racines chrétiennes comme élément constitutif et fédérateur.
Depuis 8000 ans de ses racines caucasiennes à ses derniers rameaux méditerranéens et européens la vigne et le vin ont été de toutes les aventures.
Un bras meurt, un autre se forme et ainsi de suite.
Il en va de même de la vigne, des hommes et des civilisations. C’est l’arbre de vie. La même sève qui nous relie à ces temps immémoriaux.
Quel meilleur symbole pour ces unions méditerranéenne ou européenne que la Vigne.
Alors pourquoi en France s’acharne-t-on à vouloir détruire cette symbiose Homme-Vigne à travers le vin ?

Comment est orchestrée cette destruction ?

La loi Evin est une loi très restrictive quant à la publicité sur le tabac et les alcools. Des jugements récents rendent encore plus restrictive son interprétation.
Un journaliste d’un grand quotidien national à rédigé un article intitulé « Le triomphe du Champagne » dans lequel il décrivait le comment et le pourquoi de la réussite de ce vin.
Cet article a été requalifié en publicité par un tribunal et le journal condamné.
On ne sait plus, on ne sait pas et dans le doute et la crainte du procès, médias et même vignerons s’abstiennent, ce qui aboutit au pire : l’autocensure.

Dans les médias écrits elle n’est pas perceptible.
Le journaliste n’a-t-il pas pu ou pas voulu aborder le thème du vin ? On ne peut pas savoir.
Dans les médias télévisuels elle bien visible.
Il n’est que de regarder un reportage sur une chaîne de télévision où par peur d’être suspectée de publicité déguisée la rédaction masque tout ce qui serait susceptible de la faire condamner. Marques sur les vêtements, sur les voitures, les enseignes, la moitié de l’image est floutée. Dans l’interview un bruit de crécelle vient remplacer chaque mot considéré comme pestiféré.
Images réelles ? Images tronquées ? Images truquées ?

Coté cuisine. Que deviennent les recettes ?
Quelle interprétation le législateur ou le juge fera d’une recette de cuisine où intervient du vin ou le vin conseillé pour
l’accompagnement ?
Publicité, donc interdit. Ou simple information. La nuance est de taille. Ne verra-t-on plus que des recettes sans vin ?

Il est paru récemment dans un journal féminin une recette d’un poulet au coca-cola.
L’autocensure aurait-elle sévit là aussi pour remplacer le vin par un ersatz plus politiquement correct ?
C’est ce que l’on pourrait penser de prime abord.
Mais réflexion faite c’est plus grave encore.
Vous avez tous fait je l’espère cette expérience : Vous prenez un verre que vous remplissez de coca cola. Vous y mettez un os de poulet à mariner. Aile ou cuisse peut importe. Au bout d’un certain temps l’os se ramollit et s’affaisse sur lui-même.
Le but de la recette n’est pas ici d’en bannir le vin, mais de nous préparer à des temps plus difficiles. Avec une telle recette de poulet au coca cola au final on peut manger les os.

Souvenez-vous un sénateur évoquait dans tous ses discours que sa meilleure carte de visite était celle de maire de Sancerre.
Pour parler sans craintes il lui faudrait dire maintenant: «maire de la capitale du vignoble sancerrois». Mais comme « vignoble » peut devenir aussi suspect, il faudra également éluder ce terme.
C’est caractéristique d’une certaine hypocrisie française de ne pas vouloir dénommer franchement les gens ou les choses. Comme si nous étions incapables dans le cas présent de faire la différence entre une information et une publicité.
C’est ainsi que le terme vigneron est disparu du vocabulaire de l’administration. Nous sommes devenus des porteurs de mémoire.
Quand je vous dis que ça sent le sapin.
C’est pour sensibiliser l’opinion sur ces problèmes de censure que les vignerons français on manifestés leur désaccord en masquant les panneaux d’entrée de villes aux noms évocateurs d’une appellation par une banderole « censuré ».
Vous pouvez toujours en voir ils n’ont pas tous été décachés.

Parler ou écrire sur le vin devient de facto interdit ou suspect.

Quelques conséquences dans l’avenir ?

Je vais vous narrer 2 histoires connues et l’interprétation qui peut en être faite.

Il y a quelques années de cela un vieux monsieur apprend par la météo que le temps va se détériorer, d’importantes pluies sont à prévoir.
Les mesures d’urgences sont à prendre pour protéger les biens.
Il rassemble tout son cheptel et plus, qu’il entasse dans une embarcation et vogue la galère pour trouver une terre ferme. Après 40 jours de pluies incessantes, un vrai déluge, marre de l’eau. Il s’empresse de planter une vigne, fait son vin, le goûte, le regôute puis s’endort du sommeil du juste.
Au matin son fils le retrouve, nu comme au premier jour, tout embrumé de ses libations de la veille.
Il en informe ses frères, qui choqués vont cacher la nudité de leur père.
Alors, sincèrement, croyez-vous que la conduite de Noé soit un exemple à donner à la jeunesse ? C’est scandaleux !
Dire qu’il aura fallu attendre 6000 ans pour s’en rendre compte. Messieurs les censeurs, merci, vous venez de sauver l’humanité.

Dans un autre livre on relate les agissements d’un jeune dealer qui aurait perverti toute une noce, en lui faisant absorber une drogue de synthèse. Il aurait, rapporte-t-on, fabriqué à partir de l’eau d’un puits du Vin.
Oui du Vin, qu’il a donné à boire à satiété.
Rassurez- vous. Il a été, pour d’autres méfaits, condamné et supplicié.
Ouf la morale est sauve.
Il n’empêche. Cela fait 2000 ans que l’on fait l’apologie de ce sinistre délinquant. Il faudra y mettre un terme.

La vigne et le vin sont cités plus de 450 fois dans la Bible. Voilà plusieurs millénaires que ce best seller de l’édition internationale pollue les esprits.
Il est temps d’alerter le lecteur crédule des risques qu’il encoure et de mentionner en page de couverture et en gros caractères :
« nuit gravement à la santé » à « consommer avec modération ».
Trêve de plaisanterie si vous possédez de tels livres, la Bible et les Evangiles, qui relatent toutes ces ignominies, hâtez vous d’en arracher les pages incriminées avant qu’un voisin abstinent et malveillant vous mette à l’index ou pire à l’eau plate. En attendant l’autodafé.

Prise en otages à force d’instillation permanente de messages univoques sur le vin la population subit le syndrome de Stockholm. Elle finit par perdre ses repères et à épouser inconsciemment les thèses de ses ravisseurs.
Ainsi conditionnés, les gens culpabilisent et par peur d’être ostracisés ne sortent plus du troupeau bêlant. Le but est atteint.
Ne fumez pas, ne buvez pas, ne mangez ni salé, ni sucré, ni gras. Attention, danger partout.
Après avoir respecté tous ces préceptes et retiré de la circulation tous les auteurs et les textes qui auront voisinés avec le diable il ne restera plus grand-chose à se mettre sur la papille ou sous la pupille.
Dormez braves gens nous veillons sur vous.
Et si vous peinez à vous endormir, un conseil, pour faire de beaux rêves,
relisez les aventures de Nicolas et Pimprenelle.

Interdire la vente au forfait. Ques aquo ?

L’alcoolisation est un réel problème chez les jeunes et il est bon de chercher les moyens pour la réduire.
L’un d’eux est l’interdiction de la vente au forfait. Ce sont les « open bar » pratiqués dans les discothèques. Vous payez la première consommation, les autres sont gratuites, offertes le plus souvent par les alcooliers. Avec les conséquences que l’on peut deviner.
La nouvelle loi en préparation « Hôpital, Patient, Santé, Territoire », qui établira de nouveaux interdits, englobe toutes les boissons contenant de l’alcool dans la vente au forfait.
De fait, seraient interdites toutes manifestations viticoles.
Exit la foire aux vins de Sancerre ou pour le prix d’un verre vide il est possible de déguster plus 300 vins.
Exit les salons professionnels : Vins de Loire ou Vinexpo où après l’entrée votre dégustation est libre et non limitative.
Exit au restaurant les repas avec vin compris, la dégustation au caveau de vente.
Exit la St. Vincent où dès le matin pour le prix d’une épinglette vous dégustez à volonté, le vin d’honneur où la consommation est libre et gratuite.
La liste n’est pas limitative.

L’alcoolémie 0 au volant est dans les esprits de certains depuis bien longtemps un désir inassouvi.
Le binge drinking est une alcoolisation maximale en un minimum de temps chez les jeunes.
( C’est une forme d’alcoolisation qui ne concerne pas le vin).
Il servira de faux prétexte aux abstinents pour faire ramener l’alcoolémie au volant à 0.
A qui veut-on faire croire que l’alcoolémie zéro résoudra ce problème.
Peu importe le prétexte, le manque de résultat probable, seul le but de l’encadrement de la vie privée compte.
Cette volonté délibérée s’appuie sur des affirmations et statistiques tronquées jamais contradictoires qui tiennent lieu de vérités quasi révélées.
Deux exemples :
En Angleterre l’alcoolémie est à 0.8. Le nombre de morts sur la route moitié moindre.
En Italie le taux d’accidents dus à l’alcool est de 1%, en France 30% .Qui dit vrai, qui fait dire aux chiffres ce qu’il a envie d’entendre ?
Quel est le bilan de la restrictive loi Evin ? Personne n’a jamais proposé de le faire.
Aurait-t-on peur de ces piètres résultats face aux contraintes?

Le bilan sanitaire global après une tolérance o serait certainement même négatif.
Il n’empêchera pas les jeunes de s’alcooliser mais il frustrera un grand nombre de consommateurs modérés des bienfaits reconnus du vin sur l’organisme, restreindra arbitrairement un peu plus les libertés et fera sombrer un pan entier de notre identité culturelle.
La prohibition ne fait qu’augmenter la poussée d’adrénaline qu’entraîne la transgression.
Ne veut-on réserver la consommation du vin qu’à quelques privilégiés qui le feront circuler hypocritement sur les tables dans des aiguières et boire dans des gobelets opaques à l’instar de certaines sociétés où l’alcool est prohibé.
Pour nous vignerons, professionnels du vin, vivant par définition à la campagne et tributaires de la voiture, qui sommes par notre métier amenés à goûter du vin constamment la tolérance 0 sonnera le glas du métier.
Et pas uniquement.
Nous sommes le premier pays touristique au monde.
Les gens y viennent pour les monuments, l’histoire, la diversité des paysages, nos vins, notre gastronomie. Tout ce qui constitue notre patrimoine culturel.
L’attelage, mots du vin parias plus alcoolémie 0 conduira à la déshérence des vignobles, du vin et de la gastronomie.
Les vins français sont l’image de la France, de son patrimoine culturel et touristique, de son art de vivre.
Comment expliquer à un étranger quand il vient en France, pour ces raisons, que le vin est paria dans son pays de prédilection, qu’il n’est pas permis de le déguster dans les caves, pas plus qu’au restaurant.
Cerise sur le gâteau, on parle beaucoup du classement au patrimoine mondial de l’UNESCO de la gastronomie française.
Qu’est ce que notre gastronomie sans le vin ?
Le ridicule ne tue pas.
Il fait même partie des spécificités « à la française » dignes d’un classement.
Petit rappel.
Le total des exportations françaises se chiffre à 500 milliards.
Le tourisme et la viticulture font entrer 45 milliards de devises.
Soit près de 10%.
Pendant ce temps espagnols et italiens nous observent, goguenards, nous ficeler dans nos contradictions.

Il y a bien des possibilités de concilier consommation raisonnable et santé publique.
Cela passe par une information réelle, contradictoire. Apprendre à décrypter cette information pour pouvoir en toute connaissance faire son propre choix de conduite de vie, dans le respect des autres.
Je vous propose d’emprunter le chemin de la liberté plutôt que celui des couloirs étroits, aliénants et obscurs de l’interdit.

Nous sommes les premiers consommateurs d’antidépresseurs au monde.
Buvez un verre de vin rouge le soir c’est le meilleur et le plus naturel des relaxants.
De plus vous ferez un geste pour la planète.
Les poissons vous remercieront de ne plus les endormir après avoir tiré la chasse d’eau des toilettes.
La courbe croissante de consommation des antidépresseurs est inversement proportionnelle à celle du vin.
Nous sommes passés de 170 l par personne en 1938 à 50 l maintenant, y compris la consommation et les achats sur place des étrangers.
Le vin est passé pendant cette période de vin boisson à celui de vin plaisir.
Pour les hygiénistes abstinents le vin est toujours resté ce vin boisson porteur de mort.
Pour nous il est devenu ou resté le vin plaisir, le vin partage, le vin rencontre, le vin culture, la vie.
Le vin, c’est la vie.
Ce sont deux positions qui restent difficilement conciliables.

L’éducation et la prise de conscience des risques restent le meilleur rempart à toute dérive.
Un verre ça va… vous connaissez la suite.
Et cette mise en garde ne date pas d’hier.
Je vais finir de vous raconter l’histoire de Noé.
Noé commence à planter sa vigne quand Satan vient lui proposer son aide. Noé accepte, pour voir.
Satan immole un mouton, un lion, un singe et un cochon.
Il en recueille les sangs qu’il mêle et en asperge la vigne.
Noé interloqué lui demande la signification de ce geste. Satan lui dit : c’est pour te montrer les pouvoirs que la vigne et donc le vin ont sur l’homme.
Au premier verre bu l’homme est humble et doux comme un mouton.
Au deuxième il se sent fort comme un lion et ne cesse de se vanter.
Au troisième il se met à danser comme un singe et à dire des sottises.
Au quatrième il se conduit comme un porc, se roule dans la boue et se vautre dans les immondices.
La sagesse dans la bouche de Satan.
Etonnant non.

A tous ces pisse-froid d’hygiénistes abstinents je dirai :
L’interdit, non. L’éducation, oui.

Vous pensez le bâtonnier affabule, il a fumé la moquette et voit l’apocalypse partout.
Nous ne sommes pas les seuls que ces perspectives inquiètent. J’en voudrais pour preuve cette prise de position d’un ancien premier ministre auquel les termes sérieux et rigidité ont été plus souvent accolés que fantaisiste ou rigolo.

Je rapporte ses propos.

« La filière viticole française est confrontée à deux défis majeurs.
L’un d’eux est particulièrement d’actualité et il concerne en profondeur notre société et ses valeurs, en même temps qu’il nous prouve combien l’information est un sujet complexe.
En effet, deux vides juridiques majeurs, liés à l’omission du support Internet dans la liste des supports de publicité autorisés et à l’absence de définition de la publicité, désemparent les professionnels et contribuent à une véritable autocensure des médias par crainte des conséquences judiciaires.
Comment imaginer que le vin français, sans même évoquer son poids économique national, sa contribution majeure au dynamisme de régions viticoles (et elles sont nombreuses) ou encore sa place dans notre patrimoine et notre identité culturelle, puisse seulement avoir de réelles perspectives de développement à l’exportation alors que tout conduit à le censurer dans son pays d’origine ?
Sans doute faut-il voir derrière cette évolution le fruit d’une politique de santé publique qui privilégie l’interdit par rapport à l’éducation.
Il n’est certes pas dans nos propos de remettre en cause les objectifs de prévention de l’alcoolisme, mais il est peut-être temps de s’interroger sur l’efficacité des méthodes à mettre en œuvre.
Nous aurions tout à gagner, face à un tel débat, à nous inspirer d’une politique d’éducation des consommateurs qui a fait ses preuves dans d’autres pays, notamment au Quebec .
Car c’est bien la voie de la modération et du dialogue qui nous permettra de continuer à être fiers de notre héritage viticole ».

Et c’est signé : Alain Juppé. Ci-devant maire de Bordeaux.

Pour éviter que toutes ces plaies ne nous tombent sur la tête j’en appellerai volontiers à Saint-Vincent pour qu’il soit notre messager auprès de Dieu et à St Yves, patron des avocats pour l’épauler dans sa tâche.
Nous vignerons du sancerrois avons un avocat qui n’a pas été commis d’office mais que nous avons librement choisi pour défendre nos intérêts au Palais Bourbon.
Non, ma langue a fourché : à l’Assemblée Nationale.
Palais Bourbon ferait supposer un sponsoring de la part de nos voisins albiniens producteurs de whisky.

Qu’il soit aussi notre avocat auprès de Dieu,…. Enfin.. le nôtre, vous savez, celui qui est partout et s’occupe de tout pour que cette St Vincent ne soit pas la dernière et que nous vignerons puissions continuer à marcher la tête haute.

Jean-Max ROGER Batonnier de l'Ordre de Sancerre



01/02/2009

Salon Millésime BIO



Libres propos sur la viticulture « BIO » et autres réflexions sur les suites de la crise économique

Lors de l’inauguration, le 26 janvier, du salon « Millésime Bio 2009 » au parc des exposition de Montpellier, Thierry Julien, président de l’AIVB (Association Interprofessionnelles des vins Biologiques du Languedoc Roussillon) a déclaré : « tous les vignerons de France seront, sans doute, en production Bio dans 30 ans !! » Il a aussi indiqué que la croissance des surfaces de vignes en production ou en conversion Bio connaissait une expansion rapide, + 20% en surface entre 2006 et 2007, le Languedoc Roussillon étant la région la plus dynamique de France, en ce domaine. Il y a des vignerons Bio un peu partout en Europe et dans le Monde. Ils sont bien représentés au « Millésime Bio » dont le qualificatif « international » n’est pas usurpé. Les acheteurs viennent aussi du monde entier. La montée en puissance, en quelques années, du mouvement BIO est indéniable
L'Agence française pour le développement international , (UBIFRANCE), établissement public, chargé de la promotion commerciale des entreprises, s'est associée au Forum International d'Affaires qui s’est tenu en même temps que le salon Millésime Bio au Parc des Expositions de Montpellier. A l'occasion de ce Forum, l’Agence avait invité 104 acheteurs de vin étrangers, dont de nombreux américains, répartis en délégations nationales, qui ont souhaité commencer leur visite par un tour au salon des producteurs de vins bio, segment porteur à l'international .
Brice Faravel, chef de projet au Service Vins et Spiritueux d'Ubifrance, disait : « quand on voit une affluence professionnelle aussi importante, à Millésime Bio, on est à la limite de la taille critique, pour le marché du bio, à la charnière entre le marché de niche et la cour des grands ».

Mais les vignerons Bio sont encore très minoritaire, et plus encore en coopérative qu’en indépendant. Moins de 10 000 ha de vignes déclarés en Bio en Languedoc Roussillon, dont beaucoup en période de conversion, sur 250 000 ha au total, à peine 4% des surfaces en vigne. (France 22 000 de vigne en Bio dont 30% en LR) Les premières présentations de vin de vignerons BIO au Mas de Saporta dans les années 1990, réunissaient quelques dizaines de personnes, et les responsables de la viticulture, régionale et nationale se moquaient gentiment de ces huluberlus s’imposant un retour vers des pratiques culturales, qu’ils disaient passéistes.
La majorité des ingénieurs agronomes, des ingénieurs chimistes de l’industrie, des commerciaux vendeurs de produits pour la viticulture, et aussi des fonctionnaires de l’administration, développaient leur théorie sur la maîtrise scientifique de la nature, permettant, à terme, de mieux nourrir l’humanité, sur l’efficacité des désherbants chimiques, des pesticides divers, devant entraîner une amélioration importante de la productivité du travail et un abaissement des coûts de production.
Des voix s’élevaient alors, sur l’usage de ces produits chimiques et les conséquences en matière de santé des consommateurs. Les premières études épidémiologiques démontraient que les vignerons utilisateurs de ces désherbants et pesticides, avaient une fréquence de diverses maladies, (en particulier cancer) bien supérieure à la moyenne nationale. C’est un débat qui n’a cessé de se développer dans la société civile mondiale, et qui a entraîné progressivement l’interdiction de certaines molécules, de certains produits (arséniates) dans les traitements de la vigne. Ce n’est qu’un début.
Le 26 mars 2008 a été présenté au Parlement de l’UE une étude (PAN) sur les résidus de pesticides dans 40 vins européens. et pour chaque bouteille présentée il y avait au minimum la présence de 4 pesticides. Il y en avait en tout 24 différents dont 5 classés par l’UE comme cancérigène, ou perturbateurs endocriniens. Plus récemment une polémique autour d’une étude plus ou moins sérieuse publiée par une nouvelle revue à prétention scientifique de Grande Bretagne « Chemisty Central Journal » qui tente de se faire un nom, en prétendant la présence de « métaux lourds » dans des vins principalement français. Cette étude a été reprise, sans mesurer sa fiabilité, dans des médias français, entraînant de nombreux commentaires sur l’utilisation, disent-ils massive, de produits chimiques dans la viticulture.
La méthode, la fiabilité de telles études peuvent être critiquées et les résultats contestés. Mais la communication autour de ces « soi disant » présences étrangères dans les vins, produit des effets « déboussolants » dans l’opinion des consommateurs, dont certains recherchent en réponse, a tort ou à raison, les produits Bio.
La récente décision de l’UE, conforte les consommateurs sur les dérives supposées de l’industrie chimique. La directive, prise après concertation avec les Membres du Conseil, de la Commission et du Parlement, à Bruxelles, prévoit le retrait progressif d’une vingtaine de produits phytosanitaires du territoire européen.
Le communiqué de l’UE dit que :
« La nouvelle réglementation augmente le niveau de protection sanitaire et environnementale, contribue à une meilleure protection de la production agricole, et élargit et consolide le marché unique des produits phytopharmaceutiques ». La majorité des vignerons utilisateurs de ces produits sont en désaccord avec ces affirmations…..

Vin produit à partir de raisins biologiques et Vin Bio :

Actuellement, au plan réglementaire le « vin biologique » n’existe pas, la mention administrative est « Vin produit à partir de raisins biologiques » La culture du vignoble possède une réglementation bio assez contraignante et certifiée annuellement, mais pas encore le vin. A partir de 2010, (ou 2011) l’étiquette de ces vins pourra porter la mention « Vin Biologique » lorsqu’ils seront élaborés suivant des conditions précises et restrictives. C’est une première en Europe, le vin biologique doit s’intégrer dans les deux législations, celle de l’OCM Vin (Organisation commune de Marché) qui organise la production de raisins Bio, et celle de législation biologique générale européenne, qui depuis 2007 a élargi son champ d’action au vin Bio, pour laquelle les conditions de vinification, d’élevage et de conditionnement, restent à préciser, ce qui n’est pas une mince affaire…. C’est l’Italie (AIAB, Associazione Italiana per l’Agricultura Biologica, Cristina Micheloni) qui a été chargée d’assurer la coordination « vin Bio » au sein du groupe ORWINE, chargé du projet européen des vins Bio. Les discussions entre les différents Etats sont compliquées car les intérêts en cause sont nombreux et les problématiques de départ différentes. Mais la demande des vignerons concernés, des metteurs en marché et des consommateurs est forte, et l’on devra aboutir rapidement. Comme la réglementation générale sur l’étiquetage des vins de l’UE doit être confirmée avant le mois d’août 2009, il est souhaitable que celle des vins Bio soit dans le même train de mesures UE.
Dans cette attente, les producteurs de raisins bio ont établi des normes collectives des vins Bio, précisant, les doses maximales de SO² total et libre, les additifs et auxiliaires autorisés, les traitements spécifiques de la vinification, assorties de marques commerciales (Logo), la FNIVAB, Nature et Progrès, Demeter, Biodyvin, en France, Bourgeon Bio en Suisse, Delinat à l’international. Une réglementation officielle nationale existe aussi aux USA, la NOP, (National Organic Program) qui permet l’utilisation de son logo, a condition de faire appel a un organisme certificateur agréé par NOP. (Ecocert ou IMO via Qualité France sont agréés). L’Etat Californien a adopté un code de la viticulture durable (Californie Code of Sustainable Wine Growning ; CCSWG). C’est donc un mouvement international de grande ampleur.

La crise économique mondiale et le commerce international :

Les effets multiples de cette crise auront un impact sur la consommation de tous les produits, dont le vin, crise dont il faut s’attendre qu’elle dure plusieurs années, en dépit des promesses des responsables politiques. On n’a pas encore digéré les pertes financières abyssales des bourses mondiales et des banques, que chaque contribuable des différent pays, chaque salarié, chaque épargnant, chaque retraité, est appelé à combler. Il est vraisemblable que le modèle de consommation français va évoluer vers un système plus économe, faisant moins appel au commerce international et à la mondialisation. Les résistances aux délocalisations des activités productives vers les pays à bas salaires seront de plus en plus vives et prendront une forme collective et politique. Le tourisme aura tendance à délaisser l’international et à se recentrer sur la France ou l’Europe. L’empreinte Carbone des transports et des déplacements internationaux sera une notion vulgarisée et l’achat de fruits et légumes exotiques découragé. On reviendra, alors, vers la consommation locale de fruits et légumes de saison.
Est-ce que le système commercial mis en place par la mondialisation, 6500 navires porte containers navigant sur les mers, chargés de millions de containers de divers produits agro alimentaires ou industriels, livrés sans rupture de charge dans les pays du monde entier, va se poursuivre ? C’est une question essentielle, les nouvelles règles de moralisation de la finance internationale, indispensables, auront des effets sur la mondialisation commerciale, à quel niveau ?
La civilisation de la consommation de masse, énergétivore de combustible/carburant fossile, source des mutations climatiques, ne pourra pas se poursuivre suivant le modèle des années 1960. Est-ce que cette mutation inévitable, entraînant un rééquilibrage des monnaies, en particulier du $ US et du Yuan, les USA ayant vécu à crédit pendant si longtemps, se passera pacifiquement, le principal créancier étant la Chine. La tentation de laisser filer la valeur du $ US pour réduire l’endettement, sera forte (La 1°chaîne de grande distribution américaine Wal-Mart importe 70 % de ses produits de Chine). Des quantités énormes de bons du
Trésor américain sont en circulation, le Japon en détenait 800 milliards
de dollars, la Chine 600 milliards de dollars en 2005, de plus, celle-ci a financé une bonne partie des produits toxiques appuyés sur les prêts hypothécaires américains.
Quelle sera la place du vin dans ce nouveau contexte commercial international, sachant que la France est le premier pays exportateur de vin et spiritueux (en valeur) du monde ? Bien des questions réelles aux suites incertaines pour l’avenir du monde, de l’Europe, de la France et de notre production régionale. ….à suivre….

Jean Clavel

1.02.2009