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01/04/2009

Le plan Cancer 2009/2013 et la prohibition du vin


Je n’ai pas compétence pour traiter de l’ensemble des analyses et recommandations contenues dans les 104 pages du rapport Grunfeld, et il est clair que la population française et le monde médical sont concernés par la volonté de rendre plus efficace tous les moyens de prévention et de lutte contre ces maladies qui ont un fort impact sociologique et médiatique.
Par contre la filière vitivinicole est intéressée au plus haut point par la façon dont le vin est traité dans les actions de prévention du plan Cancer, par les facteurs de risques prétendus dont on l’accable, par les oublis volontaires des effets positifs sur la santé de la consommation modérée, que de nombreuses études scientifiques démontrent, par le fait que le concept de modération est condamné par le rapport, seule l’abstinence serait bénéfique pour la santé.


01/03/2009 le Pr Grünfeld remet ses recommandations à Nicolas Sarkozy .
05/03/2009 Présentation du plan cancer II en conseil des ministres ...
27/03/2009 : Le Plan cancer 2009-2013 sera présenté "à la fin du mois de juin" par le président Nicolas Sarkozy, a annoncé un communiqué du ministère.
"L'élaboration et la rédaction du plan", à partir des recommandations du rapport du Pr Jean-Pierre Grünfeld ont débuté le 4 avril lors d'une réunion au ministère de la Santé.

Extraits concernant les aspects anti vin du plan :




……………………………………………..
Les ambitions du Plan Cancer 2003-2007 en termes de prévention sont restées relativement modestes en ciblant principalement des populations restreintes : les femmes
enceintes et les jeunes. La lutte contre l’alcool a été menée de façon efficace par les politiques de sécurité routière mais cette approche limite la réduction de la consommation
aux seuls conducteurs, et à la durée de préconduite.
_ Recommandation : Faire connaître l’alcool comme facteur
de risque de cancer.
La population générale connaît très peu le lien entre alcool et cancer. C’est avant tout cette prise de conscience que doit viser le futur Plan Cancer. Or ce message est d’autant plus inaudible que les informations données sur les seuils limites de consommation non excessive (deux verres par jour pour les femmes et trois verres par jour pour les hommes) sont compris comme des recommandations de santé.

_ Mesures :
- Organiser une conférence de consensus des professionnels de santé afin qu’ils s’accordent sur les recommandations de santé autour de l’alcool.
- Par la suite,mener une campagne de prévention d’ampleur sur le lien entre alcool et cancer, et développer l’information sur les recommandations auprès des professionnels.
- Apposer des messages sanitaires sur les contenants de
boissons alcooliques permettant d’apprécier le niveau de consommation.
- Encadrer les messages sanitaires qui apparaissent sur
les publicités pour les boissons alcooliques en les rendant plus visibles et plus lisibles et en évitant les messages ambivalents tel que « à consommer avec modération ».
_ Recommandation : Poursuivre l’objectif de réduction de la consommation d’alcool.
En 2006-2007, la consommation d’alcool a stagné pour la première fois alors qu’elle montre une tendance générale à la baisse depuis les années 1960.
Augmenter les prix des boissons alcooliques par la fiscalité constitue une des mesures les plus efficientes pour réduire la consommation d’alcool, d’après les évaluations disponibles ; il est intéressant de se donner comme un objectif le rendement fiscal, c’est à dire
d’augmentation des prix permettent de financer une politique de prévention du risque de cancer lié à la consommation d’alcool.
_ Mesure : Examiner l’augmentation des prix du vin et de la bière afin de pouvoir financer les politiques de prévention.
A l’inverse de la lutte contre le tabac, la réduction de l’offre d’alcool constitue l’un des moyens les plus efficaces pour réduire la consommation globale d’alcool. Des mesures
dans ce sens peuvent s’inscrire dans le cadre du chantier visant à simplifier et sortir les archaïsmes de la législation en vigueur relative aux débits de boissons. Celle-ci classe
les alcools en fonction de leur dangerosité perçue au début du XXe siècle et non selon des critères scientifiques. De plus, elle prend largement son origine dans une époque
où la consommation de boissons alcooliques avait lieu en dehors du domicile alors que de nos jours l’épicerie (la« petite » et la grande distribution) représente 85% des volumes achetés.
_ Mesure : Modifier la classification des boissons pour qu’elle soit fonction du degré d’alcool.
Recommandation : Cibler les populations les plus concernées.
Il convient de renforcer la sensibilisation de l’ensemble des professionnels de santé de première ligne (médicaux et paramédicaux) à la prévention des risques liés à la consommation d’alcool chez leurs patients. Cette politique de lutte contre les inégalités face à l’alcool doit permettre de cibler les populations les plus concernées, notamment les hommes de 45 à 59 ans, et les territoires les plus touchés par les cancers. Cette orientation est cohérente avec les priorités sanitaires du Plan gouvernemental de lutte contre les
drogues et les toxicomanies 2008-2011

…………………………………………………………….

Quelques réflexions sur ce qui précède :

Si le plan définitif que présentera le président Sarkozy en Juin reprend ces données de la lutte anti alcoolique dont le vin est la cible, c’est sans équivoque, il est clairement dit dans le texte que le vin est « l’alcool » le plus consommé en France, il est même assimilé aux drogues et toxicomanies, 2 solutions se présentent à nous, laisser faire et enregistrer la décadence de notre secteur, ou engager des moyens efficaces pour lutter contre la façon dont le ministère de la Santé et ses filiales Anpaa, INCa et les autres fort nombreuses, mettent en œuvre la lutte anti alcoolique, en accusant le vin des pires maux. L’Espagne a développé une autre orientation de sa politique viticole, puisqu’une décision du Parlement Madrilène a sorti le vin de la problématique anti alcoolique. Ne rêvons pas c’est tout à fait impossible en France.
Le Conseil de la Modération qui avait été mis en place par la loi, est sans efficacité réelle, puisque le concept de modération est condamné par le plan Cancer. Les efforts des parlementaires pour tenter d’infléchir les orientations des anti-vin du ministère de la Santé se sont révélés bien limités. Les scientifiques et une partie du monde médical favorables à une consommation modérée du vin sont bloqués face à l’intransigeance de ceux qui détiennent le pouvoir médical et financier. Le monde professionnel de la filière vitivinicole production comprise n’a pas conscience des risques économiques, financiers et sociologiques, que les orientations anti-vin du ministère de la Santé et de son environnement institutionnel leur font courir.
Nous sommes persuadés que la seule façon de réduire la pression que nous subissons consiste à multiplier les actions judiciaires, sur les dérives scientifiques, juridiques, institutionnelles que le ministère de la Santé et l’Etat Français n’hésitent pas à employer pour parvenir à leurs fins. Ces actions judiciaires ont été entreprises par l’Honneur du Vin, et vont se dérouler dans le cadre de la juridiction administrative (tribunaux administratifs et Conseil d’Etat, de celle de l’Europe, (Cour européenne de Justice du Luxembourg sur l’application dévoyée du principe de précaution) et celle de l’OMC. (Concurrence déloyale subie par les vignerons français du fait des lois anti-vin)
Nous avons besoin de soutiens moraux et de moyens financiers pour développer ces actions qui seules limiteront les dérives meurtrières en train de se préparer.
Rejoignez www.honneurduvin.com

Jean Clavel 31/03/2009

28/03/2009

Difficile débat entre chercheurs !!!!

Honneur du Vin,
Lorsque nous avons attaqué la Ministre de l'Agriculture par la voie judiciaire (1° étape recours administratif) au sujet de la diffusion de la Brochure: « Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations » qui arrive actuellement chez tous les médecins français, nous n'imaginions pas tous les problèmes soulevés par notre action. Pour illustrer une partie des problèmes qui surgissent, voici le contenu des échanges publiés par des chercheurs qui oeuvrent, passionnément, et honnètement nous en sommes convaincus, dans les mêmes secteurs de recherche, en particulier sur les effets (positifs ou négatifs) du vin, en matière de santé. Il y a des difficultés relationnelles entre responsables professionnels viticoles, mais ils sont modérés par rapport à celles qui existent en matière de santé. Il est clair que la Ministre a peu de pouvoirs dans son ministère, que les diverses directions et les nombreux satellites qui y coexistent exercent la permanence de la fonction, que les divers laboratoires de recherche médicales ont parfois des contentieux relationnels difficiles à comprendre. A suivre donc..............;JC

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Monsieur de Lorgeril,

Votre protestation contre un comportement pourtant habituel chez vous : ne pas citer vos sources, me fait vous dire ceci : en effet je découvre dans le Monde que vous vous présentez comme l’investigateur principal de l’étude de Lyon, je me rappelle en outre vous avoir vu faire une conférence sur l’étude de Lyon il y a une douzaine d’années sans prononcer ni même montrer sur un slide le nom de Serge Renaud ! J’avais d’ailleurs réagi publiquement mais les personnes présentes n’étaient pas dupes, Serge Hercberg etc.

Très longtemps, lorsqu’il recevait des appels de reviewers du monde entier, ses collègues et amis, lui disant « on a une nouvelle variante de ton étude de Lyon à reviewer sans ton nom dans les auteurs », le Professeur Renaud leur répondait de laisser faire pour sauver son étude unique et ne pas créer de polémique autour. Dès qu’elle a été confirmée par Singh une dizaine d’années plus tard, il a commencé à raconter comment vous avez cessé de lui adresser la parole le jour où l’article du Lancet a été accepté pour publication, article qu’il avait entièrement rédigé et où il avait eu l’élégance et la générosité de mettre votre nom en premier. Quelle gratitude de votre part !

Le Pr Renaud raconte entre autre qu’il vous a recruté comme cardiologue pour voir les patients alors que l’étude de Lyon, qu’il préparait depuis des années, était sur pied pour démarrer, et qu’au bout de 6 mois, vous vouliez changer le régime parce que le cholestérol des patients ne baissait pas… Mais lui savait ce qu’il faisait et où il allait et a bien sûr maintenu son cap. Il raconte bien d’autres choses encore… qu’il a d’ailleurs manuscrites.

« Bon entendeur », pour reprendre votre formule

Dominique Lanzmann-Petithory, MD, PhD
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Madame Lanzmann,

Les bruits que vous diffusez au sujet de l'étude de Lyon et de Lorgeril,
et ceci depuis des années, m'interpellent !
Vous n'étiez pas présente dans l'équipe pendant toutes les années de
travail consacrées à l'étude de Lyon. Comment pouvez-vous réduire cette
magnifique étude à une sombre histoire de rivalité entre Renaud et de
Lorgeril ?

Renaud était effectivement à l'initiative de l'étude de Lyon et toute
l'équipe a apprécié de travailler sous sa direction.
De Lorgeril était bien l'investigateur principal de l'étude. Selon la
loi Huriet et les Bonnes Pratiques Cliniques, il faut être médecin et
compétent dans le domaine étudié (ici la cardiologie) pour pouvoir être
l'investigateur principal d'un essai clinique.

Le travail clinique ne se résume pas, comme vous le dîtes, à "voir des
patients".
Savez-vous ce que représentent des milliers de consultations de
cardiologie et de nutrition dans une étude d'intervention ?

En recherche clinique, lorsqu'on fait le travail, on le signe comme
premier auteur. Il n'est pas question ici d'élégance et de générosité !

Concernant l'article auquel vous faîtes allusion comme "une variante de
l'étude de Lyon", sachez que nous avons (l'équipe, y compris les
statisticiens) écrit deux fois à Renaud pour lui présenter ce rapport.
Sans réponse de sa part nous ne pouvions faire figurer son nom sur la
publication.

De Lorgeril n'a pas voulu changer le régime au bout de 6 mois en vu de
baisser le cholestérol. On ne change pas en cours de route ce que l'on
teste dans une étude d'intervention ! Et l'hypothèse de départ n'étant
pas de faire baisser le cholestérol mais de copier les populations
méditerranéennes protégées, personne ne recherchait une baisse du
cholestérol !

Patricia Salen

Assistante de Recherche Clinique
Diététicienne de la "Lyon Diet Heart Study"


23/03/2009

La Cour des Comptes soigne le cancer de l'INCa

La Cour des comptes épingle l'INCa

Le dernier rapport de la Cour des comptes 2009 (1) égratigne fortement l'Institut national du cancer (INCa). Son titre résume la situation : « L'Institut national du cancer : une remise en ordre à parfaire ». Morceaux choisis...

L'institution dirigée par Philippe Séguin se demande d'emblée s'il y a un pilote dans l'avion ? Chaude ambiance : « Lors d'un contrôle mené en 2007, la Cour avait relevé de graves problèmes dans la gouvernance ainsi que dans la gestion administrative et comptable de l'INCa... Entre 2004 (création) et 2008 s'y sont succédés deux présidents, trois directeurs généraux, quatre directeurs administratifs et financiers, quatre agents comptables. L'institut a également connu de nombreux dysfonctionnements. Une remise en ordre a été entreprise fin 2006, mais elle reste à parfaire. » Le message à l'adresse du Pr. Dominique Maraninchi (en photo), l'actuel président de l'INCa, est on ne peut plus clair ! L'INCa doit en quelque sorte soigner son cancer. « La volonté politique qui a présidé à la création de l'INCa a conduit jusqu'en 2006 à un exercice restreint de la tutelle et du contrôle a priori par l'administration centrale », note le rapport. Jusqu'à cette date, il s'agissait d'un bateau ivre, chacun faisant ce que bon lui semblait. « Aucune lettre de mission n'a été adressée aux présidents successifs », poursuit ce dernier. Un bateau ivre mais aussi sans gouvernail : « Le comité d'audit annoncé en 2005 par le président a été constitué en mai 2007. Sa création dès 2005 aurait pu éviter à l'INCa une partie des problèmes de gestion évoqués plus loin... » Le conseil scientifique, qui n'a adopté son règlement intérieur qu'en 2007, a constaté que « l'attribution des ressources deviendrait plus efficace si elle se faisait sur les données les plus précises ». Mais depuis 2006, la situation s'améliore : « Le successeur du premier président nommé en septembre 2006, et les représentants de l'Etat se sont efforcés de redresser la situation, aujourd'hui en voie de stabilisation. » Ouf ! L'INCa, qui est un Groupement d'intérêt public (GIP), « ignorait l'existence avant le contrôle de la Cour, du guide méthodologique de comptabilité des GIP ». La Cour des comptes qui se veut positive constate néanmoins « en septembre 2008 la poursuite de redressements significatifs entrepris depuis l'automne 2006, mais cette remise en ordre reste à parfaire». La Cour souligne que des manquements à la déontologie ont eu lieu et « qu'il a été mis fin à des pressions inacceptables de membres du conseil d'administration en faveur d'intérêts particuliers ». Ce qui amène la Cour des comptes à « s'interroger sur la composition du conseil d'administration. » En outre, aucun contrôle de conflits d'intérêts n'a eu lieu malgré le principe de la mise en œuvre « d'un bouclier anti-conflits d'intérêt » qui est resté au stade de principe.
Sous les ors de l'INCa

Côté finance, il y a de quoi rester pantois : « Jusqu'en 2006, l'exercice normal de la tutelle et du contrôle a priori par l'administration centrale a été restreint par des interventions supérieures. Celles-ci ont par exemple conduit à des versements prématurés de subventions à l'INCa qui n'en avait pas encore l'usage. De ce fait, sa trésorerie a fréquemment représenté six mois de dépenses. » Les citoyens aimeraient certainement connaître quelles ont été les interventions supérieures auxquelles il est fait allusion. Depuis 2006 des redressements importants du contrôle économique et financier ont eu lieu. Bouquet final sur la gestion : « Ni l'efficacité socio-économique de l'INCa, ni l'efficacité de sa gestion, ni sa qualité de service n'ont été reflétées par des indicateurs réalistes dans les documents produits au Parlement. » Quant à la coordination de la recherche sur le cancer, qui est une des missions de l'INCa, elle devrait devenir plus cohérente en 2009. Côté collaborateurs, le ballet a été permanent « la moitié des effectifs a été renouvelée » et « les salaires ont été ramenés à un niveau plus proche du secteur public ». La Cour souligne que « l'absence de transparence permit de recruter, sans publication d'offres d'emploi, des proches de plusieurs cadres. Un premier effet a été l'octroi de rémunérations disparates et inéquitablement réparties ». Les chiffres de certains salaires font rêver et l'on comprend l'attrait de l'INCa pour certains malgré des compétences inadéquates, souligne la Cour. Cette situation a créé un climat social tendu et délétère dès sa création précise cette dernière. Entre temps, la situation s'est heureusement améliorée : « Une véritable direction des ressources humaines a été créée tardivement ; elle continuait à l'automne 2008 les nécessaires efforts, notamment de communication interne et de gestion du changement, qu'appellent les séquelles de la gestion antérieure et la rotation des salariés. » Sur le plan marchés et convention, la Cour n'est pas davantage tendre : « La fonction "achats" restait à normaliser au terme de l'audit susvisé conduit en 2008. » Une note de bas de page du rapport laisse sans voix : « De multiples coûts unitaires sont élevés au regard des moyens limités du secteur sanitaire et social. Par exemple, en 2007, pour une journée de travail, ont été payés : 11 100 euros à un photographe, 1 500 euros à un coiffeur-maquilleur, 2 000 euros à un styliste. Les spots TV avaient coûté jusqu'à 240 000 euros l'unité en 2006. Un effort de maîtrise de ces coûts de production a été entrepris. » Quant aux conventions (243 millions d'euros depuis sa création), la Cour note un certain flou artistique : « L'INCa ne s'assurait que très sommairement de la fiabilité et de l'intégrité des informations financières fournies par ses partenaires, de l'efficacité et de l'efficience de leur gestion des travaux, et des risques y afférents. » Clou du triste spectacle donné par l'INCa qui « n'a créé un service informatique qu'en 2008. En dépit des préconisations formulées ». Mais 80 % des 2,4 millions d'euros annuels ont été dépensés pour le service informatique. La Cour conclue en formulant des recommandations sur l'ensemble des dysfonctionnements mis en évidence par son audit. A suivre...



Sources :

http://www.pharmaceutiques.com/archive/une/art_1213.html

(1) http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/5-institut-national-du-cancer.pdf