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16/05/2009

Réponse au rapport INCa

L'une des signataires du rapport INCa qui a suscité tant de commentaires en particulier des milieux médicaux  est un chercheur de l'INRA Mme Martel, que sa spécialité ne prédisposait pas à émetre des opinions sur les relations entre la consommation de vin et les risques Cancer. Un débat a eu lieu au sein même de l'Institut National de la Recherche Agronomique, sur la validité de la prise de position de Mme Martel. Voici une réponse du professeur François d'Hauteville de l'Agro de Montpellier. JC

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Note sur  le rapport de l’ INCA : « Alcool et Risque du Cancer ».

 

Mes remarques portent sur certains  énoncés et sur des omissions  qui concourent à affaiblir la crédibilité scientifique de ce rapport. Elles ne portent pas sur le contenu  des analyses scientifique des analyses nutritionnelle ou de mécanismes biologiques et physiologiques.

 

p. 7 [Préface]: « il y  relation linéaire entre la consommation d’alcool et le risque de cancer, l’absence de dose sans effet… »..Le contenu du document présente en réalité des échelles logarithmique qui donnent l’apparence d’une relation linéaire, mais qui efface en réalité les effets non linéaires [tableau 10 page 37]. Sauf erreur de ma part, aucun graphique ou tableau non logaritmique vient appuyer cette affirmation régulièrement répétée dans le rapport.

 

p. 10 [Méthodologie] : La meta-analyse est largement utilisée [notamment en médecine, mais pas seulement]  et justifiée notamment lorsqu’on veut agréger des études dont les effectifs statistiques sont un peu faibles.  La méthode se justifie beaucoup moins  lorsqu’on a des études portant sur des populations statistiques suffisantes. Elle crée un effet de moyenne de résultats obtenus avec des protocoles qui ne sont pas identiques, et les résultats dépendent du choix des études retenues dans l’analyse.  Il semble que  certaines études sont absentes de la méta analyse [travaux de Renaud, de Sinclair…]. Le choix des études prises en compte  peut donc orienter favorablement les résultats qu’on souhaite obtenir.  Le rapport ne comporte aucune critique de la méthode utilisée, ce qui est d’usage.

 

La synthèse [P11 et suivantes] comporte des simplifications gênantes, car c’est évidemment la synthèse sur laquelle vont s’appuyer les journalistes pour relayer l’info. On peut relever en particulier :

 

p.11 : La synthèse ne précise pas   qu’il y a des  effets de quantité

On s’aperçoit par exemple que pour le cancer du foie, il faut dépasser 5 verres par jour pour observer un OR de 1,4 [augmentation du risque de 40%]. Sur le cancer du sein, les études citées montrent que l’on manque pour le moins de certitudes [p. 27] et que 1 ou 2 verres par jour semblent avoir des effets peu marquants. Pour le cancer colorectal [p.30], « le risque n’apparaît significativement que pour une consommation dépassant 30g [3 verres ] par jour ». Pour tous les autres formes de cancer, le rapport admet que les données sont insuffisantes. [p.31]. J’ajoute qu’il  pourrait par honnêteté mentionner l’existence d’études contredisant même certains de ces résultats, à savoir des résultats bénéfiques sur certains types de cancers [cf infra].

 

p.11 : la synthèse porte sur les effets de « la consommation de boissons alcoolisées », sans préciser que le type de boisson alcoolisé peut jouer un rôle différencié. [la presse a immédiatement traduit : le premier petit verre de vin est toxique…]

La distinction entre boissons alcooliques est déniée d’emblée dans le rapport, cf. p. 13 figure 1]. Or, p.19, les auteurs signalent pourtant qu’une étude espagnole [Castellsague 2004] montre que le risque de cancer buccal est 3 fois plus élevé chez des buveurs de spiritueux que chez des buveurs de vin. Curieusement, ce résultat et d’autres qui suggèrent des effets différenciés selon le type de boisson,  sont évacués un peu plus loin, et sans la moindre discussion, par l’argument que ces analyses « révèlent davantage l’effet de la boisson principale…qu’un risque accru pour telle et telle boisson ». La carte page 33 et le commentaire page 34 sont  pourtant  éclairants : comment se fait- il que la partie méridionale de la France, qui consomme en moyenne nettement  plus de vin que la partie nord, [voir enquêtes INRA ONIVINS] soit celle qui présente le taux d’indice de cancer le plus favorable ? Les auteurs éludent  cette question en écrivant [p. 34 « la prévention du risque d’alcool est donc essentielle pour faire diminuer l’incidence des cancers des VADS et du foie… ». Cette confusion alcool et vin, du point de vue même de l’étude, ne résiste pas à la critique, c’est un tour de passe-passe peu glorieux au plan scientifique.

 

p.11 : la synthèse porte sur les effets de « la consommation de boissons alcoolisées », sans mettre en cause d’autres facteurs qui pourraient en fait  être principaux.

Le rôle du tabac combiné avec l’alcool est certes mentionné, mais  en général ces autres causes sont présentées comme facteurs aggravants et non comme effet principal.. Or p. 17, [parag.3] on peut lire : « les populations alcooliques étudiées consomment généralement du tabac… ». Il conviendrait donc de comparer systématiquement deux groupes de buveurs : les non fumeurs et les fumeurs. Chez les non fumeurs, il est d’ailleurs précisé que l’augmentation du risque de cancers du VADS est faible en dessous de 40g d’alcool…soient 4 verres par jour ! Si le niveau de cancers des VADS est plus élevé en France qu’ailleurs, [p. 34] n’est ce pas aussi [surtout ?] lié à la consommation de tabac qui est particulièrement élevée en France ?

 

p.35 : La  mise en relation entre évolution moyenne de la consommation d’alcool et incidence des cancers des VADS, est intellectuellement peu admissible de la part de scientifiques. Cette diminution « moyenne » de la consommation d’alcool est très largement le fait de la disparition progressive de comportements de consommation extrêmes, voire pathologiques,  de consommateurs quotidiens de vin, qui consommaient jusqu’à 10 fois plus que  la « moyenne ».  La diminution très forte de ce groupe au cours des 25 dernières années a forcément un effet notable sur les cancers des VADS, puisque les auteurs   montrent  justement  que cette affection touche surtout les gros consommateurs [P. 17] !  Par ailleurs, dans les énoncés du rapport c’est plus démonstratif de stigmatiser une  « consommation quotidienne d’alcool » que de « consommation quotidienne de vin ». Enfin, on peut ajouter la confusion, non justifiée scientifiquement,  entre consommation quotidienne et consommation excessive.

 

P. 38 : On lit : « il n’existe pas de dose sans effet ». Encore une simplification abusive et  difficile à réfuter en effet ! C’est une évidence : chaque consommation de salade ou de fruit  me fait absorber une dose de pesticide…Il y a une confusion permanente dans le rapport entre importance du risque et caractère significatif de l’occurrence du risque. Par définition, sur de très gros échantillons, des différences minimes peuvent être significatives. Sont elles importnantes pour autant ? Faut-il interdire une substance parce qu’on  arrive à établir qu’elle augmente « statistiquement » de 20% un risque peu probable,  par rapport à la non consommation de cette substance ? N’y a t-il pas disproportion entre le diagnostic de la menace [importance et probabilité du risque] et les recommandations d’abstinence ?

 

P.39 : La discussion sur les effets positifs d’une consommation modérée d’alcool [de vin ?]sur les risques de MCV  [maladies cardio vasculaires] fait l’objet traitement très contestable. 

Car les auteurs sont tout de même obligés de mentionner quelques études favorables au rapport alcool et santé. Mais bizarrement, il en manque plusieurs, récentes et qui ont fait l’objet de publications de haut rang. Ainsi du Pr . Renaud et Logeril  [ the Lancet, 2000], de Renaud Gueguen Conard et Lanzman, 2004, [Am. Journal. of Clinic. Nutr], ou encore des travaux  de David Sinclair [Harvard Medical School], et ceux du  Pr. Corder et ses travaux sur les polyphénols.  Lorsque ces travaux qui présentent des conclusions plutôt favorables  à une consommation modérée de vins sont cités,  comme ceux de  Groenbaek et al., [Annal.Intern. Med, 2000] ou de Curtis Ellison, encore ceux d’Arthur Klatsky, c’est pour souligner  pour souligner les parties de leurs travaux qui posent des limites à leurs conclusions.

 

p.39 et suites : le déni d’une valeur positive possible du vin sur la santé publique, a travers le modèle alimentaire.

On l’a déjà vu, le rapport se refuse d’emblée de dissocier les différentes formes de consommation d’alcool.  Il rejette clairement  les travaux qui mettent en évidence  des différences réelles, comme ceux de  Groenbaek et al. portant sur une comparaison des buveurs de vin et de bière danois « car ces résultats  montrent avant tout que les résultats favorables [liés à la consommation de vin plutôt que de bière ou de spiritueux, ndlr]  sont liés à divers facteurs alimentaires et socioculturels difficilement dissociables de l’effet lié à tel type de boisson , p.40 »…Diable ! ne faudrait il pas justement s’intéresser au fait que l’incorporation du vin dans un modèle de consommation  pourrait donner accès à une culture alimentaire et un style de vie favorable à la santé en général ? Que penser alors de la dernière enquête nationale sur le vin [2005] qui montre qu’une consommation occasionnelle de vin est corrélée à des comportements favorisant l’hygiène de vie [pratique sportive notamment]? Il y a donc un déni délibéré de la littérature scientifique qui montre les effets positifs de consommation de quantités modérées d’alcool en général, de vin en particulier.   Ce rejet est d’autant plus surprenant que ce type de raisonnement est utilisé par les auteurs lorsqu’il s’agit de souligner les effets indirects, mais néfastes, de la consommation d’alcool.  Le rapport pointe en effet [fig. 5 et p.21] les conséquences nutritionnelles défavorables d’une consommation d’alcool en excès : alors pourquoi ne pas admettre  les conséquences nutritionnelles favorables d’une consommation de vin modérée ?

 

Finalement le rapport ne propose aucune mise en perspective de la problématique du cancer en relation avec d’autres pathologies.

Il estime le nombre des décès par cancer attribuable à l’alcool est estimé à 16.000. Notons que ce chiffre est contesté par la directrice scientifique du centre de prévention Epidaure [Val d’Aurelle], qui se félicite de ce  rapport,  mais ramène  ce chiffre à 9.880 [Rapport à l’académie des sciences, 2007]. C’est évidemment trop, mais il faudrait peut être mettre ce chiffre en comparaison le nombre de gains en années [qualité] de vie  grâce à la consommation de vin. Le rapport ne considère à aucun moment la balance entre bénéfices [par exemple les bénéfices du vin en matière cardio vasculaire] et inconvénients [l’augmentation du risque de cancer]. En d’autre termes, il faut rapporter ces  10.000 décès au nombre d’années de survie liés au bien être et  à une forme d’alimentation équilibrée en relation avec la culture du vin,  et notamment ses effets aujourd’hui incontestables sur réduction des accidents cardio-vasculaires…Voir les   travaux récents publiés dans le « Journal of Epidemiology and Community health » par Streppel and al. [30 avril 2009] qui montrent  les effets bénéfique sur la longévité [+ 5ans !] au bénéfice des buveurs modérés d’alcool, et plus particulièrement s’il s’agit de vin. Certes ce rapport  est postérieur à l’étude, mais  il ne fait que confirmer des études antérieures que ne pouvaient ignorer les auteurs.

 

Ma  conclusion est que ce rapport, qui contient certes beaucoup d’informations sur la questions des liens alcool cancer [et sur lesquels je n’ai pas la compétence de me prononcer],  est un rapport partial et orienté, qui en l’état ne saurait servir de base à des décisions politiques pertinentes, et dont la caution  scientifique constitue une menace réelle pour la filière du vin. 

 

F d’Hauteville

Professeur

Montpellier Supagro.

 

 

04/05/2009

Réflexions sur la crise économique

Réflexions sur la Crise ?

 

 

Finance internationale devenue folle, managers qui captent des sommes considérables et qui, quand ils échouent, font appel aux fonds publics,  privatisant ainsi les bénéfices et  socialisant les pertes, pratiques de prêts douteuses aux ménages modestes américains qui ont mené le système financier au bord de effondrement et l’économie mondiale à la pire récession depuis les années 1930, endettement massif actuel des Etats qui cherchent à colmater les brèches, voilà ou nous a conduit le modèle libéral/libéral des Thatcher, Bush, et consort.

 Notre actuel Hyper Président était un militant actif de cette orientation politico-économique et a agi à contre cycle après sont élection en 2007 en instituant le fameux bouclier fiscal. Il donne maintenant le change en tentant de convaincre de son efficacité, se rapprochant de ceux dont il condamnait naguère les orientations, les sidérurgistes de Mital, licenciés, comprennent, un peu tard, qu’il y avait dans ses dires, un abus de langage sinon un abus de confiance.

Nous ne sommes pas encore sortis de cette situation funeste, et nombre d’entreprises sont presque en cessation de paiement, qu’elles soient grandes, moyennes ou petites, et risquent d’ajouter des chômeurs nouveaux  au nombre très important existant aujourd’hui.

La réduction d’activité atteint tous les secteurs, et notre viticulture n’échappe pas à cette situation, le vin étant un produit non indispensable, dont on réduit, par précaution ou par obligation, la consommation familiale .

Chacun tente de surnager, en cherchant, et parfois trouvant, des solutions d’attente, mais la thrombose menace la circulation financière, les retards de paiements des factures de vente de vin  se multiplient, ce qui entraîne les retards de paiement des factures des fournisseurs. Un important vigneron opérateur, médiatiquement reconnu, déstocke  massivement, inondant les circuits de produits bradés, ce n’est qu’un début de la débandade, ajoutant à la confusion que le ministère de la Santé à provoquée par son action antivin qui ne serait qu’un prélude  à ce qui nous attend par le Plan Cancer 2009/2013, annoncé pour juin.

Une  importante entreprise de conditionnement de vin de la vallée du Rhône, cherche vainement un repreneur après le lâchage de son actionnaire principal.

Cette situation générale va entraîner  l’ensemble du système viticole à une réforme profonde de son organisation et de son fonctionnement. Les coopératives vinicoles sont les premières concernées, beaucoup ne rémunèrent plus leurs adhérents au niveau de leurs charges d’exploitation, lesquels vivent d’expédients qui s’épuisent. Les Vignerons Indépendants qui avaient développés des circuits courts à l’international tirent, plus ou moins, leur épingle du jeu, mais constatent avec angoisse, les difficultés et la baisse du chiffre d’affaire de leurs clients. Les Organismes divers, associations, syndicats, interprofessions, Chambres d’Agricultures, vivant principalement de la viticulture seront eux-mêmes obligés de se regroupes, de diminuer leurs charges salariales, de réformer et rationaliser leur fonctionnement. Les administrations d’Etat de l’Agriculture, elles même, sont en cours de réduction de leur dimension. L’Union Européenne, elle aussi a commencé à modifier la répartition de ses aides dont certaines structures viticoles savaient maîtriser la destination.

C’est une véritable révolution qui s’annonce dont on ne mesure pas encore tous les effets direct et indirects.

L’Etat Français semble un peu désemparé devant l’ampleur du désastre général, il tente de donner le change par une hyper communication tous azimut, laissant entendre que les signes encourageants se manifestent désormais. Mais aucune décision majeure destinée à empêcher le renouvellement des faits dont nous connaissons les effets sociaux, économiques financiers catastrophiques n’est annoncée ou prise.

Il est clair que si les paradis fiscaux continuent à fonctionner à nos portes,  si les systèmes financiers sont laissés libres de spéculer à leur guise, sans règles contraignantes et sans outils de contrôle effectifs, si les règles comptables laxistes perdurent, si de nombreux systèmes financiers indépendants continuent de fonctionner à la commission, vendant du vent aux gogos, nous supporterons encore longtemps les errements du système.

Mais la réforme indispensable du complexe économico financier international, n’est pas suffisante pour orienter durablement le fonctionnement de la Société Mondiale vers une organisation qui préserve la vie au long terme. On sait bien que les 9 milliards d’humains sur la surface terrestre, dans un siècle, ne pourront absolument pas vivre et consommer sur le modèle USA actuel, qui est aussi le notre. Mais cette vision, cette perspective, n’est pas partagé, encore moins envisagée par la majorité des élites intellectuelles du monde. Cette réflexion doit déboucher sur une réforme des organismes mondiaux, ONU, FMI, OMC, qui devraient appuyer leurs analyses, leurs orientations, leurs décisions sur des données statistiques complètement différentes de celles qu’ils utilisent actuellement. Si le PIB de chacun des pays et du monde est composé d’un certain nombre de données et d’indices qui seront obsolètes demain, parce que ne correspondant plus aux réalités et aux nécessités des productions de l’avenir, il faut modifier la composition du PIB actuellement fondé  sur un modèle de consommation et de production à terme condamné. La composition du PIB oriente, en fait, le développement de nombreuses nations émergentes vers des situations impossibles, à terme, à gérer.

Le système intellectuel du développement économique tel qu’il est actuellement enseigné dans le monde occidental est totalement dépassé. Qui aura l’intelligence, le courage, l’efficacité médiatique de le dénoncer ?? C’est pourtant ce qui conditionne l’avenir de nos petits enfants……

Jean Clavel- 3 mai 2009

 

 

25/04/2009

Diabolisation du vin


Pierre Leclerc qui a été l'un des animateurs de la viticulture provençale, trés motivé par la défense du vin et sa communication positive pour le public français et étranger, créateur entre autres choses des publications"Les 4 Vérités du Vin", a livré recemment à ses amis une réflexion sans complaisance sur la passivité de la filière viticole, qui devrait nourrir la réflexion des responsables de notre profession!!
Bonne lecture. Jean Clavel
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L’exception française en matière de diabolisation du vin
POUR TROUVER LES BONNES SOLUTIONS : IL FAUT IDENTIFER LE PROBLEME ET SES VRAIES CAUSES …

I) RAPPEL DU PROBLEME : La communauté viticole française estime que le vin est l’objet d’attaques insistantes de la part d’organismes officiels. Ce sentiment apparaît très justifié, lorsqu’on fait des comparaisons : - De nombreux observateurs étrangers en témoignent par rapport à ce qui se passe chez eux. - 2 journalistes français ont bien résumé la situation en 2008 dans « In vino Satanas ». A titre d’exemple précis, parmi d’autres, voici le cas des causes de cancers :
a) Par rapport aux pays étrangers : les autorités françaises viennent d’apparaître en pointe : - Au niveau scientifique : par une traduction extraordinairement négative d’un document mondial sur l’alcool. Et par un déni particulièrement explicite de toute « exception vin ». - Au niveau politique : par des positions en flèche, sur le même sujet, du Ministère de la Santé, puis de la Ministre elle-même, par rapport aux recommandations d’une organisation intergouvernementale mondiale (l’OMS, où siègent pourtant de nombreux pays qui ont des raisons objectives d’être plus « anti-alcool », ou « anti-vin », que la France. Voir « II »…). Alors même que la Ministre en question (Roselyne Bachelot) est, de père en fille depuis 3 décennies, l’élue d’une région viticole ! Et d’une région qui compte l’un des dirigeants théoriquement les plus forts du syndicalisme viticole français (celui des prestigieuses AOC)
b) Par rapport au passé : - Il y a seulement 12 ans : le Ministère de l’Agriculture concevait et finançait une campagne de pub, dans la presse, sur les bienfaits du vin pour la santé ….. et le Ministère de la Santé se contentait de la bloquer in extrémis, dans la discrétion des couloirs ministériels. - Aujourd’hui : le Ministère de la Santé attaque le vin, par conférence de presse et déclarations télévisées….et le Ministère de l’Agriculture se tait (l’INRA, pourtant très mouillé dans cette attaque, se tait également). - On pourrait multiplier les exemples, avec une Assemblée Nationale qui organisait des débats sur le Vin et la Santé, et un Sénat qui, aujourd’hui, refuse de laisser afficher sur ses grilles une exposition photos de paysages viticoles !


II) LES CAUSES POSSIBLES du problème : a) Nombre particulier d’adversaires du vin, en France ??? Objectivement, on peut distinguer 7 catégories « d’adversaires du vin » dans le monde : - Les religieux : puritains, et islamistes - Les souffrants : anciens alcooliques, et parents d’alcooliques - Les concurrents : brasseurs, et alcooliers - Et enfin les « chercheurs de produits à taxer », dans une préoccupation budgétaire.
Du côté des adversaires, il n’y a rien qui justifie une « exception française » contre le vin : - Par rapport au passé : ces catégories ne pèsent, au total, pas plus qu’avant. - Par rapport aux pays étrangers : la France n’est en pointe mondiale dans aucune catégorie.

b) Contexte particulièrement défavorable au vin, en France ??? Là non plus, les comparaisons dans l’espace et dans le temps n’expliquent pas l’exception : - La consommation de vin a un « profil exemplaire » depuis plus de 30 ans, pour les adversaires du vin : elle n’a pas cessé de chuter plus ou moins vite. - La consommation totale d’alcool par français n’a cessé, elle aussi, de diminuer. Passant à la 15éme place mondiale dans un classement OMS toujours discutable. Et surtout à la 9éme sur 15 dans un classement « Europe des 15 » statistiquement plus homogène. - L’alcoolisation grandissante dans la seule catégorie des jeunes français n’est vraiment pas basée sur le vin ! Et se fait par imitation des « modèles » des autres régions du Nord et de l’Est de l’Europe….
Certes : le vin reste la « principale composante de la consommation d’alcool » en France, et les français restent les principaux consommateurs de vin dans le monde, ….mais ces 2 éléments du contexte devraient être très largement compensés par tous les autres éléments positifs du contexte français : l’histoire, la culture, le prestige des vins français, la gastronomie, l’économie, les emplois, les exportations, les rentrées fiscales,…

c) Arguments particuliers contre le vin, en France ??? Là encore, rien n’explique la diabolisation particulière du vin sur le plan de la santé : - Les études scientifiques sont, depuis des décennies, toutes diffusées en même temps dans le monde entier (avec des systèmes de repérage et d’évaluation parfaitement mondialisés) - Les études qui ont fait reconnaître au monde entier le « paradoxe français » (en 91 puis 94) ont été réalisées à 50% en France (Lyon, puis Nancy, les 2 sous l’autorité du Pr Renaud). Certains évoquent le besoin, pour les politiques nationaux, de « se trouver une activité », face aux prises de pouvoir du côté de l’Europe, des régions, de la mondialisation…. Mais en quoi la France serait plus concernée que les autres pays ? Ou plus concernée en 2009 qu’en 99 ?*



d) Qu’est-ce qui reste ? Sinon une faiblesse particulière de la défense. Ni les adversaires, ni le contexte, ni les arguments, n’expliquant la diabolisation particulière du vin en France au cours de ces dernières années, il ne reste qu’une seule explication : la faiblesse de la défense du vin, en France. Cette unique explication restante est d’ailleurs totalement corroborée par la « coïncidence » entre plusieurs renversements de tendances statistiques, et les renversements de stratégie de défense du vin, en France :

e) Confirmation du fait que la cause du problème est la faiblesse de la défense : - Jusqu’en 1993 *: personne ne parlait de Vin et Santé en France, et la consommation y baissait, avec une régularité de métronome, de 750 000 Hl/an, depuis plusieurs décennies.
- De 1994 au début 1999 : face au scepticisme Parisien à l’égard du French Paradox, plusieurs organismes et entreprises « du Sud » ont commencé à travailler sur Vin et Santé. Et les instances nationales les ont laissé faire. Rapidement et durablement : la Presse a publié une moyenne de 90 articles par mois sur les effets bénéfiques du vin. Un sondage de 1998 a montré que 92 % des français croyaient à ces effets positifs. Et la consommation n’a plus baissé que de 150 000 Hl/an, soit 5 fois moins vite que pendant les décennies précédentes.
- A partir de a mi - 1999 : renversement complet. Les instances viticoles parisiennes et interprofessionnelles imposent une « reprise en main nationale » de la défense du vin : * Les promoteurs des actions « Vin et santé » sont progressivement dissuadés d’intervenir * Face à des attaques sur le sujet de la santé : les propositions de réaction sont carrément mises à la poubelle (exemples : un N° entier de la Journée Vinicole contre l’équation « vin = drogue », une pétition sur une « expertise collective de l’INSERM », etc…) * Même les initiatives les plus « soft » et consensuelles sont, à tout le moins, snobées : « les 4 vérités sur le vin », l’IEVSRV, les colloques de Lorgues, Béziers, Avignon, Auch,…..etc * Le crédo national est désormais : «Si on bouge, on va en prendre plein la gueule » ( !) Résultats de cette nouvelle stratégie de « profil bas » et « silence radio sur la santé » : * Les attaques contre le vin sur le sujet de la santé se répètent, en « montant en gamme »… * La Presse n’étant plus alimentée positivement : le nombre d’articles est en chute libre * Dans les sondages : le vin est désormais « produit à risques, le pire avant la charcuterie » * La chute annuelle de la consommation reprend de l’importance, avant même « la crise ». * Nous sommes précisément dans l’actuelle « exception française » de diabolisation du vin.
f) Conclusion sur les causes du problème : La cause de l’exception française de diabolisation du vin est unique* : c’est la mauvaise stratégie de défense imposée depuis 10 ans, par les instances viticoles nationales.




III) LES SOLUTIONS AU PROBLEME :
Comme souvent après une analyse précise d’un problème et de ses causes, la solution apparaît facilement : un changement radical de la stratégie de défense du vin, en France.
Avec, dans le cas de la diabolisation du vin, un avantage considérable : on sait déjà, précisément, ce qui a donné d’excellents résultats, pendant plusieurs années, en France. C'est-à-dire des actions sur Vin et Santé, menées de façon diversifiée et « plurielle », par des convaincus, sur la base de découvertes scientifiques validées par la communauté mondiale. En effet, la Presse se méfie particulièrement de tout « organisme unique », car il lui faut la « pluralité des sources » pour être « couverte ». En outre, s’il s’agissait d’une « officine de communication », grassement financée, et animée par des communiquants-mercenaires : elle serait aussitôt cataloguée « lobby du vin », et donc non crédible. Ce serait de l’argent perdu, comme amplement prouvé avec feu l’AFIVINS national……
En outre, il faut « remonter la pente » des 10 années perdues à laisser calomnier le vin … A cet égard, le recours à ceux qui ont été considérés par la Presse comme fiables à la fin des années 90 serait certainement une solution pratique et rapide. D’autant que, s’ils ont été mis « en veilleuse » 10 ans, c’est précisément par le si suspect « lobby national du vin » !
En revanche, par souci d’économie, et pour laisser le maximum d’argent à la Recherche (qui est la « matière première » indispensable à toute action sur Vin et santé) : il conviendrait de mettre en commun le « traitement préalable de l’information », qui représente un travail très lourd. Une note de 3 pages détaille cet aspect novateur particulier…
Reste à savoir si cette solution est compatible avec l’équipe nationale qui a mené la stratégie inverse pendant 10 ans ? A l’évidence non, pour plusieurs raisons, dont : a) Par rapport à LA cible, c'est-à-dire la Presse, cette équipe nationale actuelle n’aurait aucune crédibilité : après avoir bavé sur Vin et Santé pendant 10 années (et même 18 pour les plus anciens…) quel journaliste pourrait croire en une « si tardive et subite révélation » ? b) L’expérience prouve que, lorsqu’une équipe s’est trompée si longtemps et unanimement : sa priorité absolue, dans tous ses actes, est de cacher ses responsabilités. De les occulter, de les nier. Pour cela, tout est bon : à commencer par le choix des collaborateurs et conseillers. Des exemples d’une grande portée, ou d’une grande actualité, peuvent être donnés*...
Il y a donc, sur ce dernier plan, 3 solutions : Soit l’équipe de « Vin et Société » est quasi- totalement remplacée. Soit elle laisse honnêtement le champ libre aux initiatives régionales (comme à la fin des années 90). Soit on reste dans l’échec. Aux Professionnels de choisir…..
Pierre LECLERC, le 25 avril 2009





*Certains pourraient évoquer le vote de la Loi Evin comme un « précédent ancien (1991) de la diabolisation du vin en France ». Il faut donc rappeler que :
A) La loi Evin n’est pas une Loi « spéciale contre le vin ». Mais une loi générale, contre le tabac et « l’alcool en général ». Certes, on peut regretter qu’elle n’ait pas fait d’exception positive en faveur du vin… mais ce n’est pas par « oubli » : la proposition en a été faite, en se basant sur le statut européen agricole du vin. Mais cette possibilité a été écartée … par les instances viticoles nationales elles-mêmes ! Déjà, elles préféraient les solutions où il n’était pas question d’exception favorable pour le vin,… et où il n’y avait donc rien de particulier à faire (sans qu’on sache ce qui pèse le plus dans le choix de ces solutions les plus reposantes pour les responsables et apparatchiks nationaux). A l’époque, c’était sous le prétexte que Rolland Ferredj expliquait doctement que : le bordelais « tenait » Chaban-Delmas, qui était « un des rares à tutoyer Mitterrand », qui allait donc (!) « faire rentrer Evin dans son trou ». Sans qu’il y ait besoin de demander une « exception vin » suggérée par un modeste directeur du syndicat des vins de pays, soutenue par d’obscurs Comités Economiques, par une réunion tenue au cours d’un mois d’Août où les « chefs nationaux » avaient visiblement mieux à faire…
B) La loi Evin est d’une sévérité record dans le cadre européen, pas mondial. Contrairement à la diabolisation du vin en France pour « raisons de santé ».
C)) La Loi Evin ne concerne que la Communication, et pas l’alcoolémie au volant. Domaine réglementaire dans lequel la France est « en pointe » par rapport à ses pays strictement limitrophes (dont la Grande-Bretagne). Mais dans lequel elle est par contre dans une « honnête moyenne » aux niveaux européen et mondial.
D) Enfin, lorsque la Loi Evin a été votée, en 1991, la France occupait encore la 1ére place mondiale dans la consommation d’alcool par habitant et par an, contre la 15éme aujourd’hui (cf. « II b »…). C’était un « élément du contexte » assez explicatif, à l’époque, d’une sévérité record dans un domaine particulier.
E) Il faut ajouter que la Loi Evin n’a, en aucune façon, entravé la communication sur Vin et santé des années 90 qui a donné de si bons résultats. Elle a, par contre, coïncidé avec le début d’une baisse historique et durable de la consommation d’alcools forts, et avec une rechute durable de la consommation de bière. Mais bien sûr, tout cela fait l’objet d’innombrables dénis. Qui sont autant d’exemples précis et vérifiables de l’attitude des équipes qui ne s’emploient qu’à masquer leurs responsabilités, après de grosses erreurs (cf. « III b »…)