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22/09/2014

Vins AOP Pic Saint Loup

 

 

 

Il y a environ 10000 ans, les paysages méditerranéens étaient recouverts d’une forêt de chênes verts et de chênes blancs parfois hauts de 20mètres. L’homme d’alors est chasseur-cueilleur, son impact sur la forêt est très faible. Quatre mille ans plus tard, au néolithique, des peuplades “maîtrisant” l’agriculture viennent s’installer dans cette forêt, apportant avec elles des changements radicaux, défrichant pour créer des espaces ouverts. C’est l’acte de naissance de nouveaux paysages qui deviendront peu à peu les garrigues que nous connaissons.

 

 

 

Ager, patus, sylva Tout au long de l’histoire, les territoires de garrigue ont donné lieu à trois grands types d’usages: - les zones de parcours (c’est-à-dire de pâture) pour les moutons, formant de vastes territoires ouverts dominés par les herbacées et quelques bas arbrisseaux: c’est le patus, - la forêt, exploitée à diverses fins (et souvent en taillis): c’est la sylva, - les terres arables, principalement utilisées pour semer les céréales (le pain est la première des nourritures), mais aussi pour planter la vigne, l’olivier et quelques arbres fruitiers: c’est l’ager. Un équilibre s’instaure entre ces trois ensembles. Les troupeaux, par exemple, sont amenés sur les terres arables en dehors de la période de culture pour brouter les repousses et fumer (enrichir) le sol. Les céréales sont souvent semées entre les rangs d’oliviers: on parle de “cultures mariées”, une forme d’agroforesterie méditerranéenne. Selon l’évolution des populations et des pratiques agronomiques, ager, patus et sylva ont occupé des surfaces variables au cours du temps. La fin de l’exploitation traditionnelle des zones de garrigue signe la fin de cette trilogie.(source :Les Ecologistes de l'Euzière)

 

 

 

 

 

Activités agricoles dans la région du Pic St Loup,

Il faut distinguer la zone nord , dont le climat est marqué par des températures moyennes fraîches, des risques de gelées printanières, une pluviométrie abondante qui obligent à une sélection et adaptation culturale, limitant la vigne et l'olivier et la zone sud du Pic, au climat plus favorable à une diversité des cultures, ce qui a permis l'implantation de villages plus nombreux et plus peuplés.

Au 19° siècle coexistaient, au sud, plusieurs types de productions agricoles, d'élevage, d'exploitation des bois de chêne vert, en plus de la viticulture. Le paysages étaient étaient très différents de ceux de notre époque. L'exploitation des bois , pour la production de charbon de bois, favorisait l'entretien des voies d'accès, les troupeaux ovins très nombreux, pouvaient paître en sous bois ce qui favorisait leur entretien, les petits viticulteurs qui possédaient des chevaux de traits , assuraient le transport des fagots de sarments et de branchage de chêne verts vers les boulangers du bas pays et de Montpellier. Les troupeaux ovins pratiquaient la transhumance, par les « drayes » vers le plateau du Larzac ou vers les Cévennes, et le fumier des bergeries qui étaient libérées l'été, servait à enrichir les terres arables et les vignes. Les vignobles étaient sur les pentes des Coteaux,sur des îlots plus favorables, les bas-fonds servaient à produire des céréales et la nourriture des chevaux de traits. Les agriculteurs fréquentaient le marché hebdomadaire de Nîmes, spécialisé pour les productions ovines et non celui de Montpellier plus orienté sur le vin Sur les pentes les mieux exposées au levant et à l'abri des vents du Nord, des oliviers bien entretenu permettaient d'obtenir l'huile nécessaire à la famille pour la cuisine et l'éclairage. La chasse, qui n'était pas considéré comme un loisir, permettait d'améliorer l'ordinaire.

2°La viticulture :

 

Avant le 19° siècle , la diversité culturale était la règle, la production viticole était destinée à la consommation familiale et au marché local. Les transports plus lointains étaient très onéreux et c'est la mise en service des chemins de fer après 1850, (liaisons nationales et liaisons locales) qui a permis l'abaissement des coûts de transport (divisés par un facteur 10) et l'extension viticole.

Jusqu’à 1945 la production viticole du Pic Saint Loup était destinée à la consommation populaire, sans distinction d'origine, comme la majorité des vins du Languedoc .

Après la Libération, Philippe Lamour a été chargé par le ministre de l'Agriculture (Tanguy-Prigent) du Général de Gaulle, de réorganiser l'agriculture nationale. Il a obtenu du Ministre des Finances Mendès-France la possibilité de créer en 1946 une nouvelle catégorie de vins de qualité destinée aux régions n'ayant pas la possibilité d'utiliser les Appellations Contrôlées ,

ce qui était le cas de toutes les zones viticoles du sud de la France, les Vins Délimités de Qualité supérieure (VDQS). Il demanda aux maires des zones de Coteaux intéressés par cette mesure d'inscrire leur commune sur une liste de candidature et de demander aux vignerons de ces commune de se réunir en syndicats destinés à contrôler ces productions. Il créa aussi une fédération Nationale de ces syndicats dont il devint président et qui établirent avec l'appui du ministère les règles de production et de labellisation de ces vins. C'est ainsi que les maires d'une dizaine de communes du Pic Saint Loup demandèrent en 1950 à faire bénéficier les vignerons de leur commune de cette nouvelle législation, qui, dans un premier temps se limitait a définir les cépages et les grandes zones de production. Puis rapidement des règles plus précises furent mise en place, degrés minimum des vins , dégustation avant labellisation. En 1960, le professeur Milhau de la faculté de Sciences économiques et de l’École d'Agronomie de Montpellier, aussi maire de Saint Chinian, et président du nouveau Syndicat de Saint Chinian , créateur de la Cave coopérative de Causses et Veyran, proposa aux syndicats VDQS du Languedoc de se réunir en une Fédération Régionale sous le nom de Coteaux du Languedoc . J'étais alors , secrétaire général des jeunes agriculteurs de l'Aude et participais aux assemblée créatrices des Coteaux du Languedoc. Le Professeur Milhau avait demandé que l'on réglemente de façon plus complète la politique d'encépagement régionale en limitant le carignan à 50% de l'encépagement . Les responsables des Corbières et du Minervois, refusèrent cette règle et ont voulu rester au 100% carignan qu'ils pratiquaient Après de nombreuses réunions agitées , les Coteaux du Languedoc ont concerné les syndicats VDQS de l'Hérault, La Clape et le Quatourze dans l'Aude et Langlade dans le Gard. Je suis devenu directeur du Syndicat Coteaux du Languedoc en 1976, avec mission de développer cette appellation, d'améliorer sa notoriété, de la conduire au niveau des AOC ce que nous avons obtenu en décembre 1985.

En 2006, la législation europénne sur les vins a été modifiée, les AOC sont devenus les AOP (appellation d'origine protégée) et cette législation s'applique à tous les vins d'appellation produits en Europe

C'est sous le nom « Coteaux du Languedoc-PicSaint Loup » que la catégorie AOC s'est appliquée au Pic Saint Loup depuis 1985. L'étape suivante est l'accession de Pic Saint Loup à l'appellation indépendante communale. Cette évolution , plus sélective, impose des règles de production , délimitation parcellaire stricte en fonction de la qualité des sols, conduite et traitement de la vigne, adaptation des cépages. Les vignerons espèrent que la récolte 2015 sera la première dans la catégorie supérieure des vins, celle de l'AOP Communale « Pic Saint Loup ».

 

3°Détails communaux :

 

J'ai relevé dans un ouvrage paru en 1897 et décrivant les vignobles du Languedoc les renseignements concernant les communes viticoles du Pic Saint Loup (population, production, surface en vigne) que j'ai complété par les données administratives 2011 ( déclarations de récolte)  :

 

Ce terroir principalement argilo-calcaire, mais aussi de marnes, etait planté à la fin du 19° siècle d'aramon pour 60%, de carignan pour 25% et de 15% de métis Bouchet , (alicante) issu d'un croisement des cépages grenache noir, et teinturier du Cher (vins rouge). Ce métis est né à Mauguio, est maintenant connu dans le monde entier viticole, ses raisins à la pulpe très colorée, produisait un vin destiné a consolider la couleur rouge des vins de table, a dominante aramon gros producteur, mais faible en couleur

L'encépagement est complètement transformé en 2011:

majoritairement en AOP (règles européennes anciennement AOC), en cépages rouges, principalement Syrah, Mourvèvre, Grenache,quelques carignans et cinsault,

en IGP,(Réglement européen, anciennement vins de pays) quelques blancs chardonnay et sauvignon, en rouges cabernet-sauvignon et merlot .

 

Production des Caves coopératives (R. 2010):

Corconne.: 42 277 hl, Saint Mathieu de Tréviers 48 314 hl Assas: 38 672 hl. La Cave de Assas a intégré la CC de Claret, et celle de Saint Mathieu de Tréviers a intégré le CC de Valflaunès. (3 caves coopératives sur le secteur, avec plusieurs points de collecte)

 

Détail des populations, des surfaces en vigne et des productions en 1897 et en 2011 des différentes communes du Pic Saint Loup.

 

Saint Mathieu de Tréviers:1897: 403 hab. 250 ha.vignes,7500 hl. 2011:4660 hab.11250 hl dont 3116 hl en caves particulière, 28 exploitations agricoles, 464 ha vignes en production

 

Corconne, 1897:503 hab.980 ha. vignes 5000 hl. 2011: 562 hab.13742 hl.dont 570 hl en cave particulière, 217 ha en production

 

Vacquières,1897: 276 hab. 255 ha. de vignes 14000 hl.2011: 418 hab.14741 hldont 5440 en cave particulière, 19 E.A. 314 ha vignes

 

Saint Jean de Cuculles, 1897: 180 hab. 120 ha. de vignes, 5000 hl.2011: 443 hab 9614 hl. dont 2791 en cave particulière, 14 E.A. 147 ha vignes

 

Claret, 1897:640 hab.267 ha. de vignes, 10 000 hl 2011:1364 hab.14953 hl. dont 3321 hl en cave particulière, 32 EA. 320 ha vignes.

 

Lauret, 1897:357 hab.350 ha. de vignes 4000 hl.2011:564 hab.7280 hl. 12 EA, 153 ha vignes

 

Valflaunès, 1897: 409 hab. 200 ha. vignes 13 000 hl.2011 2714 hab. 24144 dont 9828 hl.en cave particulière, 23 EA 447 ha vignes

 

Fontanès, 1897: 127 hab.140 ha. vignes, 8550 hl.2011:249 hab.6399 hl. 4EA, 178 ha vignes

 

Sainte Croix de Quintillargues, 1897: 234 hab. Vignes 125 ha. 2700 hl.2011: 575 hab.1905 hl. 7EA 59 ha vignes

 

Assas, 1897: 287 hab. 350 ha. vignes 15 000 hl.2011:1527 hab.12432 hl 18EA 295 ha vignes

 

Saint Vincent de Barbeyrargues, 1897: 83 hab.50 ha. vignes 2500 hl.2011:660 hab.2526 hl. 7 EA

 

Guzargues, 1897: 110 hab. 145 ha. vignes, 2/3 Coteaux ou soubergues 5000 hl.

2011: 423 hab.5334 hl. 10 EA 124 ha. vignes

 

Cazevielle, 1897, non repertorié. 2011: 171 hab. 1 EA 45 ha.vignes

 

Sauteyrargues,1897: 147 hab.500 ha. vignes 16 000 hl.2012:325 hab. 2934 hl. 7 EA

205 ha vignes

 

Brouzet les Quissac,1897: 158 hab.150 ha. vignes 5000 hl.2011: 233 hab.8248 hl., 221 ha vignes

 

Le Triadou, 1897: 57 hab. 100 ha. vignes, 3500 hl. 2011: 372 hab.13 EA 125 ha. vignes

 

Les Matelles 1897: 456 hab. 140 ha. vignes 5000 hl.2011:1537 hab.8448 hl. 10EA 187 ha vignes

 

Saint Gély du Fesc,1897: 534 hab.325 ha. vignes 10 000 hl.2011: 8495 hab 2007 hl..20 EA 124 ha vignes.

 

Jean Clavel 22/09/2014

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