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23/06/2014

Ma vie engagée

Après mon service militaire 11/1954-05/1957, maintenu sous les drapeaux en AFN, je reprends l'exploitation familiale viticole en Corbières, et je deviens le secrétaire général des jeunes agriculteurs de l'Aude et a ce titre ,ai reçu une formation générale et syndicale, en alternance à Paris, dans le cadre de l'IFOCAP (institut de formation des cadres paysans).

J'ai participé aux discussions lors de la création du syndicat des Coteaux du Languedoc (1960), sur proposition du professeur Jules Milhau (Agro, et Science éco) et de Philippe Lamour alors vigneron dans les Costières de Nîmes et président de la Fédération Nationale des VDQS. Ce syndicat devait regrouper, à l'origine, tous les syndicats VDQS (vins délimités de qualité supérieure) du Languedoc depuis Corbières jusqu'aux Costières de Nîmes. Mais des désaccords sur la politique d'encépagement, ont limité les syndicats à l'origine des Coteaux du Languedoc à ceux de l'Hérault, à La Clape et au Quatourze dans l'Aude et à Langlade dans le Gard. (13 syndicats de base)

Suite à des problèmes familiaux , je change d'orientation professionnelle en 1964, et deviens un des acteurs administratifs de la mise en place dans le sud de la France du Fonds européen d'action sociale pour l'aménagement des structures agricoles (FASASA) Je crée à cette occasion l'ADASEA de l'Hérault (1967) dont je suis le directeur jusqu'en 1976, en même teemps que l'animateur de la FDSEA (fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles).

Un grave événement se produit le 4 mars 1976 à Montredon, mon village de naissance, lors d'une manifestation viticole au pont de Montredon. Une fusillade éclate entre une Compagnie de CRS, et le groupe de viticulteurs bloquant la circulation sur la RN 113 et tentant le blocage de la voie ferrée Bordeaux- Marseille. Un vigneron des Corbières et le commandant de la compagnie de CRS sont tués et il y a une quinzaine de blessés.

A la suite de ce tragique événement, des responsables viticoles de la région , présidents de syndicats ou de coopératives, prennent conscience qu'il faut changer de politique professionnelle et engager une orientation qualitative du vignoble, vigoureuse et durable. Certains de ceux ci me demandent de prendre en charge l'animation qualitative du vignoble à partir du syndicat Coteaux du Languedoc, encore peu actif.

Sous la présidence de Jean-Claude Bousquet, alors président de la Safer, nous avons construit une politique de long terme visant à une amélioration qualitative, du vignoble, des vins, de la compétence professionnelle des vignerons, et de la communication, alors inexistante, sur les vins du Languedoc. Dans ce cadre , j'ai écrit plusieurs ouvrages , dont l'un édité par Privat à Toulouse, « Histoire et avenir des vins en Languedoc » (1985) a eu un prix de l'Académie Française. Il y a eu ensuite « Le 21° sècle des vins du Languedoc, du monde gréco-romain à internet », puis «  Qualité oblige », « Réussir » « La mondialisation des vins, » édité chez Feret en 2008 à Bordeaux .

Nous avons obtenu après de difficiles débats, dans le cadre de l'INAO, le classement en AOC des vins des coteaux du Languedoc (12/1985). Afin de communiquer, auprès des consommateurs et des médias une image positive de nos vins, nous avons installé la maison des vins de Saporta, dont j'ai été le maître d'ouvrage, qui accueille depuis un nombteux public. Afin de faire découvrir la réalité des autres vignoble européens nous avons organisé, dès 1980, des voyages d'études pour les principaux responsables viticole du Languedoc, les présidents et directeurs de caves coopératives , les journalistes viticoles, dans tous les vignobles espagnols, italiens, allemands, Suisses, autrichiens, Hongrois, ce qui a permis de dépasser les fausses idées ,répandues en Languedoc, sur ces productions et a facilité le changement espéré.

C'est à cette époque , qu'à la demande du président Gravegeal , j'ai élaboré le concept « Pays d'Oc » destiné à donner une identité positive aux vins de qualité (Vins de Pays) ne pouvant pas bénéficier de l'AOC. C'est devenu un grand succès, puisque , dans le cadre des IGP norme européenne, (indication géographique protégée) les vins des 4 départements PO, Aude, Hérault, Gard, qui sont soumis a des conditions de production sévères, et sont produits en dehors des zones délimitées AOP, ont une image internationale très positive, et sont un succès économique reconnu.

Depuis ma retraite des fonctions opérationnelles, j'ai participé dans le cadre de la Chambre d'agriculture a toute une série d'actions, et avec le Président Tastavy nous avons créé l'association « Honneur du Vin » (2009) qui nous a permis d'engager des actions judicaires et d'information pour protéger le vin contre les agissements dévoyées des ligues anti-alcooliques qui menaçaient l'existence même des vignerons français. Dans ce cadre , a partir d'une motion votée par la session de la chambre d'agriculture de l'Hérault (20/03/2011)nous sommes en bonne voie d'obtenir du Parlement, que dans le code rural soit inscrite la mention sous l'article L665-6 « Le vin produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé en France »

J'ai enfin participé en 2013 à la rédaction de l'Atlas des Garrigues (Hérault, Gard) pour la partie viticole, Atlas édité par les « écologistes de l'Euzière ».

Nous avons fêté , dans le domaine de mon fils aîné à Assas (Mas de Périé) en mai 2014, mes 80 ans, entouré de ma nombreuses famille, des amis du groupe « Lo cocut » chant choral occitan, qui ensemble m'ont offert, un vélo a assistance électrique pour me permettre de continuer à faire mes parcours de VTT. (100 km semaine 500 km mois)

 

Jean Clavel 20/06/2014

 

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