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31/03/2014

Georges Clémenceau et Jeau Jaurès

 

Semblables et différents

 

Georges Clémenceau et Jean Jaurès sont des personnages remarquables de la 3° République, l'un et l'autre, intellectuels et humanistres recherchant dans leur engagement politique, des solutions d'organisation sociale visant à un meilleur équilibre des diverses classes de la société française, luttant pour une amélioration de la situation des ouvriers et paysans, et pour une meilleure égalité devant la loi. Mais l'un ,Clémenceau, engagé dans le radical-socialisme, défend l'individu recherchant dans sa formation scolaire et intellectuelle, le moyen personnel d'épanouissement famillial, qui lui permette , individuellement, de mieux vivre dans la société française du moment, alors que Jaurès, influencé par la philosophie marxiste et pacifiste militant convaincu, préfère l'action collective, par la recherche de la prise de pouvoir de la classe ouvrière, dont l'action devrait aboutir a une société prospère, égalitaire, sans classe sociale. Parlementaires tous deux, et écrivant dans des journaux d'opinions, ils débattent de leurs différences et de ce qui les rapproche.

Clémenceau ne croit pas au socialisme marxiste de Jean Jaurès, qu'il considère comme utopique, même s'il le rspecte profondément;(La Mêlée sociale) (Le monde selon Clémenceau de Jean Garrigues . Ed.Taillandier-2014)

« M. Jaurès eut-il l'heureuse fortune d'être en possession de la vérité absolue, il ne peut faire le bonheur de l'humanité qu'avec son consentement; Il faut donc la convaincre d'abord. Il s'y essaye bravement, avec un entrain, une bonne foi, qui l'honore. J'ai lu ses articles dans L a Dépèche, ma culture intellectuelle ne doit pas être inférieure à celle des paysans. Eh bien, je le dis franchement, il n' pas fait la lumière dans mon esprit. J'en conclue que nous sommes loin de compte!!

Il ne lui est pas hostile sur le principe:

Jaurès a conçu l'ambition légitime, de faire du parti socialiste, un parti de gouvernement, il y dépense sans compter, le meilleur de son énergie, . Bien que je ne sois pas « socialiste » au sens restreint, où il plait à sa foi marxiste de l'entendre, je pense qu'un immense progrès serait réalisé si l'éloquent leader réussissait dans sa haute entreprise.

Mais Clémenceau redoute la stratégie révolutionaire (mai 1901)

Le parti socialiste, hanté par le besoin atavique de mettre une réconpense, au boût de chaque effort, s'offre, peut être un peu vite, à faire descendre, le paradis sur terre.. Des changements de loi, ne sauraient accomplir ce miracle, toute réforme d'organisation, n'ayant de valeur, que par la réforme des individus organisés......

.Je n'ai pas peur des mots, et je ne vois pas rouge, lorsque j'entends parler de communisme ou collectivisme. J'admet très bien que la propriété, n'est pas destinée à demeurer telle que nous la connaissons. Elle s'est modifiée dans la passé. Elle se modifiera dans l'avenir. A vrai dire, en dehors de ce qui touche aux services publics, je ne crois pas que l'évolution future de la propriété se fasse du côté de son absortion par la collectivité, autant dire par l'Etat,et j'espère que la liberté d'association, quand nous l'aurons, permettra le développement d'une forme de propriété mi-individuelle, m-collective, mais parfaiement indépendante de l'Etat (juin 1901) La loi sur les association est de juillet 1901

.Les Congrès socialistes ont pu trouver des formules plus ou moins heureuses pour maintenir l'équivoque entre les dogmatiques de la Révolution, et les empiriques du ministérialisme à outrance; Jaurès qui est au combat de chaque jour, Jaurès qui se repand en conférences, en discours, en écrit où rivalisent l'art et la pensée, éprouve une difficulté fort grande à se tenir à égale distance des uns et des autres .(mars 1902)

A Jean Jaurès à la Chambre 18 juin 1906 (Clémenceau est ministre de l'Intérieur)

« C'est vrai, le préjugé de l'ordre, je l'ai. Je n'ai peur d'aucune idée, d'aucune proposition, accessibles à ma raison, mais véritablement, a vous, qui avez de si ambitieux projets, et songez à de si vastes entreprises, , l'ordre est plus nécessaire qu'a nul autre, car rien ne peut se modifier, rien ne peut se créer , si l'ordre légal n'est pas maintenu »

Evoquant dans son éditorial du 2 aout 1914, la disparition de Jean Jaurès:

L'heure est venue de résolutions graves, En effet il s'agit pour la France, de la vie et de la mort. Aujoud'hui, il ne peut y avoir deux français qui se haïssent. Il est temps que nous connaissions la joie d'aimer, , de nous aimer, parce qu'il y a de plus grand en nous, le devoir de témoigner devant les hommes , que nous n'avons pas dégénéré de nos pères, et que nos enfants n'aurons pas à baisser les yeux , quend on leur parlera de nous...Ni récriminations, ni phrases grandiloquantes, ni promeses de mourir. Assez de paroles, des actes, des actes réfléchis, de prudence ordonnée et d'actions sans retour. Le sort de Jaurès fut de prêcher la fraternité des peuples et d'avoir une si ferme foi en cette grande idée, qu'elle ne put même pas le protéger de la mort.

 

 

Georges Benjamin Clemenceau, né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) et mort le 24 novembre 1929 à Paris, est un homme d'Étatfrançais, radical-socialiste, président du Conseil de 1906 à 1909, puis de 1917 à 1920.

Issu d'une famille de notables républicains, il est maire du 18e arrondissement de Paris puis président du conseil municipal de Paris au début de la Troisième République, ainsi que député en 1871, puis de 1876 à 1893, siégeant en tant que républicain radical. Défenseur de l'amnistie pour les Communards et anticlérical, il prône inlassablement la séparation des Églises et de l'État et s'oppose à la colonisation, faisant tomber le gouvernement Jules Ferry sur cette question. Fondateur du journal La Justice et de la Société des droits de l'homme et du citoyen, il travaille ensuite à L'Aurore et prend une part active dans la défense du capitaine Dreyfus.

Il obtient le baccalauréat ès-lettres en 1858. Il s'inscrit ensuite à l'école de médecine de Nantes. Après trois années pendant lesquelles il se révèle un étudiant médiocre et dissipé, passant notamment en conseil de discipline, il part en 1861 poursuivre ses études à Paris, où il s'inscrit également en droit.

Il fréquente des cercles artistiques et républicains dans le Quartier latin où il fait connaissance avec Claude Monet en 1863. Avec plusieurs camarades , il fonde un hebdomadaire, Le Travail, dont le premier numéro paraît le 22 décembre 1861. Zola se joint au groupe afin de soutenir le journal contre la censure. La publication prend fin au bout de huit numéros : la plupart des membres ont en effet été arrêtés après un appel à manifester place de la Bastille afin de commémorer les évènements du 24 février 1848. Le 23 février 1862, Clemenceau est envoyé pour 73 jours à la prison Mazas[. « Quand on a l'honneur d'être vivant, on s'exprime ! », dira-t-il plus tard. En 1896, il honorera Blanqui en parlant de « cette vie de désintéressement total qui ne découragera que les lâches du grand combat pour la justice et pour la vérité ».

Durant ses années d’études, Clemenceau participe à la création de plusieurs autres revues et écrit de nombreux articles Après avoir effectué des stages à l'hôpital psychiatrique de Bicêtre, puis à La Pitié, il obtient le doctorat en médecine le 13 mai 1865 avec une thèse intitulée De la génération des éléments anatomiques, sous la direction d'un ami d'Auguste Comte. Sa thèse reprend les idées de Robin, qui est un adversaire du catholique bonapartiste Pasteur. Elle est ensuite publiée en échange de la traduction par Clemenceau d’Auguste Comte and Positivism. Plus tard, lorsque Pasteur sera devenu célèbre, Clemenceau reconnaîtra de bonne grâce son erreur.

À la suite d'un dépit amoureux il s’embarque, d'abord pour l'Angleterre, où son père le présente à Mill et Spencer, puis pour les États-Unis, qui sortent à peine de la guerre de Sécession. Il trouve un poste d’enseignant dans un collège pour jeunes filles à Stamford où il donne des cours de français et d’équitation. Il devient également correspondant du journal français « Le Temps » Ancêtre du journal Le Monde..

Clemenceau s’éprend alors d’une de ses élèves, Mary Plummer  qu’il épouse civilement le 20 juin 1869, avec qui il aura trois enfants. Sa femme ayant une liaison avec son jeune secrétaire précepteur des enfants, il fait constater l'adultère et demande le divorce qu'il obtient en 1891 avant de la renvoyer brutalement aux États-Unis avec un billet de troisième classe et obtenu qu'elle perde la garde de ses enfants et la nationalité française.

Élu sénateur du département du Var en 1902, bien qu'il ait critiqué dans sa jeunesse l'institution du Sénat et de la présidence de la République, il est nommé ministre de l'Intérieur en 1906, se désignant lui-même comme le « premier flic de France ». Surnommé « le Tigre », il réprime alors les grèves et met fin à la querelle des inventaires, puis devient président du Conseil à la fin de l'année 1906, fonction qu'il occupe pendant près de trois ans. Dans l'été 1907, il gère brutalement la révolte des vignerons languedociens, (5 morts à Narbonne) compromet Marcelin Albert , l'animateur de la révolte ,qui lui rend visite pour négocier, en lui remettant un billet de 100 francs pour qu'il reprenne le train vers Narbonne, et en informe un journaliste qui transmet ce fait aux journaux locaux, l'objectif est atteint , Marcelin Albert est totalement décrébilisé. Aprés la révolte du 17° régiment d'infanterie de Béziers, il décide que désormais, tous les conscrits seront dispersés dans des villes françaises et non plus mobilisés dans la ville voisine de leur domicile

Retournant ensuite au Sénat, il fonde le journal L'Homme libre, rebaptisé L'Homme enchaîné après avoir essuyé la censure au début de la Première Guerre mondiale.En novembre 1917, il est de nouveau nommé président du Conseil et forme un gouvernement consacré à la poursuite de la guerre. Négociateur lors de la Conférence de Versailles, le « Père la Victoire », après avoir promulgué la loi des huit heures, échoue à l'élection présidentielle de janvier 1920, étant critiqué à gauche et à droite, et se retire de la vie politique.

 

Jean Jaurès est un homme politiquefrançais, né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914. Orateur et parlementaire socialiste, il s'est notamment illustré par son pacifisme et son opposition au déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Issu de la bourgeoisie et agrégé de philosophie, il débute sa carrière politique comme députérépublicain, mais adhère définitivement au socialisme après la grande grève des mineurs de Carmaux et s'oppose aux lois scélérates. Durant l'affaire Dreyfus, il prend la défense du capitaine et pointe l'antisémitisme dont celui-ci est victime. En 1905, il est un des rédacteurs de la loi de séparation des Églises et de l'État. La même année, il participe à la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), dont il est l'acteur principal, unifiant ainsi le mouvement socialiste français. Ses positions réformistes lui valent toutefois l'opposition d'une partie de la gauche révolutionnaire. Il consacre les dernières années de sa vie à empêcher, en vain, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, et se lie aux autres partis de l'Internationale ouvrière, faisant planer la menace de grève générale au niveau européen. Ces positions pacifistes lui valent d'être assassiné par le nationalisteRaoul Villain à la veille du début du conflit. Cet événement entraîne paradoxalement le ralliement de la gauche à l'« Union sacrée ».

En 1924, sa dépouille est transférée au Panthéon. Bien qu'historiquement rattachée au socialisme, la figure de Jaurès est aujourd'hui aussi bien utilisée par la gauche que par la droite dans les discours politiques.

Brillant élève au collège de Castres, il y est remarqué par un inspecteur général, Félix Deltour, qui convainc ses parents à ce qu'il poursuive ses études dans les écoles de l'« élitisme républicain », alors qu'ils le destinaient à l'administration des postes. L'inspecteur lui obtient une bourse qui lui permet de préparer à Paris l'École normale supérieure, au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis-le-Grand. En 1878, il est reçu premier à l'École normale supérieure en philosophie, devant Henri Bergson. En 1881, il termine troisième à l'agrégation de philosophie, derrière Paul Lesbazeilles et Henri Bergson. Devenu professeur, Jaurès enseigne tout d'abord au lycée Lapérouse d'Albi, puis rejoint Toulouse en 1882 pour exercer comme maître de conférences à la faculté des lettres. Il donne également un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de cette même ville.

Il se marie le 29 juin 1886 avec Louise Bois (1867-1931), rencontrée au château de Loirac, fille d'un marchand de fromages en gros d'Albi, avec qui il a deux enfants :Madeleine, et Louis Paul qui engagé volontaire en 1915 à 18 ans, au 7° régiment de dragons, passe aspirant au 10e bataillon de chasseurs à pied. Il est tué le 3° juin 1918 à Pernant (Aisne), village où l'armée allemande est arrêtée lors de la seconde bataille de la Marne, et déclaré « mort pour la France ». Une stèle, surmontée du buste de son père, est inaugurée à quelques kilomètres du lieu de sa mort..

 

Citations:

-Ces grands changements sociaux qu'on nomme des révolutions ne peuvent pas ou ne peuvent plus être l'œuvre d'une minorité. Une minorité révolutionnaire, si intelligente, si énergique qu'elle soit, ne suffit pas, au moins dans les sociétés modernes, à accomplir la révolution. Il y faut le concours, l'adhésion de la majorité, de l'immense majorité.

-N'ayant pas la force d'agir ils dissertent!!

-Tandis que tous les peuples et tous les gouvernements veulent la paix, malgré tous les congrès de la philanthropie internationale, la guerre peut naître toujours d’un hasard toujours possible… Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, même quand est à l’état d’apparent repos, porte en elle la guerre, comme une nuée dormante porte l’orage.
Messieurs, il n’y a qu’un moyen d’abolir la guerre entre les peuples, c’est abolir la guerre économique, le désordre de la société présente, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille — un régime de concorde sociale et d’unité. Et voila pourquoi si vous regardez non aux intentions qui sont toujours vaines, mais à l’efficacité des principes et à la réalité des conséquences, logiquement, profondément, le Parti socialiste est, dans le monde, aujourd’hui, le seul parti de la paix.

-C'est vers le financier gaspilleur, vers le bourgeois taquin et avare que va, de siècle en siècle, la richesse des champs, des vignes et des bois.

-Quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots.

-Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.

-Oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n'est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c'est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c'est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n'en avez gardé que la cendre.

-Quelle abjection dans cette propagande de la peur ! On lit sur les murs de Paris d'ignobles affiches qui apprennent au monde que toutes les boutiques sont forcées, que toutes les existences sont menacées, qu'au coin de toutes les rues le passant est guetté par le couteau d'un apache. « Défendons-nous », hallucinons les cerveaux, affolons les coeurs ; demandons à la société française de répudier toutes les lois humaines sur le sursis, sur la libération conditionnelle, que ce fut son honneur de promulguer ; dénonçons comme des lâches, comme des traîtres, les jurés qui ont cru équitable, après examen des circonstances, un verdict de pitié. Faisons que la loi pénale fonctionne toujours automatiquement avec le maximum de rigueur. Appliquons, s'il le faut, la torture aux condamnés ; arrachons les ongles aux transportés par le rétablissement des poucettes ; et frappons, flétrissons comme des complices des assassins, tous les hommes qui demanderont à la nation de ne pas s'affoler, de ne pas se dégrader. « Défendons-nous, défendons-nous. »

-J'ai le goût le plus vif pour la langue et pour les oeuvres de notre Midi, du Limousin et du Rouergue au Languedoc et à la Provence. J'aime entendre notre langue et j'aime la parler.

-Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l'orage.

Jean Clavel 31/03/2014

 

 

 

 

 

Commentaires

Bonjour ,
Pourriez-vous m informer sur l action de Jaurés pendant la révolte des vignerons en 1907 ?
je vous remercie
madame Faur

Écrit par : Faur Nicole | 03/01/2015

Jean Jaurès est venu à Narbonne soutenir le docteur Ferroul qui se présentait aux élections municipales. Ferroul qui a été député et maire de Narbonne a été pendant tous les évènements de 1907 l'un des moteurs de la révolte, et a toujours été soutenu par Jean Jaurès qui n'oublie pas qu'au moment de la grève des ouvriers verriers de Carmaux, la collecte de la soirée à Narbonne rapporte 1200 francs.
Voir Felix Napo la révolte des vignerons 1907 Privat 1982

Écrit par : clavel | 06/01/2015

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