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11/12/2013

Pays d'Oc

 

Assemblée Générale Statutaire du Syndicat(ODG)

 

des vignerons

 

et autres membres de Pays d'Oc

 

6/12/2013, Palais des Congrès de la Grande Motte

 

C’était la 25ème Assemblée Générale du Syndicat des IGP Pays d’OC. Elle aurait pu être une assemblée de routine. Ce fut une assemblée de tension et d’opposition. Une opposition développée, l'été dernier, par le dossier chaptalisation, demandée par certaines coopératives languedociennes, refusée par la pluspart des syndicats viticoles régionaux ! Cette AG aurait pu être ordinaire, car les IGP des vins de Pays d’Oc sont une des réussites de la Région Languedoc-Roussillon : 5,8 millions d'hectolitres de vins produits, première dénomination française de vins en France et sur les marchés d’exportations,2° région mondiale de production et mise en marché des vins étiquetés «  de cépage », les derniers résultats publiés montrent une progression tant en volume qu'en prix, sauf , seule exception, pour la Chine qui développe rapidement sa propre production viticole… Le Languedoc-Roussillon a démontré ses divisions.   Avec des conditions climatiques plus favorables que les autres régions viticoles, le millésime 2013 est l’année du Languedoc. Au pays du rugby, toute le monde sait que pour transformer l’essai, il faut jouer le collectif, la solidarité, l’unité, la puissance, cette division laissera des traces… 

 

Jacques Gravegeal m'avait demandé de l'appuyer dans la préparation de cette AG et de venir y assister, pour faire, si nécessaire, une intervention, en qualité d'ancien acteur de la création de Pays d'oc.

 

2 parties en présence  qui avaient, chacune, mobilisé beaucoup de monde. Boris Calmette, président de la cave coopérative de Counonsec, et président régional et national de la CCVF regroupant toutes les caves coopératives de France, avait demandé aux adhérents des fédérations de Caves Coop du Languedoc Roussillon de venir appuyer ses revendications concernant le fonctionnement de Pays d'Oc. La salle du palais des Congrès de la Grande Motte étant insuffisante 2 grandes salles complémentaires avaient été équipées de grands écrans et de liaison audio. Pays d'Oc de son côté avait mobilisé les adhérents de Cave Coop, opposant à Boris Calmette et tous les membres Vignerons Indépendants et du négoce.

 

L'objectif de Boris Calmette était d'obtenir, de la majorité de l'AG, un renversement du management actuel et du président . Il avait fait une intense campagne sur le fait que l'Union Européenne avait supprimée l'aide par subvention, consentie depuis longtemps à l'utilisation, principalement par les coopératives du sud , à l'emploie de Moûts Concentrés Rectifié (MCR, sucre de raisin, produits surtout en Italie) et en remplacement de cette aide absente, avait demandé aux pouvoirs publics français l'autorisation d'utiliser le sucre de betterave ,moins onéreux que les MCR dans le cadre de la chaptalisation, (en terme technique: sucrage à sec de la vendange) . Cette demande avait été refusée pour la vendange 2013, tous les syndicats viticoles de la région , y compris Pays d'Oc s'étant opposé au retour de la chaptalisation.

 

Rappelons que , les graves événement de 1907 en région sud, avait principalement obtenu l'interdiction de chaptalisation et que beaucoup de vignerons régionaux, s'opposent, aujourd'hui, à cette pratique, utilisée dans les régions plus septentrionales .

 

Cette situation me rappelait nos débats avec le président Coop des années 80 (Marcelin Courret, grand père de Olivier Julien, vigneron indépendant bien connu et membre de l'académie du vin de France) qui me menaçait de me faire licencier, parce que je proposais des réformes dans le fonctionnement de nombreuses caves coopératives, dont la production était centrée, dans les années 1970/1980, sur des vins de table ordinaire, dont j'estimais l'avenir compromis.

 

Boris Calmette avait mal choisi le thème de sa campagne contre Pays d'Oc. L'AG Pays d'Oc du 6 décembre 2013 était convoquée à 15h. , mais elle ne put commencer qu'à 17h30 pour cause de vérification des présents, adhérents à jour de cotisations et  mandataires, producteurs et négociants. 2 huissiers contrôleurs un pour les dirigeants du syndicat un pour les opposants. en plus des personnes habilitée, officient. Le quorum de 480 adhérents étant atteint, l'AG peut délibérer. Ouverture de la séance par une déclaration préalable du DRAF (directeur de l'agriculture de la forêt et de la pêche, représentant le Préfet et le Ministre de la'Agriculture ,sur les débats récents concernant le fonctionnement de Bassin viticole de production, après la mise en place d'une Union Interprofessionnelle viticole et sur la réglementation actuelle, Union Européenne et nationale, de la chaptalisation qui a beaucoup évoluée ces dernières années....
Dès le début de l'AG, demande de Boris Calmette de mise à l'ordre du jour, d'une délibération spéciale sur sa proposition de modification des statuts du syndicat (ODG), représentation des coopératives passant de 7 à 11 membres , les vignerons indépendants passant de 7 à 4. Réponse du président JGravegeal, il y a un Ordre du jour de l'AG, parfaitement règlementaire au fond et dans les formes, la proposition de délibération n'est pas faite dans les délais statutaires et ne peut être soumise au vote de l'AG . L' Huissier confirme, le Président complète sa réponse, il a été demandé un vote par bulletin secret pour toutes les délibérations de cette AG, il y aura donc , à la fin des débats un vote dans une salle équipée de 3 urnes et d'isoloirs, de 3 chef de bureau de votes, et de scrutateurs, les uns déjà désgnés les autres pris parmi les assesseurs volontaires assistants à l'AG et tirés au sort par l'Huissier sous le contrôle du second Huissier. Un Bulletin préimprimé avec des cases pour et contre à compléter de façon manuscrite, comprenant l'approbation ou le refus des comptes, le quitus, la désignation des membres du Conseil d'administration renouvelables.... . Boris Calmette demande alors la parole et indique qu'il présentera une liste pour s'opposer aux administrateurs renouvelés. Le Président lui répond que cette demande est non statutaire, car elle survient en dehors des délais statutaires fixant les demandes de candidatures au Conseil d'Administration, l'Huissier du syndicat confirme. 3° demande de Boris Calmette, qui met en cause l'intégrité de la directrice et l'équipe de management du syndicat a cause d'une lettre adressée au service de la répression des fraudes, sur le problème de la demande d'autorisation de chaptalisation. Le président sollicite la  réponse du directeur de la Répression des Fraudes qui est présent, , la lettre reçue du syndicat Pays d'Oc ne met personne en cause et son contenu concerne les rapports normaux d'un syndicat et de son service.

 

Le déroulé de l'AG est rapide et synthétique, les comptes par le trésorier, le rapport de la directrice, le rapport du président , le tout avec une présentation par vidéo projecteur retransmis dans la salle du Congrès et dans deux salles supplémentaires en liaison audio et démontre les excellents résultat économiques du label Pays d'Oc, ainsi que ceux du fonctionnement de l'institution . La commissaire aux comptes ,directrice régionale de Ernst et Young, présente son rapport et doit répondre à un président de cave coop sur la validité des comptes.

 

Intervention de Boris Calmette qui précise qu'il ne met pas en cause les résultats du syndicat, mais le fait que le volume des vins produits par les coopératives est de 80% et que la représentativité des celles ci n'est pas reconnue. Le président répond que Coop de France dont se réclame BC ne représente pas la totalité des coopératives de production de notre région, ni la totalité des adhérents des caves coopératives , dont certains ont indiqué un choix différent de celui exprimé par Boris Calmette.

 

Fin de la première partie de l'AG. Le Président rappelle que toutes les décisions de l'AG se feront "in fine" par bulletin secret, dans une salle prévue à cet effet avec 3 urnes et isoloirs, décompte des voix sous contrôle. 19 h,. début des votes des adhérents du syndicat et mandataires, fourniture d'une enveloppe par adhérent votant, mise dans cette enveloppe des mandats distribués au début d'AG, bulletin de vote à compléter de façon manuscrite par une croix dans la case pour, ou la case contre, vote....  fin des votes et décompte des résultats, 21h30, Les 2 Huissiers ont contrôlé toutes les opérations et feront un PV de leurs constatations, Il est vraissemblable, compte tenu des précautions prises qu'il n'y aura pas de contestation judicaires de cette AG, et s'il y avait contestationn elle a peu de chance d'aboutir.

 

62% pour l'équipe en place. Le président Calmette n'a pas attendu la proclamation des résultats. Il manque, sans doûte, d'expérience dans la gestion politique de relations professionnelles viticoles de ce niveau et d'une connaissance juridique approfondie des institutions colllectives. Il n'avait pas mesuré les enjeux et les capacités de résistance d'équipes aguerries et d'un président ayant une solide pratique des relations viticoles professionnelles de niveau national.

 

 

 

Jean Clavel 10/12/2013

 



 



 



 

Commentaires

Bonjour Monsieur Clavel,

Pour quelle raison les coopératives demandent-elles la chaptalisation ?

Problème de maturité ?

Gain en volume ?

Merci de nous éclairer.

Philippe

Écrit par : Philippe | 12/12/2013

Le problème principal est de politique européenne. Les utilisateurs de MCR (sucre de raisins produits principalement en Italie) recevaient une subvention de l'UE proportionnelle au volume MCR utilisé (surtout par certaines coopératives). Cela permettait principalement d'optimiser les volumes produits en fonction des limites de rendement de la catégorie de vin produite. Les règles ont changé, Il y a une nouvelle catégorie de vin VSIG qui n' a plus, pour le moment, de limite de rendement, et l'UE a supprimé la subvention des MCR. La réaction des dirigeants des coopératives concernées a été de demander la chaptalisation au sucre industriel de betterave moins cher que les MCR , mais on revient à 1907 ou la lutte contre la fraude de ces temps était l'interdiction de chaptaliser et beaucoup de vignerons languedociens s'en souviennent !!!Une majorité est contre le retour de la chaptalisation. Cette demande de retour de la chaptalisation est contraire à la situation actuelle ou la réduction des rendement généralisée a augmenté le degré final des vins produits, et la tendance est plutôt de rechercher les moyens de réduire la quantité de sucre dans les raisins, pas d'en rajouter !!!

Écrit par : clavel | 12/12/2013

Merci pour ces précisions

Je comprends la demande de chaptalisation (MCR ou sucre) pour les vins sans IG mais plus difficilement en IGP.

P

Écrit par : Philippe | 12/12/2013

Hey, ce billet est tout simplement intéressant. Je le met tout de suite dans mes bookmarks.

Écrit par : devis grande baie vitrée | 27/06/2014

merci pour cet article très interessant

Écrit par : devis pose fenetre aluminium | 11/09/2014

Les commentaires sont fermés.