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15/09/2013

Révolution qualitative des vins du Languedoc, un peu d'histoire

 

             Lorsque nous avons pris en charge ,en 1975, Jean Claude Bousquet président et moi, directeur, les Coteaux du Languedoc, appellation, à ce moment VDQS, avec l'objectif de réussir la transformation qualitative des vins de cette région, mutation gustative et d'image, nous savions, par expérience, que c'était une tâche difficile, et que les obstacles locaux et nationaux étaient nombreux et variés. Les groupes de vignerons organisés étaient plus dans l'action revendicative contre les importations de vin d'Italie ou d'Espagne, ou pour obtenir de l'Etat français et de la CEE européenne, des subventions destinées à maintenir un système de production de vin de table, bien ordinaires, qui avait de plus en plus de mal a trouver des débouchés rémunérateurs. Ces viticulteurs avaient une méconnaissance profonde des mécanismes économiques, des marchés, et des réalités des productions italiennes ,espagnoles et du monde, qu'ils accusaient de fraudes diverses et d'incompétence professionnelle. Ils influençaient l'ensemble de la profession et les médias locaux qui reprenaient, sans trop de critiques, les revendications des comités d'action, qui savaient exercer les pressions, musclées , si nécessaire, qui parfois nous visaient personnellement.

A cette époque nous menions les premières actions de communication "Grand Public" avec les petits moyens dont nous disposions.Nous avions réalisé 2 diaporamas avec des jeunes photographes qui ont acquis maintenant une certaine célébrité, dont Daniel Faure .

Ils montraient l'Histoire et l'actualité des vins , les paysages viticoles de notre région avec un soucis esthétique, une bonne qualité d'image. Nous avions été aidés par Jean Miquel, responsable de la station balnéaire du Cap d'Agde, frère d'Henri Miquel de Cazals Viel en Saint Chinian, qui souhaitait animer les soirées d'été du Cap. Nous avions présenté, en avant première , au public Montpelliérain , ces œuvres de grande qualité ,dans la salle Molière du Théâtre de la Comédie en proposant un débat sur l'avenir des vins du Languedoc. Un ingénieur agronome, spécialiste viticole, originaire du Bordelais mais s'activant en Languedoc,. me dit publiquement: Tu délires complètement rien  ne justifie l'hymne à la gloire du Languedoc que nous venons de voir  cette région n'a jamais fait que des vins industriels et est incapable de faire autre chose." Cette opinion était, à cette époque partagée, par de nombreuses personnes en particulier dans la bourgeoisie montpelliéraine, y compris parmi les propriétaires de grosses exploitations viticoles qui ne buvaient pas leurs vins. Ils étaient de bons amateurs de vins de Bordeaux ou de Bourgogne.

" Tu  co

                            

Nous, qui pensions le contraire, peu nombreux au début, nous avons remonté chaque jour un peu plus haut le rocher de Sisyphe, qui régulièrement nous retombait dessus, jusqu'à ce qu'un jour pas si lointain, le rocher est resté , bien calé en haut.

Il nous fallait, dans un premier temps, réunir un conseil d'administration de notre syndicat, dont les membres, relais d'opinion dans le milieu professionnel, seraient convaincus de la justesse de nos objectifs.

Après avoir effectué le cycle des formations de l'IFOCAP (Institut de formation des cadres paysans) en 1959/1960, 2 voyages d'études organisés par l'Institut m'ont permis de définir des méthodes d'action pour faire évoluer les prises de conscience de vignerons.

En 1968, découverte d'une agriculture et viticulture en autogestion en Croatie,à l'invitation du ministre de l'agriculture de cet Etat faisant partie de la Yougoslavie, après que nous ayons reçu ce ministre en Languedoc et Midi Pyrénées. J'ai le souvenir ému, d'une réception de vignerons croates d'un village sur un promontoire face à la mer Adriatique, ou nous sommes allés en bâteau visiter des vignes sur des pentes en bord de mer que l'on ne pouvait atteindre que par ce moyen. Le soir après un repas commun devant la coopérative vinicole , les vignerons nous ont charmés par leurs chants traditionnels .

En 1970 découverte de l'agriculture algérienne, après l'indépendance de ce pays, la fin de la guerre dans laquelle la France s'était embourbée, et l'exode de toute la population européenne, dont beaucoup de membres se sont installés, en viticulture, en Languedoc.Nous avons pu constater la difficulté de l'Etat Algérien , privé de cadres et d'agriculteurs compétents de maintenir cette agriculture florissante jusqu'en 1961, la viticulture avait pratiquement disparue.

Dès 1979, nous avons décidé d'organiser , à l'intention des responsables locaux et de présidents de coopératives viticoles, membre et producteurs de Coteaux du Languedoc, des voyages d'études dans diverses régions viticoles de la CEE pour favoriser une meilleure connaissance des réalités vécues par d'autres agriculteurs et viticulteurs, et développer un esprit critique objectif de leur propre réalité. En même temps nous souhaitions engager des discussions et des échanges dans le cadre d'une vie de groupe, dans les voyages en car, et au cours des repas, associant des épouses, échanges préparées par de courts textes distribués, et suivi par des compte rendu détaillés .que nous souhaitions distribués autour d'eux dans leur milieu professionnel.

 

1° Bourgogne, découverte de la Côte des Nuits et de l'initiative lancée par la région « Bourgogne » pour faire découvrir la richesse viticole de cette zone, (Voyage organisé et financé par la Mission Racine d'aménagement du Littoral, dont un article de cette mission précisait, « répondre à la crise viticole. (1979) »

La guerre de 1939/1945, avait détruit une grande partie des circuits de distribution, et aussi des consommateurs européens de grands vins bourguignon., Une association Bourgogne fut créée après la fin de la guerre, pour reconstituer le réseau des distributeurs et consommateurs européens, en s'appuyant sur la qualité des paysages et des vins et attirant par une initiative courageuse et innovante. A partir de la place centrale de Dijon du mois de juin au mois de septembre , un ou des bus démarraient à la nuit tombée vers la Côte des Nuits. Dans le bus la voix d'un acteur connu racontait l'histoire prestigieuse des lieux et vignes bourguignons. Lorsque le bus arrivait devant un lieu ou un vignoble prestigieux, par exemple le clos Vougeot, le bus s'arrêtait, de puissants projecteurs illuminaient le site, et le texte entendu décrivait histoire et production des vins. Le circuit était ponctué de 2 haltes dégustations dans des lieux prestigieux, et vers minuit le bus revenait à son point de départ. Ce fut un succès immédiat car dans l'après guerre , l'offre de tourisme culturel était faible. Cette initiative continua tant que les circuits de distribution n'ont pas été recontitués et se termina vers 1985.

Nous avons, à partir de 1980,organisé un cycle de découvertes des vignobles européens, principalement Italiens et Espagnols, mais aussi, allemands, suisses, hongrois, pour répondre aux fausses idées énoncées par les Comités d'action viticoles. Il fallait aussi rétablir la vérité des relations avec la CEE, devenue plus tard l'UE, l'Italie accusée de malversations diverses, avec l'Espagne qui se préparait à entrer dans la CEE en 1986 et a éléboré une législation viticole calquée sur celle de la France

2° Espagne I, (août 1980). Pendant longtemps , il n'y eut en Espagne que quelques régions références en matière de vins internationellement reconnus. La plus antique Jerez, avec son ancienne et son incomparable culture du vin généreux et à partir de la moitié du 19° siècle, Rioja, qui, sous l'influence de Bordeaux, au moment ou cette région a été atteinte par le phylloxera, a appris a produire des rouges de garde , élevés en barriques de chêne de 220 litres dans d'immenses caves souterraines. Quelques autres terroirs, Malaga, Malvasia canarios et phénomène isolé Véga Sicilia en Castilla Léon.

Dès les années 1970 une véritable révolution se met en marche, , tout d'abord un système d'appellation demblable à la France en préparation à l'admission de l'Espagne à la CEE. A la modernisation des caves vinaires, a suivi la modernisation de la conduite du vignoble, puis des mentalités, puis des consommateurs du pays. Chaque jour une nouvelleune réalisation, il faut se frotter les yeux pour croire ce que l'on voit selon le mot de mon ami Victor de le Serna rédacteur en chef d'El Mundovino de Madrid. A la suite de 'entrée dans l'Union Européenne en 1986 les DO se font coonnaître Valdepeñas, jumilla , La Catalogne avec le Priorato, las Cavas du Pénèdès (vins Mousseux) et dans l'Aragon, Cariñena, Catalaud, un peu plus tard la révolution viticole de la Mancha, immense région viticole la plus importante du Monde, occupant la Meseta centralede 700 à 1000 mètres d'altitudeavec une faible pluviométrie de 300 mm par an, corrigée désormais par de nombreuses possibilités d'irrigation au goutte à goutte alimentées par des lacs colinaires, tout cela financé , en grande partie par l'UE. C'est un programme de rénovation du vignoble de 100 000 ha, la constitution de l'Institut régional du vin et de la vigne et ses missions techniques et économiques qui a fait adopter une hiérarchisation des vin , la Manchuela et des vinos de Pagos DO de 4° niveau.

Notre 1° voyage d'étude , en août 1980 fut Jumilla, Yecla, La Mancha, Valdepénã . Nous avons commencé par Jumilia, DOC, commune viticole située en altitude au bord de la Meseta au nord de Murcie. Nous souhaitions constater l'existence de vieilles vignes de mourvèdre non greffées antérieures au phylloxera. Le principal cépage de Jumilla est le mourvèdre, appellé localement monastrell, il fait partie des cépages noir des Coteaux du Languedoc que nous souhaitions développer, la commune voisine Yecla également en DOC a pour cépage principal le mourvèdre. Certains spécialistes de la viticulture languedocienne portaient un jugement tranché sur le mouvèdre , qui d'après leurs dires ne pouvait produire, qualitativement, que sur des zones sous l'influence maritime. Ce n'est pas le cas de Jumilia et pourtant le mourvèdre produit des vins corsés à la structure affirmée.. Nous avons ensuite traversée La Mancha, immense région en partie viticole , a cette époque de production principale de vin blanc de masse des plus ordinaire. Puis nous sommes descendu de la Meseta vers Valdepeñas, ou existait, encore, à cette époque de grandes caves vinaires entièrement en grandes amphores de terre cuite qui servait à la vinification et à l'élevage des vins . La discussion dans les instances viticoles nationales, portait désormais sur les prémisses de l'adhésion de l'Espagne à la CEE , et de la concurrence que les production espagnoles feraient aux vins français, non seulement sur le marché national mais aussi sur le marché international, adhésion qui se produirait en 1986 . Il nous fallait envisager plusieurs voyages en Espagne, pour étudier la forme et l'intensité de cette concurrence.c'est ce que nous avons réalisé en 1983 et en 2004. puis en en Août 1981,l'Italie I ,Sicile viticole 28 août-1 septembre 1982, puis Espagne II, Rioja et Pénèdez 28 août-1° septembre 1983, puis l' Italie II,21-26 août -1984 ensuite laHongrieviticole découverte 19-24 août 1985, un vignoble français, celui de Val de Loire 19-24 août 1986,

l' Italie III, Centre et sud , région de Rome, puis Naple du Vésuve et des Iles (Ischia), l'Espagne IIICatalogne, et l'entreprise viticole Miguel Torrès, villafraca del Pénèdés 10/12 Férier 2004, la Chine Découverte du marché et des vignobles Chinois 7-16 mars 2005 enfin oenotourisme et vignoble de Vénétie, organisé et financé par le Conseil Général de l'Hérault août 2006.

 

A suivre, une relation de ces voyages professionnel effectués en groupe, parfois avec 2 bus complets comme celui de la Rioja.