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12/06/2013

Contre l'alcoolisme, le (bon) vin !

 

La France a deux grandes spécialités : son vin, et sa capacité à entraver tout ce qui peut faire fonctionner et briller le pays. La loi interdit toute publicité, et au-delà toute communication, émission ou reportage portant sur le plaisir du vin. Au pays des grands crus que le monde entier nous envie, il est proscrit, sous peine de lourdes amendes, de commenter une dégustation professionnelle ou un repas associant mets et vins, bien que le repas gastronomique à la française soit inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, et que le vin représente, en France, la seconde rentrée de devises après l'aéronautique (soit la valeur de 41 airbus tous les ans) ! Un moralisme sournois pèse sur notre démocratie. Comment, au pays des sans-culottes assoiffés de liberté comme de vin, en est-on arrivé là 'Né de la défaite de 1870 et de la volonté de trouver un bouc émissaire, l'hygiénisme et le prohibitionnisme ont engendré une médicalisation de la société. Au nom du risque zéro l'action, la décision et la responsabilité de chacun s'effacent désormais devant le « Nous savons mieux et décidons à votre place » de soi-disant experts pas toujours désintéressés, dont beaucoup sont en conflit d'intérêt. D'où vient cette idéologie culpabilisatrice qui confine parfois au ridicule ' Va-t-on interdire les « routes des vins » sous prétexte qu'il ne faut pas associer les mots routes et vins ' Face à cette prohibition rampante, l'éducation, l'apprentissage du goût, et la transmission du savoir à nos enfants doivent être remis en avant ! Dans ce pamphlet-manifeste, Jacques Dupont dénonce les excès du moralisme ambiant pour en chercher les causes, en souligner le ridicule, et en indiquer les remèdes. N'ayons pas peur, « invignons-nous ! ».

La France serait donc un repaire d'alcooliques qui s'ignorent. Du moins si l'on en croit la dernière publication signée Catherine Hill et de quatre autres spécialistes dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire. On peut tout de même s'étonner du contenu, de la méthode d'analyse et des conclusions de ce rapport. Interrogée par le journal Le Monde au sujet du nombre de décès provoqués par l'alcool - 28 000 lors "d'une précédente enquête" et 49 000 aujourd'hui -, Catherine Hill répond : "Nous avons multiplié la consommation déclarée par 2,4 pour l'ajuster à la consommation estimée par les ventes."

À partir de quelles bases scientifiques ce coefficient de 2,4 ? Et quel rapport avec le nombre de morts ? Faut-il en conclure qu'en appliquant un coefficient multiplicateur à la "consommation déclarée" on a aussi bricolé le nombre de décès avec un coefficient "en rapport" avec les ventes ?

Rappelons tout de même que tout ce qui est acheté en France ne l'est pas forcément par des Français et encore moins consommé par eux. La France accueille chaque année 90 millions de touristes qui ne boivent pas que de la grenadine et ne viennent pas chez nous uniquement pour s'intéresser à la vitesse de la marée au Mont-Saint-Michel...

Le vin, un rempart contre les conduites à risque

La même Catherine Hill dénombrait en 1995 45 000 morts dues à l'alcool, soit 4 000 de moins qu'aujourd'hui. Cela prouve déjà la nullité des pratiques dictées par les lobbies hygiénistes et médicaux et appliquées depuis 1993 - la fameuse loi Évin, cette loi, qui, comme les auteurs de ce rapport, met dans le même sac les alcools industriels, le vin, qui relève d'une tout autre approche culturelle et historique, et le tabac... Le professeur Robert Proctor, historien des sciences à l'université de Stanford, auteur du best-seller Golden Holocaust, relevait que seuls 3 % des buveurs d'alcool sont dépendants, alors que c'est le cas de 80 à 90 % des fumeurs.

Si les chiffres de Mme Hill sont vrais et que l'alcoolisme progresse, alors, il convient très vite de remettre le vin à l'honneur en France. Sa consommation s'est divisée par trois depuis cinquante ans sur le sol national, tandis que, depuis 2007, les ventes de vodka et de bourbon ont connu une progression de 47 %. Cela signifie que, comme le soulignent nombre d'experts étrangers, le vin, grâce à l'éducation qui doit accompagner sa découverte, constitue un excellent rempart contre les conduites à risque.

Invignez vous

Auteur : Jacques Dupont

  • Editeur : Grasset & Fasquelle

  • Parution : 08/05/2013

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