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29/04/2013

Le vin , la vigne, Le vigneron

Le Vin :

 

Le vin n'est pas seulement une boisson alcoolisée, énergétique, euphorisante, a consommer avec modération,il est un élément culturel important de notre civilisation, il est un moyen de convivialité , un support de conversation, un lien avec un terroir, un paysage,un vigneron, il est le fruit de l'histoire, le complément indispensable de notre gastronomie occidentale , qui ,du fait de la mondialisation, s'étend au monde entier, comme s'étendent la découverte de goûts que nous considérons comme exotiques. Enfin, il fait partie des symboles religieux des religions monothéistes originaires du bassin méditerranéen, y compris l'Islam.

 

Un poète musulman du 7° siècle, Omar ibn al Farid , a écrit un recueil de textes

 

"l'Éloge du Vin" :

 

C'est une limpidité et ce n'est pas de l'eau, c'est une fluidité et ce n'est pas de l'air, ils ont dit: tu as péché en le buvant- Non- car je n'ai bu que ce dont j'eusse été coupable de me priver. Jamais il n'habite avec la tristesse. Il n'a pas vécu ici bas celui qui a vécu sans ivresse. Qu'il pleure sur lui même , celui qui a perdu sa vie sans en prendre sa part.!

 

L'homme a façonné la vigne depuis 5000 ans. Elle humanise et structure les paysages , conditionne les attitudes, le comportement des vignerons. La vigne dont chacun des cépages est le résultat biologique de lentes mutations génétiques , a permis des mariages heureux entre des sols de différents natures et des climats variés. Chaque cépage , aux raisins différents , développe des qualités aromatiques , gustatives particulières , adaptées aux mets composites de chaque lieu.

 

Caton l'Ancien (II°siècle av. J.C.) disait :

 

Si l'on me demande quel est le bien le plus précieux de la terre, je répondrai: c'est la vigne !!

 

Le vigneron, celui qui élève un produit apprécié , dont la faculté d'accueil est légendaire, qui vit au rythme des saisons, du climat, qui dort lorsque la vigne dort, mais veille au printemps au moment redoutable des gelées blanches, ou en été lorsque roule le tonnerre annonciateur d'eau bénie des dieux, mais aussi hélas des grêlons dévastateurs, le vignerons , est, dans ce siècle d'uniformisation, un homme hors du commun.

 

Il est l'héritier direct et le gardien de traditions ancestrales, millénaires , il est l'ancre de notre navire secoué par les innovations , qui comme la grande houle nous agite et nous dépasse. Vin, vigne et vigneron sont des éléments fondamentaux de la civilisation méditerranéenne .

 

Les Égyptiens, 2000 ans av. J.C., faisaient les mêmes gestes de la culture de la vigne, d'élaboration du vin, que ceux que font les vignerons languedociens .

 

Les consommateurs , qui ,de plus en plus nombreux, apprécient nos vins, et les efforts réalisés, souhaitent mieux connaître l'histoire, les cépages, les terroirs, et l'œnologie des vins du Languedoc. Les habitants de notre région, dont beaucoup n'ont plus d'attaches vigneronnes, désirent mieux comprendre le pays dans lequel ils vivent. Ils souhaitent parler en termes positifs et éclairés de nos différents vins. Les producteurs et tous ceux qui sont associés en aval ou en amont de la production et la mise en marché ont besoin de mieux percevoir la richesse potentielle des crus qu'ils élèvent à partir de l'histoire, de la géologie, du climat, des cépages. Enfin les nouveaux vignerons du Languedoc ou ceux ayant l'ambition de s'installer dans notre région qui présente à leurs yeux un potentiel de développement et d'innovation important, sont avide de connaissances diverses sur la vigne et le vin en Languedoc.

 

En1970/1980 le Languedoc avait une image très négative, fondée sur des évènements , qui dans le monde du vin, vous plombent à jamais dans l'estime des leaders d'opinion: Montredon et sa fusillade, Sète et ses cuves explosant sous l'œil des caméras et l'hémoglobine qui se déversait à flot dans le port... . Ce sont les propos de PPDA , repris par les télés du monde entier.

 

Il a fallu en premier, vaincre notre propre ignorance. Le Languedoc avait-il les possibilités de produire de grands vins ? avait-il les terroirs, avait-il les antériorités , les références historiques , que le Bordelais, la Bourgogne, la Champagne utilisaient dans leur propre communication? Ce fut tout d'abord Roger Dion qui me rassura. Le grand Historien de la vigne et du vin en France , aujourd'hui disparu, professeur au Collège de France, initiateur de la forme moderne de gestion de l'Histoire , en relation avec la géographie et l'économie me dit:

 

«  Le Languedoc est à l'origine de tous les vignobles de France, de plus il possède un fonds documentaire historique très important mais pas du tout exploité. Il me rappela que, dans les périodes anciennes ou la chaptalisation n'existait pas et lorsque les conditions météorologiques n'étaient pas favorables à une bonne maturité dans les régions plus septentrionales, en particulier la Bourgogne et le Bordelais, une intense activité de transport de vin se développait sur le Rhône et le canal du Midi à la fin des vendanges en Languedoc , pour amener dans ces régions plus au nord les vins alcoolisés qui étaient nécessaires pour commercialiser leurs vins trop légers. »

 

Puis Émile Peynaud le célèbre œnologue Bordelais me confirma la qualité des terroirs très divers du Languedoc, chacun pouvant avoir une expression particulière avec une parentée évidente spécifique à notre sud. Il m'expliqua alors les quelques conditions simples de l'expression d'un terroir:

 

-Cépages bien adaptés au sol , au vin et au marché visé

 

-Rendement des vignes ,d'un âge mûr,maitrisé,

 

-Bonne maturité et qualité de vendange,

 

-Hygiène dans les caves,

 

-Maitrise des températures de fermentation,

 

-Longue extraction pour les rouges

 

-Maitrise de la conservation.(élevage en cuve ou en barrique et climatisation)

 

Henri Enjalbert, Bordelais lui aussi, géographe et professeur à l'Université de Bordeaux, à l'origine de Daumas-Gassac me décrivit la diversité de nos terroirs viticoles.

 

Un rapport d'expert de l'INAO précisait en 1962:

 

« Il y a en Languedoc, beaucoup de situations favorables à la production d'un vin de qualité . Il faut que les vignerons s'en rendent compte, qu'ils acceptent la discipline que cette production impose, Ce n'est qu'a cette condition que les vins de cette région, dont la renommée n'est pas toujours favorable, redeviendront des vins de qualité recherchés »

 

Ainsi rassuré sur la validité de notre démarche qualitative, nous avons pu construire collectivement une organisation professionnelle originale à l'ambition internationale, associant les AOP avec une appellation régionale « LANGUEDOC  » et ses déclinaisons plus locales, et une IGP « PAYS D'OC » dont le succès international en vins de cépages se confirme tous les jours.

 

 

 

Le vin n'est

15/04/2013

Les coopératives viticoles du Languedoc (suite)

 

Evolution et problèmes du moment

Sur la route dite « Impériale » reliant Baillargues à Saint Brès et qui enjambe le Bérange, existait il y a quelques semaines encore un bâtiment imposant au milieu d'un grand terrain, la cave coopérative de Baillargues-Saint Brès construite en 1936, qui avait une capacité , dans les années 1960 , de près de 100 000 hl, fermée depuis une dizaine d'années et absorbée par la cave d'Assas. Bâtie en béton féraillé sur 3 niveaux de cuves, comme un « blauckhaus », elle semblait défier les siècles. 2 grosses pelles à chenilles munies de puissants marteaux hydrauliques viennent en moins de 1 mois de la détruire entièrement ( mars-avril 2013) pour faire place à une nouvelle zone d'habitat, englobant le petit stade de foot voisin. La croissance de la population de l'Agglo de Montpellier (plus 1000 hab supplémentaires par mois),grignote tout ce qui ressemble à la civilisation ancienne, terres agricoles, vergers et vignes. J'avais demandé ,vainement, a ce que l'on sauve les registres de délibérations pour permettre de retracer l'histoire de la création de cette cave, j'avais appris d'un ancien gérant que ces registres se trouvaient stockés dans un faux-plafonds du bureau administratif. Je pense que  le maire de Baillargues, ou le président de la cave absorbante, dont le prix de vente de l'immobilier à la commune ou à l'Agglo devait être conséquent, n'ont souhaité que l'on reparle de cette histoire, qu'ils veulent effacer de la mémoire collective.

J'avais le souvenir d'une visite de cette cave par des étudiants en économie de la faculté de Montpellier, conduits par leur professeur André de Cambière qui m'avait demandé de leur parler de la politique de qualité, nouvelle en Languedoc. Il était très opposé à la production de vin industriel que ces types de cave coopératives mettaient, alors, en oeuvre, car il pensait , à juste titre, que ce type de production disparaîtrait a cause de l'évolution de la société française, provoquant une évolution des attentes et des goûts des consommateurs, attirés par les offres de la Grande distribution. Lorsqu'il avait atteint avec ses étudiants le centre de la cave sous la voute des 3 étages de cuve en béton , il s'écria de sa forte voie de basse, « Génie Rural, Génie du Mal !!! »

L'administration agricole d'Etat avait une administration départementale, dont une section technique nommée  « Génie Rural » était chargée des gestions et contrôles des grands travaux ruraux, dont, en Languedoc, les caves coopératives. Ce service très structuré, avait , depuis le début du siècle et jusqu'en 1970, aidé et contrôlé la construction de plus de 500 coopératives dans la région LR.,dirigé par des ingénieurs souvent polytechniciens. La formation et le diplôme d'Etat d'oenologues sont venus beaucoup plus tard, la suveillance des vins était faite le plus souvent par le pharmacien du coin qui procédait aux analyses lorsqu'on lui demandait . Ces services techniques d'Etat avaient une réelle autonomie de conception et de réalisation, le milieu viticole de la coopération avait peu de pouvoir d'analyse et de contestation sur les orientations proposées. Les dernières caves construites dans l'Hérault celle de Berlou (1965) et celle de Roquebrun (1967) ont fait l'objet de contestations des représentants des populations locales: maire et responsables viticoles.

La première contestation est venue de Berlou. Le maire, Georges Dardé, devenu président du Conseil d'administration de la Cave coopérative, avait souhaité que la conception de la cave permette la vinification en macération carbonnique, il fallait donc encuver les raisins entiers, et leur manipulation devait se faire par simple gravité. Les plans de la cave, imposés par le Génie Rural ne permettait pas cette technique , malgré la déclivité du terrrain . Ce n'est qu'une quinzaine d'années plus tard que le président réussit à changer le lieu d'arrivée des raisins, et les faire entrer dans la cave par le haut du bâtiment. A Roquebrun, les vignerons de cette commune, étaient en relation avec un distributeur de vin parisien qui était prêt à acheter la totalité de leur production à un prix garanti, à la condition que la coopérative sont conçue de manière à élaborer la plus grande partie de la production en « macération carbonnique » technique mise au point par M. Flanzy , oenologue et directeur de la station oenologique de Narbonne. La macération carbonnique du carignan, cépage, alors,majoritaire tant à Berlou qu'à Roquebrun, était considérée à cette époque comme un grand progrès, donnant des vins aromatique et très fins demandés par la clientèle. Le Génie Rural refusa cette méthode pour des raisons obscures, peut être en relation avec des conflits d'intérêt. Le problème était que ce service détenait un pouvoir au niveau du financement. La solution fut trouvée par la société commerciale parisienne qui proposa un architecte spécialiste et intervint au niveau ministériel pour obtenir un financement. La cave fut construite sur un terrain en décaissé au dessus de la rivière « Orb », le plancher surpérieur au niveau de la route de façon permet l'accès direct des raisins au haut des cuves par les moyens de transport des vignerons.

J'ai un autre souvenir qui concerne la cave de Faugères, construite en 1961, j'accompagnais, dans les années 1970, la commission nationale de classsement AOC de l'INAO, présidée par M. Jauffroy, président des coopératives viticoles de Champagne, et dont le professeur Jacques Puisais, membre de la commission, créateur de l'Institut du Goût, et président des oenologues de France, le remplaçait souvent. La cave de Faugères est située au bord de la route de Bédarieux au bas de la côte de Pétafi. L'entrée est en bas avec un terre-plein destiné aux bennes à vendange qui apportent leurs raisin. La cave s'adosse à la pente de la côte qui a été décaissée par la recevoir. Elle possède une magnifique façade de pierres de taille en granit du Sidobre.. Avant d'entrer dans la cave, Jacques Puisais me pose une question: Mais dites moi ? Faugères est bien situé dans une zone exclusive de schistes ? Je réponds, oui, bien sûr! Mais pourquoi les concepteurs de la cave ont-ils utilisé du granit, alors qu'ils avaient la possibilité de signer la qualité du terroir en utilisant le schiste ?? Nous entrons dans la cave, et notre commissaire découvre stupéfait , la réception et le pesage du raisin et la machinerie qui permet par de longs tuyaux de faire remonter la vendange vers les haut de la cave. Mais qui a donc conçu cette cave ? Alors que la route passe devant la partie la plus haute de la cave, et que l'on pourrait faire vider la récolte par simple gravité ? Pourqui ne pas avoir consulté un oenologue au moment de la conception de la cave ? Il aurait tout de suite vu l'intérêt d'utiliser la pente naturelle et la gravité dans la réception des raisins. La cave de Faugères a accueilli les vignerons adhérents à la cave coopérative de Laurens, produisant de l'AOP Faugères, cette cave voisine absorbée par la cave de Servian,. Elle a été mise en difficulté par la faillite d'un négociant en vin adossé à un groupement de producteurs.

En 1980 ,536 caves coopératives en activité produisaient 23 millions d'hl de vin en L.R.

En 1990, 510 caves coopératives en activité produisaient 15 millions d'hl de vin en L.R.

En 2000, 375 caves coopératives en activité produisaient 14 millions d'hl de vin en L.R.

En 2010, 210 caves coopératives en activité produisaient 8 millions d'hl de vin en L.R.

Il est probable que cette réduction du nombre et du volume produit va se poursuivre mais plus lentement dans le temps, compte tenu du vieillissement de la population des viticulteurs coopérateurs et de son faible taux de remplacement.

En 30 ans le nombre de caves coopératives de LR a diminué de 326 ,pendant cette période la récolte produite par ces coopératives a perdu 15 millions d'hl., c'est tout a fait considérable, ce qui est très étonnant c'est que cette réduction s'est faite, au plan professionnel, sans étude préalable et sans analyse des causes et des conséquence, et sans une projection vers l'avenir, comme si on voulait masquer l'importance du problème.

11/04/2013

Les coopératives viticoles du Languedoc,

Evolutions et problèmes du moment


Depuis le début du 20ième siècle avec la création des premières caves coopératives Maraussan dans le Bittérois et Mudaison dans le Montpelliérain, une partie importante de l'histoire viticole du Languedoc a été le fait du mouvement coopératif et de ses animateurs et adhérents.

Mais la reconversion qualitative des vins du Languedoc a eu des conséquences importantes sur la structure des caves coopératives, dont la mutation globale n'a pas été pensée et organisée et s'est produite de façon assez cahotique.

 

Evolution de la coopération viticole du L.R. De 1980 à 2010

1980 prod.totale 23 141 000 hl nbre de coopé536prod moyenne43 173 hl

1990          ''        15 884 000 hl                        ''              510            ''                           31 145 hl

2000          ''        14 546 000 hl                       ''               375            ''                           38 789 hl

2010          ''          8 400 000 hl                     ''                 210                                      '' 40 000 hl

 

J'ai vécu des situations très variées de fusion/absortion , dont certaines aboutissent maintenant à des situations presque insolubles. Par exemple, une coopérative absorbante qui capte le patrimoine de 5 coopératives voisines , vends certains terrains aux prix du terrain à bâtir, et investit ,avec l'aide de subventions importantes, dans des bâtiments et des matériels dans une commune qui ne possède plus de vignes par suite d'urbanisation totale, et va devoir abandonner cette situation pour cause d'accès devenus impossibles et de problèmes de gestion de voisinages alors qu'une coopérative absorbée située dans un îlot préservé de vignes AOP est abandonnée et en ruine. La mairie d'une des commune absorbée rachète, trop cher, le bâtiment de l'ancienne cave coopérative, ce qui la met en difficultés financières et provoque le changement de municipalité. Un des ancien coopérateurs me disait, la communne a payé une première fois la construction de la cave, et après cession gratuite à la cave aabsorbante, a racheté cette cave à un prix trés excessif !!

 

Cette réflexion a été activée par plusieurs faits récents: le dépôt de bilan,au tribunal de commerce de Narbonne, le 2 avril 2013, pour la partie commerciale, assorti d'un plan social de la coopérative dite du Mont Tauch dans l'Aude, et d'une action au tribunal civil pour les adhérents, permettant de suspendre toute poursuite. 

Des discussions avec des coopérateurs qui avaient été regroupés dans une coopérative trop éloignée de leur lieu d'origine ou bien dont les conditions de production ne correspondaient pas vignes AOP dans une coop n'en produisant pas....

 

1993 La coopérative de Tuchan absorbe le CC de Paziols (Corbières)

1999 absortion de la CC de Villeneuves des Corbières et celle de Durban

2006 absortion de de la CC de Fitou et de La Palme

La cave de Mont-Tauch est un acteur majeur du Fitou (représentant 70 % des volumes de cette appellation). Elle regroupe 1 950 hectares cultivées, produisait 13 millions de cols par an et dégageait 25 millions d'euros de chiffre d'affaire par an. Elle a 250 adhérents vignerons et avait 94  salariés. La coopérative est en difficulté financière depuis 2007. La chute de la livre anglaise et la perte de marchés d'exportation majeurs (Suède, Benelux...) seraient à l'origine de cette dégradation des résultats (la cave exporte quasiment 50% de sa production). Mais c'est surtout la stratégie d'investissement (en cuverie, en bâtiment de stockage...) et une mauvaise appréciation de l'évolution des marchés qui ont mis la structure dans cette situation périlleuse.En graves difficultés financières depuis 2007, la coopérative audoise avait amorcé en 2011 une cure d’austérité en réduisant son personnel de 94 à 57 salariés et en obtenant un moratoire de ses dettes sur trente-six mois, dettes qui atteignaient 8,5 millions d’euros en 2010. Elle n’a pas réussi à tenir ce moratoire.

En avril 2011, suite à la mise à pied du directeur général Xavier Jayet, pour, prétendue mauvaise gestion, les adhérents de la cave du Mont Tauch, réunis en Assemblée Générale ont débarqué le président Jean-Marc Astruc et dix des quinze administrateurs, estimant que des erreurs de stratégie commerciale ont été commises.

Depuis avril 2011, le nouveau conseil d’administration a revu la stratégie commerciale de la coopérative. Un contrat de distribution exclusive a été signé avec les Grands chais de France pour la vente des vins à l’export. La coopérative de Tuchan conserve la mise en bouteille et la commercialisation des vins sur le marché français. Cette réorganisation a permis de réduire à nouveau les effectifs. Trente-sept personnes ont à nouveau quitté l’entreprise dans le cadre d’un nouveau plan social, ramenant l’effectif de la cave à une vingtaine de salariés.

Au début septembre 2011, deux exploitations de Tuchan et Paziols (Hautes-Corbières, Aude), ont été victimes d’actes de vandalisme : palissages coupés, porteurs sectionnés,les soupçons se sont portés vers des vignerons adhérents des Caves de Mont-Tauch. En effet, les deux domaines appartiennent respectivement à Jean-Marc Astruc et Robert Agelet , respectivement ancien président et ancien vice-président des Caves Mont-Tauch.

Autre aspect du problème local, l'indépendance manifestée par l'ODG Fitou par rapport à l'adhésion au Comité Interprofessionnel des vins du Languedoc dont cette structure ODG avait démissionné, pour cause du montant de cotisation que les reponsables avaient estimé  trop élevé. Là aussi changement de président, qui déclare: notre retour était indispensable pour que les metteurs en marché aient une meilleure visibilité et profitent des actions de promotion de l’interprofession. Le marché français commence à saturer et nous voudrions nous rééquilibrer vers l’export qui ne pèse qu’un tiers de nos ventes. »

La course à la taille est-elle la seule solution aux problèmes vitivinicoles des adhérents et des caves coopératives languedociennes, ou existe-il des solutions différentes ?

Exemple: Embres et Castelmaure sur les hauteurs des Corbières proche du Roussillon

Patrick de Marien, président de la cave, et Bernard Pueyo, directeur, sont les artisans de ces progrès. Ils forment un tandem audacieux et efficace qui, au début des années 1980, a dédaigné les Cassandre malveillants et peu visionnaires leur annonçant : « La cave va mourir, elle est trop petite, il vous faut croître en volume pour survivre. » Leur persévérance, leur politique qualitative ont payé. Il ne s’agit pas d’une de ces caves coopératives poids lourd du secteur. Il y a ici, un vrai savoir-faire et une éthique qui font des merveilles à Embres et Castelmaure, depuis le début des années 1990. Question de gestion, de rigueur dans la production, de vinification ; on préserve la technique sans tomber dans le piège de la technologie .

Il en est d'autres différentes: Saint Saturnin de Lucian a été la première à valoriser ses produits Coteaux du Languedoc dès l'époque VDQS en 1970, et elle continue et progresse sans absorber ses voisines , comme Montpeyroux qui vit sa vie de valorisation qualitative, c'est le cas des coopératives vigneronnes du Picpoul de Pinet, Pomerol , Florensac et Pinet en vin blanc cette dernière est venue aider par son réseau une cave de rouge qui manquait de débouchés.

A suivre prochainement dans une autre note.