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06/03/2013

Le principe de précaution !!Objecteur de croissance ,Abondance frugale ??

 

 


J'ai connu la disette pendant la guerre de 39/45, elle était principalement alimentaire, mais pas seulement, Les cartes de rationnement,que j'ai encore dans mes archives, comportaient l'alimentaire, des tickets pour des vètements fragiles qui s'usaient vite, des chaussures a semelles de bois, du savon noir. Le pain était fabriqué avec des farines incertaines, souvent a goût de moisi. Il fallait s'adapter au marché noir, utiliser des relations et des échanges. Ma famille de viticulteurs avait conclu un bail de fermage sur une parcelle de vigne avec un fermier aveyronnais qui nous élevait un cochon, en contre partie de l'expédition de barriques de vin. Nous lui apportions par la voie ferrée du sulfate de cuivre dont nous avions un stock d'avant guerre, pour traiter ses pommes de terre contre le mildiou, et avions ainsi quelques sacs de ce tubercule, les fils venaient de l'Aveyron pour nous aider pendant les vendanges. Plus d'essence , les déplacements difficiles avec des bus marchant au gazogène et qui avaient souvent des difficultés de démarrage, et pour le reste le train. Le vélo était roi et très recherché, il n'y avait plus de pneus, sauf parfois avec des tickets . Certains roulaient avec des cercles de liège enfilés sur du fil de fer.Mon école était utilisée par l'armée d'occupation, et les salles de classe étaient dans les 2 cafés du village, les rues étaient notre terrain de jeu. L'électricité était rationnée et les coupures fréquentes. La sécherresse estivale, dans les années 1940 était sévère et l'eau était ouverte 2 heures par jour. On avait arraché quelques vieilles vignes pour cultiver des céréales et du fourrage pour les chevaux, qui étaient la seul force de culture, et j'ai le souvenir de la batteuse qui arrivait dans le village avec son tracteur Lanz a roues en fer à moteur monocylindre qui faisait « poum-poum » pour entraîner ,avec une longue courroie, la batteuse et le presse à paille. Nous cultivions un jardin potager, et avions des élevages de lapins et de poules. Notre voisine avait des chêvres et nous fournissait du lait. Il fallait chercher dans les champs de quoi nourrir les lapins. Notre voisin vivait de braconnage, il y avait du gibier en abondance, car la chasse était interdite depuis le début de la guerre et les fusils de chasse avaient été déposés en mairie. Il partait à la nuit tombée poser ses collets et pièges et je l'entendais rentrer au soleil levant. Il fournissait, au marché noir, quelques clients aisés, en lapins de garennes, perdreaux et lièvres .

 

     
Cette situation a marqué mon enfance et mon adolescence, et cette habitude de frugalité et d'économie ne m'a pas quittée. Lorsque je vois aujourd'hui le gaspillage en tous domaines, tous ces gens et ses jeunes au chomage, alors que des terres incultes sont innombrables et qu'ils sont incapables de planter une salade !! Les revendications concernant le RSA, la CMU,la politique sociale, me semblent parfois abusives, et limitent la recherche de solutions individuelles. Lorsque arrivait les vendanges dans tous le midi, les mères et leurs enfants a partir de 10 ans coupaient du raisin. Et cette paye servait à la rentrée scolaire, chaussures, chaussettes,vêtements chauds pour l'hiver, blouses, il n'y avait pas de prime de rentrée scolaire, on a fabriqué un peuple d'assistés.

L'invention du principe de précaution, bloque des initiatives, en supprimant la prise de risque dans de nombreux domaines, en particulier celui des entreprises et parfois des soins médicaux, ou en milieu scolaire et universitaire. J'ai reçu une correction sérieuse du directeur du collège dans lequel j'étais élève , sanction un peu brûtale, sans doute méritée, parce que j'avais imité la signature de mon père sur un document de liaison avec la famille. J'en avais fait dans mon pantalon. Ce n'est plus possible aujourd'hui. Ce professeur se retrouverait devant le tribunal correctionnel, et peut être au civil en demande de dommages et intérets. La discipline nécessaire au bon fonctionnement de la société et l'application des valeurs qui en sont le support sont des données presque disparrues.

On mesure et on compare le niveau et la qualité de vie des habitants de nombreux pays, par le PIB (produit intérieur brut) qui est une donnée bien imparfaite et qui a des effets pervers.Dans le cas d'une production polluante, suivie d'un processus de dépollution, le PIB comptabilise deux productions, qui s'ajoutent. Un économiste faisait de façon imagée la comparaison suivante: « si un pays rétribuait 10 % des gens pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager les véhicules, etc., et 10 % pour réparer, boucher les trous, etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20 % d'emplois seraient consacrés à améliorer l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation et la participation aux activités culturelles et de loisir. Le PIB a trois grandes limites : il ne tient pas compte de temps et d'activités essentielles pour le développement de la société comme le temps avec les proches, temps pour les activités politiques, temps domestique ; il n'est pas affecté par les inégalités dans la participation à la production ou à la consommation ; il ne tient pas compte des dégradations apportées au patrimoine naturel, ne permet pas d'évaluer la consommation du stock de ressources naturelles, ni d'anticiper longtemps à l'avance les risques environnementaux. La croissance du PIB sert de mesure de l'activité économique des pays, et du niveau de l'emploie des personnes actives. Selon ces principes, le chomage serait dû a une insuffisance de la croissance du PIB. Mais cette affirmation est de plus en plus contestée.

Il existe de nombreuses propositions de changement dans le mode d'évaluation. Certains développent le concept de « croissance frugale ». La notion de « décroissance » est de plus en plus utilisée. Elle n'est pas la négation de la croissance ni la croissance négative, mais une sortie véritable et librement assumée de la société de consommation. Un système qui ne consomme pas les ressources plus vite qu'elles ne se renouvellent et ne rejette pas les déchets plus vite qu'ils ne sont recyclés naturellement. Au total, moins de travail servile pour une vie sociale plus riche, plus libre et plus conviviale.

Ainsi la décroissance permettrait-elle de revenir ou de se rapprocher très largement du plein emploi ne serait-ce que par la relocalisation de l'ensemble des productions vitales du pays et par les gisements d'emploi fournis par les énergies alternatives et le bio. 20% d'électricité solaire et éolienne pourrait créer 240 000 emplois et 100% d'agriculture biologique en créerait 1 million ! Ce programme, qui remet en cause la mondialisation, s'articule sur quatre axes principaux :

1/ Rejet des techniques polluantes

2/Relocalisation de nombreuses activités et productions, en privilégiant les circuits courts,
3/Création d'emplois à teneur écologique
4/Changement des modes de vie et suppression des besoins inutiles (publicité, tourisme, déplacements inutiles etc...)

Toutes ces propositions d'organisation différente de la société humaine, n'a qu'un but: « Vivre plus simplement pour que tous puissent simplement vivre. »

 

 

 

 



 



 

 

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