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15/12/2012

Transition énergétique

 



La transition énergétique est le passage d'un type d'économie basée sur des énergies non renouvelables (pétrole, gaz naturel, charbon, électricité d'origine nucléaire) vers des moyens énergétiques basés sur des énergies renouvelables, propres, sûres et décentralisées (énergie solaire, éolienne, biomasse, énergie hydraulique, géothermique, marémotrice...) qui impose une meilleure efficacité énergétique. C'est, en particulier le chauffage des logements , dans les régions froides ou tempérées, mal isolés, entraînant une consommation excessive d'énergie, situation qui peut être facilement améliorée par des programmes collectifs d'isolation thermique

L’état d’incertitude dans lequel se trouve actuellement la société mondiale, à mi-chemin entre les premières découvertes de pétrole et l’épuisement complet de cette ressource, est appelé « Pic de Hubbert ».Dès 1956, le géologue américain King Hubbert avait prédit que la production de pétrole aux USA atteindrait son maximum aux alentours de 1970 avant de commencer à décroître. Depuis 1971, la production de pétrole brut aux USA ne cesse de baisser. Ce phénomène n’est pas propre aux USA mais concerne de nombreuses régions productrices. Il est possible que le développement récent de la production du gaz et du pétrole de schiste retarde l'échéance aux USA?

Le tsunami japonnais du 11 mars 2011, et la destruction d'une partie de la centrale électrique d'origine nucléaire de Fukushima, qui a entraîné l'arrêt de toutes les centrales de ce type au Japon, et la contamination nucléaire d'une vaste zone, a remis en cause un modèle de production électrique de masse qui semblait en mesure d'apporter une partie de la solution a la pénurie énergétique qui s'annonce. Des pays développés ont décidé de réduire et certains de supprimer à terme la production nucléaire d'électricité, c'est le cas de l'Allemagne et du Japon. La France qui est le pays développé ayant la part d'électricité nucléaire la plus importante du monde (plus de 75% en 2011) a connu une débat dans la société, et dans le cadre politique , ce qui a eu une traduction électorale en 2012, ayant entraîné la décision de limiter à terme la production électrique d'origine nucléaire à 50% des besoins du pays, puis d'en réduire progressivement la part au fur et à mesure de l'obsolescence du parc de ces centrales.

Les techniques de production des énergies renouvelables, ne permettent pas, à l'heure actuelle, de remplacer totalement les sources d'énergies fossiles. La somme des initiatives individuelles , même si elles sont importantes dans le cadre des prises de conscience des citoyens, ne peuvent suffire a assurer les besoins globaux de la sociétés développée du 21° siècle. Il est nécessaire d'élaborer des approches globales et parallèles pour assurer une mise en œuvre rapide de la transition énergétique, les économies d'énergie et l'amélioration de l'efficacité énergétique jouent un rôle important dans ce contexte. Le projet Desertec consisterait à étendre massivement, en Europe du Sud, en Afrique du Nord et au Proche-Orient, la production d'électricité obtenue à partir de la chaleur solaire. En reliant les réseaux de transport d'électricité de ces régions, il serait ainsi possible de compenser le caractère erratique des énergies disponibles localement (énergies éolienne et solaire) à l'aide des surplus produits par les autres régions. Cependant, la rentabilité et la faisabilité du projet ont été mises en doute à plusieurs reprises.

Comme la plupart des innovations, celles-ci soulèvent l’enthousiasme et suscitent de grandes espérances. Vont-elles, avec d’autres sources d’énergie renouvelable, remplacer un jour les combustibles fossiles ? Probablement, il y faudra beaucoup de temps, en attendant, revenons à la réalité en cessant de confondre le souhaitable avec le possible.

Cinq facteurs rendent la transition vers un monde sans énergie fossile beaucoup plus ardue qu’on ne le pense communément : l’ampleur du changement ; 2° la moindre densité énergétique des combustibles alternatifs ;3° la densité de puissance très inférieure des énergies renouvelables ; 4° l’intermittence des flux énergétiques des énergies renouvelables ; 5° la répartition inégale des ressources en énergies renouvelables.

L’ampleur du changement.

Nous sommes aujourd’hui à un tournant comparable à celui de 1850, lors de la dernière grande transition énergétique. À l’époque, les combustibles issus de la biomasse représentaient 85 % des approvisionnements totaux en énergie primaire (ATEP) de la planète. En 2005, la part des combustibles fossiles avoisinait les 85 %. À la fin des années 1890, lorsque la consommation de combustibles fossiles a égalé celle de biomasse, chacune de ces deux catégories de ressources fournissait environ 0,7 TW (1 terawatt = 1 000 000 000 000 watts)aujourd’hui, si l’on voulait remplacer ne serait-ce que la moitié des combustibles fossiles utilisés par des énergies renouvelables, celles-ci devraient produire environ 6 TW. C’est un changement d’une ampleur considérable.

Il n’existe aucune source d’énergie non fossile immédiatement exploitable en quantité suffisante à l’échelle requise. Il est vrai que l’énergie fournie par le rayonnement solaire représente plusieurs fois toute demande mondiale concevable mais les quantités actuellement transformées en électricité (avec les cellules photovoltaïques) ou en chauffage à l’échelle industrielle sont encore très insuffisantes. D’autre part, les autres énergies renouvelables ne pourraient pas répondre à la demande mondiale actuelle, même si, sans parler de l’aspect économique, elles étaient pleinement exploitées avec les techniques existantes.

La densité énergétique:



La quantité d’énergie contenue dans une unité de combustible: Lors des deux dernières transitions énergétiques, de la biomasse au charbon, puis du charbon aux hydrocarbures, des combustibles à faible densité énergétique ont été remplacés par des sources d’énergie plus concentrées. Les résidus de récoltes séchés (de la paille, par exemple) ne contiennent que 12 à 15 unités énergétique par kilogramme, tandis que la densité énergétique des charbons de bonne qualité représente le double 25 à 30 unités et celle des pétroles bruts est d’environ le double 50 à 60 unités par Kg. . Pour maintenir le niveau de la production, un retour aux bio-combustibles solides exigerait en moyenne près de 3 kg de phytomasse pour remplacer une unité de combustible fossile, ce ratio étant de 1,5 environ en cas de substitution de l’éthanol à l’essence.


La densité de puissance:

. Elle concerne le taux de production d’énergie par unité de superficie au sol, et s’exprime en général en watts par mètre carré . Grâce à leur très longues périodes de formation, les gisements de combustibles fossiles sont une source exceptionnellement concentrée d’énergie de grande qualité et sont généralement produits avec des densités de puissance de 102 ou 103 watts au m². De petites superficies suffisent donc à produire d’énormes quantités d’énergie. En revanche, la production d’énergie à partir de la biomasse présente des densités bien inférieures à 1 watt au m2, et celles de l’électricité d’origine hydraulique ou éolienne sont en général

Dans la civilisation de l’énergie fossile, les combustibles et l’électricité d’origine thermique offrent des densités de puissance produite de un à trois fois supérieures aux densités de puissance absorbée d’ordinaire par les bâtiments, les usines et les villes. Dans une future civilisation du solaire qui hériterait des systèmes urbains et industriels actuels, nous devrions exploiter diverses énergies renouvelables avec, au mieux, une même densité de puissance que celle consommée par les habitations et les industries. En conséquence, pour avoir l’électricité, une maison devrait avoir le toit entièrement couvert de cellules photovoltaïques. Un supermarché nécessiterait un champ photovoltaïque d’environ dix fois la taille de son toit, 1000 fois la taille du toit pour un gratte-ciel. La transition vers des énergies renouvelables augmenterait considérablement la superficie nécessaire à la production énergétique, et les droits de passage devraient être étendus pour convoyer l’énergie.

Dans une telle société reposant sur l’énergie solaire, nos besoins en superficie seraient de loin les plus importants si nous devions remplacer tous les combustibles liquides dérivés de pétrole brut par des biocarburants issus de la phytomasse. La densité de puissance de l’éthanol de maïs produit aux États-Unis n’est que de 0,22 watts au m² ; ce qui signifie que plus du double des surfaces cultivées totales actuelles du pays seraient nécessaires pour satisfaire la demande du pays en carburant. N'oublions pas que la production d'éthanol, entre en concurrence avec l'alimentation humaine, il faudrait choisir entre la civilisation automobile et la faim dans le monde ??

L’intermittence

L’intermittence de l’approvisionnement est la quatrième réalité à considérer. Les sociétés contemporaines sont dépendantes d’une circulation incessante d’immenses flux d’énergie ; la demande de combustibles et d’électricité connaît certes des fluctuations journalières et saisonnières, mais la charge de base (l’énergie minimum pour répondre aux besoins quotidiens) a augmenté. Cette demande est satisfaite actuellement par des combustibles fossiles à forte densité d’énergie et des centrales thermiques exploitables à des facteurs de charge élevés (>75 % pour les centrales à charbon, >90 % pour les centrales nucléaires). Le vent et le rayonnement solaire direct, intermittents et imprévisibles, ne peuvent fournir des facteurs de charge si élevés. La production photovoltaïque est encore si négligeable qu’il est impossible d’en présenter une moyenne significative ; quant à l’énergie éolienne, ses facteurs de charge annuels sont de 20-25 % à peine dans les pays dotés de capacités de production relativement importantes (Allemagne, Danemark, Espagne). Les grandes éoliennes sont donc au repos pour l’équivalent de 279-290 jours par an ! De plus, une diminution inattendue de la production peut causer des interruptions soudaines de l’alimentation. Malheureusement, nous ne disposons aujourd’hui d’aucun moyen de stocker à grande échelle l’électricité solaire ou éolienne.

La répartition géographique.

La répartition inégale du gaz et du pétrole, au niveau mondial est une donnée bien connue. C’est aussi le cas pour les ressources en énergies renouvelables : les nuages au-dessus de la zone équatoriale réduisent le rayonnement solaire direct ; il existe sur chaque continent de grandes étendues peu ventées ; seuls de rares sites offrent des perspectives optimales pour convertir les énergies géothermique, marémotrice ou marine, etc. De fait, certaines régions densément peuplées ne disposent pas de ressources énergétiques de substitution significatives exploitables localement, alors que de nombreux sites ensoleillés et ventés se trouvent loin des grands centres de consommation. Il faudrait donc construire de nouvelles infrastructures immenses pour les exploiter.

Les arguments en faveur d’une transition accélérée reposent presque exclusivement sur les préoccupations à l’égard du changement climatique. Et en raison des besoins techniques et infrastructurels colossaux entraînés par cette transition, il faudra plusieurs décennies pour conquérir des parts de marché importantes à l’échelle continentale ou mondiale. Un monde où l’énergie fossile ne serait plus utilisée est peut-être très souhaitable, mais la tâche sera longue et difficile.

En conclusion provisoire:

Cette transition qui devrait faire appel à une collaboration internationale consolidée, doit franchir des étapes successives, en premier lieu les économies d'énergies, pour surmonter le gaspillage généralisé des sociétés développées. Vaste programme d'équipement des logements en matière d'isolation froid et chaud, transformation des habitudes et pratiques de déplacement des populations, généralisation du covoiturage, faisant appel à la communication et l'informatique, parkings a des carrefours stratégiques, coordination des transports publics de personnes, remise en service de réseaux ferrés secondaires, création de réseaux de tramways. Pour les transports de marchandises à longue distance , incitation à l'utilisation des voies ferrées ou de ferrys maritimes. La France avait pris des orientations de centralisation des sources d'énergie, en particulier de l'énergie électrique d'origine nucléaire ce qui a conduits à l'installation de réseaux de THT (Très Haute Tension) en rapport avec cette centralisation. Le développement de l'énergie solaire, éolienne, est en contradiction avec ce centralisme défendu par des cohortes d'ingénieurs d'EDF en particulier polytechniciens.Mon fils aîné, vigneron en production Bio, a intallé des cellules photovoltaîques et d'eau chaude sur les toits de l'exploitation viticole, une cave souterraine d'élevage des vins, avec un puits provençal permettant de réguler la température de façon constante eté-hiver sans consommation d'énergie extérieure. Pour évacuer l'excédent de production électrique, il a été obligé de changer le transformateur EDF qui était suffisant pour alimenter le domaine mais insuffisant pour envoyer l'électricité produite vers le réseau. La décentralisation de la production électrique, premier pas de la transition énergétique, sera difficile à mettre en oeuvre. Le fait que l'on n'ai pas pu trouver un accord, pour rationnaliser et normaliser le type des fiches électriques destinées a recharger les accumulateurs des futures voitures électriques est un signe de cette difficulté.!



Données issues de diverses études en particulier de Vaclav Smil, professeur à la Faculté de l’environnement de l’Université de Manitoba à Winnipeg, au Canada.



Jean Clavel 14/12/2012



08/12/2012

Vins AOP et vins IGP

 

 

L'assemblée générale du « label » indication géographique de provenance (IGP)

Pays d'Oc a eu lieu à la Gande Motte le 7 décembre 2012.

L'importante récolte 2011, 6 281998 hl dont 3 754 323 de vins rouges ,soit:

60% (principalement merlot, cabernet-sauvignon, syrah)

rosé 19% (principalement cinsault, grenache noir, syrah)

blanc 21% (Chardonnay, sauvignon, viogner) a été commercialisée dans des conditions satisfaisantes.

En France (GMS, Hyper et Supermarchés) Pays d'Oc: en volume, 1 563 000 hl. soit 56% des vins IGP vendus en France, en valeur, 408 900 000 € soit 58 % de la totalité des vins IGP vendus en GMS

Excellent résultats à l'export,

en volume , champion de France , toutes catégories, 2 750 000 hl Pays d'Oc exportés devant les AOP Bordeaux 2 159 000 hl., Côtes du Rhône 673 500 000 hl. AOP Bourgogne 631 000 hl, AOP Languedoc-Roussillon, 505 400 000 hl,

en valeur, 1° AOP Bordeaux, 1 966 000 000 €, 2°AOP Bourgogne 665 000 000 € , 3° IGP Pays d'Oc 463 000 000 €, 4° AOP Côtes du Rhône 311 000 000 €.

 

La France avait imposé au monde une logique cartésienne de la consommation des vins faisant appel à un concept en rapport avec les grandes appellations françaises. La localisation de la production dans des terroirs historiques dont la genèse a été magnifiée par la littérature , les magasines, les films , la communication trés habile, y compris celle véhiculée par des organismes officiels qui ont eu le soutien des représentations économiques des Ambassades de notre pays.

Ont été mis en avant, la typicité des produits, l’habileté des hommes, la magnificence des paysages, l’histoire prestigieuse.

Le Languedoc a été longtemps absent de ce processus de promotion, et nous avons eu beaucoup de difficultés a rattraper le temps perdu , car les habitudes prises des metteurs en marché, les classes sociales des agents animateurs de ce mouvement international , n'ont pas facilité la découverte des nouveaux produits languedociens.

Mais il s’est produit une approche nouvelle des marchés dont l’origine n’est pas française , mais que notre région a habilement reprise à son compte. Face à la complexité de l’offre française des années 70/80, essentiellemnt des AOC , les Californiens ont fait la proposition de simplifier la compréhension du vin pour les nouveaux consommateurs du monde entier, en s’appuyant sur la notion de cépage, ceci à été adopté immédiatement par les vignerons du nouveau monde.

Quelques cépages d’origine française, pour la pluspart, blanc ou rouge, ont servi de vecteur à cette nouvelle forme de communication simplifiée, que les metteurs en marché ont immédiatement adoptée car le message est facileà mettre en oeuvre et le nouveau consommateur, souvent jeune , l’adopta instantanément . J'avais écrit, dès les années 1970/1980, des textes démontrant l'intérêt , pour les vignerons languedociens, d'organiser et discipliner la production des vins, d'abord d'appellation VDQS, puis des vins de pays de notre région, dispersés dans 130 noms locaux. Ce fut en premier lieu les Coteaux du Languedoc, obtenant en 1985 le label AOC, puis la réorganisation de Pays d'Oc, n'ayant, alors, qu'un fonctionnement presque inexistant. Quelques vignerons, entraînés par Jacques Gravegeal créèrent le syndicat des Pays d'Oc dont l'aire fut cantonnée, avec l'accord du Ministre de l'Agriculture, à celle de la région Languedoc-Roussillon.

C’est un succés mondial, et les Vins de pays d’Oc ont surfé sur cette vague , aidés par quelques négociants inventifs comme Robert Skalli à Sète , qui ont servi de modèle à de nombreux imitateurs. Ils ont eu l’habileté de reprendre le concept simplifié du cépage , tout en gardant l’origine Pays d'Oc, du produit, ce qui a rendu maintenant possible la construction d’ une déclinaison qualitative en intégrant la notion de terroir d’origine. Compte tenu des volumes en jeu et de la place déjà prise au niveau international dans les Vins de Cépages , il était prévisible que la nouvelle gamme de terroirs Vins de Pays occupe une place importante dans l’offre des vins “Languedoc”.

J’ai le souvenir d’une rencontre , à Sète, à la table de Robert Skalli , dans les années 85, avec Denis Boubals qui a aidé à l’émergence au niveau mondial des vins de cépages à partir de cépages français. Nous avons eu des discussions passionnées sur l’opposition du cépage et du terroir dans la communication internationale. Quoique j’ai été à l’origine du concept Pays d’Oc en 1985 , je ne pronostiquais pas à cette époque le succés aussi important de ce concept.

J’ai la conviction maintenant que la communication “Languedoc” de l’avenir , à destination de l’international, intègrera l’ensemble des vins qui peuvent dire sur l’étiquette d’où ils viennent. (AOP et IGP). Cette façon de voir les choses est contestée dans ma famille AOC, et j’ai dû subir des assauts verbaux conséquents du Président du Comité Régional de l’INAO appuyés sur des principes juridiques et des affirmations de représentants d’administrations répressives qui allaient au delà des conversations de salon. Ce débat avait été provoqué par la mention “Red Languedoc Wine “ porté sur la contre étiquette de Vins de Pays d’Oc , acceptée par le bureau spécialisé des USA en remplacement de Red table Wine obligatoire sur tous les vins rouges AOC et Vins de Pays, vendus dans ce pays. Je considère que la présence du terme “Languedoc” sur la contre étiquette de vins de qualité originaires de notre région, vins vendus aux USA , est un facteur de communication positif pour l’ensemble des vins du Languedoc. Je suis convaincu que la multiplication de ces messages “Languedoc” contribue à construire une notoriété et une image positives des vins de notre région .

Nous ne pouvons demander aux services de la Répression des Fraudes , dont la seule fonction est d’appliquer des règles dont je crois avoir démontré qu’elles sont issues de rapport de force économiques dans lesquels nous sommes en situation d’infériorité, de nous conseiller sur la conduite avenir dans notre région.

Les règles fixées par l’INAO et que les services de l’Etat sont chargés de faire respecter, sont destinées, dans les principes, à lutter contre les tentatives de fraudes d’individus ou de structures commerciales, mettant en péril les producteurs et les metteurs en marché qui les respectent.

Les services de l’Etat n’ont pas pour fonction d’empêcher les adaptations majeures imposées par les grandes évolutions économiques, soit régionales, soit nationales ou internationales et les moyens répressifs sont inadaptées pour contrôler ces phénomènes. Ces service doivent analyser les objectifs pour lesquels ils ont été créés, et ne pas confondre les moyens et les fins.


L’un de mes correspondant , vigneron audois connu au plan international m’avait écrit: (extraits)

.....Aux USA la notion d’origine générique (grande région) est devenue essentielle......

En ce qui me concerne je souhaite utiliser la mention “White Languedoc Wine” pour mon AOC blanc, et “Red Languedoc Wine” pour mes Vins de Pays d’Oc rouge à base de pinot noir.

Je ne fais pas de différence de statut entre ces deux vins qui sont pour moi de grands vins tous deux produits à 35/40 hl. ha; élevés 1 an vendus en gros autour de 35 fr. ht. le col......

Contrairement à ce pensent beaucoup de producteurs français, il n’y a pas standardisation des vins de cépage et le consommateur US fait trés bien la différence entre un Orégon pinot noir (meilleur climat US pour ce cépage) et Mexico Pinot noir par exemple ,idem pour un cabernet sauvignon “Wine of origine New-York , qui risque d’être moins mûr qu’un Cab. Sauv. de Californie...........

Il est normal que les vins du Languedoc puissent être facilement identifié au même titre que n’importe quel autre vin du monde . Qui connait aux USA le détail de nos AOC du Languedoc ?..........

Je connais assez bien la situation en Italie et il est clair que si rien n’est fait, le Languedoc court à la même situation de dévalorisation de ses AOC au profit de grands vins de pays plus crédibles.........

 

Un autre correpondant héraultais, producteur de vin AOC et Vins de Pays m’avait par fax ses commentaires, (extraits):

....Pour moi, les “vins du Languedoc” sont les vins produits en Languedoc. C’est une évidence difficile à contester pour le grand public et pour les acheteurs étrangers ...... La grande chance du Languedoc , c’est d’avoir la possibilité de tout faire en matière de vins.Certes c’est une potentialité, car d’énormes progrés restent à faire ......Le Languedoc a une position originale et unique dans le paysage viticole français et peut être mondial. Je pense que cette originalité languedocienne ne peut pas s’inscrire dans des textes législatifs parceque ceux ci ne prévoient pas la possibilité d’une telle diversité. D’où la nécessité d’un vaste mouvement de réflexion , de prise de conscience . Il faut que les Etats Majors abandonnent leurs “crédos” et il est nécessaire d’abattre toutes les cloisons psychologiques afin de construire l’avenir.....Si les vins du Languedoc n’éxistent pas sur le papier , ils existent dans les faits et dans les esprits....A nous de trouver le moyen de leur donner une existence légale , de leur fournir une carte d’identité officielle, tenant compte de notre originalité et de notre particularité faisant exception dans la viticulture française.

 

En réponse à ces défis, il nous faut progresser pas à pas. La communication s’adressant à l’international, devra être conçue globalement , construisant une notoriété et une image régionale, qui se déclinera ensuite par qualité de produits, par terroirs de production, s’adressant au fil de cette déclinaison à des consommateurs de plus en plus avertis et connaisseurs. Nous devons accélérer la hiérarchisation de nos appellations, développer l’originalité de produits , en particulier de vins de pays de zone, de façon à adapter la production à la segmentation des marchés , et donner la possibilité à des distributeurs locaux d’avoir des produits exclusifs. Les producteurs et les caves coopératives les plus dynamiques doivent et peuvent situer une partie de leur production dans le haut des segments de marché. Celui des vins exprimant harmonieusement un terroir , avec des méthodes de production sérieuses et honnêtes , à des prix internationaux compétitifs est grand ouvert , et j’ai une immense confiance en l’avenir vinicole de notre région, qui représente potentiellement le gisement économique fondamental en matière d’emploi et de création de richesses à l’exportation , ce que , ni les politiques, ni beaucoup d’élus professionnels n’ont encore bien compris. Je suis en outre tout à fait convaincu que l’usage généralisé et règlementé du terme Languedoc en matière de désignation des vins de qualité de notre région est dans le sens de l’intérêt général des vignerons et des metteurs en marché, et que ceux qui croient en avoir actuellement l’usage exclusif , y gagneront aussi.

Il y a une relation étroite entre la communication régionale que nous devons mener au plan international, et les réglementations maitrisées par l’INAO . La complexité de ces règles , leur inadaption à notre région , et le fait qu’elles sont habilement utilisées par nos concurents français pour maintenir le sous developpement du Languedoc en matière d’organisation de la production viticole,et en conséquence de la communication, nous obligent à développer un certain nombre d’arguments , de façon à provoquer la prise de conscience de tous ceux qui sont concernés .

Ouvrons des voies nouvelles , franchissons des étapes de transition, permettant aux esprits d’évoluer et aux administrations de s’adapter, je rappelle la durée des cycles viticoles des vins de qualité. Lorsqu’on plante une vigne , l’aboutissement du vin produit dans le verre du consommateur , s’il sagit d’un grand vin , c’est au moins 10 ans, production de qualité 6 à 7 ans, élevage, circuit commercial... Lorsque nous réfléchissons aux organisations et aux règles collectives pour nos vins, il nous faut adopter aussi la vision à long terme.

 

Jean Clavel 08/12/2012