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13/11/2012

Agro-industrie et OGM

 

 

La France importe près de 50% des protéines consommées par les élevages hors sol français, volailles, vaches laitières, porcs et autres élevages, provenant d'Amérique du sud, (Brésil et Argentine) 9/10 ° sont des OGM dont le prix d'achat à plus que doublé en 2012, pour atteindre près de 500 € la tonne, ce qui aggrave d'autant le déficit de la balance des paiements de notre pays et l'équilibre de gestion des élevages hors-sol

Cette alimentation a base de tourteaux de soja a permis le développement d'une agro-industrie et d'une agriculture intensive, dont les produits à faible prix sont destinée à la grande distribution de notre pays et à l'exportation:

Poulets prêts à consommer en 50 jours, (au lieu de 150 en 1960) vaches qui produisent 8000 litres de lait par an, (au lieu de 2000 litres) poules qui pondent 250 œufs par an (au lieu de 130), porcs de 120 à 150 kg en 8 mois,(au lieu de 12 mois) c'est ce qu'on appelle « agriculture hors sol  intensive»

Comment vont réagir les consommateurs, lorsqu'ils vont découvrir qu'une bonne partie de leur viande, de leur lait, de leurs œufs a été produite par des animaux dopés aux OGM ??

Cette agro-industrie, qui a été pendant longtemps dynamique et bénéficiaire, est atteinte par les conséquences de la mondialisation et des concurrences qu'elle développe.

En voici 2 exemples:

Le Groupe Doux, champion de l'agro-industrie intensive qui a entraîné contractuellement de nombreux éleveurs surtout concentrés dans l'Ouest, a sollicité et obtenu, le 1° juin 2012 du tribunal de commerce de Quimper le bénéfice d’une procédure de redressement judiciaire ouverte pour une première période d’observation de 6 mois. Premier producteur européen de volaille, avec plus de 1 million de volailles abattues par jour, le Groupe Doux en France a réalisé, en 2011, un chiffre d’affaires de 850 millions d’euros. Il a tenté un développement international: Arrivé en conquérant au Brésil à la fin des années 1990, le groupe breton Doux en repart aujourd'hui sans gloire. En difficultés financières, il a confié les actifs de son importante filiale locale Frangosul à JBS, un énorme groupe brésilien, numéro un mondial de la viande bovine. Doux, cependant, n'a pas réussi à faire assumer les dettes du groupe par JBS, malgré de longues discussions sur ce point. JBS arrive en sauveur, après des mois d'agonie de Frangosul : fournisseurs impayés qui suspendent leurs livraisons, fermeture d'usines, poursuites judiciaires... « L'idée était de sauver l'activité », affirme JBS dans un communiqué, même si le groupe brésilien va se contenter de « louer » les installations de Frangosul. Le passif est supporté par la partie française et semble une partie des causes des difficultés actuelles.

Le Groupe était présent sur l’ensemble des segments du marché de la volaille, depuis les produits frais et congelés jusqu’aux produits élaborés (panés, plats cuisinés, charcuterie de volaille,…). Interlocuteur majeur de la Grande Distribution, de l’industrie alimentaire et de la restauration hors foyer, le Groupe Doux commercialisait ses produits dans plus de 100 pays, sur les 5 continents. Les principales marques du Groupe étaient Doux et Père Dodu, ou encore Cœur de Bretagne et Malvoisine pour les volailles fermières et Label Rouge. Le Groupe disposait de 12 sites de production en France, 4 couvoirs et 4 usines d’aliment et plus de 3 400 salariés.

Le 10 septembre, le pôle frais, déficitaire, a été mis en liquidation, situation qui concerne quelque

1 000 salariés .

Un débat entre la direction de Doux et la FNSEA dont de nombreux adhérents sont concernés par la défaillance du groupe et par le fait que le président syndicaliste est aussi très engagé, à titre personnel, dans l'agro-industrie, a compliqué l'issue, rendue encore plus incertaine, par l'implication de la Banque anglaise Barclay possédant une créance de près de 150 millions d'€ sur les finances du Groupe Doux. On ignore encore comment va se dérouler le démantèlement, s'il se produit, du Groupe Doux et quelles seront les conséquences au niveau des pouvoirs, du management, des salariés et des producteurs sous contrat.

Autre exemple des difficultés de l'agro-industrie

Le groupe coopératif Sodiaal a annoncé jeudi 8 novembre le projet de fermeture de trois sites de conditionnement de lait de consommation de Candia d'ici à 2014, ce qui impliquerait le licenciement de 313 salariés. Sont concernés les sites de Lude (Sarthe), de Saint-Yorre (Allier) et de Villefranche-sur-Saône (Rhône), détaille-t-il dans un communiqué.

Le groupe envisage "le regroupement de la production de la société Candia sur cinq sites de conditionnement de lait de consommation à l'horizon 2014, au lieu de huit actuellement" afin "de renforcer" l'entreprise dans le secteur du lait de consommation qui "voit, année après année, sa compétitivité se dégrader face à la concurrence européenne".

La collecte du lait auprès des 12 400 producteurs de la coopérative resterait inchangée. Ce projet de fermeture des sites a été présenté aux syndicats au cours d'un comité central d'entreprise (CCE) et doit faire maintenant "l'objet d'une concertation approfondie", précise-t-il.

Ce projet de réorganisation et de modernisation est nécessaire pour améliorer nos coûts de production et lutter contre nos concurrents", les Allemands notamment, et Lactalis en France, a expliqué M. Vandoni, qui précise que la restructuration permettra de créer 75 postes, sans donner plus de détails.

Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, élu de la Sarthe, a reçu au Mans des représentants du personnel du site de Lude à l'issue d'un comité d'entreprise, a-t-on appris auprès du ministère. "Stéphane Le Foll reçoit cette délégation pour apprécier l'ensemble du dossier et ensuite nous exprimerons la position que nous aurons définie ensemble", a déclaré le ministre délégué à l'agroalimentaire, Guillaume Garot."On s'attendait à une restructuration, mais pas de cette ampleur", a confié à l'AFP Yvon Gérard, délégué syndical central CFDT chez Candia. "La grande distribution nous fait beaucoup de mal en se fournissant en dehors des frontières et non sur notre territoire. La situation est difficile", a-t-il également dénoncé.

Candia est la propriété du groupe coopératif SODIAAL qui a cédé le contrôle de sa marque Yoplait au groupe américain General Mills 51% de Yoplait dont 50% par le Fonds PAI de Paribas pour un prix de 800 millions d’euros. Sodiaal, qui a repris Entremont, emploie près de 7.000 salariés en France

Candia subit de plein fouet les effets de la « guerre du lait " » en Europe. « Si notre chiffre d'affaires se maintient à 1,2 milliard d'euros, nos marges se réduisent alors que nous n'arrivons pas à répercuter la hausse des prix du carburant, des emballages et autres matières premières. Nous devrions être dans le rouge en 2012 » assure M. Vandoni DG de Candia.

« Depuis quelques années, la grande distribution fait appel à des laits produits hors de nos frontières, en particulier du lait allemand vendu sous marque distributeur (MDD), pour faire pression sur les prix ", explique M. Gérard délégué CFDT. « Celui d'une brique de lait UHT de base n'a quasiment pas bougé en une décennie à 55 ou 57 centimes », affirme M. Vandoni. Et, en début d'année 2012, sous la pression des concurrents, Candia a concédé une baisse de 12 % à 15 % du prix des laits vendus sous MDD (ils comptent pour 70 % du marché français).

Parmi ces agressifs rivaux, il y a le français Lactalis avec sa marque Lactel mais aussi l'allemand Muh. Ce dernier, qui a dégagé un chiffre d'affaires de 680 millions d'euros en 2011 et vient de fusionner avec le danois Arla Foods, s'est développé en vendant du lait UHT aux chaînes de hard-discompte allemandes comme Lidl ou Aldi, implantées aussi en France..

La désindustrialisation Agro-alimentaire, est liée aux problèmes des coûts de collecte et de la taille des outils de transformation et de mise en marché  et au comportement des consommateurs. Ce qui compte c'est le prix, qui se soucie d'où vient la brique de lait UHT ? La fin des quotas laitiers va bouleverser la carte laitière de la France. De plus les usines ça pue et ça pollue dit Jacques Berthomeau dans son blog qui décrit le processus .

Si l'augmentation du prix international des protéines OGM destinées aux élevages français, se poursuit, ce qui est prévisible, pouvons nous cultiver en France les produits de remplacement ?. Bien entendu, les cultures alternatives sont des légumineuses, (pois, fèveroles,luzerne, lupin), et les oléagineux (colza et tournesol). Un aspect de ces problèmes, c'est la concurrence entre les biocarburents et la nourriture animale, et l'exportation de certains produits (340 000 tonnes de pois exportés en 2011-2012) principalement vers l'Inde. L'Union Européenne avait demandé que 20% des carburants soient produits dans l'Union à partir de sproduits agricoles. C'est tout à fait impossible si l'on veut remplacer les tourteaux de soja importés par les produits locaux qui servent aux agrocarburants. Ce sont là des décisions politiques de l'UE. Il faudra peut être choisir un jour, entre production de gaz et de pétrole issus des schistes du sous sol et nourrir les européens ?? N'oublions pas que le déficit de la balance commerciale française atteint des sommets, qui doivent être, impérativement, limités ( 2011: 73,34 milliards €).

 

Jean Clavel 13/11/2012

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