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19/10/2012

Quelle crise ?

 

 

Est ce une poly-crise, comme le dit un chercheur émérite du CNRS, ou bien une série de crises conjuguant des aspects, sociologique,écologique, économique, financier, politique, institutionnel, en rapport avec la mondialisation, avec l'Euro, et l'Union Européenne, et ayant des conséquences bancaires, immobilières, de croissance du chômage, de réduction de niveau de vie de certaines familles et de faiblesse de revenus.... ?

C'est toute une série de questions développées par des auteurs de livres récemment parus, et que je me suis efforcé de lire, pour structurer ma réflexion :

-Le Chemin de l'Espérance de Stéphane Hessel, Edgar Morin,

-Le compte à rebours a-t-il commencé ? de Albert Jacquart

-Le dérèglement du Monde, de Amin Maalouf.

-L'échéance, la France à reconstruire, de François de Closet, Irène Inschauspé

-Menteurs! de Jean-François Khan

-Où va le Monde ? de Yves Cochet, Jean-Pierre Dupuy, Susan Georges

-Réveillez vous ! Nicolas Baverez

-Sortez nous de cette crise...Maintenant ! Paul Krugman

-Debout l'Europe ! Daniel Cohn-Bendit, Guy Verhofstadt

-La crise qui vient de Laurent Davezies

-Ce monde qui vient de Alain Minc.

 

L'avenir n'est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. Bergson

 

J'espérais que les campagnes électorales de 2012 auraient permis aux responsables politiques, de définir une stratégie nationale de réduction de l'endettement du pays, de rétablissement de l'équilibre des balances des paiements et commerciales, de développement de l'activité économique, de réduction du chômage , en particulier des jeunes, en fait, d'envisager l'avenir de façon plus sereine.

Il n'en est rien, le changement de gouvernement , de majorité politique , et de Président, n'ont pas ouvert de voies nouvelles, pourtant souhaitées par tous les français.

Les difficultés de la France et de ses habitants ont plusieurs aspects:

-La France est un des États du monde dont les dépenses générales de fonctionnement, directes et indirectes, sont les plus élevées, en particulier,

-Le coût très excessif de la politique sociale , et son manque d'efficacité et de cohérence.

-L'empilement, très coûteux, des diverses structures territoriales, dont il faudrait rationaliser le fonctionnement en évitant les doublons de missions, en réduire le nombre, communes, divers types de syndicats ou communauté ou agglomération de communes, département, région....qui provoquent une croissance des budgets de fonctionnement, des postes d'élus rémunérés, du nombre de fonctionnaires terrritoriaux. Mais les décideurs en compétence d'engager cette nécessaire réforme sont trop impliqués dans ces réseaux territoriaux pour surmonter ces conflits d'intêtrets

 

La France est menacée de ne plus figurer parmi les 10 premières puissances économiques mondiales. Son modèle économique ne génère plus de croissance, son modèle social produit un chômage de masse, l'État sur-endetté pourrait voir son financement par emprunt international atteindre des coûts démesurés. Notre pays n'est plus un leader européen et devient un risque majeur pour l'Euro à 17 et l'Union Européenne à 27 !! Les décennies de déclin tranquille sont terminées. Sa poursuite pourrait entraîner une brutale chute du niveau de vie, qui commencera par une baisse importante des montants des retraites, ce qui se passe actuellement en Italie, en Espagne, au Portugal, en Grèce. Elle se trouve devant l'alternative d'une thérapie de choc, décidée et appliquée par son gouvernement, ou d'un ajustement contraint, sous la tutelle de l'Allemagne, de la commission Européenne et du FMI..

La cause de la débacle française provient de l'effondrement de l'appareil de production national, qui après avoir atteint l'industrie, gagne aujourd'hui les services. L'explosion des coûts du travail, supérieurs de 10% au niveau allemand, alors qu'ils lui étaient inférieur de 15% en l'an 2000, ainsi que les pélèvements obligatoires qui atteignent 18% du PIB contre 11% en Allemagne démontrent le chemin a parcourir pour reconquerrir la compétitivité de nos enreprises.

Il n'existe aucune fatalité que la mondialisation nous condamne au déclin définitif. La vigueur de la démographie, la productivité d'une partie importantede sa main d'oeuvre, l'abondance de son épargne en dépit d'une taxation de près de 40%, la qualité des infrastructures , l'excellence de certains pôles dont l'agro-alimentaire (vin et spritueux) l'aéro-nautique (Airbus) le tourisme, le déploiement d'une diplomatie planétaire, la capacité de conduire des opérations militaires complexes, un patrimoine, une culture, un mode de vie, des paysages, un climat exceptionnel, sont autant de raisons d'espérer, a condition que l'on procède au renversement complet des priorités de la politique économique. Après l'arbitrage en faveur de la consommation et de la redistribution qui a marqué ces 3 dernières décennies, la France doit faire clairement le choix d'une politique de l'offre orientée vers l'international.

Dès lors que la consommation excède la production de 10% , il faut un plan d'urgence, le choix est simple: soit une baisse générale des salaires, des retraites, et de la politique sociale, soit augmentation du travail, de la production et de l'épargne. Relèvement de le durée du travail de 38 à 40 h semaine, baisse des charges sociales via l'impôt (TVA ou CSG) qui aura les effets d'une mini-dévaluation.

Dans la mondialisation, la compétitivité est globale . Elle implique des efforts de productivité dans tous les secteurs de l'économie, y compris les services publics. Elle suppose la mobilisation de l'ensemble de la sociètè, garantie par un consensus politique. Nous en sommes encore loin !!L'hyperprotectiondes emplois publics a pour contreparties, le report et la concentration des risques sur un vaste secteur de précarité qui forme de plus en plus un sous prolétariat, et la fermeture de l'accès au travail des jeunes. Pourquoi ignorer la réunification du marché du travail autour d'un contrat unique liant flexébilité et sécurité ?

Avec une population de 65 millions d'habitants, contre 82 millions en Allemagne, la France a des dépenses publiques supérieures de 165 milliard € et a 500 000 fonctionnaires de plus.Les imôts et taxes ont augmente 32 milliards € depuis 2010 dont plus de la moitié à la charge des entreprises. Ces prélèvements ciblés sur le secteur privé pourraient transformer la stagnation en dépression, provoquant la réduction de la base fiscale plus rapide que la montée des ressources fiscales.La priorité doit donc aller aux réductions des dépenses publiques trop souvent stériles, pour développer les dépenses productives.L'effort ne doit pas se limiter à l'Etat mais s'étendre à la sécurité sociale et aux collectivités locales qui ont embauché 350 000 fonctionnaires supplémentaires en 10 ans. La suppression des structures départementales n'est plus une option, mais une obligation.

L'Europe soumise a des tentatives de déconstruction communautaire, doit se donner les moyens d'exister comme acteur à part entière de la mondialisation, d'abord en incarnant une conception modérée et pluraliste de la liberté et de l'Etat de droit, différente du modèle américain, régulièrement menacé par la démesure, et en relançant l'intégration du continent, distingant l'Union à 27 et le noyau dur de la zone Euro à 17 qui doit surmonter la crise qui menace la monnaie unique.

L'héritage de 60 années d'intégration européenne se trouve menacé par la renationalisation des politiques et par le risque d'éclatement de la zone Euro. Sa relance implique une révolution s'opposant aux renationalisation des politiques, et les dérives populistes. Elle ne peut plus être le bouc émissaire de l'impuissance des gouvernements nationaux, elle doit se repenser, s'assumer, s'ancrer dans la conciences des citoyens, comme la responsables des risques majeur de notre époque

 

Montequieu disait: si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et préjudiciable à l'Europe et au genre humain, je le regarderai comme un crime;

 

Jean Clavel -19/10/1012

09/10/2012

Le principe de précaution

La presse a rapporté un fait qui démontre que le principe de précaution , inscrit désormais dans la Constitution française, a des effets souvent négatifs, dans beaucoup de domaines, parfois  inatendus.

On sait que de nombreux sangliers ont envahi notre campagne et parfois font des incursions dans les banlieux de nos villes. Ils se reproduisent rapidement et l'on voit souvent , une laie suivie d'une cohorte de marcassins. La désertification des campagnes  est une des causes de cette surpopulation. Il faut organiser des battues administratives en dehors des période de chasse, si l'on veut récolter les semis, autres cultures et certaines vignes. Parmi les désordres provoqués par les sangliers, c'est la disparition dans des secteurs trés productifs, de la truffe sauvage qu'ils détérent avec leur groin pour s'en régaler.

Mais il y a un obstacle de taille pour que nous puissions nous aussi nous régaler de leur viande, puisqu'il y en a des tonnes dans les frigos des chasseurs et leur famille. On ne peut pas en faire le commerce, car désormais toute viande vendue doit être revétue du timbre des services vétérinaires. et donc abbatue dans un abbatoir agréé. ce qui est impossible pour un produit de chasse. En passant on peut dire que ces abbatoirs sont de moins en moins nombreux et que les éleveurs qui sont soumis à ces règles, ont de plus en plus de difficultés pour alimenter leurs clients directs. 

Un restaurant de l'Aveyron de la vallée de la Durbie, propose une préparation locale de viande de sanglier! mais savez vous ce qu'il doit faire pour régaler ses clients ?? Il doit importe des quartiers de sanglier  des USA, qui possèdent tous les papiers légaux, y compris le fameux visa vétérinaire. Ainsi les contrôleurs français de nos restaurants sont satisfaits !! Voilà un exemple des absurdités provoquées par le principe de précaution.

Si nos ancêtres amateurs de sangliers, pouvaient voir cela, ils se demanderaient si nous n'avons pas perdu notre bon sens !!