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17/09/2012

La crise, la France et l'Union Européenne

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Peut-on poursuivre une politique nationale coûteuse dans les domaines:

1° -De la santé publique,

2° -Des salariés privés d'emploi,

3° -De l'enseignement, de la maternelle à l'université,

4° -Des retraites plombées par l'augmentation de la durée de vie,

5° -D'une fonction publique nationale et territoriale abondante,

6° -D'une armée engagée sur divers théâtres d'opex, entretenant une veille discrète dans les océans du monde, signe de notre rang de puissance nucléaire,

7°- D'un système judiciaire complexe, de prisons saturées et de forces de polices diverses réparties sur le territoire national,

 

Tout en développant des actions de relance économique, en réduisant les budgets de l'État et des collectivités territoriales, et acceptant les disciplines de la politique européenne et de la monnaie unique, dans un contexte du déficit abyssal de la balance commerciale nationale , et d'un endettement record.

C'est un pari audacieux et risqué , sachant que le pouvoir de notre gouvernement est limité par les engagements européens!! J''aurais bien aimé connaître les représentants de l'UMP à l'œuvre dans ce contexte économique et financier.

 

Messieurs Copé et Fillon, portes paroles de leur parti, qui formulent des critiques vigoureuses sur la politique et l'action du gouvernement actuel, feraient bien de faire l'analyse des 10 années passées de l'action de leurs gouvernements successifs.

 

En 2002, la balance commerciale de la France est excédentaire de près 3 milliards d'euros, mais à partir de 2004, sa situation se détériore, et atteint un déficit de 42 milliards en 2007 et 70 milliards en 2011.

En 2002, le déficit public était de 3,1 % du PIB. En 2009, il est à 7,5 du PIB,

La dette publique, était en 2002 de près de 900 milliards d'euros. Au deuxième trimestre 2008 son, montant est de 1 272 milliards, soit une progression de 42 % en six ans, a la fin de 2011 le montant est de 1717 milliards d'€, soit 85,8% du PIB, alors que l'engagement européen de la France est de ne pas dépasser 30% du PIB

Il y avait 2,1 millions de chômeurs au troisième trimestre 2002, nous venons de dépasser 3 millions, sachant, qu' au moment des élections présidentielles de mai 2012, de nombreux plans sociaux étaient différés, pour ne pas charger la barque du président sortant.

 

Paul Krugman, économiste américain, ancien de Yale, Professeur à Princeton, prix Nobel d'économie en 2008, dont le dernier ouvrage a été traduit et publié en France par Flammarion, « Sortez nous de cette crise...Maintenant », consacre le chapitre 10 de son livre à la situation en Europe. Il a des mots très durs pour qualifier la situation de l'Union Européenne:

.Choc asymétrique colossal entre l'Allemagne et l'Espagne....

.La grande illusion européenne: récit mensonger, croyance que la crise est due à l'irresponsabilité budgétaire....

Le problème de l'€uro: Absence d'un gouvernement central et absence d'une mobilité européenne de la main d'œuvre.

On a traité la dette des GYPSI (acronyme américain: Grèce,Italie, Portugal, Espagne, Irlande) comme si elle était aussi sûre que celle de l'Allemagne, ce qui a entraîné une situation paradoxale, la réduction importante des intérêts des dettes de ces pays, ce qui a provoqué une immense bulle immobilière et une augmentation moyenne des salaires de 35% alors que l'Allemagne les contenait à 9%. C'est une complaisance frôlant l'euphorie, qui a causé un coûteux renflouement bancaire, les États ayant garanti les dépôts et les dettes des banques.

 

Je suis de plus en convaincu, que la responsabilité de la crise économique et financière des pays de la zone €uro, et de sa durée, sont dans l'incapacité chronique des décideurs de l'Europe de l'organiser rationellement, sous un mode fédéral.

L'opposition de l'Allemagne dont les débats à la Cour Contitutionnelle de Karlsruhe sur la constitutionalité allemande du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) sont le signe, est l'un des principaux obstacles.

Paul Krugman, affirme dans son ouvrage que l'extension de la fonction de la BCE, lui permettant , comme la FED Américaine, de racheter, sous une forme ou une autre, les dettes des pays européens, entraînant une légère inflation de l'€ , indispensable ,dit-il, pour que les réajustements des salaires et des coûts de production, se produisent spontanément, sans douleur sociale. Dans le cas contraire, c'est la disparition de l'€uro qui est programmée.



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