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26/12/2011

Réflexions sur l'endettement de l'Etat Français

copie de ma chronique du Monde de ce jour 26/12
 
Chronique d'abonnés

Déficit budgétaire de la France

par Jean Clavel, Vin et Santé, en Languedoc.
 
 
 

Le budget de la France 2012 est de 345 M€ en dépenses, 230 M€ en recettes, et donc un déficit de la différence : 115 M€

Pour tous les autres budgets : commune, département, entreprise, ménage...
— TOUT LE MONDE compare TOUJOURS le déficit soit aux dépenses, soit aux RECETTES, soit aux 2 :
Le déficit, le « trou annuel », de la France est donc de « 50 % (115/230 !) des rentrées d'argent ».
— PERSONNE ne compare JAMAIS ce trou à un complexe « produit intérieur brut » PIB qui serait « évalué » par d'anonymes statisticiens à partir des richesses du total des habitants de la commune ! (ou du
département, ou du total des clients, ou du total des amis qu'un ménage peut « taxer »
...)
Or, quand il s'agit du budget de la France, c'est systématiquement l'inverse :
— Strictement personne n'ose présenter le déficit de notre pays par rapport à ses recettes (ni à ses dépenses)
— Et absolument tout le monde le présente, toujours, par rapport au seul « P.I.B. » (que bien peu sauraient définir !).
C'est ainsi qu'un trou qui est en réalité de 50 % (sur la moyenne des recettes des 2 dernières années,
car il s'agit des chiffres de la France, en milliards € *) passe pour n'être que d'environ 6 % !
Sur 2010 + 2011, nous avons en effet dépensé moitié plus que ce que nous avons gagné (et non pas 6 % de trop). Certes, les prévisions pour 2012 sont moins vertigineuses... mais toujours 8 à 9 fois supérieures au taux affiché. En outre ces prévisions reposent sur : une croissance incertaine, un euro en question, des spéculations... Enfin, la prolongation d'un déficit, même minoré, n'est pas compatible avec l'endettement accumulé depuis 35 ans : en effet, comme cet endettement représente déjà 740 % des recettes annuelles * (« 85 % du PIB ») qui prêtera encore longtemps, 20 ou 25 % de plus, chaque année ? Si la dégradation du AAA se confirme et que les taux de ces emprunts augmentent, c'est l'impasse totale
La solution proposée par certains est de ne plus payer nos dettes (aux émirs qui nous alimentent en pétrole ? Aux « pauvres chinois » ? Aux caisses de retraite des Américains ? Aux assurances-vie des Français moyens ?)

Pourquoi une telle unanimité et constance, dans le mensonge par omission, sur le déficit ?
Peut-on me donner une explication ?

 

Les États se sont massivement endettés pour tenter de relancer leurs économies, sauver les emplois, assurer une croissance future. Aujourd'hui, à défaut de voir les économies progresser, un recul du chômage et une croissance correcte... on constate que les dettes des États vont devoir être remboursées. En clair : les caisses sont vides ! La question est de savoir comment les renflouer. Il y a une chose qui est limpide : la dette de l'État, c'est la dette des citoyens... la mienne, la vôtre, celle de vos voisins... À la fin, d'une façon ou d'une autre, ce sera aux citoyens de rembourser.

Mais comment

18/12/2011

Viticulture du Languedoc Roussillon: une filière en mutation

Le Congrès de la FNSEA aura lieu les 26/27/28 mars 2012, à Montpellier, j'ai rédigé, à cette intention, un livret de 50 pages sur l'histoire et l'actualité de la viticulture de notre région, en voici la conclusion:

La viticulture reste largement dominante dans la région, (source Agreste , données 2000-2010) Malgré la perte de 60 000 ha. de vigne en 10 ans (2000-2010),et la perte de 30% des exploitations agricoles, 236 000 ha de vigne subsistent sur 19 800 exploitations viticoles dont 18 200 en font leur activité principale, c'est 30% du vignoble national et 26% des exploitations viticoles nationales.

85% des exploitations individuelles du LR ont une moyenne de 10 ha. de vigne alors que celles en statut autre (GAEC, EARL,SCEA, Sté commerciale) pour 15% des exploitations, ont 40 ha. de superficie moyenne et développent 41% du potentiel économique. Les exploitations viticoles occupent 22 000 UTA en 2010 contre 30 000 en 2000 ce qui indique une amélioration de la productivité du travail. La force de travail provient pour les 2/3 des exploitants et de leur famille, les salariés agricoles permanents, assurent 20% de l'activité sur les exploitations et 12% sont le fait de salariés saisonniers.

La crise profonde traversée par la viticulture régionale de 2000 à 2010, avec ses arrachages définitifs, l'abandon de parcelles, sa reconversion qualitative, le regroupement des caves coopératives et la destruction de nombre d'entre elles, a marqué sensiblement le vignoble régional, ses paysages, la démographie de nombreux villages. Sur le plan économique, les exploitations de vignerons indépendants sont en progrès, et 31% de leur production est vendu en direct aux consommateurs, le modèle coopératif reste dans certains secteurs très vivant, puisque 71% de la production viticole régionale est le fruit de coopératives. 8 exploitants sur 10 apportent tout ou partie de leur production en cave coopérative. Mais la mutation que subit le secteur est encore en cours,et il est vraisemblable que le phénomène de concentration des coopératives se poursuivra, ce qui entrainera encore la réduction du nombre d'exploitations viticoles, certains coopérateurs âgés, n'ayant pas de successeur et le fait que la coopérative locale cesse son activité, même si celle ci est continuée par une coopérative plus ou moins lointaine, entraine la fin de l'exploitation.

Lors du SITEVI 2011 (salon international pour les filières vignes-vins , fruits et légumes) à Montpellier le 30/11/2011, la DRAAF du Languedoc-Roussillon, FranceAgrimer et InterSud de France ont organisé une conférence débat pour rendre compte d'une étude prospective sur l 'avenir de la filière viticole régionale, à l'horizon 2025. Cette étude a été conduite pa l'INRA, Montpellier SupAgro et FranceAgrimer. Les responsables scientifiques de l'étude, assistés d'un groupe d'experts,ont fait participer les responsables professionnels à travers les réunions du Conseil de Bassin Viticole du Languedoc-Roussillon. Ils ont insisté sur la signification d'une étude prospective qui n'est pas une prévision, mais cherche à éclairer des avenirs possibles.

Les intervenants au débat ont souligné la qualité et l'intérêt de ce travail pour:

    • Soutenir des propositions structurées dans le cadre de la discussion de la réforme de la PAC après 2013

    • S'inscrire dans les marchés d'avenir, en particulier à l'export, et soutenir l'installation des jeunes et les démarches contractuelles.

    • Rappeler la place de la viticulture dans l'économie du Languedoc-Roussillon, le maintien du tissus social rural et les paysages seul moyen de développer l'oenotourisme.

 

4 macroscénarios ont été présentés et débattus:

1°Filière plurielle: des viticulteurs localisés et organisés: « L'union fait la force »

230 000 ha de vigne , 12 à 13 millions hl

2°Filière paysagère: l'oenotorium « Ceux qui restent en vivent correctement »

120 000 ha de vigne 4 à 6 millions hl.

3° Filière déclinante, une organisation sans âme ni projet « les occasions manquées »

150 000 ha. de vigne , 7 à 9 millions hl.

4° Filière libérale: un développement sélectif et industriel  Chacun pour soi... certain s'en sortent  « 180 000 ha de vigne 10 à 12 millions hl »

 

Après débat sur les enjeux et les conséquences possibles de chacun d'eux, les professionnels ont retenu finalement à l'unanimité le scénario N°1

Dans un contexte où l'image du vin est positive, l'intervention publique agricole, pourtant d'inspiration libérale, s'emploie à défendre les territoires agricoles, et à promouvoir la prise en compte par la sphère agricole des attentes sociétales en particulier environnementales. La gouvernance régionale de la filière réussit à intégrer ces attentes et à coordonner la production et la mise en marché d'une gamme régionale complète, cohérente en termes économiques pour les professionnels et lisible pour la consommateur. Ainsi la région récolte t-elle sa part de la croissance de la consommation mondiale et le potentiel viticole régional se maintien.

Pour ce faire , la viticulture est localisée en îlots, chacun d'eux privilégiant nettement soit une stratégie de réelle différenciation (AOP, IGP, Cépages, Bio...)soit une stratégie de coût/volume assumée. Ces derniers bénéficient notamment d'investissement d'origine publique en matière d'irrigation, également localisés. Clairement identifiés, ces logiques permettent une intégration efficace des avancées de recherche/développement. Elles se révèlent attirantes pour les investisseurs extérieurs à la région et propices au développement d'un oenotourisme efficace et diversifié.

 

La bataille des vins de qualité de la région Languedoc-Roussillon est gagnée, les encépagements, la culture de la vigne, les équipements des caves, les compétences, le souci de la protection de l'environnement, la conquête des consommateurs du monde, sont au rendez vous de l'Histoire. Tout n'est pas fait, mais tout est en train de s'accomplir. Les jeunes vignerons sont plus compétents, plus ouverts, plus informés, ils sont reliés au monde par internet. Ils dépassent les clivages anciens qui favorisaient les antagonismes de clochers.

Nos vins sont des messagers, ils sont porteurs de rêves d'évasion, vers nos pays où il fait bon vivre, vers nos pays racines de l'histoire de l'humanité , vers les hommes et le femmes qui ont conservé les habitudes de simple convivialité, celles que donnent la proximité permanente de la nature. Nos vignerons vendent de la communication, de la gastronomie, du plaisir, de la culture, de l'histoire, de beaux paysages , et de bons vins.

 

04/12/2011

Déprise agricole et désindustrialisation:

La déprise agricole et la désindustrialisation affectent l'emploi dans toutes les régions

Les trente dernières années ont été marquées par une importante régression de l'emploi dans l'agriculture et l'industrie qui ont perdu ensemble 109 000 emplois par an en France entre 1962 et 1999.

La part de l'agriculture et de l'industrie qui représentait 50 % de l'ensemble des emplois en France en 1968 est tombée à 22 % en 1999. Entre 1962 et 1999, l'emploi a progressé moins vite que

la population en âge de travailler : en France, on est passé de 63,7 emplois pour 100 habitants de 18 à 65 ans en 1962 à 58 en 1999 (source INSEE).Cette évolution se poursuit en 2010.

En 1979, 4 300 000 salariés permanents travaillaient dans l'industrie, en 2006 ils n'étaient plus que 2 800 000 (INSEE)

En Languedoc Roussillon , entre 2000 et 2010 la surface agricole utilisée s'est réduite de 10% et le nombre d'exploitations de 30% (Agreste recensement 2000/2010). Les terres agricoles deviennent progressivement des terrains à bâtir avec toutes conséquences suivantes:
L’accroissement global de ce phénomène s’est fait à 90 % aux dépens de terres agricoles , lesquelles incluent principalement des terres arables (44 %) et des zones agricoles . Outre l’impact sur les ressources agricoles, l’artificialisation des sols a de lourdes retombées environnementales. Responsable de l’imperméabilisation de la surface des sols, elle favorise le ruissellement de l’eau le long des pentes au détriment de son infiltration, l’érosion des sols, les coulées d’eau boueuse et le risque d’inondation. Par ailleurs, la concentration du ruissellement intensifie le transfert de sédiments, chargés de contaminants des sols , vers les cours d’eau. Enfin, l’artificialisation des sols contribue également à la fragmentation des habitats naturels et des écosystèmes, fragilisant la biodiversité.
En France métropolitaine, les sols de très bonne qualité agronomique représentaient plus du tiers (34,8 %) des surfaces agricoles artificialisées entre 2000 et 2006, au niveau national. Dans environ la moitié des régions françaises, les sols qui présentent le meilleur potentiel agronomique sont les plus touchés.

Le bétonnage des sols est le premier motif d'inquiétude. Entre 2003 et 2009, environ 6 100 kilomètres carrés de terres ont été artificialisés en France. Cette transformation s'est faite " à 90 % aux dépens de sols agricoles ".

Le phénomène s'accélère nettement depuis quelques années : la superficie de terres arables disparues sous le bitume entre 2003 et 2009 équivaut à celle perdue entre 1994 et 2003. Les pertes comptabilisées en une décennie se concentrent donc désormais sur sept ans. " Une perte de sols agricoles équivalant à un département comme l'Aude tous les dix ans n'est pas durable ".

Le lessivage des sols sous l'effet des précipitations, du vent, des cours d'eau, de la fonte des glaciers ou de pratiques agricoles inadaptées est le deuxième sujet d'inquiétude des pédologues. " Près de 18 % des sols présentent un aléa d'érosion moyen à fort en France métropolitaine ", écrivent certains auteurs . Ces risques sont particulièrement marqués dans le Sud-Ouest, le sillon rhodanien, le centre et l'ouest de la Bretagne ou le Nord.

On constate , en particulier dans les zones de forte progression de l'urbanisation, un développement de friches, sources de spéculations, qui semblent attendre la prochaine modification du Plan Local d'Urbanisme pour multiplier par 100 la valeur du M².

Le développement péri-urbain, celui de l’habitat en zones rurales (communes et habitat dispersé), le développement des infrastructures de transport et touristiques se font le plus souvent par prélèvement de terres agricoles. La logique locale (croissance de la population, enjeux économiques, implantation d’infrastructures et d’immobilier aux dépens de quelques hectares de terres agricoles) et l’intérêt des propriétaires fonciers (souvent directement intéressés par cette vente) amènent systématiquement à entériner le prélèvement de terres agricoles, jugé marginal.
Cette dynamique de consommation de terres agricoles au profit de l’urbanisation (au sens large), jugée marginale à l’échelle locale, devient préoccupante à l’échelle régionale quand elle est multipliée par le nombre de communes et accumulée au cours du temps. On peut en effet craindre que cette disparition de terres agricoles soit irréversible : il serait très difficile et coûteux (sinon impossible ou économiquement irréaliste) de les remobiliser pour une production agricole. C’est donc un patrimoine qui est consommé pour un intérêt économique immédiat sans réflexion sur son utilité à moyen et long terme : si le contexte international de l’alimentation et du commerce des produits agricoles et denrées alimentaires venait à évoluer, ce qui est probable, quel patrimoine de terres agricoles serait nécessaire à assurer une stratégie nationale de nourriture de la population ?.On sait aussi que la concurrence entre les usages agroalimentaires considérés comme vitaux tout au long de l'histoire humaine, et ces usages industriels ou de production énergétique des productions agricoles à notre époque, est contestable et source de conflits futurs. Des famines ne sont pas à exclure dans certains pays, a cause de cette situation concurrentielle;
A terme on peut imaginer qu’une stratégie de préservation des terres agricoles s’avère justifiée comme l’est la stratégie de préservation des espaces naturels ou des milieux aquatiques : Le projet de Directive européenne sur les Sols peut être considérée comme une première étape dans cette direction. Une telle réflexion sur la préservation du patrimoine « Terres Agricoles », difficilement envisageable à l’échelle locale, doit être initiée aux échelles régionales et nationales, elle devrait permettre de comprendre les relations entre les dynamiques démographiques, l'aménagement du territoire et la consommation des terres agricoles. Il faudrait aussi introduire la paramètre des besoins en eau, et la concurrence existant entre ces besoins nés de l'urbanisation et ceux de l'agriculture dont l'intensification l'irrigation devront compenser la réduction des surfaces de terres agricoles.

La désindustrialisation particulière à la France, est la conséquence d'orientations des politiques publiques des 30 dernières années. Après les échecs de la politique industrielle des années 80, la France a jugé que l'avenir était au commerce, aux services ,à la finance. Tandis que les discours officiels célèbrent le modèle allemand, elle opte dans les faits pour le modèle américain. Un consensus se fait autour de l'idée que les délocalisations industrielles vers les pays à bas salaires sont inévitables, et que le maintien du pouvoir d'achat des classes modestes de la société sera aidé par l'achat à bas prix des produits de ces pays, stratégie de la grande distribution et des transports maritimes à bas coût.

Le déclin de de l'industrie française tient en quelques chiffres 22% de la valeur ajoutée française en 1999, 16% en 2008, pendant la même période la valeur ajoutée industrielle a augmenté de 16,5% en Allemagne. La vrai politique industrielle de la France reste son »détricotage » systématique. Par exemple les, orientations du Grenelle de l'environnement avaient incité les entreprises à développer les équipements photovoltaïques, les pouvoirs publics espérant que ce marché nouveau permettrait l'émergence d'une industrie de production de cellules solaires, c'est un échec total , EDF a, habilement, freiné toute initiative et la filière est en déshérence. Dans un autre domaine, l'Etat a décidé l'exonération des charges sur les bas salaires, espérant cet effet sur les emplois industriels concurrencés par les délocalisations, mais effet d'aubaine a été utilisé par le secteur tertiaire, la GD , la restauration, secteurs non délocalisables.

Patrick Artus relevait un 2009 que les salaires annuels par tête sont les plus élevés dans les services financiers(47000€) alors que ceux de l'industrie (36000€) sont nettement inférieurs, comme aux USA, alors qu'en Allemagne le secteur industriel (47000€) paye mieux que la Banque (35000€)



A suivre: Disparition des valeurs humaines, en particulier, celels du travail.