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04/12/2011

Déprise agricole et désindustrialisation:

La déprise agricole et la désindustrialisation affectent l'emploi dans toutes les régions

Les trente dernières années ont été marquées par une importante régression de l'emploi dans l'agriculture et l'industrie qui ont perdu ensemble 109 000 emplois par an en France entre 1962 et 1999.

La part de l'agriculture et de l'industrie qui représentait 50 % de l'ensemble des emplois en France en 1968 est tombée à 22 % en 1999. Entre 1962 et 1999, l'emploi a progressé moins vite que

la population en âge de travailler : en France, on est passé de 63,7 emplois pour 100 habitants de 18 à 65 ans en 1962 à 58 en 1999 (source INSEE).Cette évolution se poursuit en 2010.

En 1979, 4 300 000 salariés permanents travaillaient dans l'industrie, en 2006 ils n'étaient plus que 2 800 000 (INSEE)

En Languedoc Roussillon , entre 2000 et 2010 la surface agricole utilisée s'est réduite de 10% et le nombre d'exploitations de 30% (Agreste recensement 2000/2010). Les terres agricoles deviennent progressivement des terrains à bâtir avec toutes conséquences suivantes:
L’accroissement global de ce phénomène s’est fait à 90 % aux dépens de terres agricoles , lesquelles incluent principalement des terres arables (44 %) et des zones agricoles . Outre l’impact sur les ressources agricoles, l’artificialisation des sols a de lourdes retombées environnementales. Responsable de l’imperméabilisation de la surface des sols, elle favorise le ruissellement de l’eau le long des pentes au détriment de son infiltration, l’érosion des sols, les coulées d’eau boueuse et le risque d’inondation. Par ailleurs, la concentration du ruissellement intensifie le transfert de sédiments, chargés de contaminants des sols , vers les cours d’eau. Enfin, l’artificialisation des sols contribue également à la fragmentation des habitats naturels et des écosystèmes, fragilisant la biodiversité.
En France métropolitaine, les sols de très bonne qualité agronomique représentaient plus du tiers (34,8 %) des surfaces agricoles artificialisées entre 2000 et 2006, au niveau national. Dans environ la moitié des régions françaises, les sols qui présentent le meilleur potentiel agronomique sont les plus touchés.

Le bétonnage des sols est le premier motif d'inquiétude. Entre 2003 et 2009, environ 6 100 kilomètres carrés de terres ont été artificialisés en France. Cette transformation s'est faite " à 90 % aux dépens de sols agricoles ".

Le phénomène s'accélère nettement depuis quelques années : la superficie de terres arables disparues sous le bitume entre 2003 et 2009 équivaut à celle perdue entre 1994 et 2003. Les pertes comptabilisées en une décennie se concentrent donc désormais sur sept ans. " Une perte de sols agricoles équivalant à un département comme l'Aude tous les dix ans n'est pas durable ".

Le lessivage des sols sous l'effet des précipitations, du vent, des cours d'eau, de la fonte des glaciers ou de pratiques agricoles inadaptées est le deuxième sujet d'inquiétude des pédologues. " Près de 18 % des sols présentent un aléa d'érosion moyen à fort en France métropolitaine ", écrivent certains auteurs . Ces risques sont particulièrement marqués dans le Sud-Ouest, le sillon rhodanien, le centre et l'ouest de la Bretagne ou le Nord.

On constate , en particulier dans les zones de forte progression de l'urbanisation, un développement de friches, sources de spéculations, qui semblent attendre la prochaine modification du Plan Local d'Urbanisme pour multiplier par 100 la valeur du M².

Le développement péri-urbain, celui de l’habitat en zones rurales (communes et habitat dispersé), le développement des infrastructures de transport et touristiques se font le plus souvent par prélèvement de terres agricoles. La logique locale (croissance de la population, enjeux économiques, implantation d’infrastructures et d’immobilier aux dépens de quelques hectares de terres agricoles) et l’intérêt des propriétaires fonciers (souvent directement intéressés par cette vente) amènent systématiquement à entériner le prélèvement de terres agricoles, jugé marginal.
Cette dynamique de consommation de terres agricoles au profit de l’urbanisation (au sens large), jugée marginale à l’échelle locale, devient préoccupante à l’échelle régionale quand elle est multipliée par le nombre de communes et accumulée au cours du temps. On peut en effet craindre que cette disparition de terres agricoles soit irréversible : il serait très difficile et coûteux (sinon impossible ou économiquement irréaliste) de les remobiliser pour une production agricole. C’est donc un patrimoine qui est consommé pour un intérêt économique immédiat sans réflexion sur son utilité à moyen et long terme : si le contexte international de l’alimentation et du commerce des produits agricoles et denrées alimentaires venait à évoluer, ce qui est probable, quel patrimoine de terres agricoles serait nécessaire à assurer une stratégie nationale de nourriture de la population ?.On sait aussi que la concurrence entre les usages agroalimentaires considérés comme vitaux tout au long de l'histoire humaine, et ces usages industriels ou de production énergétique des productions agricoles à notre époque, est contestable et source de conflits futurs. Des famines ne sont pas à exclure dans certains pays, a cause de cette situation concurrentielle;
A terme on peut imaginer qu’une stratégie de préservation des terres agricoles s’avère justifiée comme l’est la stratégie de préservation des espaces naturels ou des milieux aquatiques : Le projet de Directive européenne sur les Sols peut être considérée comme une première étape dans cette direction. Une telle réflexion sur la préservation du patrimoine « Terres Agricoles », difficilement envisageable à l’échelle locale, doit être initiée aux échelles régionales et nationales, elle devrait permettre de comprendre les relations entre les dynamiques démographiques, l'aménagement du territoire et la consommation des terres agricoles. Il faudrait aussi introduire la paramètre des besoins en eau, et la concurrence existant entre ces besoins nés de l'urbanisation et ceux de l'agriculture dont l'intensification l'irrigation devront compenser la réduction des surfaces de terres agricoles.

La désindustrialisation particulière à la France, est la conséquence d'orientations des politiques publiques des 30 dernières années. Après les échecs de la politique industrielle des années 80, la France a jugé que l'avenir était au commerce, aux services ,à la finance. Tandis que les discours officiels célèbrent le modèle allemand, elle opte dans les faits pour le modèle américain. Un consensus se fait autour de l'idée que les délocalisations industrielles vers les pays à bas salaires sont inévitables, et que le maintien du pouvoir d'achat des classes modestes de la société sera aidé par l'achat à bas prix des produits de ces pays, stratégie de la grande distribution et des transports maritimes à bas coût.

Le déclin de de l'industrie française tient en quelques chiffres 22% de la valeur ajoutée française en 1999, 16% en 2008, pendant la même période la valeur ajoutée industrielle a augmenté de 16,5% en Allemagne. La vrai politique industrielle de la France reste son »détricotage » systématique. Par exemple les, orientations du Grenelle de l'environnement avaient incité les entreprises à développer les équipements photovoltaïques, les pouvoirs publics espérant que ce marché nouveau permettrait l'émergence d'une industrie de production de cellules solaires, c'est un échec total , EDF a, habilement, freiné toute initiative et la filière est en déshérence. Dans un autre domaine, l'Etat a décidé l'exonération des charges sur les bas salaires, espérant cet effet sur les emplois industriels concurrencés par les délocalisations, mais effet d'aubaine a été utilisé par le secteur tertiaire, la GD , la restauration, secteurs non délocalisables.

Patrick Artus relevait un 2009 que les salaires annuels par tête sont les plus élevés dans les services financiers(47000€) alors que ceux de l'industrie (36000€) sont nettement inférieurs, comme aux USA, alors qu'en Allemagne le secteur industriel (47000€) paye mieux que la Banque (35000€)



A suivre: Disparition des valeurs humaines, en particulier, celels du travail.



 

Commentaires

Yop! Je me demandais jauger ces téléologies afin de pondre ce site web. J'adorerai pendant savoir si les connexion sont certifié dans le site web. Si oui par quelle lien

Écrit par : robot piscine | 29/08/2012

Je trouve votre article intéressant car il aborde le fond du problème. merci pour cet écrit.

Écrit par : 1panneau-solaire.fr | 01/09/2012

Ce billet est de bonne facture. Je vais le poster sur mon compte Facebook LMPLUX 28 juin pour vous apporter beaucoup de visiteurs.

bonne continuation

- Sylvie -

Écrit par : ventre plat | 28/06/2013

Merci pour votre article ! il est top

Écrit par : panneau solaire solarworld | 10/09/2013

Les commentaires sont fermés.