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23/08/2010

Curieuses pratiques de recherches scientifiques:

Les cancers sont, tous les spécialistes en conviennent, une terrible maladie dont les causes sont multifactorielles, et nous connaissons dans notre entourage familial, professionnels, amical ou relationnel des personnes qui en sont victimes ou qui luttent, dans un combat inégal, contre cette atteinte à leur intégrité physique et mentale. La défense contre les cancers est une mission essentielle de santé publique, et tout ce qui peut être fait dans ce domaine, doit être renforcé. Mais cette cause nationale bien identifiée et justifiée, ne doit pas servir des intérêts mal définis ou cachés, bien présents dans le texte de la brochure

Nutrition & Cancers :des connaissances scientifiques aux recommandations, lancée à grand spectacle par le ministère de la santé le 17 février 2009, destinée aux personnels de santé français, dont le résultat médiatique a été principalement, « consommer du vin est dangereux », « le premier verre peut conduire au cancer. »


 

 

 

 L'association "Honneur du Vin", dont je suis l'un des responsables, a développé diverses actions de nature judiciaire contre les auteurs, de cette brochure , la procédure, qui a connu plusieurs étapes est en cours.

Les études internationales WCRF/AICR, sont la seule référence scientifique de la brochure litigieuse, aux dires des auteurs. Cette méta analyse internationale place au premier plan des causes de cancers et autres pathologies comme l'obésité et ses séquelles, entre autres causes, la consommation de boissons sucrées, sodas et autres colas, mais ces causes principales sont occultées dans le texte de la brochure. Par contre, la consommation du vin, dont on cache certaines vertus bénéfiques à la santé, est totalement condamnée . Est ce là le signe de la rigueur scientifique revendiquée par les auteurs, ou bien le moyen pernicieux d'atteindre la production et le commerce des vins ?

L'Institut National du Cancer (INCA), appendice du ministère, est l'auteur direct, juridiquement responsable du contenu de cette brochure et prétend dans ses réponses à l'instance initiée par l'association Honneur du vin le 18 septembre 2009 auprès du Tribunal Administratif de Paris, que le rapport d'expertise collective international du World Cancer Research Fund ( WCRF) et l'Américan Institute for Cancer Research (AICR) démontrerait l'existence d'une augmentation des risques de certains cancers dès le premier verre quotidien de boisson alcoolique, et en particulier de vin (page 47 de la brochure) ce qui est une interprétation trés fausse et abusive de ce rapport.

La caution scientifique de la brochure a été délivrée par le réseau NACRe de l'INRA qui est un secteur assez nouveau de l'Institut National de la Recherche Agronomique, en marge de sa fonction agronomique officielle, lors de sa création. Mais ce réseau consacré à la nutrition humaine, absorbe 30% du budget de l'Institut et a près de 800 personnes employées. On ignore les raisons de cette mission, concurrente d'autres organismes officiels, et le niveau des décisions pour cette orientation fondamentale. Nous avons tenté de connaître la formation et les compétences du personnel INRA qui a participé et signé, de façon principale, la brochure en cause, et malgré nos efforts dans diverses directions, nous n'avons pas pu, même à la CADA (commission d'accès au documents officiels) obtenir satisfaction.

Ces personnels participent à des actions internationales, parfois contestées par des organismes de défense de consommateurs aux USA, ou au Québec; Un spécialiste Franco Américain , auteur d'un ouvrage « Toxic Food » traduit en diverses langues dont le français met en cause, nommément, une directrice de recherche INRA, qui aurait été rémunérée aux USA, par un groupement de boissons sucrées gazeuses (entre autres Coca-cola, Pepsi-Cola...)Un périodique Québécois rapporte que cette même personne a organisé dans divers pays, dont la France, une convention destinée aux médecins généralistes, dont le thème est: développons l'hydratation de la population, y compris avec des sodas sucrés qui ne sont, absolument pas, dangereux pour la santé.

Afin de mieux comprendre les fondements de l'affaire, nous avons fait traduire en français, par des experts agréés, les parties de l'étude WCRF/AICR encore en anglais et qui n'étaient pas accessible en Français, nous avons également fait traduire le précédent rapport de 1997 en anglais (Il y a une méta analyse de cette nature chaque 10 ans, qui répertorie toutes les études scientifiques concernant la santé humaine, présentes dans les revues scientifiques à comité de lecture reconnues (Impact Factor > 5000) Nous avons découvert de nombreuses curiosités dans les interprétation française officielles, si ce n'est des altérations de sens profondes, allant jusqu'à des contre vérités flagrantes qui ne sont pas neutres au plan économique.

Le WCRF /AICR 1997 avait réalisé un classement de dangerosité en matière de cancers, des aliments et boissons en fonction des nombreuses études réalisées dans le monde sur ces sujets. En ce qui concerne l'alcool, aucun effet de seuil et la seule recommandation est:

La consommation d’alcool n’est pas recommandée. Toutefois, si vous en consommez, il faut limiter les boissons alcoolisées à moins de deux verres par jour les hommes et à un seul pour les femmes.

Les mentions du rapport mondial vont de « non recommandé », « à limiter », « à éviter »

 

Le WCRF /AICR 2007 est beaucoup plus précis et descriptif

 

Il précise qu’il y a suffisamment de preuves pour dire que les causes d’un grand nombre de cancers, y compris des cancers communs, sont dus à l’excès de gras corporel ou à l’inactivité physique. Pour cette raison, les trois premiers groupes d’objectifs et recommandations ont été mis au point pour servir de point de départ pour la politique, les programmes et les choix dont le but est de maintenir un poids corporel sain et de continuer à pratiquer une activité physique tout au long de la vie.

1°- Gras corporel : Etre aussi mince que possible en restant dans les normes de poids corporel.

2°-Activité physique :Etre aussi actif que possible au quotidien

3°-Limiter la consommation d’aliments denses en énergie, type fast food, éviter les boissons sucrées, soft drink, de type sodas ou colas. Les jus de fruit sont à « limiter »

                                          &&&&&&&&&&&&&&&&

 Les cinq recommandations générales restantes n’ont pas de priorité particulière, elles sont traitées au fur et à mesure selon les sujets  des chapitres de la deuxième partie

4°-Plantes : Manger surtout des aliments venant des plantes

5°Viande rouge : Limiter la consommation de viande rouge et éviter la viande transformée, type charcuterie.

6°-Boissons alcoolisées : Limiter la consommation de boissons alcoolisées

7° Sel : Limiter la consommation de sel, éviter les céréales en gaines, ou légumes secs moisis

8°-Suppléments alimentaires : Se nourrir uniquement par régime alimentaire, sans supplément additionnel

Remarques :  

Le rapport WCRF désigne très clairement 3 causes principales des cancers de tous types, N°1, N°2 et N°3 et place ces causes en priorité dans les actions de réduction des risques a mener, tant au plan des politiques publiques de santé qu’au niveau des recommandations a faire aux personnes. Il y a donc une hiérarchie dans les risques de cancer, un premier groupe de 3 causes  principales et 5 recommandations nettement séparées des 3 premières causes identifiées, parmi lesquelles figure les recommandations en matière de consommation de boissons alcoolisées.

RECOMMANDATION N° 6

 

LES BOISSONS ALCOOLISEES

Limiter les boissons alcoolisées

 

OBJECTIF POUR LA SANTE PUBLIQUE

La proportion de la population qui boit plus que la limite préconisée est à réduire d’un tiers tous les 10 ans

 

RECOMMANDATION PERSONNELLE

Si des boissons alcooliques sont consommées, limiter la consommation à un maximum de deux boissons par jour pour les hommes et une par jour pour les femmes (1.)

 

1) cette recommandation prend en compte la possibilité d’un effet protecteur contre la maladie

    coronaire .  l’effet protecteur est ,dans le texte WRCF, considéré comme « Prouvé »

 

Les documents établis et diffusés par l’INCA, a partir du 17 février 2009 font, essentiellement, référence aux travaux de WCRF, et ont indiqué que c’est à partir de ces travaux qu’ils ont établi la hiérarchie des risques de développer un cancer, ce qui est manifestement mensonger, La brochure INCA ne mentionne pas le risque induit par les boissons sucrées, et les nourritures Fast Food. Y aurait-il dans ce domaine conflit d'intérêt ?

Vin et risque de Cancer:

La consommation des vins en France a été réduite de plus de 50% en 30 ans, cette réduction se poursuit à l'heure actuelle. Pendant la même période, le nombre de cancers a doublé et il semble bien que l'alcoolisme de la population du pays ne diminue pas, mais les pratiques changent. Le « binge -drinking » se répand chez les jeunes générations. Le vin n'est pas en cause dans ce phénomène de société. Mais il existe dans l'environnement du ministère de la santé des personnes et des structures qui continuent a agir, a communiquer, prenant le vin pour cible, comme si la situation sociale, économique, culturelle de la société française était inchangée depuis Zola.

Cette mouvance prohibitionniste s'exprime dans la brochure en cause. En particulier dans le jeu des questions réponses de la page 47 de la brochure litigieuse. La méthode de questions réponses, pour conforter une position dominante, ou un choix éditorial, est bien connue de tous les auteurs de textes grand public, l'INCa a cédé à cette facilité, et a livré le fonds de son objectif principal, la guerre au vin, sans réelle justification de santé publique.

 

Brochure INCA, pages 15/16 risque N° 1

*                    les boissons alcoolisées : leur consommation est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx et larynx, œsophage, côlon-rectum, sein et foie (de 9 à 168 % par verre consommé par jour, selon les localisations). Le risque augmente avec la quantité globale d'alcool absorbée et est significatif dès une consommation moyenne d'un verre par jour. Toute consommation d'alcool est donc déconseillée. 

 

 

 

Il est tout de même étonnant et incompréhensible que la brochure en cause n'ait pas mentionné l'étude du programme national de recherche en alimentation et nutrition humaine, ANR-05-PNRA-016 appelée CANCERALCOOL, entreprise en 1978 par le professeur Serge Renaud célèbre au USA par la désignation du French Paradox , étude poursuivie jusqu'en 2005, avec un suivi ultérieur, sur une cohorte de 100 000 personnes (COLOR) dont la mortalité a été suivie et qui a déjà démontré que le vin consommé de 1 à 3 verres par jour, était associée à une baisse de 40% de la mortalité cardio-vasculaire chez l'homme, et de 20% de la mortalité par cancers. Il est inexact de prétendre que ces études n'ont pas été publiées dans une revue scientifique à comité de lecture, (Arch Intern Med 1999;159:1865-70) Les résultats ci dessus ont été totalement confirmés par l'étude de Copenhague au Danemark(Ann Intern Med 2000;133:411-9).Revues médicales à comité scientifique de lecture et « Impact Factor < 5000 »

La suite de l' étude CANCERALCOOL est confiée au docteur Lanzmann-Petithory:

www.inra.fr/content/download/7916/conceralcool.pdf

Prétendre qu'il y aurait « conflit d'intérêt » concernant l' étude CANCERALCOOL, avec la filière viticole qui l'aurait en partie financée, c'est oublier un peu vite, que l'INRA-NACRe très impliquée dans la rédaction et la caution scientifique de la brochure en cause, est co-financée par diverses sources agricoles dont le CEDUS, directement concerné par la production et l'industrie sucrière .Est ce pour cette raison que le contenu de la brochure en cause est silencieuse sur une des causes principales des cancers démontrée par le rapport WCRF/AICR, causes bien plus graves que le vin, que sont les boissons sucrées, les sodas et colas, classées dans le rapport mondial à « éviter », et qui sont une des causes principales de l'épidémie d'obésité constatée à l'heure actuelle dans les pays développés.

 

On a la démonstration, par cette comparaison des textes WRCF et de ceux de l’INCA, de  l’utilisation détournée de travaux scientifiques incontestés et de leur interprétation par un service de l'État français, peu conforme à l’éthique scientifique, ce qui porte atteinte à une production millénaire, à une population active nationale importante, a une source financière considérable grâce à l'exportation des vins, a l'entretien de paysages et de traditions recherchées par les millions de touristes internationaux, qui participent à l'équilibre des ressources du trésor public.

 

Jean Clavel 08/2010

 

La suite judiciaire sera communiquée dans ce blog au fur et a mesure des décisions prises par le Tribunal Administratif de Paris

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