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06/03/2010

Quel avenir pour l'agriculture française et mondiale ?

Le Monde.fr a publié le 03/03/2010 l'article suivant sous ma signature 

Les médias et le public français découvrent en même temps que le Salon de l'Agriculture de la porte de Versailles à Paris, les difficiles problèmes des agriculteurs de toutes les filières de production française. Progressivement la crise agricole a atteint des secteurs en général épargnés. Le secteur viticole, en général  florissant, sauf en  Languedoc toujours en difficulté, est atteint. Les producteurs laitiers, ont pour la première fois, utilisé  l'arme spectaculaire en détruisant, devant les caméras, les productions quotidiennes de leurs vaches. Le lait a pourtant une valeur symbolique et historique dans l'inconscient collectif de l'humanité, et cette atteinte a été ressentie profondément par la population.

On accuse la mondialisation, et les outils qui la mettent en oeuvre l'OMC, le FMI, l'Union Européenne qui la facilite,  la Grande Distribution qui l'utilise. Il est vrai que l'achat, par les consommateurs, chez Leclerc, Auchan ou Carrefour de haricots verts, produits, emballés, étiquettés au Kenya ou en Egypte pose problème, tant en ce qui concerne les conditions de production et la rémunération du travail local, que pour le bilan carbone de son transport depuis des régions si éloignées des lieux de consommation !!

La crise agricole qui durera sans doute, sous une forme plus ou moins aiguë, a des conséquences immédiates et à plus long terme. C'est tout un pan de production avec ses secteurs amont et aval qui représente 14% de l'activité nationale, réparti sur tout le territoire, et qui en conditionne, en fait, la vie économique, sociale, culturelle. C'est en quelque sorte, et à plus long terme, l'équilibre politique du territoire qui est compromis.

Il est compromis aussi, car la sécurité alimentaire du pays est atteinte, par la disparition des terres arrables, consommées par l'urbanisation galopante sans réflexion ni analyse globale, et que les générations d'agriculteurs viellissantes ne sont plus remplacées par des jeunes croyant en leur avenir dans ce secteur.

La situation internationale pourrait être perturbée par de cruelles famines entraînées par une croissance rapide de la population  mondiale et un changement des modes alimentaires, vers des aliments plus carnés, qui exigent des surfaces agricoles plus importantes. N'oublions pas que chaque humain n'a sur cette terre que 0,25ha  de terre agricole pour se nourrir, soit un petit carré de 50 mètres de côté ! Ce n'est pas le sentiment qu'ont les français aveuglés par la surabondance alimentaire des hyper marchés.

Les vrais causes des difficultés agricoles françaises sont oubliees ou occultées, le pouvoir politique national, quelle que soit sa couleur, ayant recherché par tous moyens, à nourrir la population au moindre coût, demandant à l'UE de mettre en oeuvre une politique agricole qui permettait de compenser des charges d'exploitation que la vente des produits ne permettait plus de rémunérer. Cette situation de dépendance européenne se termine, les autres partenaires européens n'acceptant plus cette situation.

Les orientations politiques françaises actuelles ne permettent pas d'espérer des solutions positives de la crise agricole française qui demain pourrait se mondialiser.

Jean Clavel

10:15 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (6)