UA-391811903-1
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20/02/2010

Il y a un an, souvenez vous !!!

 

Le 17 février 2009, les vignerons, toute la filière viti-vinicole, les  commerciaux, les connaisseurs et les amateurs de bons vins, les journalistes de la presse professionnelle, recevaient un coup de massue sur la tête.

            Une puissante campagne de communication, payée sur le budget de l’Etat, relayée par toute la presse écrite quotidienne et magazine, par toutes les radios, par toutes les télés,  informait le grand public que la consommation du premier verre de vin était cancérigène !!! Et c’était appuyé sur des études scientifiques « incontestables ! ». Avec la complicité  d’un laboratoire (NACRE) de l’INRA (Institut National de la recherche agronomique). Stupeur et indignation générale.

Nous avions le sentiment que la profession viticole était comme anesthésiée. Jean Charles Tastavy  prit l’initiative d’une réaction énergique, et il a proposé, tout de suite, une réponse judiciaire à l’agression du Ministère de la santé et de ses filiales anti-vin. Pour cela il fallait une organisation structurée et quelques moyens.

           Il nous réunit, à quelques uns, qui avions le désir d’agir,  et nous proposa de constituer une association nommée « Honneur du Vins » fixant des objectifs de combat judicaire et de communication, faisant connaître l’action envisagée pour collecter les fonds nécessaires. C’est ce qui a été réalisé, Vitisphère nous a offert l’hébergement du Blog, qui assure le contact permanent avec les adhérents et tous ceux que notre action intéresse. Les détails du déroulement des actions sont sur le blog   www.honneurduvin.fr .

Le principal résultat  fut le blocage de la distribution par le ministère de la santé et l’INCA (Institut National du Cancer) de la brochure destinée au monde médical et démontrant la « nocivité » du vin. Les actions judicaires se poursuivent, maintenant la pression, mais un autre résultat très important a été obtenu, le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) a diffusé le 24 juillet 2009 un avis sur l’action de l’INCA, très critique sur le fond et la forme de son action.

Le combat n’est pas terminé, nos adversaires sont toujours actifs, la directrice anti-vin, du laboratoire NACRE de l’INRA  représentait  la France dans une conférence sur l’alcoolisme à Stockholm ou elle a réitéré ses accusations et le directeur de la Santé du Ministère vient d’intégrer un groupe, sur la problématique de l’alcool, à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Après un temps en vient un autre, les médias qui avaient, il y a un an diffusé, sans analyser sa  véracité, le message des anti-vin, ont repris le thème du French Paradox, qui à la suite de nouvelles études internationales, démontre les bienfaits d’une consommation modérée du vin.

 

Nous ne devons pas relâcher notre vigilance, poursuivre l’action judicaire entreprise, continuer une veille attentive pour prévenir tout nouveau dérapage des  anti-vin. Jean Charles très présent au niveau national, en particulier dans la structure Vin et Société, aide efficacement à la mission de Honneur du Vin. On peut simplement regretter que les moyens soit si chichement donnés par la filière viticole à notre association qui vit, principalement, du bénévolat de ses adhérents.

 

 

Jean Clavel 16/02/2010

 

 

A la suite de la diffusion de cette note en particulier par le réseau de la Fédération Internationale des journalistes et écrivains du vin dont je fais partie (FIJEV), j'ai reçu des commentaires du secrétaire général de la FIJEV et de Robert TINLOT, trés connu dans le monde vnicole et ancien Directeur Général de l'OIV (Office International des Vins)  

                                                                          ______________________________________

En qualité de Secrétaire Général de la FIJEV, j'ai reçu hier cette lettre de Jean Clavel, vigneron et écrivain, défenseur passionné et passionnant de la cause vigneronne, et dont j'estime qu'elle a sa place sur ce blog. D'autant qu'elle évoque le rôle important, mais aussi pernicieux, des médias.

Hervé LALAU, journaliste viticole

Je lis avec beaucoup d'intérêt les communications que nous transmet Hervé Lalau. Excellent! La question soulevée par Jean Clavel (que je salue bien) au sujet des dérives de l'INCA sur l'alcoolisme, pose un problème que je souhaite élargir à la gouvernance mondiale actuelle.

Les démocraties ont abandonné leur souveraineté aux organisations internationales spécialisées qu'elles sont normalement amenées à diriger mais qui sont, en réalité dirigées par des experts qu'elles désignent. Or, ces experts font les études appropriées mais aussi ils proposent des décisions sans contrôle démocratique. Lorsque ces décision sont adoptées par l'organisation internationale compétente, elles s'imposent aux états; c'est à dire aux citoyens.

Dans le cas qui nous occupe, il est légitime que le ministère de la santé ait délégué des alcoologues pour le représenter dans les instances internationales qui traitent d'alcoologie mais alors il ne faut pas s'étonner que les points de vue développés ne prennent en compte que l'opinion des experts désignés. Si ces experts ont une vision étroite des sujets qu'ils traitent, des dérivent s'installent et s'imposent à tous.

Pour corriger ces dérives, il faut du temps et beaucoup d'énergie. Si l'Union européenne a su développer la consultation des instances professionnelles, les autres organisations internationales (mondiales) ne fonctionnent pas sur ce modèle. Les intérêts des secteurs particuliers sont défendus par des organisations qui pour être entendues doivent être puissantes. On les appelle des lobbies. Le plus souvent ces lobbyies sont aux mains de très grandes structures multinationales dominées par des intérêts privés.

Jean Clavel pose la question de la puissance de la filière viticole. Je la pose avec lui. Il me semble que cette filière est particulièrement divisée et bien entendu faible. Les initiatives prises en ce qui concerne les dérives de l'INCA ont conduit à bloquer ces dérives au niveau national mais le mal qui a été fait n'est pas complètement effacé. Il en reste quelque chose et les auteurs continuent à sévir.

Merci à Jean Clavel et à la FIJEV de communiquer sur ce sujet. Il faudra y revenir souvent pour convaincre de la nécessité d'assurer une veille en amont que ce soit au niveau national, européen mais encore au niveau mondial.

Robert Tinlot

 

 

Les commentaires sont fermés.