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12/12/2009

Prix Louis Malassis 2009

 Le secret de la Rabassière  

 

L’auteure décrit avec talent, au travers d’une histoire familiale compliquée, la vie rurale et campagnarde de sa Drome natale, partagée entre vigne, lavande et truffes. A l’horizon, le village de Grignan et son château, celui de la comtesse de Sévigné célèbre par sa correspondance.

  La lecture est plaisante, attachante et  le style agréable. Mina , belle jeune femme d’origine berbère marocaine, née en France et française, de parents qui après une vie de labeur en usine dans la région parisienne ont rejoint leur Haut Atlas marocain, a épousé Philippe Polignac fils d’un propriétaire de ferme isolée dans les coteaux dromois, et aide familial sur cette exploitation. Le père, Jules, est veuf, c’est un personnage complexe, attaché au terroir, et producteur de truffes, sur des truffières principalement de chênes a feuilles caduques, qu’il exploite avec compétence. Jules transmet son savoir faire, sa compétence, sa méthode de valorisation à Mina qui accepte ce parrainage avec enthousiasme. Philippe est surtout attaché au vignoble du domaine, et est très opposé, par principe, à la production des truffes, l’estimant non rentable.  Il accepte difficilement que Mina participe avec Jules à l’exploitation des truffières. Mina comprend mal cette opposition et en cherche les raisons, cette quête va se poursuivre  tout au long des 2 tomes de l’ouvrage, et l’on ne découvrira la vérité qu’à la fin du 2° tome. Louise la mère de Philippe est décédée alors qu’il n’avait que 7 ans. Celle ci fille unique, a laissé un échange épistolaire volumineux avec sa mère, Rose, citadine aisée de Valence qui refusait ce mariage avec un paysan opposé à toute modernité, puisque dans cette ferme, il n’y a encore ni téléphone, ni équipement ménager moderne. Mina prend connaissance de ces correspondances et découvre une partie du secret familial, Jules ne serait  pas le père de Philippe. Elle prend contact avec une infirmière retraitée, Paule, devenue une notable du village, dont le mari ingénieur agronome a beaucoup travaillé en Afrique, et est mort, jeune, de paludisme. Paule avait suivi, médicalement, la grossesse de Louise et l’avait  accouchée de Philippe.

Mina aide Jules dans la commercialisation des truffes, et cela lui permet avec sa complicité, de passer son permis de conduire, sans que Philippe ne soit au courant.  A la fin du premier tome, Jules meurt, après avoir été victime d’un accident du travail, dans ses truffières alors qu’il taillait, à l’aide d’une tronçonneuse à moteur, les branches faisant de l’ombre au pied empêchant les truffes de naître et se développer.

Philippe prend la responsabilité de l’exploitation mais laisse Mina, devant son insistance maîtresse des truffières. Elle se fait aider provisoirement, par Pierre Aubanel, jeune ingénieur, fils d’un propriétaire de truffières,  Georges, au caractère entier avec lequel il ne s’entend pas. Elle découvre dans le bureau de Georges la photo d’un homme blanc habillé d’une djellaba, dont elle voit aussi une copie chez Paule. Il y a une somme de questions sans réponse et le secret des Polignac persiste. Mais elle se sent attiré par Pierre, jeune homme, enjoué et séduisant.

 

-Le secret de la Rabassière (tome 2) au pays des bergers Nicole Faucon-Pellet .

 

Le roman, sur fond d’analyse sociologique de choc de cultures, de paysannerie française, méridionale, marocaine, saharienne, se poursuit tout au long des 500 pages de ce tome 2 (le tome 1 n’en comportait que 200) L’histoire s’étale sur un siècle des arrières grands parents aux petits enfants. D’une époque ou les truffes étaient abondantes et bon marché et consommées localement, ou elles sont devenues un produit de luxe aux prix parfois excessifs

La truffe est un champignon connu depuis des temps immémoriaux. Les truffes ont toujours existé à l’état naturel dans les bois et leurs bordures, cependant  personne n’avait su faire la relation entre le champignon et ses arbres hôtes.
C’est un simple paysan du Vaucluse, Joseph Talon qui en 1810, à Saint-Saturnin les Apt, découvrit d’une manière fortuite, la secrète association entre l’arbre et la truffe
. Il y a un monument commémoratif  de cette découverte sur la place centrale de Saint Saturnin.   Les parents de ma belle–fille, Valérie, sont des rabassiers à Saint Saturnin. Ils ont un Mas à 900m. d’altitude, face au Ventoux, le père de Valérie me raconte qu’à l’époque des truffes abondantes, ils descendaient à pied de ce domaine ou ils ont des cerisiers tardifs, jusqu’au village qui est à 300 m. d’altitude, et sur le sentier à travers bois, à la bonne époque, ils arrivaient au village avec une pleine musette de belles rabasses. Ils ont toujours un chien truffier, au Mas du bas.

Mina, toujours à la recherche du secret familial, découvre des liens étranges entre la famille Polignac et la famille Aubanel, liens que Philippe semble ignorer. Elle profite des voyages à Valence pour le compte de Georges Aubanel, pour reprendre contact avec Rose la grand-mère, qui vit encore, sans que Philippe s’en doute. Celle ci lui apprend certaines circonstances et que le père de Philippe est sans doute Antonin Aubanel frère de Georges qui est maintenant au Niger, et a quitté le village au moment de la naissance de Philippe. Mina décide de rendre visite à ses parents dans le haut Atlas marocain, mais en profite pour rejoindre Pierre dans le Sahara.

 Antonin,  oncle de Pierre, vit à Agadez  et a développé une série d’activités commerciales, dont la mise en marché de truffes locales marocaines. Pierre l’a rejoint  lorsque les difficultés relationnelles avec Georges se sont aggravées. Une liaison amoureuse s’est établie entre Mina et Pierre, conclusion évidente de développements compliqués de relations familiales sur une longue période. Mais que va-t-il se passer ensuite ? L’ouvrage se termine sur une inconnue, y aura-t-il un troisième tome ?? on attend avec impatience !!!

J’ai lu avec intérêt ces deux tomes, décrivant avec sensibilité une vie paysanne et familiale, complexe et riche, dans la Drome provençale des garrigues et plateaux,  avec des développements sur la vie de paysans d’autres pays, en particulier le Maroc, dans la régions du Haut Atlas origine des parents de Mina, et le Niger au Sahara dans la région d’Agadez .

 

Jean Clavel, membre du Jury Louis Malassis 12/12/2009.

 

Nicole Faucon-Pellet qui édite à compte d'auteur, est boulangère dans ce village de l'Ardèche du sud, elle écrit depuis longtemps et a publié divers ouvrages toujours attachés au terroir, "Terre d'Ardèche, Terre de passions" "La Tuade du Cochon", "Ardèche soleil d'Orage""La dernière Charbonnière de l'Ardèche" Un dernier ouvrage est en chantier sur le métier de boulanger rural.

 

 Nicole Faucon-Pellet . La Coste" 07700 St Remèze

 

Tél/Fax 04 75 04 11 86

 

eot07700@yahoo.fr

            

 

09:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : truffes, drome, berbère, atlas, agadez

Commentaires

article très complet et bien argumenté, un plaisir à la lecture

Écrit par : camping ardèche | 18/04/2011

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