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08/11/2009

Que manger, que boire ??

Relations entre alimentation, nutrition, et résistance aux maladies.

 

Réflexions sur les enjeux politiques et économiques

 

 

 

Tout est poison, rien n’est poison, tout dépend des quantités, (Claude Bernard)*

 

Ma grand-mère paternelle était herboriste, diplômée de la faculté de pharmacie de Montpellier. J’ai vécu mon enfance  dans la recherche de plantes utiles à la santé et dans leur odeur une fois séchées ou infusées. Il y avait des plantes, et des modes d’utilisation, pour toutes les affections ordinaires des enfants, des adultes et des animaux. C’était l’époque ou la sécurité sociale n’existait pas, et ou il fallait compter, au plus juste, les dépenses de santé. C’est sous la pression de certains laboratoires, fabricant de médicaments, et de quelques pharmaciens, qui ont profité de la désorganisation totale de la société française et de l’absence de réponse structurée a cette décision, que le Gouvernement de Vichy a décidé la suppression du diplôme et la fin programmée du métier d’herboriste qui avait été créée par la déclaration royale du 25 Avril 1777.
           La loi du 21 Avril 1803 avait défini la fonction de pharmacien et celle d’herboriste. Le diplôme d’herboriste était décerné après 2 ans d’étude universitaire  par un jury de pharmaciens. Il y avait en 1941,  6000 herboristes en France.
          Le 11 Septembre 1941, la profession d'herboriste est supprimée; les herboristes en activité pouvaient continuer leur activité jusqu'à leur disparition, les pharmacies obtiennent le monopole des plantes médicinales. Ces dispositions ont été confirmées par le gouvernement provisoire de 1945, le lobby des labos et pharmaciens veillait au grain.

Un pan de l’histoire de la médecine française a disparu.  Les connaissances, les compétences accumulées depuis des millénaires dans l’usage des plantes pour la santé humaine ont sombré dans l’indifférence du court terme de cette  tragique époque. Les médecins de l’école de médecine de Montpellier ont ainsi rompu avec leur passé venu des civilisations grecques, arabo-andalouse, et judaïque, et lorsqu’ ils revêtent la robe de Rabelais au moment de leur prestation de serment, ils oublient que ce médecin célèbre allait herboriser à Grammont, à Mireval, au Pic Saint Loup, ce que nous rappelle les Frères Platter dans leurs célèbres récits de leurs années de médecine à Montpellier. Le grand herbier de l’Ecole et le jardin des plantes sont devenus des monuments historiques.

            Pourtant il existe encore de grandes choses a faire avec les plantes : par exemple avec la Stevia rebaudiana qui a un pouvoir sucrant 200 fois supérieur au sucre, tout en affichant zéro calorie et sans influence sur la glycémie du sang. Elle pousse dans les forêts d’Amérique du Sud .

             Inoffensive en apparence, cette  plante dispose de tous les atouts pour faire trembler le marché très prisé des édulcorants.

             L’une de ses applications industrielles est la feuille séchée réduite en poudre, à utiliser comme du sucre classique. Une autre est l’extraction des molécules qui donnent le goût sucré : les steviol, les stéviosides et les rebaudiosides. Le produit fini sert alors d’édulcorant dont les applications dans le monde des allégés sont innombrables : sauces, confiseries, boissons, plats cuisinés, produits lactés, pâtisseries… Les géants américains du soda ne s’y sont pas trompés et s’apprêtent à utiliser l’un des composés de la plante dans leurs boissons sucrées. Coca Cola a déposé une série de brevets sur ces dérivés.

 Elle est consommée au Japon depuis 1975, et possède 40 % du marché des édulcorants. En Chine sa production et sa consommation  sont généralisées. En France, elle est totalement méconnue. Et sa vente soumise à une régulation casse-tête. Après bien des déboires, elle vient de l’autoriser comme édulcorant  (JO du 6/09/2009). La Chambre d’Agriculture de l’Hérault a décidé de mettre en place un programme d’étude et de développement de la culture de la Stévia Rebaudiana. Bravo !!

 

 

La législation européenne est indigeste. Et selon qu’on utilise la plante entière ou ses extraits, on ne tombe pas sous le coup de la même réglementation. Pour utiliser une plante en Europe, il faut qu’au moins un des pays de l’Union la consomme. Ce qui n’est pas le cas, la plante poussant en Amérique du Sud. «Stevia rebaudiana est un aliment qui n’était pas consommé de façon significative en Europe avant 1997. A ce titre elle dépendrait du règlement européen Novel Food, relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrédients alimentaires. Elle doit faire l’objet d’une autorisation de mise sur le marché», explique-t-on à la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes. Ainsi, une plante utilisée depuis des millénaires par les Amérindiens est considérée comme nouvelle en Europe.

On peut comprendre que les producteurs français et européens défendent leur production de sucre. Mais lorsqu’il s’agit de santé publique on pourrait s’attendre à une évolution règlementaire. 

          Cette réalité vécue, m’a donné, définitivement, le sentiment que l’intérêt général de notre société est sous la menace permanente d’intérêts personnel ou privés.

 

  

*Claude Bernard, 1813/1878, fils de vigneron de Saint Julien en Beaujolais, fondateur de la médecine expérimentale, spécialiste de la  physiologie, il a découvert le mécanisme du diabète, et bien d’autres pathologies. La Faculté de médecine de Lyon porte son nom.

 

Industriels de l’agro-alimentaire et orientation nutritionnelle des français :

 

Jamais la connivence entre experts, médecins, nutritionnistes, professeurs et industriels de l’agroalimentaire n’avait été poussée à ce point. (Thierry Souccar et Isabelle Robard in : Santé, mensonges et propagande, au Seuil 2004).

            Le Plan Cancer 2009/2013 présenté le 2/11/2009 à Marseille par le président de la République nous en donne un exemple. Ce plan fait référence au rapport international WCRF/AICR,  détaillant les aliments et boissons qui, dans certaines conditions de consommation, sont dangereuses pour la santé humaine.

Les objectifs et recommandations de la Commission d’enquête de WCRF, atteints après cinq années de travail, sont guidés par les recommandations de santé publique et de santé personnelles.. Elles sont basées sur les meilleures preuves disponibles, preuves qui ont été identifiées, collectées, analysées, montrées, résumées et jugées systématiquement, en respectant la transparence et l’indépendance. Les objectifs pour la santé publique  sont destinés principalement aux professionnels de la santé ; les recommandations visent le public.

La commission indique qu’il y a suffisamment de preuves pour dire que les causes d’un grand nombre de cancers, y compris des cancers communs, sont dus à l’excès de gras corporel ou à l’inactivité physique. Pour cette raison, les trois premiers groupes d’objectifs et recommandations ont été mis au point pour servir de point de départ pour la politique, les programmes et les choix dont le but est de maintenir un poids corporel sain et de continuer à pratiquer une activité physique tout au long de la vie.

 

Le rapport WCRF  désigne très clairement 3 causes principales des cancers de tous types,  et place ces causes en priorité dans les actions de réduction des risques a mener, tant au plan des politiques publiques de santé qu’au niveau des recommandations a faire aux personnes.

A :Gras corporel : Etre aussi mince que possible en restant dans les normes de poids corporel.

B :-Activité physique : Etre aussi actif que possible au quotidien

C : Eviter les boissons sucrées, soft drink, de type sodas ou colas. Limiter la consommation d’aliments denses en énergie, type fast food et les jus de fruit.

Il y a donc une hiérarchie établie par WCRF dans les risques de cancer, un premier groupe de 3 causes  principales et 5 recommandations parmi lesquelles figure les recommandations en matière de consommation de boissons alcoolisées. Le rapport WCRF précise que parmi les produits de l’agroalimentaire,  les boissons sucrées, et les aliments type Fast Food sont classés  à éviter ou limiter. L’épidémie mondiale d’obésité, de surpoids, de diabète de type 1 est provoquée, aussi, par l’abus de boissons sucrées et de nourriture trop riche des « fast food ».

Voici ce qu’indique le WCRF en ce qui concerne la consommation de boissons alcoolisées

RECOMMANDATION 6

 

LES BOISSONS ALCOOLISEES

Limiter les boissons alcoolisées

 

OBJECTIF POUR LA SANTE PUBLIQUE

La proportion de la population qui boit plus que la limite préconisée est à réduire d’un tiers tous les 10 ans

 

RECOMMANDATION PERSONNELLE

Si des boissons alcooliques sont consommées, limiter la consommation à un maximum de deux boissons par jour pour les hommes et une par jour pour les femmes (1.)

 

1) cette recommandation prend en compte la possibilité d’un effet protecteur contre la maladie

    coronaire .  l’effet protecteur est ,dans le texte WRCF, considéré comme « Prouvé »

 

Rien dans le rapport WCRF n’indique le danger d’une consommation modérée de vin, ce que laissait penser le rapport INCa qui insiste sur la pseudo augmentation du risque de cancer des voies aéro digestives supérieures (VADS) de 168 % dès le premier verre de vin !!!!

 

Extraits de la brochure INCa, (pages 15/16 et 45) : Nutrition et Prévention des cancers. Des connaissances scientifiques aux recommandations

Estimation de l’augmentation du risque cancer par verre d’alcool consommé par jour d’après les relations jugées convaincantes par les méta-analyses d’études de cohortes réalisées dans le cadre du rapport WCRF/AICR 2007

 Pourcentage d’augmentation du risque de cancers par verre de boisson alcoolisée par jour.

Bouche, pharynx et larynx 168

OEsophage 28

Côlon-rectum 9

 

Le vin rouge protège-t-il du cancer ?,

> Non, au contraire.

Pourquoi ?

Aucune boisson alcoolisée, même le vin, n’a d’effet protecteur vis-à-vis du

cancer. Les preuves scientifiques démontrent que toutes les boissons alcoolisées

sans exception, que ce soit la bière, le vin, le champagne ou les alcools forts,

augmentent le risque de plusieurs cancers. Le facteur qui compte est la quantité

d’alcool consommée.

Il est important de rappeler qu’en matière de prévention des cancers, la consommation

d’alcool, et notamment de vin, est déconseillée

 

 

 

De nombreuses études démontrent les effets positifs sur la santé d’une consommation modérée de vin, en particulier sur les maladies cardio-vasculaires et le cancer, en particulier celles conduites par le docteur Dominique Lanzmann en continuité de celles du professeur Serge Renaud (French Paradox): L’étude DL concerne une cohorte de 100 000 personnes examinées au centre de médecine préventive de Nancy entre 1978 et 1985 dont la mortalité a été documentée jusqu'en 2005. En mortalités générales par cancer, non prématurées, sur population     « saine » au départ, 4128 décès par cancers chez les hommes et 2077 décès par cancers chez les femmes ont été pris en compte.
Grâce aux questions relatives à leur mode de vie, l’équipe du Dr Lanzmann a pu isoler au sein des volontaires les buveurs d’alcool, et parmi eux les buveurs de vin, dont la « préférence vin » a été définie comme une consommation d’alcool où le vin représente plus de la moitié de la quantité d’alcool consommée. La quantité d’alcool consommée a été exprimée en g/kg pour éviter les biais de la taille et du poids des volontaires considérés.


L’étude concerne une cohorte de 100 000 personnes examinées au centre de médecine préventive de Nancy entre 1978 et 1985 dont la mortalité a été documentée jusqu'en 2005. En mortalité générale par cancer, non prématurée, sur population « saine » au départ, 4128 décès par cancers chez les hommes et 2077 décès par cancers chez les femmes ont été pris en compte.
Grâce aux questions relatives à leur mode de vie, l’équipe du Dr Lanzmann a pu isoler au sein des volontaires les buveurs d’alcool, et parmi eux les buveurs de vin, dont la « préférence vin » a été définie comme une consommation d’alcool où le vin représente plus de la moitié de la quantité d’alcool consommée. La quantité d’alcool consommée a été exprimée en g/kg pour éviter les biais de la taille et du poids des volontaires considérés.


En terme de mortalité générale, plus la consommation d’alcool est élevée (en g/kg poids), plus le risque de mortalité par cancer augmente. Cependant, après d’âpres débats sur le sujet, la communauté scientifique s’accorde aujourd’hui à distinguer des cancers sensibles à l’alcool, des cancers où le lien statistique entre consommation d’alcool et élévation du risque de mortalité ne sont pas significatifs, et des cancers où la sensibilité à l’alcool semble inexistante, comme le cancer de la thyroïde ou de l’estomac.

Quelle que soit la sensibilité à l'alcool du cancer considéré, la « préférence vin » réduit significativement le risque de mortalité tous cancers confondus (-16% pour les hommes). Cette diminution globale du risque cache des disparités entre les cancers des voies aériennes et aérodigestives (poumon, gorge et bouche), où le risque décroît de façon très significative, ceux du rectum/anus et de la vessie, où les résultats ne sont pas tout à fait significatifs et ceux du système digestif (côlon, estomac, pancréas, foie et prostate) qui ne sont par significativement reliés à la préférence vin.



Et les femmes ?

Quid de l’égalité homme/femme face à l'effet protecteur du vin contre le cancer ? Faute de catégorie statistique intermédiaire, « On ne peut pas répondre à cette question dans le cadre de cette étude », répond Dominique Lanzmann-Petithory. En effet, les questionnaires ont été établis pour isoler les consommatrices de vins au-delà d’une consommation de 2 verres de vin par jour. Celles qui n’en buvaient qu’un sont donc rangées dans la catégorie des non-consommatrices. « Or chez les femmes il est très probable que de nombreux effets protecteurs interviennent en deçà de ce seuil », explique le Docteur Lanzmann.
En revanche, la corrélation entre consommation élevée d’alcool et augmentation du risque de cancer est avérée également chez la femmes. La préférence vin n’augmente pas le risque en soi, en particulier pour le risque de mortalité par cancer du sein, qui augmente avec la dose d’alcool mais n’est pas relié à la préférence vin.
 

L’effet vin : comment expliquer que les risques diminuent en cas de consommation de vin alors qu'ils augmentent pour toutes les autres consommations d'alcool ?



« Le vin contient deux substances aux actions contrastées », avance Dominique Lanzmann-Petithory. Contrastées, voire antagonistes, avec l’alcool, qui augmente le risque de cancer, face au jus de raisin, riche en polyphénols et resvératrol, antioxydants, stimulants d’Oméga 3, dont on sait qu'il diminue le risque de cancer.
Il semblerait qu’au terme de l’addition effet fruit (+) + effet alcool (-), la somme soit positive, puisque la consommation de vin diminue le risque de cancer. « A doses modérées, l'effet fruit semble l'emporter sur l'effet alcool, et même à doses moyennes pour certains cancers », résume Dominique Lanzmann-Petithory. On note que les cancers pour lesquels l'augmentation du risque est la plus flagrante en cas de consommation d'alcool sont particulièrement sensibles à l'effet protecteur de la préférence vin ; c'est notamment le cas de ceux des voies aérodigestives (lèvres, bouche, larynx et pharynx). 

Le vin contient des polyphénols antioxydants et protecteurs. Le vin, c'est du jus de raisin fermenté, enrichi en polyphénols (composants naturels des plantes très présents dans la vigne). Dans ce breuvage inscrit dans notre patrimoine culturel, il y a deux effets antagonistes : l'effet alcool et l'effet fruit. Or, à doses modérées, l'effet fruit du vin est supérieur à l'effet alcool (Docteur Dominique Lanzmann)

 

Rapport du HCSP (Haut Conseil de Santé publique du 9 juillet 2009 :

Pour le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) les recommandations de l'Institut national du cancer manquent d’arguments scientifiques :

 

Le HPSP a été saisi le 11/02/2009  par la Ministre de la Santé et le 24/03/2009 par le Directeur Général de la Santé Didier Houssin, dans des termes presque identiques. C’était comme si la ministre avait pris de vitesse, son directeur général !! Mais les dates ont leur importance ! La conférence de Presse ayant lancé le rapport et la brochure dont nous contestons le contenu est du 17/02. La saisine par la Ministre du HCSP est antérieure à l’engagement public de l’INCa.

La critique formulée par le HCSP n’est pas très éloignée des positions exprimées dans www.honneurduvin.com . Si on lit entre les lignes c’est une mise en cause des méthodes et des conclusions de l’INCa et de l’INRA NACRe, en particulier lorsque le rapporteur HCSP indique que tous les services de l’Etat s’exprimant en matière de Santé Publique  devraient harmoniser leurs positions trop diverses, avant de communiquer. Cela s’adresse en premier lieu à l’INCa mais aussi à l’INRA dont l’une des chercheurs  a été l’agent moteur du rapport incriminé. Est-ce que la directrice générale de l’INRA, qui refuse d’admettre sa responsabilité dans le fait qu’un de ses laboratoires, ait émis des opinions peu étayées sur la dangerosité du premier verre de vin dans le risque cancer,   va changer d’avis, après le rapport HCSP ?

 

2° :Le Plan Cancer 2009/2013

La première étape du plan cancer  présenté par le Président de la République à Marseille le 2/11/2009, apportant ainsi un soutien inattendu au professeur Maraninchi, président de l’INCa, pourtant très contesté par le HCSP,  est un rapport demandé au professeur Grunfeld, qui lui est remis en mars 2009. Tout n’est pas négatif dans ce rapport, mais la lutte contre l’alcoolisme occupe une place particulière et le vin est cité plusieurs fois comme cause principale de celui-ci :

Extrait : Recommandation : Faire connaître l’alcool comme facteur

de risque de cancer.

La population générale connaît très peu le lien entre alcool et cancer. C’est avant tout cette prise de conscience que doit viser le futur Plan Cancer. Or ce message est d’autant plus inaudible que les informations données sur les seuils limites de consommation non excessive (deux verres par jour pour les femmes et trois verres par jour pour les hommes) sont compris comme des recommandations de santé……..

- Apposer des messages sanitaires sur les contenants de

boissons alcooliques permettant d’apprécier le niveau de consommation.

- Encadrer les messages sanitaires qui apparaissent sur

les publicités pour les boissons alcooliques en les rendant plus visibles et plus lisibles et en évitant les messages ambivalents tel que « à consommer avec modération ».

_ Recommandation : Poursuivre l’objectif de réduction de la consommation d’alcool.

En 2006-2007, la consommation d’alcool a stagné pour la première fois alors qu’elle montre une tendance générale à la baisse depuis les années 1960.

Augmenter les prix des boissons alcooliques par la fiscalité constitue une des mesures les plus efficientes pour réduire la consommation d’alcool, d’après les évaluations disponibles ;  il est intéressant de se donner comme un objectif le rendement fiscal, c’est à dire

d’augmentation des prix permettent de financer une politique de prévention du risque de cancer lié à la consommation d’alcool.

_ Mesure : Examiner l’augmentation des prix du vin et de la bière afin de pouvoir financer les politiques de prévention.

A l’inverse de la lutte contre le tabac, la réduction de l’offre d’alcool constitue l’un des moyens les plus efficaces pour réduire la consommation globale d’alcool. Des mesures

dans ce sens peuvent s’inscrire dans le cadre du chantier visant à simplifier et sortir les archaïsmes de la législation en vigueur relative aux débits de boissons. Celle-ci classe

les alcools en fonction de leur dangerosité perçue au début du XXe siècle et non selon des critères scientifiques. De plus, elle prend largement son origine dans une époque

où la consommation de boissons alcooliques avait lieu en dehors du domicile alors que de nos jours l’épicerie (la« petite » et la grande distribution) représente 85% des volumes achetés.

. Les mesures proposées nous ont profondément préoccupées, en particulier l’augmentation très importante des taxes sur le vin, pouvant atteindre 1000%. Cette mesure est pour le moment abandonnée, mais une autre mesure proposée est retenue dans le plan présenté à Marseille, c’est celle qui consiste à indiquer sur les contenants destinés à la consommation, la quantité d’alcool contenue dans le récipient, est ce que cette indication viendra s’ajouter au degré du vin ? Nous n’en savons encore rien !!

 Mais la désinformation concernant les risques de santé publique, par la consommation massive de boissons sucrées et d’aliments Fast Food se poursuit :

 

La Mesure 11 du Plan cancer 2009/2013 :

 

Promouvoir des actions de prévention sur les liens entre l’alimentation, l’activité physique et les cancers : (extraits)

Le rôle des facteurs nutritionnels comme facteurs de protection ou de

risque des cancers est de mieux en mieux connu comme l’atteste la publication

du dernier rapport du WCRF/AICR

« Food, Nutrition, PhysicalActivity, and the Prevention of Cancer : a Global Perspective »

en novembre 2007.

 Ce dernier, considéré comme un document de référence internationale

dans le domaine, a réévalué les niveaux de preuve des relations

entre la nutrition et le risque de cancers. Il montre ainsi que certains

facteurs comme l’activité physique, la consommation de fruits et légumes

et l’allaitement peuvent réduire le risque de cancers.  D’autres, en revanche,

peuvent augmenter le risque de leur apparition; c’est le cas du surpoids

et de l’obésité, des boissons alcoolisées, des viandes rouges, de la charcuterie

ou encore du sel.

 

Alors que le WCRF/AICR place les boissons alcoolisées au niveau 6 des risques,  le plan Cancer 2009/2013 le place en 2° position et oublie les risques dus aux boissons sucrées et la nourriture Fast Food. Cette orientation constante de la Direction Générale de la  Santé du Ministère met en danger une partie de la population, la plus vulnérable aux publicités, la moins informée, celle dont les ressources sont limitées. Il est beaucoup plus dangereux pour la santé publique de laisser consommer sans limite des boissons sucrées et des aliments gras et salés, que d’agir sur la consommation de vin dont on sait qu’elle diminue constamment  en France et que cette boisson n’est en rien dans l’alcoolisation de certains jeunes.  On devine  les entreprises internationales concernées. C’est pourtant celles qui sont en grande partie à l’origine de l’augmentation importante de l’obésité chez les jeunes et du développement du diabète de type 1.

L’INSEE établit des statistiques des consommation alimentaires des français qui abandonnent peu à peu les produits alimentaire frais, leur consommation s’est réduite de 60% en 40 ans, pour consommer des plats préparés, (+ 5,5 % par an depuis les années 1960, ) ou des produits très transformé. Depuis cette époque la consommation de confiseries ou de pâtisseries industrielles a augmenté de 200%.

Qui sont les pourvoyeurs de cette surabondance de d’aliments hautement transformés, sucrés et gras, à l’origine des désordres métaboliques dénoncés par les chercheurs indépendants et le WCRF ?

Ces  multinationales de l’agroalimentaire, sont les donneurs d’ordre publicitaires les plus importants de la presse, des magazines, de la radio et de la télévision. Ils ont ainsi des moyens de pression considérables sur tous les médias, les contrôlent  de façon directe ou indirecte et en vérifient le contenu. Quel  magazine ou  quotidien  peut refuser la publicité Coca-Cola ? Ces entreprises agro-alimentaires ont aussi des connivences avérées avec les grandes centrales et les chaînes de distribution internationales.

Pour développer  la consommation de ses produits, l’industrie agroalimentaire n’hésite pas a entraîner des scientifiques connus, en finançant leurs laboratoires, souvent impécunieux, les proposant aux colloques grand public, aux salons médicaux où ils ventent habilement les qualités des produits. De nombreuses confusions sont ainsi développées entre des fonctions de responsables scientifiques d’organismes publics comme le CNA (Conseil National de l’alimentation) le PNNS programme national nutrition-santé), l’INSERM, l’AFSSA……Nous connaissons bien les noms de professeurs de médecine et de médecins experts arrondissant leur revenus avec des fonctions rémunérées dans les grandes entreprises de l’agroalimentaire. (www.lanutrition.fr ) 

Un autre exemple des rapports de force existant entre certaines productions agro-alimentaires et l’intérêt général nous a été donné par les débats à l’Assemblée Nationale sur le Budget 2010. Une proposition de loi avait été retenue par la Commission des Finances de l’A.N., elle concernait une taxe de faible importance sur les boissons sucrées, taxe destinée à alimenter le budget du BAPSA (budget annexe des prestations sociales agricoles) toujours en grand déficit a cause du déséquilibre démographique du secteur agricole entre retraités et actifs. Le rapporteur de cette proposition expliquait qu’il y avait deux bénéfices à attendre de cette taxe, l’un concernait le BAPSA, l’autre la pression fiscale sur une boisson dont les effets néfastes sur la santé des jeunes français était prouvée. L’Assemblée nationale a rejeté cette proposition, avec le soutien inattendu du principal défenseur infatigable de la loi Evin !!! Est-il proche, ou financé par le lobby sucrier ?

 

3°-Besoins alimentaires futurs au niveau mondial, nature et contenu de cette alimentation  

 

Le 22 octobre 09, Agropolis international en partenariat avec la Société de Biologie, l’INRA, l’Agro et divers autres partenaires  a organisé, à Montpellier, une journée d’information et de débats sur les problèmes alimentaires futurs du monde, compte tenu de l’augmentation prévisible de la population qui pourrait atteindre 9 milliards d’individus dans 30 ou 40 ans !! Cette journée de rencontre scientifique s’est terminée par une conférence grand public à la salle Pétrarque à Montpellier, animée par le professeur et médecin Xavier Leverve de l’INRA et l’INSERM. J’ai assisté à cette conférence, passionnante par certains aspects, mais qui péchait aussi par le fait que le conférencier de niveau international, au débit rapide, ne cherchait pas à se mettre au niveau grand public et a utilisé un système de vidéo conférence en partie en anglais.

 

Après une description rapide de l’évolution de l’alimentation humaine depuis la préhistoire, et les différences fondamentales de l’alimentation en fonctions de l’environnement, exemple de l’alimentation des esquimaux qui pendant des millénaires ont consommé exclusivement des protéines et des corps gras d’origine marine ou animale, et des indigènes de l’Indonésie, qui également depuis des millénaires ont consommé exclusivement des plantes et des fruits d’origine végétales.

Les famines et pénuries alimentaires fréquentes,  ont provoqué des attentes fortes induites par l’inconscient collectif, vers tous les aliments salés, gras, sucrés. On a même dit que des gènes avaient été modifiés par ces problèmes et comportements alimentaires, ce qui n’est pas le cas.

Depuis 2 siècles une évolution sensible de l’alimentation des habitants des pays développés s’est poursuivie, avec une accélération rapide  depuis 30 ans, si rapide que le corps humain n’a pu s’adapter, entraînant des bouleversements  alimentaires ayant de graves conséquences en matière de Santé Publique, a cause de cet attrait, hérité du passé, vers tout ce qui est gras, salé, sucré, qui, désormais, est offert en abondance, alors que les besoins énergétiques diminuent sans cesse. Il en résulte des déséquilibres alimentaires entraînant des pathologies affectant des populations entières, comme l’obésité et le diabète.

Le conférencier à démontré, à partir d’études sur les animaux de laboratoire l’influence des régimes alimentaires sur la  santé et sur la durée de vie. Il en a conclu que cette situation actuelle entraîne des défis scientifiques et/ou sociétaux.

Il a terminé par une forte démonstration à l’aide de mappemondes évoluant en fonction de critères de revenus par pays, de productions alimentaires, de population, de besoins et de consommation alimentaire semaine en terme de dépenses. La France 500 € semaine pour une famille de 4 personnes, le Tchad quelques € semaine.  Sous 30 à 50 ans la population du globe atteindra 9 milliards d’êtres humains, qu’il faudra nourrir.

Alors que l’évolution mondiale tend à copier, pour tous pays, le mode alimentaire des pays riches, ce qui rend impossible la satisfaction des besoins de l’humanité, il faut activer la recherche fondamentale et appliquée pour limiter à la fois les évolutions climatiques, assurer la protection de l’environnement, et faciliter la production alimentaire suffisante. Ceci ne pourra se produire qu’avec des changements profonds des comportements et des habitudes des habitants de nos pays.

Il est proposé ensuite une brève discussion autour de ce sujet:

 A la suite d’une question d’un participant, un représentant de l’INRA  a développé la problématique actuelle de la production agricole, dans les perspectives d’une population mondiale en rapide expansion. Ce qui a entraîné une série de questions sur l’utilisation d’OGM, sur celle de l’utilisation de pesticides, et enfin sur la production BIO.

L’INRA n’a jamais été favorable, au niveau des principes, au concept BIO. La production agricole est, selon l’Institut, quelque soit sa forme, intensive avec l’aide de la chimie, ou plus naturelle fondée sur la vie du sol, les apports humiques et les défenses naturelles, de nature biologique. La notion BIO est un non sens !!!

Mais le réalisme impose maintenant, d’intégrer dans les plans de travail de l’INRA, le concept BIO qui répond à un besoin sociétal des pays développés. Mais il est clair également que la priorité INRA concerne tout ce qui se rapporte à l’intensification des production pour répondre aux besoins futurs de l‘humanité. Etant donné que les principes BIO entraînent souvent des réductions de rendement, et des augmentations de coût unitaire, il y a, dans ces circonstances un paradoxe difficile à gérer  En conséquence, les réponses de l’INRA aux questions sur les OGM, sur l’utilisation des pesticides, sur les productions BIO sont simplistes, sans nuance  et globales.

  

 

Jean Clavel

7/11/2009

 

Commentaires

Bonjour,

Dans le cadre du Wine Blog Trophy 2010 qui a lieu pour la 3ème année consécutive durant le Salon de Vins de Loire, nous aurions besoin de quelques informations complémentaires afin d’éventuellement présélectionner votre blog.
Pourriez-vous s’il vous plait nous transmettre votre contact email et si possible votre numéro de téléphone?
Merci d’avance.

Bien cordialement,

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3 grande rue des Feuillants - 69001 LYON
Tél. 04 72 07 31 90 - Fax. 04 72 07 31 91
contact@clairdelune.fr - www.clairdelune.fr

Écrit par : Agence Clair de Lune | 09/12/2009

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