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04/08/2009

Le ""Lobby viticole" !!

Le lobby viticole !!!

 

Je ne supporte plus que les commentaires du Monde parlent de lobby  en ce qui concerne le vin, la viticulture, les vignerons..

Qu’est ce qu’un lobby Le Petit Robert dit : anglicisme (1954) Groupe de Pression. 

De là vient l'expression lobbying et le sens actuel du mot lobby qui évoquent les efforts de groupes organisés, non gouvernementaux (associations, entreprises, syndicats, fédérations, filières professionnelles,  (ONG), clubs de réflexion, cabinet de conseils, avocats…) ou représentants d'un autre gouvernement, pour faire valoir leur point de vue auprès des élus et institutions, ou d'influer sur le cours des décisions politiques soit en leur faveur, soit pour défendre une cause externe (sociale, environnementale, humanitaire...), sans chercher à gouverner directement ; (d’après Wiki..)

Cela suppose une organisation, des moyens financiers, une volonté politique, un programme, une communication forte, des compétences à leur service.

Les vignerons sont dispersés sur le territoire national dans un grand nombre de régions depuis l’Alsace, jusqu’aux Pyrénées Orientales, de la Loire Atlantique au Alpes maritimes. Ils occupent et entretiennent 900 000  hectares de vignes, maintiennent des paysages. En terme d’emplois la vigne et le vin occupent 300 000 équivalents temps plein. (Production et mise en marché).Ils ont une grande diversité de cultures locales, de traditions, de pratiques commerciales, de vins,  d’orientations politiques. Le climat régional,  qui induit des comportements, des habitats, des types de culture et de production est d’une grande variété.

La viticulture est le plus important contributeur à la valeur, hors subvention, de la production agricole française (plus de 9 milliards d’€, et à la balance commerciale positive de l’agriculture française).  La consommation de vin en France à beaucoup changée depuis un demi siècle, de 150 litres en moyenne par habitant de plus de 14 ans, dans les années 60, on en est actuellement à 50 litres environ. Le vin ne peut plus être considéré comme le facteur principal d’alcoolisation de la société française, et l’importation d’alcools forts s’est développé de façon considérable.

Assimiler la viticulture française à un lobby est une erreur à la fois intellectuelle et matérielle, géographique et politique. Qu’y a-t-il de commun entre une société Champenoise appartenant à un groupe international du luxe, et un vigneron  des Corbières qui peine sur ses quelques hectares de coteaux pentus et transporte ses raisins a une coopérative en fin de vie ? Pourtant le vigneron des Corbières est utile à la société française, il entretien encore des paysages vivants, attractifs pour le tourisme diffus, qui permet à des gîtes ruraux d’exister, a une épicerie de village de fonctionner, à une commune d’avoir une source fiscale, aux chemins ruraux d’être praticables, à un restaurant local d’avoir sa clientèle. Le vigneron des Corbières, celui des pays nantais, celui du Jura, d’Alsace ou basque est-il un dangereux lobbyiste capable de s’insérer dans un système puissant, organisé, financièrement  dominant, aux objectifs clairement exprimés ?

Non, bien entendu et on peut le regretter car leur survie à long terme tient peut être à cette absence d’objectifs communs.

Les lecteurs du Monde, du Figaro ou de Libération qui réagissent si fort en traitant du lobby viticole et des risques d’alcoolisation de la jeunesse, lorsqu’un débat au Parlement traite de l’éventualité de la communication sur internet les qualités d’accueil dans les vignobles de  Bourgogne ou de Provence, alors que le monde entier jouit dans ces domaines d’une grande liberté d’expression, n’ont pas beaucoup de discernement et de culture. Peut être ces lecteurs sont-ils sous influence de quelques journalistes ou auteurs qui ont fait de ces orientations guerrières anti vin leur emblème rédactionnel.

La viticulture française est une partie active importante de l’agriculture du pays, et nous avons la crainte que cet ostracisme anti viticole ne s’étende à l’ensemble des productions vivrières rurales. Oui, les productions agricoles françaises sont en danger. On a complètement oublié dans la mémoire collective du pays les difficultés terribles de nourriture que les français ont connu pendant la guerre de 1939 à 1945,  oubli favorisé par le sentiment d’abondance donné par la grande distribution moderne. La mondialisation et le déséquilibre des coûts de production entre grandes zones géographiques provoquent  progressivement l’abandon de régions  agricoles dans nos pays. On remplace les couronnes maraîchères des villes par des lotissements et l’on importe massivement, par avion cargo des haricots verts frais d’Egypte, ou des ananas d’Amérique du Sud.  La population active agricole vieillit, beaucoup d’exploitations n’ont pas de successeurs et disparaissent. La nécessité politique de la maîtrise et du maintien de la production agricole française est progressivement abandonné au plan national et européen, l’OMC impose des règles communes  concurrentielles, ce qui conduit  à l’abandon de productions dont les coûts sont trop élevés par rapport aux coûts internationaux.

Un débat national sur ces sujets devra forcément, un jour, se développer .

 

Jean Clavel  04/08/2009

 

 

 

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