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04/05/2009

Réflexions sur la crise économique

Réflexions sur la Crise ?

 

 

Finance internationale devenue folle, managers qui captent des sommes considérables et qui, quand ils échouent, font appel aux fonds publics,  privatisant ainsi les bénéfices et  socialisant les pertes, pratiques de prêts douteuses aux ménages modestes américains qui ont mené le système financier au bord de effondrement et l’économie mondiale à la pire récession depuis les années 1930, endettement massif actuel des Etats qui cherchent à colmater les brèches, voilà ou nous a conduit le modèle libéral/libéral des Thatcher, Bush, et consort.

 Notre actuel Hyper Président était un militant actif de cette orientation politico-économique et a agi à contre cycle après sont élection en 2007 en instituant le fameux bouclier fiscal. Il donne maintenant le change en tentant de convaincre de son efficacité, se rapprochant de ceux dont il condamnait naguère les orientations, les sidérurgistes de Mital, licenciés, comprennent, un peu tard, qu’il y avait dans ses dires, un abus de langage sinon un abus de confiance.

Nous ne sommes pas encore sortis de cette situation funeste, et nombre d’entreprises sont presque en cessation de paiement, qu’elles soient grandes, moyennes ou petites, et risquent d’ajouter des chômeurs nouveaux  au nombre très important existant aujourd’hui.

La réduction d’activité atteint tous les secteurs, et notre viticulture n’échappe pas à cette situation, le vin étant un produit non indispensable, dont on réduit, par précaution ou par obligation, la consommation familiale .

Chacun tente de surnager, en cherchant, et parfois trouvant, des solutions d’attente, mais la thrombose menace la circulation financière, les retards de paiements des factures de vente de vin  se multiplient, ce qui entraîne les retards de paiement des factures des fournisseurs. Un important vigneron opérateur, médiatiquement reconnu, déstocke  massivement, inondant les circuits de produits bradés, ce n’est qu’un début de la débandade, ajoutant à la confusion que le ministère de la Santé à provoquée par son action antivin qui ne serait qu’un prélude  à ce qui nous attend par le Plan Cancer 2009/2013, annoncé pour juin.

Une  importante entreprise de conditionnement de vin de la vallée du Rhône, cherche vainement un repreneur après le lâchage de son actionnaire principal.

Cette situation générale va entraîner  l’ensemble du système viticole à une réforme profonde de son organisation et de son fonctionnement. Les coopératives vinicoles sont les premières concernées, beaucoup ne rémunèrent plus leurs adhérents au niveau de leurs charges d’exploitation, lesquels vivent d’expédients qui s’épuisent. Les Vignerons Indépendants qui avaient développés des circuits courts à l’international tirent, plus ou moins, leur épingle du jeu, mais constatent avec angoisse, les difficultés et la baisse du chiffre d’affaire de leurs clients. Les Organismes divers, associations, syndicats, interprofessions, Chambres d’Agricultures, vivant principalement de la viticulture seront eux-mêmes obligés de se regroupes, de diminuer leurs charges salariales, de réformer et rationaliser leur fonctionnement. Les administrations d’Etat de l’Agriculture, elles même, sont en cours de réduction de leur dimension. L’Union Européenne, elle aussi a commencé à modifier la répartition de ses aides dont certaines structures viticoles savaient maîtriser la destination.

C’est une véritable révolution qui s’annonce dont on ne mesure pas encore tous les effets direct et indirects.

L’Etat Français semble un peu désemparé devant l’ampleur du désastre général, il tente de donner le change par une hyper communication tous azimut, laissant entendre que les signes encourageants se manifestent désormais. Mais aucune décision majeure destinée à empêcher le renouvellement des faits dont nous connaissons les effets sociaux, économiques financiers catastrophiques n’est annoncée ou prise.

Il est clair que si les paradis fiscaux continuent à fonctionner à nos portes,  si les systèmes financiers sont laissés libres de spéculer à leur guise, sans règles contraignantes et sans outils de contrôle effectifs, si les règles comptables laxistes perdurent, si de nombreux systèmes financiers indépendants continuent de fonctionner à la commission, vendant du vent aux gogos, nous supporterons encore longtemps les errements du système.

Mais la réforme indispensable du complexe économico financier international, n’est pas suffisante pour orienter durablement le fonctionnement de la Société Mondiale vers une organisation qui préserve la vie au long terme. On sait bien que les 9 milliards d’humains sur la surface terrestre, dans un siècle, ne pourront absolument pas vivre et consommer sur le modèle USA actuel, qui est aussi le notre. Mais cette vision, cette perspective, n’est pas partagé, encore moins envisagée par la majorité des élites intellectuelles du monde. Cette réflexion doit déboucher sur une réforme des organismes mondiaux, ONU, FMI, OMC, qui devraient appuyer leurs analyses, leurs orientations, leurs décisions sur des données statistiques complètement différentes de celles qu’ils utilisent actuellement. Si le PIB de chacun des pays et du monde est composé d’un certain nombre de données et d’indices qui seront obsolètes demain, parce que ne correspondant plus aux réalités et aux nécessités des productions de l’avenir, il faut modifier la composition du PIB actuellement fondé  sur un modèle de consommation et de production à terme condamné. La composition du PIB oriente, en fait, le développement de nombreuses nations émergentes vers des situations impossibles, à terme, à gérer.

Le système intellectuel du développement économique tel qu’il est actuellement enseigné dans le monde occidental est totalement dépassé. Qui aura l’intelligence, le courage, l’efficacité médiatique de le dénoncer ?? C’est pourtant ce qui conditionne l’avenir de nos petits enfants……

Jean Clavel- 3 mai 2009

 

 

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