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21/03/2009

Vin et Cancer (suite)

Pierre Leclerc est l'un des plus actifs dans la défense de notre boisson nationale injustement calomniée en France par des ayatollahs oenophobes qui détiennent un pouvoir réel au Ministère de la Santé.
Il a publié dans la Journée Vinicole un article trés argumenté et documenté sur la situation étonnante de la viticulture française considérée par nos concurents de l'hémisphère sud comme la première du monde et qui subit dans notre propre pays les assauts de ceux qui prétendent détenir la vérité sur ce qu'il faut manger et boire !!!!Il y a à Paris une collusion d'intérêt contradictoires pour empêcher que le public distingue le vin par rapport aux alcools divers, a la bière et autres, ces intérêts s'expriment aussi au Ministère de la Santé, c'est la raison pour laquelle dans toutes les campagne on mélange tous les genres de boissons alcoolisées avec, en avant, le vin.
Extraits de l'article de Pierre Leclerc:
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La controverse scientifique sur « vin et cancers » ouverte en France le 17 février est un épisode de plus dans la longue histoire de l’image-santé du vin dans le monde. Il est utile d’en rappeler les principales étapes, leurs conséquences sur l’économie du vin, les particularités françaises, les rapports de forces, et les conclusions que l’on peut en tirer.

« Une bonne étoile », qui a permis la croissance jusqu’en 1974

Au fil de près de 3 millénaires : culture de la vigne, et « culture du vin », n’ont cessé de s’étendre à travers le monde (à l’exception du « coup de hache » des invasions barbares). Une telle croissance planétaire n’aurait pas été possible si le vin n’avait eu qu’un simple « double visage » : « plaisir / ivresse », « raffinement / ivrognerie ». En fait, en plus, depuis l’antiquité égyptienne et biblique, une « bonne étoile » a favorisé le développement du vin : sa bonne image en matière de santé et nutrition.
Hippocrate, Ambroise Paré ou Pasteur n’ayant été que des maillons d’une continuité médicale impressionnante.
Et si l’image religieuse du vin (« Sang du Christ ») a aussi joué un rôle historique important, il est permis de penser qu’elle a plus été permise par l’image-santé du vin (déjà presque millénaire au temps du Christ) que par son image-ivresse, ou même son image-plaisir !
Cette image religieuse n’a joué dans l’expansion de la vigne que sur une dizaine de siècles. Et même dès 1659 par exemple : le premier vignoble d’Afrique du Sud n’a pas été créé par des moines,… mais par le docteur Van Riebeeck, pour des raisons strictement médicales.
Ce « plus » du côté de la santé régnait encore à plein en 1939 en France : pendant que des affiches ministérielles faisaient rimer « Vins de France » avec « joie, santé, espérance », l’Académie de Médecine étudiait le classement de la vigne parmi les plantes médicinales… Ce n’est qu’à partir des années 40 que l’image-santé du vin connut une éclipse de 50 ans.
D’abord du fait de l’Ordre Moral de Vichy, et de ses « responsables de la défaite ». Ensuite du fait du triomphe de la médecine curative, qui fit trop oublier la prévention.
Mais les générations d’avant la 2ème guerre mondiale étaient déjà formées et vécurent particulièrement longtemps (c’est d’ailleurs justement ce qui, en France, permit d’identifier le fameux « paradoxe français »). Aussi, de même que « les étoiles continuent de briller longtemps après leur extinction », et la croissance des « 30 Glorieuses » aidant : la consommation mondiale de vins continua d’augmenter jusqu’en 74 (à 285 millions hl/an).

Déclin puis réapparition et redémarrage

A compter de 1975, cette consommation de vins dans le monde connut 10 années de plafonnement, puis 10 autres de chute rapide (de -7 Mhl/an !). Tous les observateurs y reconnurent, à juste titre, l’effet du remplacement progressif des « vieux, consommateurs quotidiens » par les « jeunes, consommateurs occasionnels ou non-consommateurs ».

Et les économistes reconnurent avec plaisir la très classique « courbe de vie d’un produit » :
1) Croissance, 2) Stagnation, puis : 3) Déclin… a priori donc « inéluctable ».
Mais c’est là qu’intervint un scientifique au palmarès impressionnant : Serge Renaud, qui aura montré au monde, successivement : les bienfaits du régime Crétois, le rôle des omégas 3, puis le Paradoxe Français et enfin, grâce aux « études de Nancy », le rôle bénéfique du vin non seulement sur le cardio-vasculaire, mais sur le total des risques, y compris de cancers. Ses découvertes ayant été cautionnées par la communauté scientifique mondiale, la télévision américaine le mit une 1ère fois en vedette fin 91. Puis une 2ème fois en 94, avec le renfort d’études danoises totalement convergentes avec celles de Nancy… Tout cela faisant partie d’une redécouverte progressive, par la médecine occidentale, du rôle préventif de l’alimentation dans la santé (les médecines asiatiques ne l’ayant, elles, jamais oublié).
La « bonne étoile du vin » se remit ainsi à briller dans le monde entier, et aussitôt, dès 1995, la consommation mondiale de vin se remit à augmenter, avec une régularité d’horloge :
- Par accélération de la hausse au Royaume Uni, Japon, Pays-Bas, Danemark et Norvège,
- Par inversion de tendance aux USA, Canada, Islande, Irlande et Australie,
- Par division par 3 ou 4 du rythme annuel de baisse en Espagne, Italie, et France.
Les chiffres très officiels de l’OIV, comme ceux de « World Drinks Trends » faisant foi (seul le rythme de la hausse totale faisant débat : +2 Mhl/an pour l’OIV, + 6 pour d’autres).

2ème éclipse, pour l’instant partielle

14 ans après ce « regain inespéré », l’image-santé du vin reste bonne sur l’ensemble du monde. Mais il n’en est plus du tout de même dans sa « patrie », la France :
A la fin des années 90, le taux de confiance dans ses bienfaits y était monté à 92 % !
Mais mi-2008 : le vin était déjà devenu « produit à risques, le pire à part la charcuterie ».
Et depuis, en 4 mois, il a été accusé 2 fois d’être dangereux pour la santé « dès le 1er verre quotidien » : 1 fois pour cause de « métaux lourds », 1 fois pour cause de cancers ! Comment expliquer une telle rétrogradation ? particulière à la France, et accompagnée, bien sûr, d’une ré-accélération de la baisse de consommation, bien avant la crise financière.

Les raisons sont au nombre de 2, simples et aisément vérifiables :

1) La vulgarisation des découvertes scientifiques sur la France avait été (faute de prise en charge nationale) portée à bout de bras par 4 organismes provinciaux (Guide vins et santé, COREVI, Chambre d’agriculture 13, et IEVSRV). Malgré des moyens modestes (n’ayant rien à voir avec ce qui est dépensé pour la promotion d’une seule AOC régionale) rien que les « retombées presse » étaient considérables : 90 articles par mois, pendant plusieurs années ! (d’où le taux de confiance grimpé à 92 % et la division par 4 de la baisse de consommation). Mais, après avoir été à tout le moins « implicitement désavoués » par les instances nationales de la viticulture, 3 de ces 4 organismes (les 3 derniers cités) on été mis en « sommeil profond ». Et n’ont donc plus alimenté, ni « poussé », la Presse.

2) Parallèlement, les instances nationales de la viticulture ont donné, dès 1999, un « permis de calomnier ». En mettant d’abord à la poubelle toutes les propositions de réponses aux calomnies contre le vin (sur le classement du vin en « drogue », sur une « expertise collective » écrite d’avance,…). Puis en snobant totalement toutes les initiatives de démentis, comme celles des « 4 vérités sur le vin », fonctionnant pourtant en total autofinancement.
La stratégie de la filière nationale est de ne pas répondre sur le fond aux accusations en matière de santé, même les plus insensées. La cible étant ainsi clairement « offerte », on assiste à une escalade de calomnies depuis 9 ans. La seule chose que demande la filière viticole ce sont « les formes » : elle souhaite qu’on la prévienne, avant de cracher sur le vin. Un « Conseil de la Modération » a été créé pour cela… mais il ne le fait même pas.

Vers l'éclipse totale

Il est vrai que le vin n’a pas affaire à de courtois nutritionnistes, tels que ceux qui déconseillent la surconsommation de sucre, ou de viande rouge, mais à des ennemis qui souhaitent sa disparition, des associations anti-alcool très puissantes à travers le monde.
Pour l’instant, elles concentrent leurs attaques sur le pays du « paradoxe français » et du vin. Mais il est évident qu’une fois le cas exemplaire de la France « traité », elles vont progressivement faire la même chose dans tous les pays du monde. Avec l’avantage d’avoir gagné dans le pays réputé le plus difficile ! Ce sera alors une 2ème « éclipse totale » de la bonne étoile santé du vin. Avec la circonstance aggravante que les années à venir ne semblent guère devoir ressembler économiquement aux « 30 glorieuses »…

Rapport de forces

Depuis 15 ans en France : ce n’est qu’une poignée de scientifiques, d’hommes du vin, et de journalistes, qui se sont dévoués corps et âme pour faire connaître les bienfaits du vin sur la santé à dose modérée. Pas seulement dans l’intérêt du vin : dans l’intérêt aussi de l’humanité qui a, sous la main, une source de polyphénols quotidiens agréable, accessible et très complémentaire de celle des fruits et légumes (chez ces derniers : ils sont plus forts que les pesticides. Dans le vin : ils sont plus forts que l’alcool, y compris contre les cancers). C’est ce qui ressort du récent prolongement des « études de Nancy », réalisé sous l’autorité du docteur Dominique Lanzmann, qui a remarquablement pris la suite de Serge Renaud
Depuis 15 ans, cette poignée d’hommes et de femmes est l’objet des attaques des ennemis du vin. Cela n’a jamais été un problème. En revanche, 2 désaveux ne sont plus tenables :

A) Le désaveu par les instances nationales viticoles des actions vin et santé (de quelque style qu’elles soient). Par leur silence assourdissant sur le fond, elles cautionnent les calomnies. Et font penser aux politiques, aux médias, à l’opinion publique, qu’il « doit y avoir du vrai, dans les accusations », puisqu’elles ne sont contestées que sur leur forme. Et de là, des projets de loi qui ne sont que des conséquences de la dégradation de l’image-santé du vin. Ces conséquences finissant par faire oublier la cause.

B) L’indifférence de la base (viticulteurs, salariés, fournisseurs) est également écrasante. Cette base n’a jamais voulu savoir pourquoi les choses se sont brusquement améliorées à partir de 95 (alors qu’on avait annoncé l’enfer !). Et elle ne s’étonne pas de ce qui arrive depuis 2003. Elle parle volontiers de « culture du vin », mais ne veut pas voir ce que histoire, géographie, et économie du vin doivent à son image-santé. Elle cautionne ainsi le désaveu des dirigeants, dont elle vote d’ailleurs, année après année, renouvellements, budgets, quitus, etc.
Ce double désaveu décennal s’accompagne bien sûr d’un épuisement des moyens financiers. Il ne touche plus seulement les actions de communication. Mais aussi les plus modestes moyens de concertation (réunions, déplacements,…) et même la recherche, dont les derniers maigres crédits seront épuisés le 30 juin prochain. Alors que les découvertes scientifiques, et leurs actualisations et approfondissements réguliers, sont la base de tout le reste.
Grâce à un récent « appel au peuple », il sera peut-être possible de sauver « l’honneur » du vin. Chacun doit y contribuer. Mais dans la situation actuelle : il ne sera par contre pas possible de sauver son image-santé (qui ne fait d’ailleurs même pas l’objet d’un suivi graphique sur 20 ans. Contrairement aux ventes de la moindre AOC dans les moindres supérettes de Basse-Normandie). Dans le meilleur des cas, on ne pourra donc que ressortir la boutade très française : « Tout est perdu, Madame, fors l’honneur » !

Pierre Leclerc

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