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05/03/2009

Fatwa contre le vin!!!!

Vers une interdiction des dégustations ?
Le sénateur A. Houpert dénonce une « fatwa contre le vin »

Le jeune sénateur de Côte-d'Or, Alain Houpert, a choisi la maison natale de Gaston Roupnel à Gevrey-Chambertin pour ouvrir un contre-feu à ce qu'il considère comme une « fatwa contre le vin », contenue dans le fameux article 24 du projet de loi Hôpital, patients, santé et territoire.
Sénateur et vice-président du conseil général, Alain Houpert est également médecin-radiologue et amoureux des bons vins et de la convivialité. Il est aujourd'hui en colère, contre l'article 24 du projet de loi Hôpital, patients, santé et territoire : « Je passe mon temps à dépister des cancers et la ficelle est un peu grosse. Nous avons affaire avec un lobby hygiéniste, constitué de bobos parisiens qui procèdent à une attaque dogmatique contre le vin. C'est pourtant l'un des éléments de notre culture française qui relie les hommes. Vouloir interdire le vin, c'est une vraie fatwa. Je réagis en tant qu'homme libre et de bonnes mœurs, affidé à aucun lobby. On veut aujourd'hui infantiliser notre société. On prend l'argument de la santé, alors qu'il est évident que le danger vient des abus et de l'addiction.
Les religions sont pleines de bon sens. Dans notre tradition, on ne pouvait pas manger de la viande rouge tous les jours. Le carême était en ce sens, l'occasion de remettre les pendules à l'heure pour le corps. Autant la viande rouge apporte des protides indispensables, autant son excès de consommation est nuisible, comme tous les excès. »
Pour joindre la parole au geste, Alain Houpert a choisi un établissement SARL Le Roupnel « Chez Gaston », à Gevrey-Chambertin, tenu par le viticulteur, Philippe Charlopin qui sert justement une bouteille de circonstance, sur laquelle on peut lire : « Vin bon pour la santé ». C'est aussi la maison natale de Gaston Roupnel qui fut historien à l'université de Bourgogne et défenseur du régionalisme.
Le symbole est fort et le propos marqué : « Pour toutes ces raisons, je ne voterai pas ce texte, présenté par le ministre de la Santé », déclare le sénateur qui estime par ailleurs, que les libertés fondamentales sont de plus en plus restreintes.
Le fameux article 24
Petit rappel des faits : pour lutter contre l'alcoolisme des jeunes et le « binge drinking » (concours d'enivrement rapide), la vente d'alcool « au forfait » et « l'offre gratuite à titre promotionnel » devraient être prohibées. Les soirées open bar (entrée payante et boissons gratuites à volonté) seront donc interdites. Problème, la rédaction actuelle de l'article de loi pourrait mettre fin aux foires et dégustations de vin.
Dans nos précédentes éditions, nous avons donné la parole aux différentes parties en présence, dans ce débat. Le député Alain Suguenot, président du groupe d'études viticoles a déposé un amendement contre cet article 24, afin d'en limiter l'étendue aux seules soirées « open bar ». Il est rejoint par Jean-Pierre Soisson, député de l'Yonne. Des experts se sont exprimés dans nos précédentes éditions : le docteur Jean-Pierre Rifler, puis le professeur Norbert Latruffe qui défendent, arguments scientifiques à l'appui, les bienfaits d'une « consommation de vin rouge modérée ».
En contre-pied à ces prises de position, l'Institut national du cancer produisait dernièrement une synthèse d'études, prétendant que le danger était au contraire, constitué « dès le premier verre de vin ».
Le professeur Norbert Latruffe a répondu à cet argument dans notre journal. Le débat reste donc très vif. Le sénateur Houpert nous apprend que l'ancien président de l'INCA, le professeur David Cayatte va très prochainement faire paraître un livre dans lequel, il dénonce ces attaques portées contre le vin.
Si le gouvernement fait savoir que l'on va vraisemblablement vers un assouplissement de ce projet de loi, la profession viticole reste très inquiète. L'issue du vote devant l'Assemblée nationale reste incertaine et Alain Houpert le dit lui-même, il n'y a qu'une soixantaine de sénateurs, ouvertement disposés à défendre le vin.
Extrait de"Le Bien Public" du 04/03/09 Franck Bassoleil

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