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05/11/2008

Crise financière 2008

Crise financière 2008

Le nombre très important des prêts hypothécaires  consentis à des ménages en situation précaire aux Etats-Unis est à l’origine de la crise financière qui frappe maintenant tous les pays développés. Leur « titrisation » au travers des procédures appelées « dérivés de crédit » ayant permis de vendre ces créances douteuses à des institutions financières, qui les ont recyclé au final, à des sociétés, à des collectivités publiques, à des particuliers…, tant aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde. Il y a même en France  des départements, des villes importantes, qui ont obtenu des prêts comportant des produits dits « toxiques ». La Banque Dexia sauvée de la faillite, en une nuit, par décision des gouvernements Français, Belge, Luxembourgeois a placé de nombreux produits financiers « dérivés » à charge toxique dans les collectivités françaises. De nombreux établissements financiers européens sont plus ou moins concernés par ces dérives : en France les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires ont participé à la spéculation financière et immobilière au travers de filiales « Natexy et Nexyti » qu’il faut maintenant renflouer après les pertes de leur capital en Bourse, de même que la filiale du Crédit Agricole « Calyon » issue de la prise de contrôle du Crédit Lyonnais. 

   Les préteurs d’origine, ont escamoté, grâce à la titrisation, leur responsabilité directe, avec la complicité de nombreux intermédiaires qui en tiraient bénéfice. Le contrôle des mouvements financiers extrêmement importants et volatiles, qui était confié aux agences de notation, prétendues indépendantes, a été totalement inefficace.  La vague de ruptures de paiement a  des conséquences dramatiques pour des institutions financières et certaines  grandes banques traditionnelles. La quasi faillite de Fannie Mae et Freddie Mac,  sauvés « in extremis »  par la Banque Fédérale US et la Maison Blanche parce que leur défaillance aurait entraînée une crise internationale majeure, la Chine et la Russie étant des créanciers très importants de ces institutions.  La faillite de Lehmann Brothers, volontairement sans intervention publique américaine, a totalement désorganisé le fonctionnement des Bourses mondiales, chaque acteur s’interrogeant sur l’exposition au risque systémique financier des sociétés cotées.    Désormais c’est l’économie réelle qui est en danger.

La perspective économique, sociale et environnementale pour 2009 est sombre pour la plus grande partie de la planète. Le monde de l’économie réelle, celle qui est fondée sur les échanges facturés de biens et de services, est désorienté. Le déséquilibre de la balance commerciale US depuis de nombreuses années, particulièrement depuis 2001, compensé par la création de milliards de $ de bons du trésor US, a entraîné la création d’une bulle financière, aux mains de banques nationales principalement Chinoise ou Russe qui donne à ces pays un pouvoir politique mondial.

Le krach confirme  les prévisions d’économistes hétérodoxes comme le prix Nobel Joseph Stiglitz, auteur d’ouvrages prémonitoires, 2002 PLON, « La grande désillusion » , 2006 Fayard « Un autre Monde. Contre le fanatisme du Marché » http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Joseph_Stiglitz&redirect=no  ,  ATTAC Europe  http://www.france.attac.org/  qui lance une campagne « Sortons de l’économie Casino ! » ,  et d’autres voix critiques (René Passet, l’illusion néo-libérale Flamarion). Les superviseurs bancaires, dans la mouvance des Banques Centrales de différents pays, savaient que le système était au bord du gouffre, mais il n’y avait pas de volonté d’agir à cause de la croyance dominante dans les capacités autorégulatrices du marché (GSBF, groupe des Superviseurs Bancaires Francophones Paris Juin 2004).

Aujourd’hui, sous la pression de la crise,  la communauté financière réclame des réformes. Les banquiers souhaitent des intervention de l’État, mais ils s’organisent pour  socialiser les pertes et conserver les bénéfices passés et futurs. L’opération de sauvetage menée par le gouvernement des États-Unis pour 700 milliards de dollars, les interventions au Royaume-Uni, en Allemagne, en France et dans d’autres pays européens relèvent de cette logique. Les réformes proposées ne s’en prennent pas aux problèmes systémiques qui expliquent la crise. Elles concernent surtout le secteur financier et visent sa stabilité.  Quand la communauté financière parle de réforme, il s’agit au mieux d’une (re)réglementation ponctuelle et de gestion de crise à court terme, pour tenter de sauver le système.
La crise n’est pas le résultat d’un malheureux concours de circonstances, pas plus qu’elle ne peut se réduire à quelque défaillance d’un système de contrôle, des agences de notation ou à des erreurs d’acteurs individuels, même si ces dérives existent. Ses racines sont systémiques et c’est donc la structure et les mécanismes du système lui-même qui est en cause.

Les marchés financiers représentent le centre et le moteur de la mondialisation. La domination du secteur financier sur l’économie réelle a commencé à se manifester après l’introduction de taux de change flottants entre les principales devises en 1973, en même temps qu’était aboli tout contrôle sur les mouvements de capitaux et qu’étaient libéralisés et dérégulés les marchés financiers, y compris des firmes d’audit,  directement soumises à la pression du secteur financier. Depuis, les institutions financières et les mécanismes qu’elles mettent en place ont connu une expansion rapide ; la masse des actifs financiers, les dettes et la recherche de bénéfices se développent massivement. L’exigence d’une rentabilité des investissements dans les capitaux des sociétés autour de 15%, à l’exemple de ce que rapporterait la spéculation financière, entraîne ces sociétés à des délocalisation de la production, des restructurations internationales, sans égard pour les employés, et sans réaction des Etats, aveuglés par le concept de souveraineté des marchés, et les orientations de l’OMC.  La brutale accélération de ce processus, après 2001,  en particulier l’augmentation spectaculaire de la dette intérieure des États-Unis (notamment l’endettement risqué des ménages, en particulier immobilier, estimé fin octobre 2008 à 1000 milliard de $) et de son déficit extérieur, financé par le reste du monde. (14 000 milliards de $, « Le Temps CH » 15/09/2008) a préparé l’explosion de 2008.

Ces tendances combinées ont mené au développement d’un nouveau modèle économique, une nouvelle forme de capitalisme, dont la conséquence est claire : alors qu’auparavant les marchés financiers avaient un rôle subordonné à l’économie réelle, ce rapport a été inversé. La priorité donnée aux « intérêts financiers » aux multiples produits dérivés, sur l’économie « réelle » fait que toutes les activités économiques sont mise au service des marchés financiers  sans se préoccuper de préserver une production et une agriculture durables ni d’ailleurs de l’épargne des clients « normaux ». La logique et la dynamique de maximisation des profits immédiats pénètrent tous les pores de la vie économique et sociale. La mobilité du capital financier, permettant la spéculation à très court terme, joue un rôle essentiel dans l’économie mondiale actuelle. Elle crée une concurrence, non seulement entre entreprises multinationales, mais entre États, entre leurs systèmes sociaux et fiscaux, entre les travailleurs de différentes parties du monde, favorisant les délocalisations.

 

La crise démontre que les marchés non réglementés par les Pouvoirs politiques produisent des résultats catastrophiques. Un contrôle démocratique est donc nécessaire, ainsi qu’une coopération internationale plutôt qu’une concurrence délétère entre économies nationales.

Crise financière et récession coïncident avec de brutales variations du prix du pétrole et de la nourriture, qui débouche sur une grave crise sociale. Les variations des prix des matières premières et de la nourriture ont des causes multiples. Mais à nouveau, comme pour les différentes crises financières, la spéculation par des fonds de placement et autres investisseurs institutionnels, jouant sur le court terme, a largement contribué à l’instabilité des prix.

La parole est maintenant aux responsables politiques des pays concernés, et à ceux des institutions internationales qui n’ont pas su, ou pas pu, anticiper les conséquences prévisibles des dérives financières dont chacun pouvait constater les effets collectifs. Nous devons, ensemble, suivre et tenter de comprendre les évolutions et modifications législatives et réglementaires permettant de surmonter cette crise financière et ses conséquences économiques, sociales et humaines, afin, autant que possible, d’influencer les décideurs, dans le sens de l’intérêt général.

 Jean Clavel 04/11/2008

 

 

16:54 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

la crise economique que connait le monde aujourd hui peu etre considéré comme une catastrophe humaine et non naturelle vu son origine mais la quéstion qui se poseet la suivante : est ce que le tiers monde va subir les consequences de cette crises ?
est il en forme pour subir les effets de la crise minim quels soit ?
doit il demandé ou plutot exiger des aides repoussant tout desequilibre qui pourra etre causé par la crise?

Écrit par : asma | 11/11/2008

Les pays du Tiers Monde ne seront pas en marge de cette crise et cela pour plusieurs raisons:
1-Qui completent le reliquat du deficit budgétaire du Tiers Monde?Reponse les Pays Developpées qui sont actuellement en crise
2-Comment peut-on oublier de la crise alimentaire?

Écrit par : Allaye Madio TOLO | 19/11/2008

Bonjour, Il faut résister à la morosité ambiante et conserver un optimisme raisonné, mais il reste des zone d'ombre importantes. J'ai écouté sur France Culture à l'occasion du G20 une émission "La refondation du Capitalisme est-elle pour demain" avec une longue intervention de Olivier Blanchard professeur au MIT et proche de DSK , Chef économiste au FMI, qui n'était pas réjouissante ! Les résultats des interventions financières des Etats ne sont pas encore probantes, l'incertitude de la politique US dans ce domaine, liée à l'inaction de l'équipe Bush et au délai de mise en oeuvre de celle de BO est inquiétante. La masse de $ créée ces dernières années par des émissions de la FED, est telle, qu'un défaut de paiement des USA en cas de demande forte de remboursement par les créanciers est possible, pas probable, pas certaine, mais possible!!! Ces éléments font que le rebond des bourses est difficile à court terme !! On ne peut pas trop espérer un développement de la consommation des pays développés, chaque famille préservant son avenir par un contrôle serré de ses dépenses. Dans ces conditions le crédit est rare car chaque préteur, à tous niveaux, collectivités, entreprises, ménages, demande des garanties réelles et prouvées. Cette situation a des conséquences mondiales, les pays pauvres étant plus touchés que d'autres et des problèmes alimentaires, des conflits locaux ou régionaux ne sont pas a exclure. La France heureusement protégée par l'UE et l'Euro, devra faire un gros effort pour rétablir ses finances, ce que le gouvernement actuel et le président ne sont pas prêts a faire, les réformes indispensables de l'Etat, des collectivités, de la protecttion sociale, des retraites longtemps différées devront être faites dans une période peu favorable !!! Attendons nous a des difficultés accrues que ni les politiques ni les syndicalistes ne voient venir. a suivre
Jean Clavel

Écrit par : Clavel | 19/11/2008

La crise financière actuelle est à l'économie libérale, ce que la chute du mur de Berlin fut au régime soviétique!!!
Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001.
Son ouvrage "Quand le Capitalisme perd la tête" paru en 2003 (en France) dont le recommande la lecture, contient tous les éléments de compréhension de la crise mondiale actuelle. Il vient de publier un article dans le "The Guardian" The fruit of hypocrisy !! dans lequel il décrit sans concession les fondements nauséabonds et absurdes de cette crise . La globalisation de la finance débouche d'après, lui sur, sur une dérégulation maximale des flux de capitaux , tout en déresponsabilisant les acteurs financiers libéraux qui se reposent en cas de dérive de leurs actes sur les Etats et in fine sur les contribuables. La masse des capitaux en cause est telle, agitant la menace de faillite systémique, qu'ils obligent les Pouvoirs Publics à intervenir, oubliant qu'ils ont exigés de ceux ci la dérégulation des systèmes, ayant tiré de leurs spéculation des profits colossaux !!!
Les spécialistes les plus qualifiés,formés par les meilleures Universités aux frais de la collectivité, s'ingénient à contourner, avec succès, les normes destinées à la sécurisation du système bancaire. Jusqu'à quand ???
Jean Clavel

Écrit par : Clavel | 10/12/2008

c est comme un virus que l on a jette sur internet ou la boite de pandor la solution pour remedier a cela c est???????????????pour connaitre la suite et mon idee sur le probleme y en a pas la realite c est que le monde explose et nous devenos trop nombreux c est beau une grande famille mais il faut nourrir tout le monde on devient un peu les 7 annees maigres predit par joseph a pharaon vu en reve

Écrit par : popol | 15/12/2008

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