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28/10/2008

La Méjanelle, terroir Montpelliérain

 Voici la suite de ma communication lors de l'attribution du Prix Malassis

Texte de Maurice Chauvet extrait du Plaisant Voyage Occitan

“Et Maintenant en route pour la Méjanelle. Ce que désigne ce nom bien Languedocien, c’est un petit plateau, au vrai une terrasse comme disent les géographes, d’une quarantaine de mètres d’altitude, située au sud est de Montpellier que traverse la route conduisant à Mauguio. Il a quatre kilomètres de long et autant de large, domine la vallée du Lez au dessus du faubourg banlieusard de la Pompignane, et descend de l’autre côté , en pente douce vers l’aéroport de Fréjorgues et l’étang de l’Or. C’est une terre de cailloux roulés, de grés, un diluvium alpin apporté là par le Rhône aux âges géologiques de son formidable delta. Dans le langage populaire, le vin de la Méjanelle est connu sous le nom “Vin de Montpellier”.

Le consciencieux pèlerin allemand Abraham Golnitz, qui nous a laissé  un tableau haut en couleur et abondant en détails pittoresques, du Languedoc de 1626, a écrit en parlant de la Méjanelle cet éloge hyperbolique: d’ici proviennent les vins les plus généreux de toute la Gaule.

C’est peut être un peu exagéré , mais il est certain que ces vins de grés qui ont fait , pendant des siècles les délices domestiques de leurs producteurs ont un bouquet nuancé qui provient sans doute de la proximité de la mer dont j’ai remarqué qu’elle donnait toujours finesse et légèreté. Ils ont une élégance et une distinction qui  s’harmonise à la perfection avec leur terroir, où des domaines aux noms aristocratiques de magistrats, de médecins, de trésoriers et de mécènes des anciens temps égrènent leurs belles architectures, leurs parcs, leurs fontaines de coquillages, leurs vases, et leurs statues sur le penchant alangui qui vient se fondre dans les tamaris et les roseaux des berges de l’étang. Qu’ils s’appellent : Isnard, Rastouble, le Ministre, Valedeau, Grammont, Montauberou, Flaugergues, Beauregard, La Mogère, Calage, ces vins sont à l’image de l’esprit de la vieille ville des Guilhem, fait d’équilibre, de culture sans pédanterie, d’ordre sans contrainte, et de méthode sans application ; l’esprit d’un Cambacérès, d’un  Daru, d’un Chaptal, d’un Rondelet, d’un Barthès, d’un Saporta, ou d’un Sébastien Bourdon.

Ce sont les vins des architectures classiques, des tables discrètement ornées de flambeaux d’argent et de faïences jaunes à fleurettes, des repas sans apprêts , mais de bonnes qualité, de la bonne compagnie, de la conversation polie et gaie , un peu ironique parfois, s’agrémentant d’un trait piquant ou galant, finissant sur un air de clavecin dans la demie pénombre d’un salon , à l’heure où le soleil s’assoupit sur les vignes gorgées de chaleur et sur l’eau grise des étangs plombés , tandis que les larmes des pins s’égouttent sur les margelles de l’Eté.”

Mes commentaires

La Méjanelle est maintenant bien diminuée par la croissance de la ville, des domaines ont disparu, comme Grammont, ou Beauregard, d’autres sont cernés de toute part comme Flaugergues, l’autoroute a enlevé une partie de territoire et devra être doublée prochainement….

 

On connaît l’importance du terroir, qui est l’assiette du vignoble, il dépend du sol de surface, du sous sol, et de son régime hydrique, et de l’exposition. Les bons vignobles sont situés sur des sols pauvres, généralement à mi pente, ou au sommet des croupes. Ce sont aussi les équilibres de la plante et de l’eau qui donnent la personnalité au terroir vigneron. Le raisin qui mûrit craint davantage l’excès d’eau que la sècheresse. Suivant la perméabilité du sol et la profondeur des racines, suivant l’humidité permanente à leur niveau, la qualité des raisins sera différente.

Je me disais un jour que la vigne, c’est encore ce qu’on a trouvé de mieux pour utiliser l’énergie solaire. Des millions de feuilles de vigne à l’hectare, tournées vers le soleil du matin et celui du soir, chauffées par le soleil de midi, captent les rayons lumineux, Le cep de vigne stocke cette énergie, sous la forme la plus savoureuse, dans les baies des raisins qui mûrissent, et pas seulement à l’état de sucre, anthocyanes de la couleur, tanins doués d’astringences savoureuses, essences aromatiques, concentrées dans les cellules de la pellicule. Le vin n’est pas le produit de la nature, quoique il semble pour tout le monde un produit « naturel », le vin est produit par l’homme, création de la vigne par des adaptations et même  transformation du sol, culture et soin de la vigne tout au long de l’année, récolte et vinification, élevage et conditionnement, le vin est réellement le produit de l’homme et il vaut ce que vaut l’homme. Le vin de qualité ne peut être obtenu par hasard, mais seulement par un effort constant de qualité sur un terroir qualitatif.

 

Si nous savions goûter le vin, le pain, une amitié, nous saurions goûter, de même, chaque instant de notre vie, dans les respect et l’écoute silencieuse de la bonne heure qui passe. C’est ce que je vous souhaite

Commentaires

Vous attribuez le retournement de l'opinion concernant le Sida au fait de l'engagement des guides d'opinion. En fait de guide d'opinion c'est la communauté gay (notamment par l'intermédiaire des assos AIDES et surtout Act Up) qui a su sensibiliser l'opinion. Les politiques de tout bord furent des plus frileux au début de la pandémie.
Les choses ont certes évolué, ça n'aarive pas qu'aux autres, mais la vigilance s'impose toujours : les traitements tri soignent mais ne guérissent pas
De plus il faut tenir compte du phénomène "sérophobie" aussi redoutable, sinon plus, que l'homophobie
Je sais de quoi je parle vu que je suis séro+
Votre article est très intéressant, mais un peu osé de mettre en parallèle addiction à l'alcool et pratiques sexuelles
Trés bon papier toutefois

Écrit par : bros | 23/12/2008

Bonjour,
Comparaison n'est pas raison, j'ai repris le texte d'un ami , Jacques Berthomeau paru sur son blog, qui m'a semblé trés pertinent en ce qui concerne la lutte contre l'alcoolisme et la consommation modérée de vin. Il a fait une allusion à la lutte contre le sida, bien peu argumentée et c'est vrai que l'opinion française a été longue a se mobiliser sur cette terrible pandémie dont l'actualité internationale est toujours dramatique. S'il n'y avait pas eu l'action de ceux qui étaient les plus directement concernés, le public ne se serait pas senti concerné
JC

Écrit par : Clavel | 24/12/2008

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