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04/01/2008

La fin d'une époque

Nous avons célébré tout au long de 2007 le centenaire des évènement de 1907 pendant lesquels nos ancêtres ont exprimé leur attachement au pays, leur fidélité à nos productions viticoles, la défense de leur économie et par diverses actions novatrices, leur refus de manipulations frauduleuses qui entraînaient la ruine de la prospérité régionale.

            J’ai participé, dans les 4 départements du miedjorn à de nombreuses expressions, expositions, rencontres, conférences, chants de l’époque, films, échanges par blog internet et j’arrive au terme de ce marathon et diverses autres expressions. Les néo languedociens qui sont maintenant plus nombreux que les vignerons, dans beaucoup de nos villages, ont été très intéressés à ce rappel du passé et ont fréquenté assidûment ces manifestations.

Il faut maintenant tirer les leçons  de ces commémorations et construire l’avenir.

C’est une coïncidence étonnante, 2007 marque la fin d’une époque, d’une histoire viticole. On ne s’en rend pas tellement compte, chacun pris dans le tourbillon politico-médiatique, et je voudrais en quelques phrases en définir le contenu.

Fin d’une époque en France, fin d’une époque dans l’union européenne, en relation avec l’Organisation Mondiale du commerce.

En France : L’organisation viticole était structurée par des règles élaborées en 100 ans de notre histoire, loi de 1905, de 1919, de 1935, de 1967, qui ont eu, chacune, leur cortège de décrets, d’arrêtés, de circulaires ministérielles et de jurisprudence. Il y avait une logique continue et des règles en général respectées, sous le contrôle de services professionnels et d’Etat vigilants. Nous avons connu des personnages marquants, à la fois connaisseurs  pratiquants de la chose publique, et professionnels reconnus, je citerai deux d’entre eux :

            Joseph Capus, (1867/1947)Député 1919-1928 Sénateur 1930-1940 ,à l’origine directeur de la station viticole de Cadillac en Gironde, mais aussi député et sénateur, créateur des Appellation Contrôlées, de l’INAO, qui a été, dès la loi de 1905 le vigilant protecteur des terroirs, rectifiant à chaque fois les erreurs des lois précédentes, pour enfin arriver à une méthode, au sein du Comité national des Appellations Contrôlées, qui associait l’Etat et le syndicats locaux de vignerons dans une même volonté qualitative et dynamique. C’était original, en ce sens que les décisions du dit Comité, une fois votées en son sein,  ne pouvaient être remise en cause par le pouvoir politique, la seule chose que le ministre pouvait faire,c’était refuser de signer le décret approuvé par l’ensemble des membres.

Edouard Barthe, (1882/1949) né à Montblanc (Hérault), député de 1910 à 1940, sénateur en 1948, il était pharmacien à l’époque ou ces professionnels, étaient les seuls œnologues indépendants reconnus, procédaient aux analyses des vins et conseillaient sur les soins à leur apporter. Il est connu  pour être l’auteur du statut viticole de 1935 qui fut  l’un des piliers de la viticulture. Pour régulariser le marché, il fait appliquer trois mesures : le blocage d’une partie de la production, l’échelonnement et la distillation en cas de stock trop important. Il a exercé de nombreuses responsabilités professionnelles viticoles à été président de l’INAO, son statut viticole a été appliquée en France, sous diverses formes, jusqu'à ce que les règlements européens remplacent la réglementation nationale, en 1970. Fin d’une époque en France, la loi d’orientation agricole du  5 janvier 2006 a réformé complètement le statut de l’INAO devenu l’INOQ (institut national de l’origine et de la qualité), lui supprimant totalement la spécificité légale historique de 1935, et entraînant par l’ordonnance du 7 décembre 2006  la fin des syndicats AOC. Ils avaient joué un rôle fondamental local dans la construction du système des appellations françaises que le monde viticole nous enviait, les transformant en des structures administratives obligatoires n’ayant plus de fonction directe de suivi de la qualité des produits où ils étaient performant, quoiqu’on en dise. Cette transformation s’est réalisée au niveau parisien  sans aucune concertation locale, imposée par les cabinets ministériels, avec la complicité et la passivité de quelques présidents nationaux viticoles faisant carrière de leur représentation. Le montage technocratique de substitution, multipliant les structures administratives rend encore  plus complexe le fonctionnement viticole, multipliant les niveaux de décision et les contrôles. Cette situation aura forcément un coût, supporté par les producteurs. Ma longue pratique administrative, et la connaissance des administrations centrales me  confirment que la technocratie parisienne triomphe.

 

Je n’ai pas encore compris la cohérence de cette réforme française, avec celle de l’OCM viticole (organisation commune de marché)  européenne, qui, dans le même temps, était préparée par la Commission européenne à Bruxelles. Elle doit être entérinée définitivement avant la fin décembre 2007, sous présidence portugaise, par le Conseil des Ministres. Alors que la réforme française est  marquée par un surplus de réglementation et d’administration, la réforme européenne est imprégnée de libéralisme avancé. L’orientation de l’UE est claire, suppression des cadres réglementaires et financiers, liberté à terme de plantations de vignes, responsabilisation des producteurs, plus de subvention, le principe étant : si vous plantez de la vigne, c’est que vous avez la certitude que vous vendrez votre produit dans des conditions de rentabilité économique. L’échec éventuel est de votre responsabilité personnelle et totale. Il s’y ajoute d’autres aspects, par exemple, la possibilité de mettre en marché des vins sans indications géographiques en indiquant sur l’étiquette, la marque, le millésime et le cépage, ce qui rend moins attractif l’indication géographique. D’autres propositions comme la possibilité d’importer des moûts de raisin venant de pays hors d’Europe, permettant d’élaborer dans des ports européens des vins qui prendraient la nationalité du pays importateur. Cette possibilité est déjà exploitée en Italie pour les huiles d’olive, ce qui a fait effondrer le marché des huiles d’olives véritablement produites dans la pays. Cette orientation  est en réalité la transcription en UE des accords signés dans le cadre de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) à Genève. L’antagonisme entre les vins de terroir, bien identifiées, au contenu, paysager, culturel, gastronomique, qualitatif, reconnu et les productions volumiques industrielles de marque aux budgets de marketing conséquents est plus que jamais d’actualité. Les autorités politiques nationales et européennes semblent avoir fait leur choix. Ce n’est pas celui du terroir. Nous aurons l’occasion de développer tous ces aspects en 2008. Jean Clavel 09/12/2007

 

Commentaires

Ce n'est peut-être pas le lieu de rappeler le roman de Raoul Stéphan, Bécagrun, qui évoque la révolte viticole de 1907, réédité par les Amis des Ophidiens de St Dionisy (Gard) en 2010. Mais je me permets de le faire quand même.

Écrit par : Dramais | 01/08/2011

Bonjour,
Descendant direct de Henri Louis Rouquié une des 4 victimes de la fusillade du 20 juin 1907 place de l’hôtel de ville de Narbonne, je recherche tout document de cette époque où figure le nom de mon aïeul . Il était à l’époque des événement employé à Coursan comme domestique .
Merci d’avance pour l’aide éventuelle que vous pourriez m’apporter.
Pierre BRU

Écrit par : BRU Pierre | 26/12/2012

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