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19/06/2007

Alcoolisme et vin

A l’attention des députés élus le 17 juin 2007

 

Place du vin dans la lutte contre l’alcoolisme :

 

 

La consommation du vin par la population française n’a cessé de se réduire depuis 40 ans, et le vin ne peut plus être considéré comme l’un des facteurs important de l’alcoolisme de notre pays, ce qu’il a été dans le passé.

La consommation d’alcool en France diminue régulièrement depuis 40 ans, essentiellement en raison d’une importante baisse de la consommation de vin. Entre 1961 et 2003, la consommation d’alcool a diminué de 47,5%, passant de 17,7 à 9,3 litres d’alcool pur par an et par habitant. Dans le même temps, la consommation de vin a baissé de plus de moitié, passant de 126,1 à moins de 50 litres de vin par an et par habitant. La part des dépenses consacrées aux boissons alcoolisées dans le budget alimentaire des ménages est passée de 12,4% en 1960 à 8,9% en 2002 [Insee]          

La seule diminution naturelle de la consommation de vin en France est largement suffisante pour satisfaire aux objectifs des vrais professionnels de la santé et il n'est nul besoin d'agresser et de culpabiliser les actifs de diverses branches professionnelles qui contribuent au bon équilibre de la balance commerciale de la France, participent à la création de nombreux emplois. Si la France est l'une des premières destinations touristiques du monde, elle le doit à la qualité de sa gastronomie et de ses vins, à la diversité de ses paysages protégés souvent par la vigne, à son patrimoine architectural lié souvent à la viticulture, et à la vertu de son accueil dans lequel le vin est très présent. Le vin est la boisson habituelle et quotidienne des populations européennes depuis au moins 2500 ans dont le régime alimentaire est cité en exemple par de très nombreux nutritionnistes dans le monde. Avec le blé, il a été l'un des facteurs du développement de la civilisation gréco romaine dont nous sommes les héritiers et les continuateurs, ils sont même devenus les symboles religieux les plus représentatifs. Durant cette longue période la consommation modérée et raisonnée de vin n'a eu que des effets positifs sur la santé humaine, sur la création culturelle, artistique, sur le sens de la beauté, le goût du vrai, de l'attention portée à autrui, de la connivence. Il a contribué à transmettre une mémoire, des traditions, un sentiment d'appartenance, et un appétit d'universalité. Il faut partie intégrante de notre culture… Il n'y a pas de raison objective pour que cela change à notre époque. Les excès de consommation de vin sont néfastes comme tous les excès le sont pour la santé humaine. Une alimentation trop riche en lipides, en protéines ou en sucre induit des déséquilibres physiologiques infiniment plus dommageables pour la santé et les finances publiques.

Toute une série d'actions sont développées directement ou indirectement par le Ministère de la Santé, pour réduire l'alcoolisme en France, ce qui est une mission hautement respectable.

 Mais en réalité, ceux qui inspirent l’action ministérielle, quel que soit son orientation politique,  ont un  objectif plusieurs fois affirmé, c’est, s'appuyant sur le principe de précaution, l'abstinence totale, seule à même de protéger le consommateur. Certaines associations de lutte contre l’alcoolisme proche et financées par le ministère de la santé, dévoyées par des raisonnements mécanistes aux données très critiquables  affirment que la seule consommation sans danger de vin est la privation totale,  le consommateur modéré risquant l'abus en permanence.

La seule façon de sortir de cette situation absurde, est que le statut du vin soit clairement  identifié, par une décision parlementaire, comme une boisson au statut culturel, au potentiel économique international, indispensable au développement touristique du pays. L’Espagne a montré la voie, cette décision ayant été prise au Parlement madrilène.

 

Peut on espérer, grâce au  changement politique que nous vivons, et a votre action,  que le vin soit sorti de la lutte anti-alcoolique entreprise et financée par l’Etat.?

 

Jean Clavel 13/06/2007

 

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