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20/02/2007

chaptalisation

Actualité de la chaptalisation (2007)

 

 

 

La proposition faite par la Commission Européenne dans le cadre de la future OCM, de supprimer les autorisations de chaptalisation, nous a donné l’espoir que les règles européennes allaient enfin régler cette anomalie dans les pratiques œnologiques de certains viticulteurs européens. C’est un problème très important pour la viticulture Languedocienne car la concurrence déloyale faite à notre région grâce à la chaptalisation, compromet notre compétitivité.

 

La proposition de la Commission   concerne l’aspect réglementaire : interdiction de la chaptalisation  et réduction du niveau maximum d’enrichissement ; et l’aspect budgétaire avec la suppression de l’aide à l’utilisation des moûts de raisin concentrés (MC) et des moûts de raisin concentrés rectifiés (MCR). Ce sont des sommes très importantes, qui seraient bien mieux employées, dans l’action commerciale par exemple.

 

 La pratique de l’enrichissement, en particulier l’usage du sucre de betterave a, depuis plus d’un siècle, fait l’objet de débats quant à son rôle dans les excédents viticoles. Pendant la crise de 1907, le grand débat professionnel et politique était l’usage du sucre de betterave dans l’élaboration des vins et les taxes devant en limiter l’usage.

Dès 1929,   la partition de la France entre deux secteurs, était structurée autour de la chaptalisation: Celle-ci était interdite pour les vins de table et les régions méridionales, autorisée pour les vins d’Appellation des régions septentrionales. La chaptalisation était  historiquement prohibée à Bordeaux , la loi du 4 août 1929 avait interdit en France la chaptalisation (sucrage en première cuvée) pour tous les départements du ressort des Cours d'Appel d'Aix, de Nîmes, de Montpellier, de Toulouse d'Agen, de Pau et de Bordeaux. Ceci jusqu'en 1972 (loi du 22.04) C'est au moment de la négociation de la politique européenne que Bordeaux a saisi l'opportunité politique d'obtenir d'être intégré dans les départements chaptaliseurs, ce qui a entraîné également certaines AOC du Sud Ouest....

Le rapport Murret-Labarthe présenté à l’ONIVINS dans les années 1970 a préconisé l’application de la «loi unique», il s’agissait de compenser l’écart du prix du sucre d’origine exogène (betterave) et celui du sucre endogène (MC, MCR) pour mettre tous les viticulteurs sur un pied d’égalité économique. Cette disposition a été reprise lors de la mise en place de l’OCM vin. Cependant à l’occasion des crises d’excédents, la question est revenue en discussion. L’enjeu économique principal résulte du fait que la chaptalisation est une méthode qui augmente les volumes de production. Elle rend commercialisables des volumes qui ne l’étaient pas du fait de leur degré insuffisant en transformant en alcool du sucre exogène, il s’y ajoute le fait que les contrôles sur les quantités réellement employées sont difficiles.  Le recours aux MC et MCR et plus récemment à l’osmose inverse, sont au contraire des méthodes  qui éliminent une partie de l’eau et réduisent en conséquence les volumes.

 

L’étude, réalisée à la fin des années quatre-vingt à la demande de la Commission Européenne, avait estimé à environ 15 Millions  d’hl de vin les volumes créés en Europe par la chaptalisation.  

 

(Rapport sur l’étude économique de l’enrichissement du vin,  soumis à la Commission des

 

Communautés européennes, Programme Agrimed, 2006. Dubos Montaigne)

 

L’expérience acquise sur la question de la chaptalisation et de l’enrichissement, et les premières réactions de certaines organisations, à la suite des propositions de la Commission  montre qu’un compromis sur ce sujet reste toujours difficile à atteindre.

 

On le constate à la lecture du rapport que vient de présenter Katerina Batzeli, le 16 février 2007 au Parlement européen sur la réforme de l’organisation commune du marché des vins, (OCM) dont voici les extraits relatifs à leur enrichissement:

 

Le Parlement est conscient du fait que l'enrichissement a un impact direct sur les niveaux de production,

 

-Dès lors qu'il peut entraîner un accroissement de la quantité produite par hectare;

 

-Souligne toutefois que la question du maintien ou de la suppression des aides au mout concentré et au mout concentré rectifié est indissociable de celle de la suppression ou du maintien de la chaptalisation à l'aide de saccharose, compte tenu également de la diminution du prix du sucre - conséquence de la reforme de l'OCM de ce produit -, des diverses traditions

 

oenologiques des Etats membres, de l'opportunité et de la faisabilité technique d'une

 

réduction de ces pratiques oenologiques au-dessous de plafonds quantitatifs précis, ainsi

 

que des éventuelles utilisations du mout a d'autres fins, avec une incidence positive sur la

 

réduction des excédents de vin;

 

-Estime que les Etats membres peuvent lier l'autorisation d'enrichir le vin avec du sucre a

 

des conditions telles que le contrôle de mesures améliorant la qualité (par exemple le

 

respect des plafonds de production) et aux conditions climatiques;

 

-Considère que l'enrichissement doit être autorise dans toutes les régions viticoles ou il était traditionnellement pratique et ou il n'existe pas d'excédents structurels; estime que la

 

proposition de la Commission visant à réduire le niveau maximal d'enrichissement n'est

 

pas justifiée et que les règles actuelles doivent rester en vigueur;

 

-Estime qu'il ne faut pas interdire la chaptalisation, car cela constituerait une discrimination a l'égard des Etats membres situes dans des régions de l'Union européenne ou la pratique de la viticulture est plus difficile du fait de conditions climatiques moins favorables;

 

estime en outre que toute décision en la matière devrait revenir aux producteurs et non

 

Relever de dispositions de la législation communautaire;

 

-Estime que, s'il y a enrichissement par ajout de mout concentre, celui-ci doit provenir du

 

même bassin de production;

 

-Fait observer que l'étude qui établit un rapport entre l'enrichissement a l'aide de sucre et la surproduction de vin dans l'Union européenne date de 1991, ne correspond plus aux

 

conditions actuelles du marché et, en tout état de cause, n'avait pas valeur d'affirmation;

 

 

Nous voilà donc revenu au point de départ, si la Commission suit les propositions du Parlement dans ce domaine, la situation en matière de chaptalisation ne changerait pas. Mais qu’on donc obtenu les Italiens et les Espagnols, les opposants les plus engagés contre la chaptalisation, en contre partie ? Et qu’allons nous offrir dans le cadre de l’OMC à Genève, en contre partie de l’opposition des USA, des Australiens et autres ? On sait que l’OIV qui établit par consensus des pays producteurs de vin, les règles internationales que les différents pays appliquent dans leur propre réglementation, n’a pu arriver à une position commune en matière de chaptalisation, et que notre défense des terroirs viticoles est bien affaiblie par cette pratique qui introduit des éléments exogènes essentiels dans les produits dits de terroir, ce que les Américains et autres ne manquent pas de rappeler dans les négociation internationales.

 

Affaire à suivre dans le cadre de l’OCM.

 

Jean Clavel

 

20/02/2007

 

 

 

Commentaires

Bonjour,
C'est l'année du centenaire de la révolte vigneronne. A l'occasion des voeux de A. Vézhinet. Des manifestations autour de cette commémoration ont été évoquées au cours de son long discours retracant l'histoire de la terre d'oc et Héraultaise depuis la préhistoire.

Pourriez-vous à travers votre excellent blog, nous informer des prochaines manifestations liées à ce douloureux moment d'Histoire ?

Avec tous nos remerciements, bien à vous.

Lolo34 et les lolo's 34

Écrit par : Lolo34 et les lolo's 34 | 20/02/2007

Dans l'Hérault, il y a peu de choses pour le moment, une expo itinérante a été mise en forme par les Archives départementales, et va circuler dans le département, je n'ai pu avoir le programme, je sais qu'elle sera à la bibliothèque de Saint Brès du 7 au 21 mai, qu'il y a un cycle viticole à la médiathèque de Montpellier avec peut être cette expo, j'y fais une intervention le 22/03 à 18h30, l'expo sera aussi à l'Abbaye de Valmagne en juin.
J'étais dimanche 18/02 à Limoux avec la bande de fécos les Arcadiens qui avaient choisi le thème de 1907 pour la sortie du Matin et avec ma chorale Lo Cocut de Clapier nous avons chanté les chants traditionnels de 1907 (c'était sous la pluie !!)
Il y a une mission 1907 au Conseil Général de l'Aude, présidée par l'historien de cette période, mon ami Rémy Pech.

Programme des manifestations audoises :
Du 01/03/2007 au 31/03/2007 - Edition d’une série de prêts à poster par La Poste - Carcassonne

Le 10/03/2007 - Inauguration de la sculpture commémorative - Bize-Minervois

Le 10/03/2007 - 1907 La révolte vigneronne - Montolieu

Du 10/03/2007 au 11/03/2007 - Commémoration de la révolte des vignerons - Argeliers

Le 20/03/2007 - Les douze degrés de patience ou moments d’une révolte - Carcassonne

Le 22/03/2007 - Café 1907-2007 - Lézignan-Corbières

Le 30/03/2007 - Conférence historique - Cuxac-d'Aude

Le 01/04/2007 - Défilé de la victoire viticole - Alet-les-Bains

Le 26/04/2007 - Café 1907-2007 - Tourouzelle

Du 12/05/2007 au 13/05/2007 - De 1904 à 1914, ouvriers agricoles et propriétaires - Narbonne

Le 24/05/2007 - Présentation des travaux réalisés par les élèves dans le cadre des actions pédagogiques - Carcassonne

Le 24/05/2007 - Café 1907-2007 - Ornaisons

Du 25/05/2007 au 28/05/2007 - 1907, la révolte des vignerons. Une histoire illustrée pour la jeunesse - Lézignan-Corbières

Le 11/06/2007 - Rencontre des Cabardès autour de la crise viticole de 1907 - Villegailhenc

Du 23/06/2007 au 24/06/2007 - La révolte des vignerons - Limoux

Le 24/06/2007 - Balade découverte dans les vignes - Narbonne

Du 28/06/2007 au 30/06/2007 - Colloque international : l’Aude et la vigne : cent ans de passion - Carcassonne

Le 29/06/2007 - Oc-1907 - Douzens

Du 29/06/2007 au 22/09/2007 - 1907 Vignerons en révolte - Carcassonne

Du 19/07/2007 au 22/07/2007 - 1907 - Narbonne

Du 15/10/2007 au 15/12/2007 - 1907 Vignerons en révolte - Narbonne

Du 26/10/2007 au 27/10/2007 - Université de la Vigne et du Vin - Ferrals-les-Corbières

Le 15/11/2007 - Jeunes viticulteurs, aujourd’hui et demain - Narbonne




Conseil Général de l'Aude
11855 CARCASSONNE Cedex 9 • Tél. 04 68 11 68 11 • Fax 04 68 11 68 95 • Courriel : courrier@cg11.fr

Écrit par : Jean Clavel | 20/02/2007

Cher Jean Clavel,

Merci de notre part à tous, pour toutes les infos dont nous n'avions pas connaissance.

Pouvons-nous vous proposer d'en faire une plus large publicité à travers votre blog et pourquoi pas le notre et de celles et ceux attachés à l' Histoire de la viticulture : ses bons et mauvais moments ?

Nous sommes volontiers parfois de "jeunes exaltés" et nous serions tristes que cette page importante de l'histoire de la viticulture du Languedoc soit oubliée et ou omise de nos mémoires.
Encore merci, pour le goût inestimable du bon vin de terre profonde que vous nous donnez à boire à travers vos lignes.
J'espère que vous ne compterez jamais parmi les ceps que l'on arrache sans considération des efforts fournis.

Bien à vous, respectueusement.

Lolo34 et son équipe (toute petite).

Écrit par : Lolo34 | 20/02/2007

Bravo pour votre combat contre la chaptalisation. Je concois celle-ci comme de la triche, une ineptie par rapport à la lutte contre l'alcolisme et cela n'ajoute rien à la qualité du vin.Je viens de découvrir un exellent bordeaux de 12° et commence à m'interesser à ce problème.(je connaissais les vins portugais vino verde faiblement alcolisés mais néamoins tres bons). Cette autorisation de chaptualisation des vins de bordeaux que peu de gens connaissent et datant de 1972 que vous expliquez, finira par faire un scandale de plus dans notre pays et aura pour conséquense de discréditer les vins de bordeaux. Encore un exemple de plus de la dégringolade de notre pays vers le niveau des pays sous-développés.

Écrit par : Erard | 13/09/2008

Bonjour, merci de vos encouragements dans notre lutte contre la chaptalisation. Nous avons eu l'espoir, un moment, dans le cadre de la négociation européenne sur la nouvelle organisation du marché (OCM) qui se met en place, que Mariam Boetchel, la commissaire européenne qui proposait l'interdiction générale et définitive de la chaptalisation en europe, gagnerait contre les lobbys du sucre de betterave dans les vins, aidée par l'Espagne et l'Italie. L'Allemagne a pris la tête et la France, dans l'ombre, l'a soutenue, et Mariam a dû retirer sa proposition. Il est vrai que la Champagne est la champion de l'export, surtout en chiffre d'affaire et est un trés gros utilisateur de sucre de betterave. Le président du secteur vin de l'INAO est ,ou a été, responsable des Champagnes à LVMH et même administrateur des domaines viticoles argentins de ce groupe.
Il nous reste l'espoir que les règlements d'application de l'OCM, nous permettront de mettre sur l'étiquette de nos vins "non chaptalisé ou sans sucre ajouté" ce qui nous était formellement interdit par la Répression des Fraudes Française, dont la politique est de protéger les intérêts des "grands" vins français . Si l'on peut mentionner "non chaptalisé", cela signifie que d'autres vins sont chaptalisés.
a suivre....
Jean Clavel

Écrit par : Clavel | 14/09/2008

JE SUIS TITULAIRE DU BTS AGRICOLE OPTION VINS ET SPIRITUEUX DE CHARLEMAGNE JE SUIS EN TOTAL DESACCORD AVEC VOS COMMENTAIRES ON CROIRAIT ENTENDRE LES VITICULTEURS DES ANNEES 1900...
LA CHAPTALISATION EST UN MOYEN PAS UNE FIN.
POUR LES NON INITIES LA CHAPTALISATION PERMET UNE RECOLTE PLUS PRECOCE ET DONC UNE ACIDITE PLUS ELEVEE QUI PERMET DE TENIR LE VIN ET DONC DE LE FAIRE VIEILLIR 10 20 30 ANS...
AU LIEU DE VOULOIR ELIMINER NOUS FERIONS MIEUX DE LES IMITER.
JE VOUS SIGNALE QUE NOUS SOMMES EN ZONE C2 COMME LE BORDELAIS ET QUE LEUR GRANDS CRUS CONNAISSENT UNE CROISSANCE DE 15 A 30 POUR CENT EN TERME DE PRIX.
A BON ENTENDEUR SALUT....

Écrit par : COLOMBIES | 13/01/2009

Bonsoir, Je respecte toutes opinions, même si je ne les partage pas. Le fait de posseder un BTS Viti Oeno de Charlemagne ne permet, en aucune façon , d'affirmer de façon véhémente ce que vous pensez être votre vérité. Je connais beaucoup de vignerons du Languedoc dont le problème oenologique principal est l'excès de sucre dans les raisins et non le défaut. C'est le cas sur l'exploitation familiale. Les Grands Crus Classés Bordelais qui ont, comme vous le dites de bons succès export en matière de prix, ne chaptalisent pas en général, il y a des exceptions, ils n'en ont pas besoin. Ceux qui chaptalisent en Bordelais, sont ceux qui ont d'autres orientations, petits terroirs, rendement élevé, faible densité hectare, marché bas de gamme. Mon 3° fils qui a fait un BTS viti oeno, a fait tous ses stages dans une exploitation bordelaise de l'Entre Deux Mers, qui était dans ce cas et le sucre on connait. Mais l'avenir économique de ces productions, en Languedoc comme en Bordelais n'est pas certain. Je vous invite à lire mon dernier livre sur la "Mondialisation des vins" Féret Bordeaux 2008, vous serez peut être moins affirmatif en ce qui conserne la chaptalisation Qui est peu pratiquée chez nos concurents Chiliens, Sud Africains, Australiens, Argentins, Américains de Californie, qui pratiquent systématiquement la désalcoolisation.
A suivre JC

Écrit par : Clavel | 13/01/2009

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