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08/02/2007

Gafsa 3

Gafsa 3

 

 

 

 Le commandant Vilarem décrit les difficultés et les angoisses de certains officiers qui ne se relèveront pas des évènements qui les ont marqués à jamais, et surtout des sanctions qu’ils estiment imméritées.

C’est le capitaine Regourd, dont l’esprit de discipline égalait le grand cœur, qui fut sans défaillance dans la nuit du 20 au 21 juin ; il adresse au ministre une lettre digne et respectueuse, capable d’attendrir un bloc de granit. Pas de réponse. Il tombe gravement malade et meurt quelques temps après sa rentrée C’est un autre officie, un vaillant des campagnes dans le sud oranais, aussi fidèle à son poste que son camarade Regourd, qui traîne une santé délabrée pour toujours, C’est un autre de leur camarade qui est obligé, après un long séjour aux hôpitaux de Gafsa et Sfax, à un prompt retour en France pour que la raison ne lui échappe à tout jamais. Les officiers et sous officiers du 17° ont été dispersés dans les différents régiments ou la vie leur est rendue encore insupportable.

 

Et le colonel Boé émerge triomphalement au dessus de ces deuils et de ces ruines …..

 

…la seule solution humaine et équitable était de passer l’éponge sur ces tristes évènements, par conséquent pas d’enquête…

 

Par contre , puisqu’on voulait des sanctions, il fallait une enquête à fond menée par un psychologue subtil, désintéressé, impartial, intègre, étudiant chaque incident, pénétrant chaque caractère, pour fouiller sa conduite, exposant enfin avec autorité de sûres déductions… Au lieu de cela, nous voyons une enquête conduite avec une incohérence invraisemblable, , une complaisance et un aveuglement incroyable, contre signée d’abord de parti pris, par le général Coupillaud et le général Bailloud, et continuée ensuite à Gap sous la haute autorité du général Gallieni.

 

Qui sont les vrais protagonistes de l’enquête,

 

Ils sont 2 l’un à Béziers, l’autre à Gap. Celui de Gap le lieutenant colonel Boé n’a qu’un but, supprimant tous ceux qui pourraient faire obstacle à sa marche ascensionnelle, il veut prêcher dans les eaux troubles des guerres civiles de nouveaux galons de nouveaux hochet, il trouva un un complice dicile, à oreille complaisante dans la général Galliéni, qui jette sans examen, sans hésitation et en bloc par-dessus bord tous les gradés du 17°.Sauf le Lieutenant colonel Boé, dont la défaillance est certaine…..Il quitte la caserne de La Nativité, laissant son colonel au prise avec l’émeute, et son emploi du temps reste inconnu jusqu’à ce qu’à ce qu’il réapparaisse à  la caserne Méribel lorsqu’il me voit opérer avec succès le ralliement de mes deux compagnies. …. Aussi s’est-il appliqué avec un succès complet à dérober aux enquêteurs, l’emploi de son temps… à tout prix il fallait empêcher de regarder de près aux incident de Mirabel et de la poudrière….

 

Affolé le général Bailloud, il attend 15 heures avant de se rendre auprès des mutins, j’irai balbutiait-il dans compartiment du train qui le ramenait trop vite à Béziers ,j’irai parler à ces jeunes gens, s’ils ne veulent pas m’écouter, et rentrer dans l’ordre, je placerai le 55° à la gauche de la route de Villeneuve, le 142° à droite,  l’artillerie au Capiscol, ou est le Capiscol ? ……je ne puis pas bien voir pointez fortement au crayon,…. Oui l’artillerie  au Capiscol et je bombarderai Béziers !!!

 

Affolé le délégué du ministre le colonel Toutée, livide et terré dans un coin de son compartiment, entre deux gardes du corps, et ne sortant de son refuge que protégé par une escorte….. Plus affolé   qu’eux tous M ; Clémenceau  président du Conseil Il avait disait’il cherché en vain un homme dans ces évènements, j’aurai bien voulu l’y voir lui !!!....

 

L’autre deus ex machina de l’enquête contre les gradés du 17° est le commandant Bouyssou qui a écrit un rapport au vitriol sur les militaires du 17°  (donné dans une page plus haut dans le blog), rapport qui a fait l’admiration du général Coupillaud , il le déclare très instructif, et brode lui-même des variations :  «  si l’on peut dire qu’en France le recrutement régional nuit à la valeur de l’armée, de même qu’il est préjudiciable au progrès et à l’unité nationale, il convient d’ajouter qu’il est funeste dans le Midi éloigné de la frontière dangereuse, à l’abri de l’invasion, où à côté d’un particularisme vaniteux, le goût des choses militaires est peu développé. Dans les villes comme Béziers, où la fièvre d’un commerce intensif, de l’argent et de la jouissance est endémique,au grand dommage du sens moral, où derrière la population saine grouillent des violents, des déclassés, le mépris du rôle de l’armée a beau jeu !! Un régiment qui s’y recrute y puise de germes nocifs. Si son chef n’y prend pas garde, il risque de tomber promptement en déliquescence. C’est l’histoire du 17°. Le rapport ci-joint, rédigé au cours de l’enquête par le commandant Bouyssou est très instructif à ce sujet   »…..

 

a suivre.......

 

 

 

 

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Commentaires

Rdv sur mon blog, demain 21/02/07 pour son premier anniversaire!

Écrit par : Marc Ayral | 20/02/2007

Comment obtenir la liste des pio-piou ?Est-il possible que d'autres intervenants dans le cadre de la révolte de 1907 aient été envoyés au Maroc ?

Écrit par : aiguebonne | 06/04/2007

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