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31/01/2007

Vignerons, Dangers!!!

Vignerons, Dangers !!!!

 

 

Vignerons de France, réveillez vous !

 

L’ordonnance du 7 décembre 2006  détruit ce que nos anciens avaient construit avec opiniâtreté depuis le début de 20° siècle. Ce texte est si complexe, si tordu, que l’on vous ment, à chaque fois que l’on tente de vous en expliquer les méandres. On vous ment lorsqu’on  vous dit que la nature des syndicats AOC ne change pas et que la décision de demande de reconnaissance d’ODG a déposer à l’INAO avant le 6 février 2007 , peut se faire sans réunir l’assemblée générale de votre syndicat. On vous ment lorsqu’on vous dit que les futures ODG viticoles ne comprendrons que les déclarants de récolte de vin, alors qu’elles auront obligatoirement, comme adhérent tous les opérateurs de la filière, négociants et autres, qui paieront les cotisations obligatoires, mais dont on ne tiendra pas compte de la présence, pour la reconnaissance de l’ODG.

Le coup de force va détruire la charpente, la structure des appellations d’origine, les syndicats AOC que Joseph Capus le fondateur de l’INAO a mis si longtemps à construire.

 

Aucune production de luxe en France n’est soumise aujourd’hui (1939) à un tel contrôle que celle des vins fins et des eaux-de-vie de marque .Ce contrôle n’a pas été imposé aux producteurs, mais bien réclamé par eux pour tenter de mettre fin à une crise des plus graves, provoquée par des abus sans nombre et dans laquelle allait sombrer une des principales richesses de France et une des ses gloires nationales. La législation qui a établi ce contrôle n’est pas née d’une improvisation ; elle est le terme final d’une évolution qui a duré trente ans, provoquant au Parlement des propositions de loi, des discours et des rapports des plus nombreux. La crise à laquelle le régime actuel a mis fin aurait pu être évitée ; elle a été suscitée par une législation maladroite, ignorante des réalités, origine des émeutes les plus graves qui se soient produites dans l’Agriculture française (1907 en Languedoc, 1911 en Champagne)…….  la législation sur les appellations d’origine a souffert pendant longtemps d’une suite d’erreurs procédant toutes de la même cause….. Les travaux d’où étaient sortie  la législation de 1905 et celle de 1919  avaient le grave défaut de méconnaître la réalité. Ils s’inspiraient de notions purement théoriques, livresques ou juridiques…….……On dit que Stendhal, avant de se mettre à la tâche, lisait quelques passages du Code Civil pour s’entraîner. Son style n’y a certainement pas gagné en éclat, mais son exemple pourrait être imité par les rédacteurs de lois. Les auteurs du Code Civil auraient fait au moins trois phrases pour exprimer les idées contenues en une seule dans cet article…….Je n’étais plus la voix criant dans le désert comme en 1906 ; je n’émettais pas une prévision relative des dangers possibles mais j’attirais l’attention sur les dangers réels dont on pouvait constater l’existence……Dès que la loi de 1919 a donné un statut aux appellations d’origine, il s’est créé dans toutes les régions de vins fins des Syndicats pour leur  défense…….C’est leur groupement qui peut avec le plus d’autorité et de compétence déterminer les conditions de production de chaque appellation, grâce au concours des associations locales, des experts locaux, des fonctionnaires spécialisés…….extrait des  écrits de Joseph Capus, qui établit une proposition de loi, signée par tous les représentants des régions de vins fins et déposée le 22 mars 1935. Une fois votée par le Parlement, elle donna naissance au Comité National des Appellations d’Origine, qui devint ensuite l’INAO. L’INSTITUT a fonctionné depuis cette époque, jusqu’à ce jour, adossé aux syndicats AOC, fondés sur la loi syndicale  de 1884, dont le principe fondamental et constitutionnel est la liberté d’adhésion et de retrait. C’est tout cet ensemble qui est maintenant détruit par l’Ordonnance du 7 décembre 2006 ,  véritable révolution. La pilule est enrobée de propos édulcorés et parfois mensongers pour la faire passer  comme une nécessité imposée par les circonstances.

 

C’est la raison principale de notre opposition. Nous admettons parfaitement que des évolutions, des adaptations sont nécessaires, il y avait des dérives à corriger dans la politique AOC.  Mais nous ne comprenons pas les raisons pour lesquelles  l’administration de la viticulture, car toute la filière est concernée, est bouleversée sans concertation véritable, par un gouvernement en fin de vie, à une charnière de la politique nationale, ce qui est contraire à notre vie démocratique . Le petit groupe qui a élaboré les textes en cause, ordonnance, arrêtés et décrets, n’aurait-il pas saisi ce moment particulier de la vie nationale pour tenter le coup de force, les ministres occupés à autre chose, les cabinets sur le départ ou changeants, les parlementaires à la fin de leur rôle au Parlement, (fin février) plus préoccupés par les prochaines échéances, et surchargés de votes divers, en plus d’un congrès à Versailles.

 

On ne comprend pas qu’une législation, car l’ordonnance a vocation a devenir une loi après ratification au Parlement, ratification qui doit intervenir avant début mars, comprend des dispositions comme la date limite du 6 février, pour le dépôt des demandes de reconnaissance des syndicats au titre d’ODG, ce qui oblige les présidents de syndicat à décider, sans consultation des assemblées générales de leur structure, ce qui les place en situation d’abus de pouvoir. Habituellement, cette précision est dans un décret d’application, pas dans une loi, la raison pour laquelle cette date limite est dans l’ordonnance, est le coup de force tenté, il fallait précipiter les choses pour que les vignerons n’aient pas le temps de réagir, entraînés par quelques professionnels irresponsables : c’est le gouvernement qui a décidé, disent-ils!!!.…Il suffit de lire les 78 pages de l’avant projet de texte réglementaire relatif à la procédure d’agrément pour les vins à appellation d’origine adopté par le Comité National de l’INAO, les 8 et 9 novembre 2006, comité lui-même en fin de vie, cosigné par les professionnels et le juriste de la CNAOC,  IL y est indiqué que les organismes de contrôle, soit d’inspection, soit de certification auront 150 points à contrôler, de la production à la mise en bouteille, y compris chez le négociant. Nous entrons, si cette procédure est mise en œuvre, dans un système technocratique, qui tuera ce qui reste de l’approche culturelle, conviviale, gastronomique du vin. Nos concurrents, comme l’Espagne, ont une démarche opposée, ils protègent leur production et la considèrent comme une valeur autant culturelle, gastronomique, touristique qu’économique.   

 

On commence à discerner que cette réforme est un saut dans l’inconnu, dont même les coûts sont ignorés.

 

Nous tentons, petit collectif languedocien, soutenu par certains syndicats nationaux de bloquer cette machine infernale, au Conseil d’Etat. Nous saurons, vers le début février si nous avons réussi, ou bien s’il faut abandonner toute référence AOC et replier nos productions vers les vins de pays, encore protégés de ces dérives technocratiques. Ce n’est pas grave, en France, 13% des consommateurs, seulement, donnent une valeur à la notion d’AOC, aux vins qu’ils achètent, à l’exportation c’est beaucoup moins !!!

 

 

Jean Clavel

 

30/01/2007  

 

 

 

 

15/01/2007

Gafsa 2

Gafsa 2

 

 

Certificat de bonne conduite :

Le président du Conseil à déclaré à la Chambre des députés le 2 avril 1907 que la Commission des certificats de bonne conduite à délivrer aux hommes de Gafsa de la classe 1903 avait exprimé à l’unanimité un avis négatif. C’est par ordre que la Commission a émis un avis défavorable sans procéder à l’examen individuel comme le prescrit le règlement.

Mensonges officiels :

 

Le JO du 4 octobre 1907 publie les rapports officiels sur les évènements du Languedoc.

Le Commandant Vilarem, qui n’avait pas reçu à Gafsa ce JO , en prend connaissance à Sousse ou il était convoqué le 20 octobre par le général de Brigade en compagnie des tous les commandants  des différents corps de la région.

Mon émotion fut extrême, à la lecture de ces pages, où l’auteur principal, le Général Coupouillot passant de parti pris, sous silence, les véritables causes de la rébellion, les attribue injustement  au relâchement de la discipline, devenue trop paternelle sous un commandement sans vigueur.

 

En réalité, tout le mal vient de la contradiction flagrante entre la discipline telle qu’elle est exigée d’une armée prétorienne, comme celle de la France avant 1870, entre les mains du souverain, et celle qui s’impose dans une armée nationale, constituée par la jeunesse du pays, et d’où sont extraits les éléments malsains.

 

Admirable est l’article figurant en tête de nos règlements sur la discipline, qui fait la force principale des armées, on ne saurait fonder l’obéissance passive sur une plus solide base. Mais c’est une contre sens de nos jours, que l’obéissance passive, c’est l’obéissance active, librement consentie, qui seule assurera dans l’armée une discipline féconde.

 

Nous n’avons plus a dire : « obéissez moi parce que j’ai un ou plusieurs gallons de plus que vous, mais obéissez moi pare que je vous aime, parce que je suis capable de bien  vous mener partout où la patrie l’exigera pour la défense de son honneur et de son sol, parce que dans tous les efforts que je vous demanderai,vous aurez compris ou senti qu’il faut m’obéir.

 

C’est ainsi, en faisant appel, dès le premier contact, à la raison et au sentiment de nos conscrits, que naîtront une affection et une confiance réciproque.

 

Ah ! Je sais bien qu’il faut supprimer le panache, jeter au panier toutes les rigueurs surannées dont le règlement arme un supérieur, ou n’en user qu’en cas de nécessité absolue.

 

…Nul doute, je le déclare sans fausse modestie, si j’avais eu mon bataillon tout entier, dans un cantonnement sous la main, je l’eusse maintenu dans la complète obéissance à mes ordres précis. Cette méthode, inspiré par le  cœur plus encore  que par  l’intelligence, ne m’a jamais donnée de mécompte.

 

Pendant les troubles, les chefs pratiquants les modes anciens, sont restés misérablement annihilés .Au lieu de montrer leur morgue insolente de tous les jours, ils n’ont plus qu’une attitude piteuse devant leurs hommes révoltés, quittes à reprendre après la tourmente leurs airs de matamore vis-à-vis de ceux qui ne sont plus susceptibles de s’insurger contre leurs ordres cassants…… Mais à la moisson des récompenses ceux-ci dépouillent ceux  là, c’est la loi des cyniques omnipotents du jour…..

 

Cette émotion fit place à une consternation indignée, quand 3 semaines plus tard, me parvint à Gafsa la circulaire ministérielle brutale et implacable, du 6 novembre, conçue en ces termes :

 

« le ministre après avoir pris connaissance des rapports qui lui ont été transmis a pris les décisions suivants :-Tous les officiers du 17° présents à Agde et à Béziers les 19 et 20 juin (sauf un petit nombre d’officiers dont j’étais) auront au titre du 2° semestre 1907 sur leur dossier du  personnel la note suivante :

 

Etait présent, les 19 et 20 juin 1907, lors de la mutinerie de ce régiment, n’a pas montré l’énergie et la fermeté nécessaire pour faire rentrer les révoltés dans le devoir. »

 

 Suivait une série de mesures vexatoires contre ces officiers.

 

Une décision semblable était prise contre les sous officiers, sauf certains d’entre eux nominativement désignés. La circulaire ordonnait en outre la dispersion de 82 mutins dans les régiments de France et d’Algérie, que 40 jours après, une nouvelle décision faisait réintégrer à Gafsa.

 

Ceux de mes officiers et sous-officiers du 17° frappés par cette circulaire, il est inutile d’exprimer l’indignation soulevée parmi eux….Les uns avaient fait jusqu’au bout leur devoir en cherchant à maintenir au péril de leur vie leurs soldats malgré les assauts d’une foule surexcitée ; les autres, se préparant à leur travail à la première heure du lendemain matin, avaient tout ignoré des évènements de la nuit et s’étaient réveillés marqués comme des forçats.  

 

C’aurait été mon cas, si le hasard n’avait mis sur mes pas le capitaine Gavet au moment ou je me retirai chez moi

 

Et tous sont condamnés à une peine pire que la réforme, sans être entendus, sans même qu’un Conseil puisse les assister dans leur défense au mépris de tous nos règlements et de toutes nos lois. …..Dites aux officiers du 17°que je ne veux pas examiner leurs plaintes, ils devraient tous rentrer sous terre… notification du Général Galiéni aux intéressés de Gap des mots du Ministre, ceux de Gafsa n’ont rien reçu en réponse à leurs timides protestations individuelles……

 

 

 Le commandant Vilarem montre dans ces propos une hauteur de vue, une qualité humaine, une philosophie de la vie, une conscience de son devoir de militaire et un courage d'homme au dessus de la  condition habituelle de l'époque.....

A suivre

,    

 

14/01/2007

Actualité vigneronne languedocienne 2007

Viticulture française 2007

 

 

 

Le débat Franco-Français  sur les noms des vins, vins de terroir, vins de marque, appellations contrôlées, vins de pays, avec ses dérives politico administratives, ODG, IA, certification ou pas…, segmentation, AOC vins de rêve et IOC regroupant les AOC régionales et les vins de pays, que le ministre a proposé  lors de la réunion de la CNVF (confédération nationale de la viticulture française) du 23/11/2006 devient  digne du Père UBU. Si l’on y ajoute les propositions de la Commission Européennes pour la future OCM, les débats au Parlement Européen sur cette même OCM, les divergences entre la France, l’Italie et l’Espagne et les engagements de l’Europe et de la France en matière d’OMC à Genève. On nage en pleine confusion et on ne comprend plus les orientations et les objectifs des pouvoirs publics français et des professionnels, et les rapports que ce fatras avec la réalité commerciale du marché international, pourtant acteur principal des entreprises du secteur vitivinicole !! . Que doit faire le vigneron dans sa vigne et sa cave personnelle ou coopérative ? Beaucoup ne savent plus où ils en sont ?

 

 

Essayant de prendre un peu de hauteur pour se dégager de la confusion, je fais référence aux  travaux de Mary Douglas sociologue, économiste, philosophe des science et de la politique, chercheur enseignante à Londres et aux USA qui a pris  l’exemple de la dénomination des tissus de l’artisanat textile au 16° siècle, pour suivre l’évolution de la terminologie lors de sa transformation en industrie au 19° siècle. Elle a appliqué sa méthode au bouleversement que la dénomination  des vins Californiens (nom des vins de cépage)  appliqués partout dans le monde, provoque sur le système des appellations de vins de terroir européen.

Savary des Bruslon, officier des douanes Royales de Louis XIV avait établi un dictionnaire du commerce des textiles de son époque (1730) : Tous ceux qui étaient engagés dans ce commerce millénaire utilisaient une compétence ésotérique, complexe, basée sur le nom des endroits de production ou d’élaboration, de règlements de guildes (associations de marchands), sur la connaissance des sceaux servant à reconnaître et garantir les produits.

L’industrialisation de la production  textile au XIX° siècle a provoqué une rationalisation des dénominations des textiles. Un éditeur Français, Guillaumin, au début du siècle a créé un large comité de professeurs, marchands, banquiers pour établir un dictionnaire du textile entièrement nouveau. Les Guildes et leur organisation ont disparu. La fabrication de l’étoffe s’est dégagée des institutions de l’ancien régime. Elle ne répond plus désormais aux goûts vestimentaires d’une société stratifiée, ni aux règles et privilèges d’un corps de tisserands et de marchands urbains, ni aux coutumes des paysans travaillant dans la campagne profonde, ni aux méthodes d’exécution imposées par le Roi et son Gouvernement de Versailles.

C’est le marché, les attentes des utilisateurs, les initiatives de société commerciales, qui commandent la production. Mary Douglas utilise cet exemple dans la révolution viticole mondiale actuelle. Comme les Guildes, chaque commune, château, a son propre produit spécifique, L’appellation du vin selon la région est un moyen de condenser une information qui ne peut être complètement interprétée que par un connaisseur, il défie tout autre type de rationalisation. Comme les Guilde des étoffes c’est une institution monopolistique qui devait protéger le producteur, à l’intérieur  de règles devenues d’une complexité telle, que rares sont ceux qui maîtrisent l’ensemble, et d’un système fiscal aussi complexe de taxes et droits divers.

La mondialisation et l’industrialisation de la production et de la mise en marché des vins, conduit à une autre échelle que l’on peut symboliser par le nombre caisses (caisse de 12 cols de 0,75cl, échelle des producteurs du nouveau monde), quelques milliers de caisses pour un producteur français, quelques dizaines de milliers pour une coopérative, à des millions de caisses pour une marque mondiale connue. Ce changement d’échelle, dans un contexte de changement de mode de distribution, et d’une concentration du commerce mondial, entraîne forcément  un changement profond du mode de désignation des vins.

            Quelles conséquences pour les vins français en général et les vins du Languedoc en particulier ? Serons nous entraînés vers un commerce mondial dominé par des marques et des entreprises type Pernod Ricard, préserverons nous un marché de niches mondiales avec nos identités locales ?

 

Quelle cohérence y a-t-il entre les différentes réformes, plus ou moins en cours d’élaboration. Tentons tout d’abord de faire le point de ces différents niveaux, puis voyons quelles interactions peuvent bien intervenir entre elles

 

1°-La réforme de l’OCM :  L’orientation est claire, application à la viticulture européenne des engagements européens à l’OMC, après une période d’adaptation, libéralisation totale du secteur…, chaque producteur se trouve face à son marché, plus de règles, liberté des plantations, plus de subventions. L’OCM est le niveau le plus important et celui qui devrait commander aux autres. Il y a des divergences profondes entre les propositions de la Commission de Bruxelles, les réactions des représentants de la profession viticole française (pas d’accord entre eux), et celles du gouvernement Français. Les représentants des pays viticoles voisins Espagne et Italie contestent sur certains points  la position française. L’Espagne, semble prête à accepter la proposition d’arrachage financé de 400 000 ha. de vigne pour l’Union !!!  La France est-elle, politiquement, en mesure de modifier profondément l’orientation libérale de la Commission. Je ne crois pas, malgré  les propos lénifiants de nos politiques ou de nos professionnels,   elle le pourra à la marge, le « non au référendum » sur la Constitution Européenne, ainsi que le désintérêt manifesté par la classe politique pour la construction de l’Europe est un handicap majeur.

 

Orientation libérale, c’est moins de règlements, moins de normes, application des règles de l’OMC de Genève que la France et l’Union  ont accepté. Les propositions de la Commission pour la future OCM viticole sont dans le droit fil des engagements pris. Il est clair que la simplification de la définition des catégories de vins, 2 catégories : 1°- IGP regroupant AOC et vins de pays 2°- vins de table qui pourraient porter le millésime et le nom du cépage, est tout a fait en opposition avec les orientations françaises en particulier celles de l’INAO.

 

 

2°-Réforme des AOC et des Agréments : La discussion provoquée par René Renou au sein de l’INAO, avant sa disparition, a abouti à des décisions du Comité National de l’INAO, toujours en attente de décrets d’application. Un niveau d’AOC d’excellence, pour les produits ayant un marché bien identifié de haute qualité, des exigences de production et de prix en rapport, appuyée par une réécriture des décrets et un niveau d’ « appellation d’origine  régional », qui rappelle les anciens VDQS, s’appliquant aux AOC régionales, qui perdraient le C de contrôlées. Mais les professionnels de la CNAOC ont contesté cette hiérarchisation et ont fait des propositions qui vide cette réforme.. La publication de l’ordonnance du 6/12/2006, dont le contenu est très contesté, réorganise toute la production des AOC en France, elle n’est pas encore ratifiée par le Parlement, et il ne reste que peu de temps pour qu’elle le soit (l’activité législative se termine fin février.) Cette ordonnance crée une catégorie administrative nouvelle, les ODG, qui doivent remplacer des syndicats de crus,  l’INAO et du Ministère ont monté une usine à Gaz pour les agréments, avec une nouvelle structure régionale les IA, qui pourraient être remplacés par les organismes certificateurs existant…. Je suis convaincu que les espoirs mis par certains professionnels viticoles dans la réforme des agréments AOC aboutiront, (si elle aboutit) in fine, à une technostructure pesante, coûteuse et stérile, ou pis, nuisible. . Je suis convaincu, par la longue expérience que j’ai des fonctionnements para administratif, que nous sommes en pleine confusion entre le souhaitable exprimé, de bonne foi, par des vignerons de bonne volonté et la réalité future du fonctionnement  de techno structures encadrées par des carcans administratifs qui bloqueront toute initiative innovante. Par ailleurs, comment concilier cette sur-administration de nos AOC avec les orientations libérales de l’Union Européenne ? 

 

 

 

3°- La mise en place de l’AOC régionale Languedoc, regroupant les AOC vins tranquilles du Languedoc et du Roussillon  : C’est le serpent de mer, dont le professeur Milhau, créateur de l’applellation Coteaux du Languedoc,  avait fait la proposition en 1959. Il n’était pas allé  jusqu’à proposer aux vignerons du Roussillon de rejoindre ceux du Languedoc. La Comité national de septembre 2006 de l’INAO a  élargi l’aire de l’AOC Coteaux du Languedoc aux AOC de l’Aude et des PO, et le décret devait être publié prochainement ?. Cette nouvelle AOC régionale, répond-elle à un besoin commercial exprimé par les metteurs en marché  des vins AOC régionaux ? Attendons leurs offres d’achat de vins de cette qualification ? Certains représentants du négoce disent : donnez moi toutes libertés pour l’élaboration de ce produit, pratiques œnologiques mondiales, irrigation…. Et nous lancerons l’AOC Languedoc……. Si la réforme des appellations type Renou aboutissait, cette AOC deviendrait forcément AO, et IGP dans le cadre de la réforme de l’OCM.    Bonjour la cohérence !!!

 

 

Je propose que l’on parte de l’analyse des attentes du marché mondial des vins pour tenter d’éclairer les choix possibles aux vins français:

 

 

1° niveau de marché : celui du grand luxe, des très hauts de gamme bénéficiant d’une grande notoriété et d’une image favorable auprès des  leaders d’opinion internationaux, auprès des grands chefs de cuisine des palaces internationaux et leurs sommeliers, auprès des relais d’opinion , presse gastronomique, spécialistes divers de premier plan. Les producteurs qui sont les habitués de ce marché, savent bien qu’ils ont l’obligation du zéro défaut, dans la qualité, dans la présentation, dans la fiabilité de leur mise en marché, dans leur communication, s’ils veulent rester dans ce marché du grand luxe.  Les producteurs ou les metteurs en marché qui veulent s’introduire dans ce secteur doivent y mettre de gros moyens, financiers, de terroir reconnu, intellectuels, relationnels culturels. C’est moins de 5% de la production. Il y a peu de concurrence à ce niveau. Les prix consommateurs sont élevés et ont plutôt tendance à augmenter. Ce marché s’élargit au niveau mondial, en fonction de la croissance mondiale et l’apparition de classes sociales favorisées dans de nombreux pays autrefois dits « sous développés ».  Les syndicats locaux gérant les AOC dans ce contexte et l’INAO  ont fait du bon travail, les résultats en attestent, pourquoi changer une équipe qui gagne ? L’Etat ou l’Union E. doivent assurer la protection collective contre les tentations de copie frauduleuses, ou de contre façon de ces « vins de rêve ». C’est sa seule mission efficace.

 

 

2°-niveau de marché : celui du luxe accessible. On est encore dans un système de production généralement artisanal, dont la plus grande partie est distribuée en dehors de la GD, réseau de cavistes, réseau de restaurants de luxe moyen plus ou moyen, réseau d’acheteurs privés recherchant les produits originaux à  bon rapport qualité prix et bénéficiant d’une bonne image et notoriété.  Il faut  appliquer à ces  productions des règles d’obligation de moyens et de résultats, ceux qui réussissent au plan économique sont déjà dans ce schéma d’organisation, il faut les protéger en imposant à ceux qui veulent conquérir des parts de marché  ces règles impératives et contraignantes. La communication collective doit appuyer la communication des entreprises. La concurrence entre les productions françaises, Italiennes, et Espagnoles est bien présente.  C’est environ 20 % du marché potentiel mondial, le chiffre d’affaire est conséquent, les marges aussi quoique en diminution. En Languedoc, ce sont les Appellations communales et certaines sous régionales qui entrent dans ce schéma, le système d’agrément actuel, en association entre syndicat et INAO fonctionne bien, peu coûteux, et n’est pas contesté, il suffirait que le contrôle aval qualité interprofessionnel du Comité Interprofessionnel, soit renforcé, informatisé, accessible, ouvert à des représentants des associations de consommateurs et de leur presse, pour aboutir au résultat recherché, celui de la vérification de la qualité des produits au plus prés de la consommation . Une habile communication nationale et internationale autour de ces contrôles, appuyée sur un site WEB maintenu à jour et interactif suffirait. Pas besoin d’une usine à gaz !!!

 

 

3°- niveau de marché: C’est principalement le marché de la Grande Distribution et de l’affrontement concurrentiel avec les autres productions du nouveau monde viticole mondial. C’est dans ce secteur que la France doit faire le plus d’efforts d’organisation, de rationalité économique, de communication collective et d’entreprise, de construction de marques fortes au CA important. C’est plus important encore en Languedoc Roussillon ou la mixité des productions, AOC, Vins de Pays, Vin de table,  est la règle. C’est le domaine des futures IGP européennes, des AO régionales et des vins de Pays. Au niveau production, il faut lever le carcan administratif, donner la possibilité d’innover, appliquer les règles internationales de l’OIV, c’est l’obligation de résultats qui doit prévaloir. On peut légitimement se poser la question de la coexistence des AO régionales et des Vins de Pays, chaque type ayant une réglementation particulière mais s’adressant au même marché, les vins provenant souvent des mêmes producteurs. Comment justifier la mise en place de l’appellation régionale Languedoc, au rendement hectare limité, face à la puissance, l’organisation, les résultats et l’adaptation au marché mondial des Pays d’Oc ? Ce débat mériterait une conférence régionale pour définir une politique et une stratégie  permettant de consolider le résultat économique viticole régional. Le problème principal est le regroupement d’une offre régionale de qualité certaine et continue, avec des opérateurs capables de soutenir des marques mondiales. Il nous faudrait un Pernod Ricard régional. Comment attirer ces opérateurs mondiaux, l’Espagne a su le faire, Pernod Ricard a racheté Allied Domecq numéro 1 espagnol. J’ai proposé la mise en place d’une zone Franche Viticole à Sète, permettant d’attirer des opérateurs mondiaux du niveau de Pernod Ricard, pour le moment sans trop d’écho…..

 

 

En conclusion provisoire : Nous sommes à la fin d’une période politique, en pleine inquiétude et incertitude professionnelle viticole, avec une profession profondément divisée. La proposition de réunir les professionnels viticoles de chaque région dans un Comité de Bassin viticole pour définir une politique régionale était une bonne idée, arrêtée en chemin par la réalité politique française, qui n’accepte pas le pouvoir économique régional. Le centralisme français fait des dégâts dans tous les domaines. Comparons la Catalogne espagnole et le Languedoc Roussillon, Sète et Barcelone, la Corse et la Sardaigne. La Californie Française a fait flop, pas par la faute des Languedociens, et neo-Languedociens très nombreux,  qui ont pris des initiatives, investi, mais par un système politique français obsolète, et une sur-administration parisienne. Nos  professionnels viticoles qui ont des responsabilités nationales, sont dans une situation très inconfortable, souhaitant souvent une nouvelle désignation dans des instances nationales, ils doivent avoir un comportement politiquement correct, ce qui leur interdit souvent d’exprimer le véritable besoin local. Lorsque la désignation relève de l’Etat, ce qui est le cas, en ce moment, de l’INAO, (la désignation des membres du nouveau Comité national vin et du Conseil compétent en matière de d’agrément et de contrôles est en cours…) le centralisme français joue a plein son rôle néfaste. L’ordonnance du 06/12/2006 en est l’expression. Espérons en une mutation politique sans trop y croire…..

 

 

Jean Clavel 06/01/2007