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15/01/2007

Gafsa 2

Gafsa 2

 

 

Certificat de bonne conduite :

Le président du Conseil à déclaré à la Chambre des députés le 2 avril 1907 que la Commission des certificats de bonne conduite à délivrer aux hommes de Gafsa de la classe 1903 avait exprimé à l’unanimité un avis négatif. C’est par ordre que la Commission a émis un avis défavorable sans procéder à l’examen individuel comme le prescrit le règlement.

Mensonges officiels :

 

Le JO du 4 octobre 1907 publie les rapports officiels sur les évènements du Languedoc.

Le Commandant Vilarem, qui n’avait pas reçu à Gafsa ce JO , en prend connaissance à Sousse ou il était convoqué le 20 octobre par le général de Brigade en compagnie des tous les commandants  des différents corps de la région.

Mon émotion fut extrême, à la lecture de ces pages, où l’auteur principal, le Général Coupouillot passant de parti pris, sous silence, les véritables causes de la rébellion, les attribue injustement  au relâchement de la discipline, devenue trop paternelle sous un commandement sans vigueur.

 

En réalité, tout le mal vient de la contradiction flagrante entre la discipline telle qu’elle est exigée d’une armée prétorienne, comme celle de la France avant 1870, entre les mains du souverain, et celle qui s’impose dans une armée nationale, constituée par la jeunesse du pays, et d’où sont extraits les éléments malsains.

 

Admirable est l’article figurant en tête de nos règlements sur la discipline, qui fait la force principale des armées, on ne saurait fonder l’obéissance passive sur une plus solide base. Mais c’est une contre sens de nos jours, que l’obéissance passive, c’est l’obéissance active, librement consentie, qui seule assurera dans l’armée une discipline féconde.

 

Nous n’avons plus a dire : « obéissez moi parce que j’ai un ou plusieurs gallons de plus que vous, mais obéissez moi pare que je vous aime, parce que je suis capable de bien  vous mener partout où la patrie l’exigera pour la défense de son honneur et de son sol, parce que dans tous les efforts que je vous demanderai,vous aurez compris ou senti qu’il faut m’obéir.

 

C’est ainsi, en faisant appel, dès le premier contact, à la raison et au sentiment de nos conscrits, que naîtront une affection et une confiance réciproque.

 

Ah ! Je sais bien qu’il faut supprimer le panache, jeter au panier toutes les rigueurs surannées dont le règlement arme un supérieur, ou n’en user qu’en cas de nécessité absolue.

 

…Nul doute, je le déclare sans fausse modestie, si j’avais eu mon bataillon tout entier, dans un cantonnement sous la main, je l’eusse maintenu dans la complète obéissance à mes ordres précis. Cette méthode, inspiré par le  cœur plus encore  que par  l’intelligence, ne m’a jamais donnée de mécompte.

 

Pendant les troubles, les chefs pratiquants les modes anciens, sont restés misérablement annihilés .Au lieu de montrer leur morgue insolente de tous les jours, ils n’ont plus qu’une attitude piteuse devant leurs hommes révoltés, quittes à reprendre après la tourmente leurs airs de matamore vis-à-vis de ceux qui ne sont plus susceptibles de s’insurger contre leurs ordres cassants…… Mais à la moisson des récompenses ceux-ci dépouillent ceux  là, c’est la loi des cyniques omnipotents du jour…..

 

Cette émotion fit place à une consternation indignée, quand 3 semaines plus tard, me parvint à Gafsa la circulaire ministérielle brutale et implacable, du 6 novembre, conçue en ces termes :

 

« le ministre après avoir pris connaissance des rapports qui lui ont été transmis a pris les décisions suivants :-Tous les officiers du 17° présents à Agde et à Béziers les 19 et 20 juin (sauf un petit nombre d’officiers dont j’étais) auront au titre du 2° semestre 1907 sur leur dossier du  personnel la note suivante :

 

Etait présent, les 19 et 20 juin 1907, lors de la mutinerie de ce régiment, n’a pas montré l’énergie et la fermeté nécessaire pour faire rentrer les révoltés dans le devoir. »

 

 Suivait une série de mesures vexatoires contre ces officiers.

 

Une décision semblable était prise contre les sous officiers, sauf certains d’entre eux nominativement désignés. La circulaire ordonnait en outre la dispersion de 82 mutins dans les régiments de France et d’Algérie, que 40 jours après, une nouvelle décision faisait réintégrer à Gafsa.

 

Ceux de mes officiers et sous-officiers du 17° frappés par cette circulaire, il est inutile d’exprimer l’indignation soulevée parmi eux….Les uns avaient fait jusqu’au bout leur devoir en cherchant à maintenir au péril de leur vie leurs soldats malgré les assauts d’une foule surexcitée ; les autres, se préparant à leur travail à la première heure du lendemain matin, avaient tout ignoré des évènements de la nuit et s’étaient réveillés marqués comme des forçats.  

 

C’aurait été mon cas, si le hasard n’avait mis sur mes pas le capitaine Gavet au moment ou je me retirai chez moi

 

Et tous sont condamnés à une peine pire que la réforme, sans être entendus, sans même qu’un Conseil puisse les assister dans leur défense au mépris de tous nos règlements et de toutes nos lois. …..Dites aux officiers du 17°que je ne veux pas examiner leurs plaintes, ils devraient tous rentrer sous terre… notification du Général Galiéni aux intéressés de Gap des mots du Ministre, ceux de Gafsa n’ont rien reçu en réponse à leurs timides protestations individuelles……

 

 

 Le commandant Vilarem montre dans ces propos une hauteur de vue, une qualité humaine, une philosophie de la vie, une conscience de son devoir de militaire et un courage d'homme au dessus de la  condition habituelle de l'époque.....

A suivre

,    

 

Commentaires

Je suis la petite fille de Jean Frédéric TISSEYRE. Je recherche la confirmation de sa participation à la révolte des vignerons de 1907 , pour laquelle il aurait été envoyé à gafsa .

Écrit par : gallet Monique | 25/03/2007

Bonjour Monique, dans mes listes de mutins envoyés à Gafsa, dont je ne sais si elles sont complètes, j'ai un Tisseyre Jean, Frédéric, de la classe 1905, né le 17 janvier 1885 à Luchon, lieu de vie à Capestang et métier "Vigneron" , ils étaient tout un groupe de Capestang de la même classe Viole, Assemat, Loubes, et plusieurs de Puisserguier, Chabert, Ribo, Vidal.....
En ce qui concerne les prénoms, il y avait une pratique générale, le prénom usuel était souvent différent du ou des prénoms de l'Etat Civil. Cette liste comporte aussi des erreurs, j'en ai eu la preuve en ce qui concerne quelqu'un de Puisserguier dont le métier porté sur la liste ne correspondait pas du tout au vrai métier, j'en ai eu confirmation par les descendants
Bien cordialement
Jean Clavel

Écrit par : Jean Clavel | 25/03/2007

Bonjour,
Résidant en Tunisie, je suis très intéressée par l'histoire des mutins français envoyés à Gafsa. Existe-t-il des publications disponibles concernant leur arrivée, et leur vie dans les mines ?
Merci d'avance,
Odile

Écrit par : Cariou | 20/07/2007

Oui il y a des ouvrages de référence, le dernier en date est
"1907 les Mutins de la République" Privat mars 2007 par Rémy Pech et Jules Maurin. Le premier est l'historien de référence des évènements de 1907, ancien président de l'université Toulouse le Mirail, le second est universitaire historien spécialiste de l'Armée française. Les mutins ne sont pas allé dans les mines de phosphates de Gafsa, ils ont été cantonnés dans les bâtiments militaires qui abritaient auparavent une compagnie disciplinaire à Gafsa. Il existe aussi un document d'époque rédigé par le Commandant Vilarem en 1908.

Écrit par : Clavel | 20/07/2007

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