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26/12/2006

la vie à Gafsa 1

Le 17° à Gafsa… suite….

 

Le commandant Vilarem décrit la vie à Gafsa, et les péripéties qui émaillent l’environnement militaire :

Dans les premiers jours d’août 1907, les évènements se précipitent au Maroc, la prise de Casablanca est suivie de l’envoi d’un corps expéditionnaire sous les ordres du Général Drude. Cette occasion de réhabilitation du 17° m’apparaît comme exceptionnellement heureuse,. Je sonde discrètement mes hommes pour connaître leur sentiment. Chacun accepte avec enthousiasme, l’idée de combattre pour la France dans le Gharb.

 

Je n’avais pas besoins de consulter mes cadres, pour savoir combien ils seraient heureux de marcher à la bataille, voire au sacrifice suprême, et j’écrivis une lettre au colonel commandant   la 2° brigade de Tunisie pour solliciter de lui un avis favorable à ma démarche auprès du ministre. De leur côté quelques soldats prirent l’initiative d’une semblable demande, Ni mes soldats, ni moi n’avons jamais reçu de réponse.

 

Nous n’avons su que par le Président du Conseil, lors de la discussion sur l’amnistie, qu’on avait fait la sourde oreille devant la plus légitime des revendications.

 

De parti Pris, on n’a pas voulu se rendre compte, par l’expérience que les petits soldats du biterrois, n’ont jamais cessé d’être des meilleurs, parmi les soldats de France. Nous en eussions fait la démonstration éclatante.

 

Nous n’en avons pour meilleurs garant que l’observation suivante :

 

Quatre vingt soldats du bataillon furent dispersés dans des régiments de France et d’Algérie. Un certain nombre d’entre eux, incorporés dans des régiments de Zouaves et de tirailleurs, prirent part en décembre à la campagne contre les Béni-Snassem. Tous s’y firent remarquer par leur valeur et leur endurance, et quelques uns rapportèrent à leur retour à Gafsa des attestations flatteuses écrites de leur commandant de compagnie.

 

Pendant les mois de juillet août et septembre, l’état sanitaire se maintint excellent dans le détachement. 5 cas de fièvre typhoïde sans accident grave, et eurent une issue favorable. La fin de septembre marque l’entrée de la dysenterie ; c’est l’époque ou ce fléau sévit d’ordinaire à Gafsa. En même temps, nous fûmes surpris par la mort subite du soldat Cau de Béziers, par suite d’une occlusion intestinale…..

 

Tous les coeurs se brisèrent quand chef de cette famille militaire et aillant conduit le deuil, je prononçais quelques paroles d’adieu à ce jeune camarade,  première victime de notre exil.

 

C’est a n’en point douter, ce découragement passager qui m’enleva, dans un moment d’hypothermie mortelle, le tambour Carrière d’Olargues, un des premiers atteint de la dysenterie, et raviva notre chagrin sur la voie douloureuse du cimetière, parcourue en peu de jours pour la 2° fois.

 

Plusieurs autres, malades en même temps que luis présentaient de mauvais symptômes. La vigilance du médecin chef, ses soins intelligents et dévoués, ma présence assidue au chevet des malades, contribuèrent à relever les esprits abattus et ses deux deuils, qui nous avaient frappés coup sur coup, furent les seuls que nous eûmes à déplorer.Un peu plus tard deux cas de fièvre typhoïde très graves me vinrent assaillir de sombres appréhensions.

 

Auprès du lit du brave Hortala, nous étions à guetter le docteur et moi, le moment ou le pauvre petit irait pour toujours, laissant à Quarante une veuve et 2 enfants. Ce qui le sauva, ce fur surtout son énergie ; et par la volonté qu’il garda de vivre, il triompha du mal qui lui avait mis un pied dans la tombe. En fin Goudange, presque aussi gravement atteint, put à son tour partir pour Pézenas et y trouver, grâce aux soins maternels un complet rétablissement.

 

Premier Rabiots

 

Les hommes de la classe 1903 furent libérés à Gafsa le 25 septembre. Ils auraient dus être rendus à leur famille le 13 juillet en même temps que leurs camarades de l’armée. ….Les hommes de la classe 1904 de Gafsa  étaient libérables le 25 septembre 1907, le ministre les a maintenus en bloc de longs mois……Jusqu’après le retour en France le 20 mai 1908.

 

 Ces violations sont d’autant moins excusables que le calme complet régnait à Gafsa.

 

 

A suivre…..