UA-391811903-1
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30/10/2006

Buvons modérement du vin

Boire modérément du vin est utile à la santé

 

 

Un personnage affublé de plusieurs pseudos, de plusieurs identités et professions participe à ce blog et se présente comme un activiste de la lutte contre la consommation de vin, il utilise des arguments qui vont dans le sens de M.Didier Houssin  Directeur Général de la Santé  au ministère de la Santé, qui déclarait il y a quelques jours : l’action du gouvernement devra réduire le nombre de consommateurs modérés de vin pour augmenter le nombre des abstinents, il définissait ainsi  l’orientation de son ministère, l’abstinence généralisée. L’activiste sus indiqué,  dit que 60 000 morts sont dus tous les ans, en France à l’abus d’alcool. Le ministère se limite à 45 000. Mais dans ce nombre, qui n’est appuyé sur aucune étude scientifique sérieuse, c’est de la com !!,  en vrac, il y a  tous les décès dus à des causes générales, cancers divers de l’appareil digestif, respiratoire, accidents de la route, (exemple, si un passager de voiture décédé dans un accident, a un taux d’alcoolémie illégal, même si le conducteur est à zéro d’alcoolémie, on considère que la cause de l’accident est l’alcool……)

 

Le monde médical est heureusement plus ouvert et objectif que le ministère de la Santé et notre habitué du Blog, Voici un liste de médecins vignerons, tirés du guide Vin et Santé !!!! (d’après Irène LORGERÉ) Voir : http://www.pourvignevin.com/

 

 

 

 

 

Fils d'un Béninois breton et d'une Gabonaise, le Dr Jean-Christian Mayordome a ouvert un cabinet de généraliste à Piolenc, près d'Orange. Il a découvert le vin, à 30 ans, lorsque ses parents lui ont offert une bouteille d'un cru bourgeois du Haut-Médoc. Plus qu'une découverte, c'est un véritable coup de foudre. La tentation de devenir vigneron est un rêve qui devient vite réalité lorsqu'il apprend par la presse qu'un domaine est à vendre près de chez lui : 11,5 hectares en Gigondas, 14,5 hectares en Séguret et des chais à Sablet. Avec l'aide de sa famille, il paie cher ces vignes en état plutôt médiocre. Tout de suite, le médecin met sa passion au service de son ambition. Il s'entoure de 4 ouvriers dans les vignes, achète du matériel et s'écrit une religion selon laquelle les vins attendent 3 ans en cave avant d'être vendus, "par respect pour l'acheteur". L'an dernier, il a commencé à libérer les millésimes 1999 de son Gigondas Domaine du Pourra, des vins comme il les a imaginés.
Domaine du Pourra à Sablet,
tél : 04 90 46 93 59.

Paul Bassaget, la soixantaine, est aujourd'hui un médecin à la retraite. Pendant 5 ans, il a concilié son métier avec les fonctions de président de la cave coopérative de Vauvert dans le Gard. Aujourd'hui, il se satisfait du seul titre de président de la coopérative après avoir bien préparé son repli vers la vigne. Petit-fils de vignerons, tant du côté maternel que paternel, à 45 ans il a acheté sans se ruiner la ving-taine d'hectares de la Miravine à Vauvert, en costière de Nîmes. Dès l'origine, en 1986, il adhère à la cave coopérative, en devient administrateur en 1988 et président en 1993. Pendant 13 ans, il a mené une triple vie entre son cabinet, sa vigne et la coopéra-tive, avant que l'atavisme ne prenne le dessus. En 1998 il a sauté sur l'occasion qui se présente d'anticiper sa retraite. Depuis, c'est un autre Paul Bassaget qui taille ses vignes, "parce qu'on ne peut imaginer le bonheur qu'il y a à se retrouver seul, face au paysage des montagnes" observe-t-il. Et là, quand le viticulteur se fait vigneron, les rendements chutent à mesure que la qualité s'améliore. On rompt avec la tradition de tout-venant attaché au mouvement coopératif. Mieux, Paul Bassaget "a fait don de son vignoble à la coopérative", avec une cuvée Miravine composée à 80 % de ses raisins, le solde étant complété par les meilleurs de ceux qui limitent les rendements.
Cave des Vignerons de Vauvert,
tél : 04 66 88 20 31

Un jour, Dominique Florentin, médecin de Valence, a fini par avouer à ses patients pourquoi il a les mains d'un rouge violacé quasi indélébile à certains moments de l'année et a donné les raisons de ses absences répétées entre septembre et novembre. L'autre vie du Dr Florentin est cachée par les murs d'un clos de 5 hectares de vignes à Mauves, capitale du Saint-Joseph. C'est en 1956 que le père de Dominique, alors chef de service à Cochin, a acheté ce gros bout de vigne au pied des coteaux les plus pentus de France. Il y avait le vin, mais aussi un endroit de vacances pour ses enfants. Dominique Florentin a fait ses études de médecine à Paris, y a exercé quelque temps avant de venir s'établir entre Drôme et Ardèche. Héritier du domaine avec sa sœur en 1988, cet homéopathe soigne ses vignes comme il soigne ses patients : pas de traitement à la vigne autre que la bouillie bordelaise, pas de traitements systémiques non plus. "Parce que ces produits se retrouvent dans le raisin et que l'homéopathe que je suis est sensibilisé à l'effet des doses infinitésimales", dit-il pour expliquer ces principes du biologique sans en prononcer le mot. Mieux encore, après avoir mûri sous bois anciens, ses vins ne sont ni soufrés, ni filtrés avant la mise en bouteille. Dominique Florentin a participé au défrichage d'une partie de bois accrochés au coteau pour la rendre à la vigne. Il lui manquait un "vignoble de Cabri" pour participer pleinement au club des grands de la région.
Domaine Florentin à Mauves,
tél : 04 75 08 60 97.

 

Jean Lignières est tour à tour médecin et vigneron. Ou l'inverse. Et ce dédoublement de personnalité est héréditaire puisque son père, jusqu'à 50 ans, était médecin et vigneron en alternance. Avec les 90 hectares du château La Baronne, à Moux près Lézignan-Corbières, Jean Lignières a dû faire un choix. Le cardiologue qu'il était à Toulouse est devenu généraliste à Moux, en face des chais familiaux.
Lui qui a connu toutes les évolutions du vignoble a trouvé le moyen de concilier les urgences, entre celle d'une cuve qui monte exagérément en température et celle du patient qui vous appelle à 40 kilomètres de route de campagne, en plein dîner avec un aréopage de sommeliers lyonnais. Comme son père, Jean Lignières continue à se soucier de ce qui participe de la vie du village. À telle enseigne même, qu'à 43 ans, il envisage un mi-temps médical pour consacrer plus de temps à la vigne.
Château La Baronne à Fontcouverte,
tél : 04 68 43 90 20.

 

André-Joseph Marc a 80 ans aujourd'hui. Il était un généra-liste gynécologue-obstétricien à Béziers en 1950. Mais ce fils de facteur, Aveyronnais par son père et Tarnais par sa mère, avait l'obsession de la terre. Alors, en 1953 lorsque les 19 hectares du do-maine Beauséjour Saint-Esprit sont mis en vente, il vainc l'avis de sa femme qui aurait préféré une villa en bord de mer et les achète. Puis, c'est Beauséjour-Sainte Thérèse, à deux pas de là. Et puis d'autres vignobles encore dans les environs de Béziers, pour atteindre 52 hectares au total, plantés de chardonnay, de syrah, de carignan, de mourvèdre et de merlot. Avec un peu d'alicante comme cépage teinturier des autres. Quand il a raccroché sa blouse il y a 15 ans, c'était pour se consacrer à sa vigne, faire appel à un œnologue, mettre enfin en bouteilles un vin qui se vendait en vrac et le présenter dans les salons. Puis, il se lance dans la culture raisonnée et investit dans les hommes, les cépages et le matériel. Au domaine Beauséjour-Saint-Esprit, il a aménagé une cave. Il lui manque encore un caveau, nous a t-il dit en ajoutant : "Je me rajeunis en me projetant dans le futur". Ses 4 fils prendront la relève. Celui qui est dentiste à Saint-Malo reviendra près des vignes. C'est lui qui préside la société d'exploitation dont ses frères, le généraliste, le chirurgien et le notaire, sont partenaires.
Domaine Beauséjour-Saint-Esprit
à Béziers, tél : 04 67 28 33 07
ou 04 67 76 17 71.

 

Vu de l'extérieur, c'est un laboratoire d'analyses médicales, installé à l'ombre de l'église de Castillon-la-Bataille. Dans le bureau du propriétaire des lieux, Christian Dauriac, médecin et biologiste, les interrogations naissent avec des bouteilles juchées sur une étagère et un fax qui crache des commandes de vin. Son père était négociant en vins à Libourne. À sa disparition, sa mère prolonge l'œuvre patriar-cale en achetant le château Destieux, 13 hectares dont 8 de vignes Saint Emilion Grand Cru, à Saint-Hippolyte. À la deuxième génération, celle des héritiers, Christian et sa femme Anne-Marie, anatomo-pathologiste, se trouvent être plus amoureux du vin que d'une brillante carrière hospitalière. Le compromis est donc trouvé avec les laboratoires de Castillon et de Libourne. Christian Dauriac préfère garder ses bouteilles pour ne les vendre qu'au bout de 4 ans. Il a ainsi fallu attendre le millésime mythique 2000 pour que la place de Bordeaux accède enfin à Destieux. Anne-Marie Dauriac partage cet amour pour le vin et a acheté le château La Clémence, à Pomerol en 1996, une propriété de 3 hectares que Robert Parker classe dans les rangs des "vins de garage", au grand dam des Dauriac. La gloire et les prix s'ensuivent tout naturellement. Les Dauriac ont un fils, en cinquième année de médecine. Christian Dauriac avoue que, lorsque son fils sera diplômé, il lui passera les clés du laboratoire.
Château Destieux à Saint-Hippolyte,
tél : 05 57 24 77 44.

 

À Lugasson, un village au cœur de la "petite suisse girondine", la famille Saric est ancrée là depuis 1545. Le grand-père fut médecin de campagne, son fils a émigré à Bordeaux pour y enseigner la médecine et Jean, 54 ans, son petit-fils, est chef d'un service de 70 lits en chirurgie digestive lourde au CHU de Bordeaux. Tour à tour, les 12 hectares de vignes du château Turon-La Croix les ont ramenés à Lugasson. D'abord parce qu'il y a une fidélité à la terre dans cette famille. Ensuite, comme Jean le résume avec l'humanisme consubstantiel du médecin : "II y a dans la transmission du savoir, un métier de compagnon. Et, quand on taille la vigne, il y a un geste qui ramène à l'acte chirurgical. Dans un cas, on prend en compte ce que donneront les bois de l'année suivante et, dans l'autre, ce que sera la vie du patient dans les années qu'il vivra". Jean Saric redevient vigneron quand il évoque son amour du cépage merlot, le quasi-abandon du vin blanc pour le rouge et quand il se fait contempteur des faux-modernes de la vinification pour ne jouer que la vérité du terroir. Et encore, quand il veut donner des gages de son amour de la terre, il abandonne son appartement bordelais et se livre aux navettes quotidiennes entre l'hôpital Saint André et Lugasson.
Château Turon-La Croix à Lugasson,
tél : 05 56 24 05 55.
Longtemps, Georges Mugneret s'est posé la question de savoir s'il était ophtalmologue à Dijon ou vigneron à Vosne-Romanée. De la même façon, Marie-Christine, l'une de ses deux filles, se souvient d'avoir été pharmacienne avant de reprendre cette propriété phare de la côte de Nuits, à la mort de son père en 1988. C'est ainsi que Mugneret-Gibourg est devenue une affaire de femmes, avec la mère dans le rôle de la banquière, une fille au chai et l'autre dans la vigne. Marie-Christine Mugneret, devenue Teillaud par son mariage, maintient la tradition de Mugneret-Gibourg. Tradition locale et héritage obligeant, la vigne est en métayage. Ce qui n'empêche pas les sœurs de veiller au grain tout en réservant l'essentiel de l'effort aux chais. Les rôles y sont désormais distribués et les fonctions séparées. Marie-Christine Teillaud-Mugneret est vigneronne à temps plein, mais injoignable le mercredi, jour qu'elle réserve à ses enfants. Domaine Mugneret Gribourg à Vosne-Romanée, tél : 03 80 61 01 57.

A l'origine du domaine David-Beaupère, il y a un père vigneron à Oran qui, en 1961 comme d'autres, a été prié d'aller planter sa vigne ailleurs. Et le père du
Dr Jean-Paul David a choisi ce coin du Beaujolais. En bon fils de vigneron, Jean-Paul a appris les vinifications à l'adolescence. Pour le reste, la vigne n'a servi qu'à assurer ses études de médecine à Lyon, puis l'internat à Bordeaux. Quand il quitte le CHU de Bordeaux en 1987, c'est pour ouvrir un cabinet de diabétologue-nutritionniste et retourner dans son pays d'adoption, du côté de Mâcon.
"J'ai cessé de faire du vin trop longtemps pendant ma période bordelaise", le ton est donné, et le médecin décide de payer son tribut à la vigne. Et il le fera sous deux facettes. En faisant le vin qu'il aime, loin des caricatures beaujolaises et en fondant "Vin, Santé, Plaisir de vivre" une association qui dépasse largement le cadre convenu de la thérapie par le vin. Le médecin voit en effet défiler trop d'obèses, de cirrhotiques et d'alcoolique dans son cabinet. Quand il rentre dans ce hameau de Juliénas, c'est pour y retrouver un vin qu'il aimerait voir sortir du carcan du Beaujolais "à boire et à pisser". Il a donc imaginé un Beaujolais qui ne sort de la propriété qu'après
3 ans de cave.
Domaine David-Beaupère à Juliénas, tél : 03 85 33 86 67.

 

Sa mère voulait qu'il soit ingénieur, comme papa. Robert Le Net a donc entamé des études d'ingénieur et décroché un diplôme en physique nucléaire. Assistant à la faculté de médecine, il travaille sur la pharmacocinétique et débute des études de médecine. Ce sexagénaire parle aujourd'hui de tout cela au milieu du château de Salettes, une bâ-tisse du xiiie siècle située à Cahuzac-sur-Vère dans le Tarn, achetée en ruine en 1994 et entièrement remontée pour en faire un hôtel 4 étoiles avec un restaurant. Ce lieu de méditation do-mine 23 hectares de vignes et quelques cépages rouges qui ont eu leur heure de gloire à la table de François 1er. Entre les deux, Robert Le Net s'est intéressé à l'esthétique, a ouvert 3 cliniques de médecine nucléaire, et est tombé dans la vigne à la faveur d'une rencontre, sa compagne d'aujourd'hui. Pour autant, la vigne n'était pas une découverte pour ce médecin, qui, en son temps, s'était associé à quelques confrères pour racheter le château Suduiraut en Sauternais, mais le groupe AXA a mis sur la table les millions manquant à la surenchère. Et c'est ainsi qu'il s'est retrouvé dans cette Toscane tarnaise.
Château de Salettes à Cahuzac-sur-Vère, tél : 05 63 33 60 60.

 

Nancéien d'origine, Alain Repolt est arrivé à Dijon par le hasard des mutations d'un père représentant de commerce. Il a fait ses études de médecine à Lyon et a rejoint sa première affectation à Beaune, dans un hôpital tout juste sorti de terre dans les années 70#. Malgré ce carrefour meurtrier, Beaune a son charme auquel il cède. Pour achever de le convaincre, il y a cet infirmier qui a un terrain à ven-dre, un bout de vignoble sur la montagne de Beaune, joliment dénommée les "Pierres Blondes", sur lequel on peut construire sans faire sourciller personne. L'architecte imagine une maison plantée sur une mer de gazon. Alain Repolt corrige les plans et conserve la vingtaine d'ares de vignes. Et voilà comment ce qui était conçu pour être un garage devient un chai. Pour réussir les vinifications, il se contente d'un bouquin sur l'hygiène vinicole et des conseils d'amis parmi lesquels figure André Porcheret qui règne à l'époque sur les chais des Hospices de Beaune. Les patients viennent apprendre à tailler la vigne et il se prend au jeu. Il ajoute à sa propriété deux ouvrées de Beaune-Chouacheux, puis un petit bout de Chassagne-Montrachet-Morgeots. À sa retraite en 1994, ce médecin a liquidé ses vignes,  sauf celles qui cernent sa maison. Le vigneron qu'il est resté continue de tailler et de vendanger pour sortir quelques bouteilles d'un vin qui ne peut plus être que "de pays" et destiné à ses seuls copains.

 

24/10/2006

le Commandant Vilarem à Gafsa

Le commandant Vilarem à Gafsa :

 

 

Avant l’embarquement dans le train à Gap du bataillon d’épreuve, premier problème, on indique au commandant Vilarem que le bataillon sera gardé par une compagnie du 96° de ligne  en arme avec chacun 2 paquets de cartouches (comme pour les grèves).. c’est une humiliation que pour mon compte je n’ai pas méritée, j’aborde le colonel Plocque, qui me répond, mon cher ami, ce n’est pas moi qui ai ordonné ces mesure, adressez vous au Général, je vais au Général Massiet du Biest, ce n’est pas moi qui commande c’est le délégué du Ministre, je me présente au colonel Toutée,  « ce sont les ordres du Ministre, ils seront exécutés !! »…… Nous sommes dans un compartiment de 1° classe, le colonel Toutée,  le Lieutenant colonel Boé, le capitaine commandant la compagnie d’escorte, et moi, nous n’échangeons pas un mot durant tout le trajet. Pendant l’arrêt de Sisteron nous descendons sur le quai et le lieutenant colonel Boé me dit « Si ça marche bien , vous serez récompensé », je lui répond  « ça marchera bien »

 

A Villefranche l’appareil des forces réunies est formidable :

 

Le 112° régiment, le 29° bataillon de Chasseurs avec ses mitrailleuses au dessus du port, 150 gendarmes….

 

Le capitaine de vaisseau Moreau commandant la division navale vient à terre. Je vais le saluer et lui demande l’endroit ou nous devons être transportés. Comme cet officier se dispose à me répondre fort obligeamment, un regard du colonel Toutée l’invite au silence, « vous ne le savez pas ?, je vous en ferai part tout à l’heure quand nous aurons levé l’ancre »

 

Après l’embarquement qui s’est déroulé dans des conditions parfaites, et que les deux croiseurs en file prennent leur route,  le capitaine de frégate, second du navire, me fait part de son heureuse surprise, après sa ronde à l’heure de l’appel du soir « ça des mutins ? on ne le dirait pas? » couchés tous à la place assignée ils dormaient du sommeil paisible de l’innocence. !! Ce séjour parmi nos frères de la marine est la douce oasis pendant ce voyage de Gap à Gafsa qui fut pour nous une longue torture morale…..

 

En rade de Sfax, le 28 juin à 2h. de l’après midi à cinq ou six km.. de la ville, des mahonnes remorquées par des torpilleurs appelés de Bizerte, transportent à terre en 3 fournées les soldats du 17°. Tous les spahis de la garnison sont à cheval, sabre au clair et la place où s’opère le rassemblement est cernée par des tirailleurs. Les corvées seules sous le commandement des gradés vont prendre le repas  et nous attendons sous un soleil de 60° l’heure ou où le train qui nous attend nous emportera vers Gafsa…..Enfin à 6 heures du soir, tout le monde est casé dans des wagons aménagés et le train part…enfin seuls !!!!!

 

Le 29 juin un peu avant l’aube arrivée en gare de Gafsa ou nous attendent le Contrôleur Civil et le lieutenant commandant la 1° compagnie de discipline qui campée à El Guettard nous avait cédé la place à Gafsa…..

 

En marche, en colonne de route, clairons et tambour en tête, à 5 heures du matin nous sommes rendus au camp…

 

Pendant que l’installation se faisait rapidement, le général Herson commandant l° division d’occupation de Tunisie et le colonel Deshortés commandant la brigade de Sousse, vinrent visiter notre casernement….

 

Ce fut un spectacle nouveau et réconfortant que de voir le Général Herson qui avait longtemps habité les régions viticoles du Midi, parler à mes soldats comme à tous mes gradés sur un ton affectueux quoique empreint de sévérité. Il me donna des conseils précieux pour notre séjour dans ce bled brûlé par un soleil implacable…..

 

En résumé, le double rôle que j’ai conscience d’avoir scrupuleusement rempli pendant les troubles avait consisté, sans une ombre de défaillance, à faire mon devoir de militaire tout entier et à m’efforcer de détourner de  l’accomplissement de leurs desseins et dans leur intérêt, les soldats en révolte que je voyais clairement donner tête baissée dans le piège qui leur était tendu. Une fois à Gafsa la situation était aussi simple que nouvelle. Je n’avais plus a envisager qu’une façon d’exécuter la mission que j’avais reçue, c’était de relever et soutenir le moral de mes hommes en les aimant comme mes propres enfants.

 

Cependant la tâche était bien compliquée et bien délicate pour moi, qui connaissait mal les effets de ce climat torride ; mais j’avais saisi sur le champ que mon isolement m’offrait un avantage immense, celui d’être maître souverain comme un capitaine de navire à son bord et si je n’étais déplacé, la mort pouvait seule m’empêcher de tenir le serment que j’avais fait moi-même, au départ de Gap, de ramener envers et contre tous, mes hommes bien portants sur la terre de France….

 

On voit à quel point le Commandant Vilarem est un officier hors du commun, dont tous ceux des ex mutins, qui ont écrit des cahiers de souvenirs de Gafsa , ont chanté les louanges. On voit aussi qu’il dit à mots couverts,  ce qu’il pense sincèrement :  les soldats du 17° ont joué, sans le savoir, un rôle  politique qui les dépassait. Clemenceau se serait servi d’eux,, de leur fougue et de leur jeunesse ,  pour sauver son Gouvernement menacé à la Chambre des députés. On sait que maintenant cette version des évènements est contestée  par les historiens.

 

A suivre…..

 

.

 

 

 

 

 

11/10/2006

Crise 2007

Crise viticole centennale La gravité de la crise viticole actuelle est largement sous estimée par les autorités publiques, par les élus politiques, par les responsables professionnels viticoles. Certains qualifient la crise 2006 qui aura des prolongations plus graves encore en 2007, si les choses, politiques, professionnelles, administratives vont  dans le même sens, ce qui est malheureusement prévisible, de crise centennale !!! Je partage cette opinion.

Cette situation rappelle celle de 1907, puisque des débats sur la crise de cette époque ont commencé en 1901, au Parlement, au Gouvernement, dans les administrations, dans les instances professionnelles, entre les représentants de la viticulture et les représentants des producteurs de betteraves, auxquels il faut associer les représentants des industriels du sucre et de l’alcool issus de la betterave. Ayant accès aux archives détaillées de cette époque, je puis affirmer que ces débats étaient nombreux et approfondis, mais sans résultat notable, sur le marché des vins de vignerons qui restaient profondément déprimés.

Les vins industriels fabriqués à l’aide de raisins sec, de compléments chimiques, de sucre de betterave et d’alcool, les facilités données aux cavistes et distributeurs des places de consommation, à qui on tolérait, au niveau des administrations, qu’avec 2 barriques de vin on pouvait en vendre 3, ce qui se faisait par ajout d’eau et d’alcool de betterave, était une des causes principales de la mévente des vins de vignerons. Certains historiens de cette époque prétendent que la crise venait exclusivement des excédents de production de la viticulture, ce qui est une affirmation fausse.

L’explosion  a débuté en mars 1907, et a eu pour étincelle, l’action improbable de quelques personnes à Argeliès à la frontière de l’Aude et de l’Hérault , conduites par un personnage de roman, perçu localement comme un illuminé, esprit chimérique qui ne doutait pas de ses inspirations que l’on appelait « lo Cigal ». Aucun des élus politiques ou représentants professionnels ne croyait au succès de ce mouvement. Ernest Ferroul, député maire de Narbonne, qui plus tard, prendra la tête du mouvement, après que Marcelin Albert ce fût déconsidéré, a refusé de rencontrer la délégation d’Argeliès.   La situation était tellement difficile dans les villages viticoles du Languedoc et du Roussillon, que les premières manifestations organisées par le Comité d’Argeliès ont eue, tout de suite, un succès inespéré, et la montée en puissance a été très rapide. Du 11 mars au 9 juin, en 90 jours, une mobilisation générale a eu lieu sur 3 départements, entraînant des mouvements dans tous les vignobles de France et d’Algérie, le 9 juin plus de 600 000 personnes étaient réunies à Montpellier, la grève des impôts, la démission des municipalités, décidées et appliquées.  Le 11 mars, les 80 vignerons d’Argeliès ont fait le pied de grue devant la sous préfecture de Narbonne, demandant à être reçus par la Commission Parlementaire qui siégeait à l’intérieur  avec les élus de l’Arrondissement. Ce n’est qu’en fin d’après midi que 3 délégués d’Argeliès ont été reçus quelques minutes. Ce n’est que lorsque la presse régionale et nationale, ayant pris la mesure des évènements, a donné échos aux revendications du Comité d’Argeliès, que les élus ont rejoint le mouvement.

Comparaison n’est pas raison, mais la situation viticole actuelle est aussi difficile  que celle de 1907, la crise est générale et atteint la filière en entier, les licenciements se multiplient chez les réparateurs-vendeurs de matériel viticole, chez les commerçants offrant des produits et des services aux viticulteurs, les déficits budgétaires de nombreuses caves coopératives et leurs unions s’aggravent, réduisent de façon importante les versements aux adhérents et le Crédit Agricole met en place des pare-feux. Le négoce n’est pas à l’abri, car son chiffre d’affaire et  ses marges se réduisent. Il s’y ajoute d’autres faits, qui n’existaient pas en 1907, la lutte anti-alcoolique qui se traduit par une lutte anti-vin, entraîne une  aggravation de la désaffection des consommateurs en particulier des jeunes, c’est l’objectif du ministère de la Santé. Les Etats Généraux de l’Alcool qui se développent partout en France et vont se clôturer le 5 décembre 2006 à Paris, contribuent à la dépression morale de la filière.   Des techno-structures viticoles nationales comme l’INAO,  impliquées dans les causes du développement de la crise, mettent en place des mesures de sauvegarde de leur administration, qui aggravent la situation à la production. Ces décisions, transformation des systèmes d’agrément des vins, remplacement des syndicat d’appellation par des structures administratives obligatoires, modification de la hiérarchie des vins AOC, qui ont des conséquences sur le coût final du produit, ce qui est contre productif, dans la situation de baisse des prix de vente à la production, sont incompréhensibles. Ces développements sont des contre sens par rapport à la nouvelle politique viticole européenne en discussion (OCM),  qui sera appliquée en 2008, et dont l’objectif est de libéraliser totalement la filière, dans le cadre de la mondialisation. Liberté totale de plantation, plus de casier viticole et de droits, 2 catégories de vins, les IGP et les vins de table, ceux-ci pourront porter sur l’étiquette le nom du producteur ou du Domaine, le nom du cépage et le millésime, les règles mondiales….Bien entendu plus d’aide à la plantation, à la distillation…Il est même question de permettre,  en application des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) l’achat, en UE,  de raisins ou de jus de raison sur le marché mondial, qui prendraient la nationalité du pays importateur et élaborateur du vin.

C’est l’incohérence totale de la politique viticole française par rapport à celle de l’UE, qui est inquiétante, ajoutée à la politique anti-vin qui ne veut pas dire son nom. Existe-t-il un Marcelin Albert en gestation quelque part ?

Jean Clavel

11/10/2006