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11/10/2006

Crise 2007

Crise viticole centennale La gravité de la crise viticole actuelle est largement sous estimée par les autorités publiques, par les élus politiques, par les responsables professionnels viticoles. Certains qualifient la crise 2006 qui aura des prolongations plus graves encore en 2007, si les choses, politiques, professionnelles, administratives vont  dans le même sens, ce qui est malheureusement prévisible, de crise centennale !!! Je partage cette opinion.

Cette situation rappelle celle de 1907, puisque des débats sur la crise de cette époque ont commencé en 1901, au Parlement, au Gouvernement, dans les administrations, dans les instances professionnelles, entre les représentants de la viticulture et les représentants des producteurs de betteraves, auxquels il faut associer les représentants des industriels du sucre et de l’alcool issus de la betterave. Ayant accès aux archives détaillées de cette époque, je puis affirmer que ces débats étaient nombreux et approfondis, mais sans résultat notable, sur le marché des vins de vignerons qui restaient profondément déprimés.

Les vins industriels fabriqués à l’aide de raisins sec, de compléments chimiques, de sucre de betterave et d’alcool, les facilités données aux cavistes et distributeurs des places de consommation, à qui on tolérait, au niveau des administrations, qu’avec 2 barriques de vin on pouvait en vendre 3, ce qui se faisait par ajout d’eau et d’alcool de betterave, était une des causes principales de la mévente des vins de vignerons. Certains historiens de cette époque prétendent que la crise venait exclusivement des excédents de production de la viticulture, ce qui est une affirmation fausse.

L’explosion  a débuté en mars 1907, et a eu pour étincelle, l’action improbable de quelques personnes à Argeliès à la frontière de l’Aude et de l’Hérault , conduites par un personnage de roman, perçu localement comme un illuminé, esprit chimérique qui ne doutait pas de ses inspirations que l’on appelait « lo Cigal ». Aucun des élus politiques ou représentants professionnels ne croyait au succès de ce mouvement. Ernest Ferroul, député maire de Narbonne, qui plus tard, prendra la tête du mouvement, après que Marcelin Albert ce fût déconsidéré, a refusé de rencontrer la délégation d’Argeliès.   La situation était tellement difficile dans les villages viticoles du Languedoc et du Roussillon, que les premières manifestations organisées par le Comité d’Argeliès ont eue, tout de suite, un succès inespéré, et la montée en puissance a été très rapide. Du 11 mars au 9 juin, en 90 jours, une mobilisation générale a eu lieu sur 3 départements, entraînant des mouvements dans tous les vignobles de France et d’Algérie, le 9 juin plus de 600 000 personnes étaient réunies à Montpellier, la grève des impôts, la démission des municipalités, décidées et appliquées.  Le 11 mars, les 80 vignerons d’Argeliès ont fait le pied de grue devant la sous préfecture de Narbonne, demandant à être reçus par la Commission Parlementaire qui siégeait à l’intérieur  avec les élus de l’Arrondissement. Ce n’est qu’en fin d’après midi que 3 délégués d’Argeliès ont été reçus quelques minutes. Ce n’est que lorsque la presse régionale et nationale, ayant pris la mesure des évènements, a donné échos aux revendications du Comité d’Argeliès, que les élus ont rejoint le mouvement.

Comparaison n’est pas raison, mais la situation viticole actuelle est aussi difficile  que celle de 1907, la crise est générale et atteint la filière en entier, les licenciements se multiplient chez les réparateurs-vendeurs de matériel viticole, chez les commerçants offrant des produits et des services aux viticulteurs, les déficits budgétaires de nombreuses caves coopératives et leurs unions s’aggravent, réduisent de façon importante les versements aux adhérents et le Crédit Agricole met en place des pare-feux. Le négoce n’est pas à l’abri, car son chiffre d’affaire et  ses marges se réduisent. Il s’y ajoute d’autres faits, qui n’existaient pas en 1907, la lutte anti-alcoolique qui se traduit par une lutte anti-vin, entraîne une  aggravation de la désaffection des consommateurs en particulier des jeunes, c’est l’objectif du ministère de la Santé. Les Etats Généraux de l’Alcool qui se développent partout en France et vont se clôturer le 5 décembre 2006 à Paris, contribuent à la dépression morale de la filière.   Des techno-structures viticoles nationales comme l’INAO,  impliquées dans les causes du développement de la crise, mettent en place des mesures de sauvegarde de leur administration, qui aggravent la situation à la production. Ces décisions, transformation des systèmes d’agrément des vins, remplacement des syndicat d’appellation par des structures administratives obligatoires, modification de la hiérarchie des vins AOC, qui ont des conséquences sur le coût final du produit, ce qui est contre productif, dans la situation de baisse des prix de vente à la production, sont incompréhensibles. Ces développements sont des contre sens par rapport à la nouvelle politique viticole européenne en discussion (OCM),  qui sera appliquée en 2008, et dont l’objectif est de libéraliser totalement la filière, dans le cadre de la mondialisation. Liberté totale de plantation, plus de casier viticole et de droits, 2 catégories de vins, les IGP et les vins de table, ceux-ci pourront porter sur l’étiquette le nom du producteur ou du Domaine, le nom du cépage et le millésime, les règles mondiales….Bien entendu plus d’aide à la plantation, à la distillation…Il est même question de permettre,  en application des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) l’achat, en UE,  de raisins ou de jus de raison sur le marché mondial, qui prendraient la nationalité du pays importateur et élaborateur du vin.

C’est l’incohérence totale de la politique viticole française par rapport à celle de l’UE, qui est inquiétante, ajoutée à la politique anti-vin qui ne veut pas dire son nom. Existe-t-il un Marcelin Albert en gestation quelque part ?

Jean Clavel

11/10/2006

Commentaires

"Existe-t-il un Marcelin Albert en gestation quelque part ?"

e mai s'existissia los occitans son pas qu'una merda.
incapables de salvar son vin, incapables de salvar sa lenga, incapables de pensar son pais en defòra de l'estat franchimand que t'escana e te fa crevar.

paure monde, lo pais l'avètz vendut als promoturs e als anglesis (qu'ara te venon faire lo vin cò teu !!).
l'imigracion franchimanda ven piejòra que la foira e fin finala sem venguts estrangièrs dins lo nòstre pais propi.

gaita òme : avèm pas solament una cadena publica de television ni de radio !!! frança n'a a bodre
consi vòls i arribar ?

en apelant lo nòstre vin "south of france" ? paures cons que siàtz.
prenètz un pauc exemple suls nòstris vesins catalans del sud e gaitatz çò qu'es una democracia

Écrit par : Marcel Bertal | 12/10/2006

Bonjour M. Vidal.
Je comprends mieux maintenant l'origine de nos différents, voire de votre opposition. La vigne et le vin sont pour moi des éléments de civilisation, la consommation modére du vin est un bienfait pour l'humanité depuis des millénaires. C'est un lubrifiant social, un produit de convivialité, un élément économique important dans le commerce mondial, la vigne un constructeur de paysages, favorisant le tourisme....
Je suis dans le droit fil de nos ancêtres, y compris ceux du 17° qui ont défendu la vigne et le vin.
Dommage que vous compariez le vin et la cocaïne et le Languedoc avec la Colombie.
Je crois que nous n'avons plus rien à nous dire....
Jean Clavel

Écrit par : clavel | 13/10/2006

Bonjour Mr Clavel et Chers internautes,

Tout d'abord un grand merci Jean Clavel pour votre contribution au monde viticole et votre vision réaliste. Je me souviens aussi de votre mission aux Coteaux du Languedoc qui a permis de faire connaitre nos vins.

C'est vrai que ce temps là, d'espoir, de plaisir est loin.

Je suis scandalisé par les propos de Mr vidal qui considère que les vignerons (et tous les professionnels en amont et en aval) sont des criminels car coupables de l'irresponsabilité des consommateurs. n'oubliez pas Mr Vidal que l'Etat pour lequel vous travaillez est complice (notamment pour le tabac).
Si nous sommes coupables prenons des mesures radicales pour faire cesser nos activités et nous mettre au banc des accusés.

J'espère que vous prendrez vos responsabilités de "responsable" du Ministère X à Paris quand vous aurez balayé l'histoire de notre civilisation, mis à mort des familles de vignerons dont la seule existence est de cultiver la vigne et de contribuer aux valeurs de notre pays; vous aurez affaibli l'économie de la France déjà en situation difficile; cassé la structure sociale de nos villages et campagnes, les relations entre les hommes et les femmes enfin la vie. Sans parler des conséquences environnementales préoccupantes(innondations, ...) et

C'est ecoeurant ! Vous devriez descendre de la capitale pour voir la détresse des vignerons et en même temps le plaisir lorsqu'ils se trouvent dans leur vignoble et leur chai.

Alors, arrêtez les grands mots. Vous et vos amis répétez que l'alcool tue ! quel alcool ? La conso du vin ne cesse de baisser au profit de boissons "surnoises" pour séduire les jeunes, public vulnérable. Concernant les excés de vitesse avez vous demandé aux constructeurs automobiles de brider les voitures. non ! ils sont puissants et influents. Les doses de sucre dans certains produits sont excessives, les fast food Y pousse à l'obésité, ...

Je suis d'accord avec vous qu'il y a un problème sérieux plutôt devrions nous dire des problèmes de société. C'est trés complexe!
Avec vos methodes "d'exterminateur" vous agravez le mal en déresponsabilisant les citoyens et en les rendant dépendant d'un élite. Avec vos théories, vous êtes en train de vider notre société de ses valeurs, de ses richesses, de ses Hommes et de ses espoir pour faire croire hypocritement que vous êtes un défenseur de l'Humanité.
Vous êtes complice de vos patrons succéssifs qui mélangent intérêts privés et intérêts de la Nation.


Dernier conseil : faîtes attention de ne pas vous faire renverser par un "accro à l'alcool" en sortant de votre ministère, il paraît que ça court les rues ces machins là

Mr Clavel encore merci pour vos propos et je suis ravi de vous lire ou vous entendre pour défendre notre beau métier.

Écrit par : MAHUZIES | 14/10/2006

Merci cher Mahuziers, de ces mots qui permettent d'effacer quelque peu les propos outranciers, agressifs de celui qui prétend être un haut fonctionnaire de la République, et un petit fils de mutin du même village que mon Grand Père!!! Je pratique un certain nombre de prohibitionistes, et des médecins alcoologues, on peut, en général, discuter, échanger des opinions sans tomber dans l'outrance. J'ai même réussi à introniser, dans un ordre bachique, le professeur Got, champion de la lutte anti alcool, et à lui faire boire un verre de vin !!!

Écrit par : clavel | 14/10/2006

Bonjour MrClavel
Suite à notre rencontre de Dimanche dernier, et aprés lecture du commentaire de notre fonctionnaire Parisien, je me permet de bloguer sur le "sujet", je sais que ça ne fera pas avancer les choses , mais ça soulage.
Bien a vous
A Mouliere

Écrit par : André-Mouliere | 20/10/2006

M. Clavel je vous ai demandé à plusieurs reprises (deux ou trois) la liste des divers ouvrages que vous avez écrits dans le domaine de "l'aventure viticole languedocienne d'après-guerre" (titre, date, éditeur) mais vous ne semblez pas vouloir me répondre.

A moins que je ne sache pas me servir de votre blog et que la réponse ait déjà été apportée auquel cas vous voudrez bien excuser mon insistance, veuillez me le préciser.

Je compte sur vous pour une réponse rapide, merci, car je compte lire ces ouvrages à la bibliothèque de Montpellier où ils doivent assurément être conservés.

Écrit par : jacques prodet | 28/10/2006

M. Prodet, je vous ai répondu longuement sur votre mail perso, et je n'ai plus la copie de ce mail car j'ai eu un crash sur mon ordinateur et j'ai tout perdu !!!! si vous allez à la bibliothèque centrale de Montpellier vous avez 2 ouvrages à consulter, en tapant jean clavel sur la recherche, vous les trouverez facilement

Écrit par : clavel | 28/10/2006

bjr M.CLAVEL,je tiens à réagir avec force au propos de M VIDAL Francis cet ingenieur chimiste des hautes spères parisiennes,qui veut nous donner des leçons en matière de consomation d'alcool ? quelle honte d'entendre de tels propos cet avec des réflexions de ce type que nous sommes en train de détruire notre agriculture au profit des autres qui nous prennent tous les jours des parts de marché.Se pose - t il la question pourquoi ne fait on pas la même publicité sur les voitures avec le nombre de personnes que se tuent par excès de vitesse sans avoir bu une seule goutte d'alcool.Et les discothèques qui abreuvent nos enfants d'alcools durs pourquoi les gouvernements succéssifs ne font il rien Monsieur VIDAL dois je continuer logntemps.........Et surtout restez bien dans "votre" PARIS car si par malheur vous descendez dans notre midi le feuillage de nos vignes vous empêchera de bronzer.Monsieur je ne vous salue pas.Par contre je suis de tout coeur avec M. CLAVEL et lui demande de continuer longtemps encore avec ces récits.Ah ! un dernier point M. VIDAL ne vaut il pas mieux fêter cet anniversaire 1907-2007 que celui de nos banlieues.

Écrit par : MICHEL | 29/10/2006

Merci M.Clavel,pour votre information du 28 octobre mais je suis désolé : je n'ai pas reçu dans ma boîte de courrier le mail dont vous parlez sinon je ne vous aurai pas relancé, vous vous en doutez bien. Vous aviez dû faire une mauvaise manipulation, ça arrive à tout le monde.

J.Prodet

Écrit par : J.Prodet | 29/10/2006

Un blog ou un forum sont des lieux de libre expression, ce sont des outils "jeunes" et "de jeunes", qui autorisent les excès et le défoulement (s'ils ne tombent pas sous le coup de la loi, bien sûr).
Ceux qui sont des habitués des forums le savent bien.
Il n'y a donc pas lieu de censurer tel ou tel propos parce qu'il déplaît : c'est l'antithèse de la finalité d'un blog. C'est de surcroît une attitude de "vieux" qui n'a rien compris au système.

Je suis surpris de certaines réactions épidermiques récentes enregistrées ici.

En effet, M.Bertal peut s'autoriser à traiter en langue occitane de "merdes" les habitants de notre région sans encourir de reproche. Il peut traiter dans la même langue les viticulteurs de "pauvres cons" sans plus de réaction de leur part .

Mais voilà qu'un parisien ose engager un débat sur la (prétendue) nocivité du vin pour qu'aussitôt se déchaînent les foudres !!! (et quand je dis "foudres" je ne parle pas des gros tonneaux...gag !).

C'est la plus mauvaise réponse à lui apporter.

Où sont les répliques argumentées ? On doit pouvir répondre autrement que par des invectives à ses arguments chiffrés, non ?

Mais qu'est-ce que cela signifie ?

Qu'a-t-il objectivement écrit ? Ceci :

"sans tomber dans une interdiction bien sûr, l'alcool est la première cause de mortalité avec 60.000 décès par an..."

Il me semble qu'il y a là matière à engager un échange sérieux sur le chiffre évoqué et la réalité qu'il peut recouvrir, la différence alcool/vin etc.... c'est-à-dire apporter la contradiction en élevant le débat.

Au lieu de quoi ce blog se rabaisse en dérapant vers un lynchage irrationnel.

Pourquoi tant de hargne contre les propos d'un "parisien haut fonctionnaire" et ce silence face aux insultes beaucoup plus ourageantes d'un compatriote occitan ?... Je m'interroge.

Qu'on veuille bien m'aider à comprendre (sans pour autant me taxer de sentiments anti-viticoles, s'il vous plaît, vous pourriez être surpris). Merci d'avance.

Écrit par : Julien Laahr-Vatus | 29/10/2006

Partatgi pas lo biais de dire del "compatriòta occitan", mès cal plan dire que sul daquòs de "South of France", a rason. Se daissar impausar aquela marca comerciala es pas una granda pròva de combativitat. Se cal pas estonar apuèi que t'arriben las directivas per aver lo dreit de copar lo vin e tutti quanti.
Los paures Marcelin e Ferrol se devon revirar jos la pèira!

Écrit par : Lo_passejaire | 19/11/2006

je recherche de la fine du languedoc qui n ai plus commercialiser dans le commerce

Écrit par : prost | 12/02/2008

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