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10/10/2006

Vilarem: ma vérité, attaque de la poudrière

L’attaque de la poudrière,

 

Le 17° à Agde était ainsi réparti :

Le 1° bataillon occupait le casernement Mirabel

Le 2° bataillon était cantonné au couvent de la Nativité, le 3° bataillon (le mien) divisé en deux groupes  avait ses 9° et 10° compagnies à la caserne Mirabel et ses 11° et 12° compagnies à la vieille caserne..

 

Le 20 juin vers 4 h30 du soir, le lieutenant Viala du 2° bataillon m’aborde au bas des Allées (d’Agde) et me fait part du bruit qui court, d’un projet de marche sur Béziers et Narbonne de nos hommes surexcités…… Je monte à la vieille caserne  ou étaient cantonnés les 11° et 12° compagnies de mon bataillon. Sur les fourneaux, dehors la soupe était prête….je goûtais alors quelques plats de la 11°, prolongeant à dessein le temps passé parmi eux. Chacun répond à mes questions avec une parfaite sérénité, je les quitte convaincu du peu de fondement des craintes qu’on m’avait exprimé…… 

A la vieille caserne, l’ordre le plus complet, grâce au dévouement des capitaines Gavet et Fargeon  et du lieutenant Coste régnait dans le cantonnement.. Je répartis entre les gradés des deux compagnies la surveillance des issues, les cadres capitaine en tête, devant garder, ceux de la 11° la porte de la rue saint Etienne, ceux de la 12° la porte des Allées….

Je fais  rapport au Colonel , au cercle des officiers, des bruits et de la situation constatée, il me répond qu’il ne croyait pas à une telle éventualité….. et tous les officiers présents approuvent.

Vers 9h.10, une clameur s’élève vers les Allées, c’est la foule qui poursuit une colonne de gendarmes marchant de concert avec une patrouille de la Vieille caserne.

A la caserne Mirabel, la 9° compagnie aux ordres de l’adjudant Roquefort est rassemblée devant son cantonnement, sans problème, mais la 10° était la proie d’agitateurs civils qui voulaient les entraîner, et de perturbateurs du 1° bataillon. Pendant ce temps, des civils parcourent les  locaux du casernement , pourchassent les soldats qui voulaient rester à leur poste les obligeant à coup de crosse à rejoindre leurs camarades.

La mutinerie éclate au Couvent de la Nativité,  ou étaient cantonnés le 2° bataillon commandé par  le commandant de Lespin.  Au moment de l’appel du soir une foule surexcitée force la porte et envahit l’intérieur du couvent prêchant furieusement la révolte .Le colonel Ploque se jette résolument dans la mêlée, il est entouré, bousculé, frappé, et ne doit son salut qu’à la protection de quelques officiers et sous officiers qui se précipitent à son secours. C’est alors que le lieutenant colonel Boé, adjoint du colonel, disparaît et se réfugie vers 9 h.10 dans la maison du capitaine Deville  et ne reparaît ni aux Allées, ni à la vieille caserne. Ce sera le fondement du conflit avec le commandant Vilarem.

Il reparaît enfin à la caserne Méribel au moment ou des groupes de civils mêlés à des militaires attaquent d’un côté la poudrière, et de l’autre la salle de police et la prison.. Je rends compte de la situation au Lieutenant colonel, la 9° compagnie au complet et prête a entrer en action, la 10° réduite au tiers, je prends la 9° prenez la 10° et allons protéger la poudrière…..Nous entrons dans une marée humaine formidable ou la confusion est à son comble. Je vais toujours, haranguant les groupes les plus excités, civils et militaires, et j’espère gagner la partie, quand éclate le premier coup de feu. Ce fut une panique générale au milieu de laquelle un cri, le lieutenant colonel est foutu…Allons le dégager, une poignée me suit encore, les coup de feu se succèdent, nombreux, rapides, ma petite troupe flanche,  j’irai tout seul, …… ils se décident alors……après des efforts surhumain, nous atteignons le lieutenant colonel, meurtri mais hors de danger, Harassé, le cœur broyé, je vois devant moi se ruer vers la grille le gros des révoltés…..Roquefort vient me dire, si vous ne restez pas auprès du Lieutenant colonel, il sera mis à mort. Entendez vous ces cris, …c’est à lui qu’ils s’adressent.

Plus tard nous nous rendons chez le colonel Plocque que nous trouvons accablé sous le coup de cette disgrâce imméritée….il s’exprime d’une voix brisée : a partir d’aujourd’hui je ne suis plus votre colonel, j’attendrai pour les sanctions ultérieures…..Presque aussitôt on nous annonçait que l’avalanche des rebelles était tombée sur la vieille caserne ….et les deux compagnies furent emportées dans la tourmente…elles vinrent presque toute entières à Gafsa…..

Le rapport du colonel Plocque du 24 juin d’Agde, précise  nettement que le 2 bataillon à la Nativité a donné le  signal du mouvement. Il dit que le lieutenant colonel passe à la vieille caserne le soir à 9  heures et que c’est le calme absolu….

Le rapport du 1° juillet du colonel Plocque  ne donne pas la même version et se contredit, il affirme d’abord la simultnéité du mouvement et un peu plus loin il en attribue l’origine aux 11° et 12° compagnies à la vieille caserne.

Le rapport du général Coupillaud plus catégorique, soutient sans aucune preuve que l’explosion a éclaté à la vieille caserne….

Pourquoi 3 versions successives différentes ? ….

Il fallait absolument justifier la proscription dont j’ai été l’objet, car ma désignation comme commandant de bataillon de Gafsa n’a pas été autre chose qu’un exil assurant l’éloignement d’un témoin gênant…..Il fallait me faire supporter le poids d’un fait matériel gros de conséquence.

Le lieutenant colonel Boé a rédigé tous les rapports, signés de Plocque et s’est organisé pour lui faire supporter  toute la responsabilité de la mutinerie. Allant même jusqu’à lui faire signer qu’il avait réuni les chefs de bataillon, mais que le Lieutenant colonel n’avait pas été informé, le disculpant ainsi de toute responsabilité, cette réunion était une pure invention. C’était un beau coup double qui a laissé la place toute chaude au lieutenant colonel Boé qui a succédé par la suite à Gap à Plocque…..

 

A suivre……..

 

 

 

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