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30/09/2006

Le Commandant Vilarem

Pour mes soldats ; la vérité sur la mutinerie

 

Louis Vilarem :

 

Le commandant Vilarem est un personnage étonnant et attachant  qui a marqué l’aventure humaine extraordinaire qu’à constitué la mutinerie du 17° régiment d’infanterie de Béziers. J’ai déjà indiqué par ailleurs qu’il était natif de Banyuls dans les PO, que sa famille a conservé la maison natale, qu’il avait 7 enfants, sa descendance est principalement à Paris, dans les PO et Montpellier.

Il a écrit une page d’histoire éditée par l’ŒUVRE , maison d’édition parisienne qui faisait des campagnes sur des sujets sensibles comme Le Favoritisme, Les Saboteurs de la Flotte ou les Fraudeurs du Vin .

En préambule, il déclare : Je recouvre aujourd’hui tous mes droits de citoyen et débarrassé du bâillon que le discipline militaire maintenait sur ma bouche, je peux enfin proclamer la vérité entière sur les évènements du 20 juin 1907 à Agde, des journée qui suivirent et  du séjour à Gafsa  du bataillon d’épreuve du 17°.

 

Les rapports publiés au JO du 4 /10/1907 sur la mutinerie du 17°renferment des erreurs et des lacunes volontaires ou non. Je rectifierai les unes et comblerai les autres.

 

C’est pour moi un devoir sacré à remplir, non point pour moi-mêm , mais pour les miens, qui n’ayant à hériter de leur père qu’un patrimoine d’honneur, doivent l’avoir tout entier, s’il n’est point amoindri par ma faute personnelle, et aussi pour mes chers et braves fantassins du pays de Béziers et Saint Pons.

 

Dans une première partie il développe les causes du mouvement, dont il dit qu’elles sont multiples : Bouleversement général apporté dans les 4 départements par la longue crise de misère qu’ils ont traversé et qui était en 1907 à l’état suraigu. Ouvriers agricoles a qui un travail jadis assuré permettait de faire vivre aisément la famille, privés de pain quotidien au moment même où grâce à leur puissante organisation syndicale, ils croyaient entrevoir l’aube des temps nouveaux ; viticulteurs pompeusement décorés du titre de propriétaire et tombés au dernier rang du prolétariat.

 

On voit bien à cette lecture qu’il connaît bien le contexte sociologique régional, et qu’il ne porte pas le jugement calomnieux, hâtif et brutal sur la crise viticole, et les languedociens du chef de bataillon Bouyssou dans son rapport au ministre dont j’ai donné quelques extraits dans ma note du 10 juin 2006….le bitterois est intelligent, jouisseur, extrêmement vaniteux, souple et faux……..:

Le commandant Vilarem émet une hypothèse qui a été discutée par les historiens, ayant eu accès aux archives militaires :

Tout,  les hommes, les choses, les passions, le climat, concouraient à une effervescence indescriptible. L’incendie devait éclater spontanément. Il fallut pourtant pour déchaîner la catastrophe, deux éléments nouveaux : les massacres de Narbonne,  et l’excitations directe d’agents ministériels.

 

Il rapporte plusieurs faits qui le conduisent à la certitude que des personnes suspectes amenées par des automobiles sont venues organiser la mutinerie pour des raisons de politique nationale, et qu’aucune enquête n’a été diligentée pour découvrir l’identité de ces agitateurs. Il rapporte aussi l’attitude du commissaire de police d’Agde : Ce fonctionnaire invisible et introuvable pendant toute la durée de la tourmente, se présenta à l’aube à la caserne Mirabel et ne posa que cette question suggestive « qu’est ce qui s’est passé à la poudrière ? »Il avait eu connaissance de ce qui avait été combiné en dehors de cette complication imprévue…..

 

            Cette  hypothèse  de complicité politique est confortée par la nature des débats au Parlement et Félix Napo dans son ouvrage La révolte des vignerons 1907 paru chez Privat, n’hésita pas a écrire : « La mutinerie du 17° a sauvé ;….le gouvernement »

Il  explique : Clémenceau a livré le 21 juin la plus incertaine bataille de ces journées de tourmentes : Il lit un télégramme du préfet de l’Aude qui se révèle plus tard  erroné : 6 officiers, 5 sous officiers, 47 soldats blessés à Narbonne où les mutins du 17° comptaient se rendre pour tuer les cuirassiers Je considère que, dans les circonstances si douloureuses que nous traversons, le pire malheur qui pût arriver dans le pays serait que le gouvernement capitulât devant la soldatesque déchaînée….. En conclusion Clémenceau réclame la confiance de la Chambre…… qu’il aura….

Félix Aldy député de Narbonne lui oppose des télégrammes reçus de sa ville et indiquant que la troupe a tiré sans sommation et sans avoir été provoquée, et qu’elle n’a aucun tué ou blessé.

Quoi !!!!  Monsieur le président du Conseil !!! nos petits soldats, ces gamins de 18 ou 20 ans, vous les avez appelés la soldatesque !!! Eux aussi, ce sont les enfants de la France et nous, nous les approuvons lorsqu’ils se refusent de se faire vos janissaires…..

 

            Le commandant Vilarem décrit le caractère de la mutinerie :

Il ne faut pas s’y tromper, la mutinerie ne présenta aucun caractère antimilitariste, ni surtout antipatriotique….qu’un petit groupe, un jour, ait chanté l’Internationale, cela n’a point lieu de surprendre, en France tout se traduit par des chansons…..D’ailleurs, tous ces jeunes gens, originaires d’un pays où on fait de la politique dès le berceau, appartenaient aux nuances les plus diverses de l’opinion , fervents du bloc républicain, socialistes, conservateurs, progressistes, libre penseurs, et catholiques se sont tous unis étroitement pour la cause méridionale.

La mutinerie, mieux que tout autre j’ai été à même de m’en rendre compte, a été une protestation énergique contre les massacres de Narbonne et une action directe en faveur de leurs proches du bitterois qu’ils croyaient menacés du même sort que les narbonnais……..

 

A suivre…..

 

Commentaires

Bonjours,

Je viens de tomber sur votre blog.

Je suis un des arrière petit-fils du commandant Vilarem.

Je dispose de quelques photos de mon ancètre notament lors de son sejour à Gafsa en 1908.
je vous enverai se WE une copie pour agrementer votre site.


j'attend la suite avec beaucoup d'interet....

n'hésitez pas à me prevenir !

joyeux Noel,

Jean-Jacques Estela

Écrit par : Jean-Jacques Estela | 15/12/2006

Merci de votre message, j'avais été en contact avec l'un de vos cousins Vilarem de Montpellier qui m'avait invité à me rendre à Banyuls cet été , ce que je n'ai pas pu faire. J'attends avec impatience cette photo du commandant Vilarem, pour la comparer avec les photos des officiers du 17° que mon grand père qui a fait son service au 17° pendant la période en cause, m'a légué. Je pourrai ainsi mettre un nom de façon certaine sur celui que je pense être le commandant Vilarem, qui fut un personnage courageux et d'une grande humanité.
Bien cordialement Jean Clavel

Écrit par : Jean Clavel | 15/12/2006

Monsieur, merci pour vos travaux. Je suis en train d'écrire un pièce de théâtre musicale et chantée sur La révolte, et le personnage du commandant Vilarem est très interessant. Je pense en effet le faire intervenir dans mon spectacle. Vous serait il possible de me communiquer les écrits de cet homme remarquable. Soit par le net soit pas fax ou tout simplment par courrier, je vous en serais très reconnaisant.
Avec mes sincères salutations
Philippe Chuyen

Écrit par : Philippe Chuyen | 21/12/2006

Bonjour, le commandant Vilarem est un personnage attachant, qui est décalé par rapport aux officiers du régiment, il était originaire de Banyuls dans les PO et sa famille possède toujours la maison familiale.Il a écrit un récit des problèmes du régiment et de ses propres difficultés . On a aussi les appréciations des soldats du 17°, en particulier Joseph Fondecave, le caporal sapeur du régiment, l'un des meneurs de la révolte, qui dit sa joie lorsqu'il est annoncé que le commandant Vilarem sera le chef du bataillon d'épreuve de Gafsa .Il faudrait faire une photocopie de son ouvrage que je tiens à votre disposition.
Donnez moi vos coodonnées par mail au jean.clavel@wanadoo.fr
Bien cordialement

Écrit par : Jean Clavel | 23/12/2006

Même famille???

Bonjour


Dans la généalogie de ma famille il y a un commandant Pierre VILAREM 15 RI ALBI, né le 07 Juillet 1876 à Banyuls sur mer, son père qui travaillait à l'usine de paulilles mourut lors de l'explosion en 1905.

Etant entrain de compléter un arbre généalogique, pourriez me dire s'il fait parti de la même famille.

Merci.
Stecca charles

Écrit par : Charles STECCA | 21/03/2007

Bonjour, Le commandant Louis Vilarem est né à Banyuls ou ses descendant ont toujours la maison familiale, c'était des familles nombreuses et il est vraisemblable que votre ancêtre militaire né à Banyuls était apparenté peut être un frère.
Il existe un descendant direct Vilarem à Montpellier, dont le Père Pierre est à Paris, son mail: jfvilarem@free.fr, la famille a un n° de tel à Banuyls 0468880613..
Bien cordialement
Jean Clavel

Écrit par : Jean Clavel | 25/03/2007

Je suis un arrière-arrière petit fils de Louis Vilarem. Je n’ai découvert qu’il y a une dizaine d’années l’histoire de mon ancêtre, et de manière relativement partielle.
Ce que j’ai entendu dans ma famille est qu’après la révolte du 17ieme, il a été muté en Tunisie ou il a monté une troupe de théâtre, ce qui n’a bien évidement pas du tout plu à la hiérarchie militaire. Je crois qu’il est ensuite parti pour la grande guerre.
De retour à Banyuls, il s’est adonné à la pèche jusqu'à sa mort. Dans la maison familiale de la rue Saint Pierre à Banyuls, ma grand-mère (fille de Francois Vilarem, lui même fils de Louis) à une superbe photo de Louis la veille de sa mort. Il avait alors une grande et belle barbe blanche et portait de veilles frusques de pécheur. Il passait toutes ses journées sur les cailloux de Banyuls et son panier à poisson.

Je peux vous confirmer que vous l’avez correctement identifié en bas a droite sur cette photo qui rassemble les officiers du 17ième.
Si vous avez des documents sous format électronique, je vous serais reconnaissant de me les faire parvenir.

Bien cordialement,
David Rapidel

david.midiblogs@gmail.com

Écrit par : David | 09/07/2007

Bonjour David Rapinel, Je suis en contact avec un certain nombre de descendants de Louis Vilarem, ce personnage atypique de la hiérarchie militaire du 17° régiment d'infanterie basé à Béziers et Agde en 1907. La lecture de son texte "Pour mes soldats, la vérité sur la mutinerie du 17° d'infanterie" éditions de l'Oeuvre, montre un homme courageux, attaché à sa région et ses habitants, défenseur de ses soldats face à une haute autorité militaire éloignée des réalités vécue par la base. Ses hommes, de toutes opinions politiques l'apprécient beaucoup, ils le disent dans leurs cahiers écrits à Gafsa.
Bien cordialement
Jean Clavel

Écrit par : clavel | 10/07/2007

Bonjour,
je ne sais pas si je descends ou possede d'infimes liens de parenté avec cet homme mais je suis une vilarem. Mon grand pere est né en 1915 a Port-Vendres (quelques kilometres de banyuls) ou nous avons toujours une maison.
C'est drole de se retrouver ainsi sur la toile a partager le meme nom de famille ...
Bref bonne continuation
Amicalement,
Emma

Écrit par : Vilarem | 16/09/2007

Au cours d'un spectacle donné par Philippe Chuyen, j'ai rencontré un autre arrière petit fils de Louis Vilarem : Pierre Kurtz qui habite Toulon. Je pense qu'il vous contactera.
M'intéressant aux événements de 1907, je cherche l'ouvrage du commandant. Savez-vous où on peut le trouver ?
J'ai consacré queqlues pages aux événements sur mon site http://perso.wanadoo.fr:atrinquier
Cordialement
A. trinquier

Écrit par : alain trinquier | 18/09/2007

Bonjour, je n'ai pas pu accéder à votre site, c'est peut être une interruption momentanée. J'ai une copie des l'ouvrage de Louis Vilarem. C'est une copie de copie bien imparfaite mais lisible. Je peux vous en faire une copie. Je ne sais ou on peut se procurer l'original qui doit être trés rare , je ne crois pas qu'il y ait eu une réédition ?
Bien cordialement
Jean Clavel
jean.clavel@wanadoo.fr

Écrit par : Clavel | 18/09/2007

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