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16/09/2006

voyage et arrivée à Gafsa

 

C’est le 26 septembre 1907 au matin que les mutins du 17° arrivent sur la plage de Villefranche, et découvrent les deux croiseurs de la marine nationale qui vont les amener au loin et ils ne savent pas encore où ? Le Commandant Vilarem a qui on a confié le bataillon des mutins est dans l’ignorance de la destination !!!

 

Le Du Chayla est un croiseur construit à Cherbourg en 1893, mis à flot en 1895, il fut retiré du service le 27 octobre 1921. Reconverti en Ecole des officiers mécaniciens, il termina sa vie comme ponton et fut démoli à Lorient en 1933.
(Caractéristiques : 3800 Tonneaux ;Vapeur 10000 CV ; 6 canons de 164mm + 4 canons de 100mm + 10 + 2 tubes lance-torpilles)

 

Le Desaix de la même catégorie de navire fut affecté pendant la guerre de 14/18 à la surveillance de la mer Rouge.

 

Joseph, qui sait décrire les péripéties du voyage , est  le premier à monter sur le pont du Desaix, ….de nombreuses voix de marins me demandent qui êtes vous ?pendant que d’autres cherchent à voir les écussons de ma capote,  « nous sommes le 17° » des mains se tendent vers moi, des marins me disent « c’est sur vous que l’on a braqué nos canons, mais vous avez bien fait on est de tout cœur avec vous », …..Puis ils me font boire et manger, pendant ce temps l’embarquement continue et à 7 h. les 2 bateaux lèvent l’ancre et filent vers le large. Une ½ heure pénible pour moi, quelques dégonflés les larmes aux yeux viennent me reprocher de les avoir entraînés.  J’essaie auprès des marins d’avoir des informations sur notre destination, allons nous en Crête relever le bataillon du 122° qui s’y trouve ? Les marins ne savent pas ; Plus tard,  le Du Chayla a disparu, il a filé sur Bizerte sans doute pour chercher des ordres, mais le soir il réapparaît et des échanges de signaux ont lieu entre les 2 navires, et Joseph apprend qu’ils se dirigent vers le golfe de Gabès et le lendemain,  ils sont en face d’une ville qu’on dit être Sfax. Le débarquement sur des péniches de la société des potasses, tirées par des torpilleurs, Edmond Moulières raconte qu’ils eurent beaucoup de difficultés à arriver au port, la mer agitée entraîne la rupture du câble reliant  leur péniche au torpilleur !!! Le rassemblement sur les quais et le voyage en train vers Gafsa. Ils ont leur gros barda du territoire national, et la capote, il fait une chaleur épouvantable, Edmond demande à un jeune arabe de lui remplir son bidon d’eau, mais les Spahis qui les entourent  refusent.  Pas de grands développement de la part de Joseph, il dit simplement, qu’une semaine après leur arrivée un deuxième groupe est venu les rejoindre, dont l’un de ses copains, François Mouzy, qui avait été oublié, lors du trie à Gap,   a demandé à rejoindre ses camarades. Il raconte aussi qu’il détruisit tous ses documents et lettres concernant la mutinerie, car il craint une fouille  de leurs affaires personnelles  qui eut lieu quelques jours après leur arrivée.

Edmond Moulière d’Adissan  a été plus descriptif dans le séjour en Tunisie : Le train longe la ville de Sfax, en passant devant, les employés de la compagnie , nous font une ovation, et agitent leurs grands chapeaux. Nous sommes épatés par les paysages, des gens qui semblent enmasqués, des chameaux labourent, d’autres qui tournent une noria, des petits ânes qui portent une charge énorme et marchent quand même. A une petite station nous prenons de l’eau, la nuit vient, nous cherchons à nous installer, mais le train ressemble à un intérêt local de chez nous , il nous est impossible de nous caser. Enfin le lendemain à 4 heures nous arrivons à la gare de Gafsa, personne nous attendait, sauf le chef du contrôle civil galonné comme un préfet !! Le paysage est désolé, des montagnes arides se dressent à droite, tandis qu’à gauche une plaine toute nue s’étend à perte de vue. Nous mettons sac au dos, et partons pour franchir les 3 KM qui nous séparent de Gafsa. A mi chemin nous voyons quelque chose de verdoyant, nous croyons que c’est de la vigne, mais c’était un champ de figues de barbarie, un peu plus loin un petit ruisseau comme le pontil d’Adissan, coule tranquillement, c’est l’oued Baïech, une bande de chameaux sont en train de se remplir leur vaste estomac, nous regardons étonnés, nous sommes dans l’Oasis, c’est superbe, les palmiers avec leurs dates comme de petites olives, les oliviers que personne n’a jamais taillé, les grenadiers, les figuiers sont aussi en grand nombre,et de petits carrés de maïs ou de courges s’étalent bien verts, de temps en temps une treille vierge peut être plus que centenaire a grimpé sur un palmier et là haut étale ses quelques raisins. A 200 mètres du village la clique et la musique passent en tête et nous faisons notre entrée au son de la marche préférée du 17°. Les arabes nous regardent tout ébahis et avec une peur visible ils s’éloignent à mesure que nous approchons. Depuis 1882, ils n’avaient pas vu de Képis rouge et de longue capotes…….        On les loge dans les bâtiments de la caserne, en très mauvais état, la nourriture ne vaut rien dit Edmond, l’eau donne des coliques,  le médecin major du 17°  refuse de s’occuper de tous les soldats qui tombent malades,il y eut 5 cas de fièvre typhoïde,. La première victime fut Ernest Gau de Béziers, qui est mort le 25 septembre d’une occlusion intestinale. …….C’est le médecin des Spahis qui vient les aider car Septembre est la période où sévit la  dysenterie, et il y eut de nombreux cas. …..Carrière d’Olargues, qui ne figure pas sur nos listes de mutins est le 2° décès, il était tambour à la musique du régiment. Un 3° malade Eloi Hortola de Quarante fut entre la vie et la mort plusieurs jours et se remit lentement. Edmond raconte que progressivement ils s’organisent,  achètent une poêle pour faire cuire des œufs, des poulets,  se procurent du bois pour faire du feu. Ils vont à la piscine dont l’eau est propre,  à la Casbah, dont il dit que c’est un bâtiment ressemblant à un fort, construit par des juifs en 1440,  dans lequel la population s’enfermait lorsque des troubles survenaient. Il y a aussi un café assez confortable ou ils se retrouvent.

 

 Elie Castan d’Alignan du Vent  a été libéré le 26 septembre 1907,  il n’est resté à Gafsa que 3 mois, les autres y sont restés 11 mois.

 Le retour à Marseille par le paquebot Djurdjura  du bataillon disciplinaire aura lieu le 20 mai 1908  Joseph fut libéré le 12 juillet 1908 par mesure de grâce présidentielle à l’occasion du 14 juillet.

 

A suivre…..

 

Commentaires

Les récits de ce caporal et de Moulière sont très intéressants.

Dans quelles conditions ête vous entrés en leur possession ? Où trouve-t-on ce type de récit ? Y en a-t-il d'autres à votre connaissance ?

Écrit par : Isabelle Fernagut | 17/09/2006

Bonjour Isabelle, J'ai lancé plusiers appels dans la presse, les magazines régionaux, et j'ai eu en réponse des documents qui sont sortis des familles, certains ont été édités comme je le signale sur mon blog, le texte du commandant Vilarem, celui de Elie Castan avec les commentaires de Rémy Pech, celui d'un certain Maraval le nom est incertain, édité par la CGT en 1908, d'autres sont peu connus ou sauvés de l'oubli comme celui du Caporal Sapeur du régiment dont on est à peu prés certain du nom , Joseph Fondecave, je sais qu'il en existe d'autres, je suis sur la piste d'un autre cahier que je n'ai pas encore pu avoir. Les photos que vous trouvez sur mon blog. La bibliographie la plus complète sur ces évènements est contenue dans le livre de Jean Sagnes, Monique et Rémy Pech à Espace Sud Edition à Montpellier.

Écrit par : Jean Clavel | 18/09/2006

On découvre donc encore des récits inédits de mutins ? Comment cela se peut-il, depuis presque un siècle et avec des commémorations tous les dix ans ?

Le récit de ce Moulière, par exemple, était-il connnu ou l'avez-vous fait sortir de sa famille grâce à vos différents appels ?

Écrit par : isabelle fernagut | 19/09/2006

Il en existe encore d'inédits, ou qui dorment dans les greniers, Le récit de Moulière a été photocopié et reproduit à quelques exemplaires par un habitant d'Adissan. C'est comme cela qu'il m'est parvenu.....

Écrit par : Jean Clavel | 19/09/2006

Vous dites que la bibliographie la plus complète sur ces évènements est contenue dans le livre de Jean Sagnes, Monique et Rémy Pech à Espace Sud Edition à Montpellier.

Mais sous quel titre et en quelle année ? Merci.

Écrit par : I.Fernagut | 23/09/2006

Après avoir demandé l'autorisation à la famille de Monsieur Edmond Moulières, c'est monsieur Marcellin COURRET, alors Président de la Fédération des Caves Coopératives de l'Hérault, qui a photocopié ce récit. Et il a été remis aux participants d'une réunion.

Écrit par : chrisss | 23/09/2006

pour chriss :

cette diffusion n'est donc pas récente ?

Écrit par : I.Fernagut | 24/09/2006

Pour Isabelle,
1907 en Languedoc Roussillon, C'est une édition de 1997, de Espace sud Edition, qui a cessé récemment d'éditer. ( Lunel Viel) dommage c'est une belle édition !! on ne le trouve plus en libairie mais en occasion sur Price minister peut être ou un autre site d'occasion ou en libraire spécialisé en occase , Paroli à Minerve 0468498254? La bibliographie est un travail d'universitaire en 9 sections. Le numéro de l'ouvrage en code ISBN 2-906 334-56-1.
Bien Cordialement
Jean Clavel

Écrit par : Clavel | 24/09/2006

La préface de ce document a été écrite par Marcellin Courret et sur la photo au milieu des manifestants se trouve mon arrière grand mère...
Vous semblez étonné, Monsieur, que je connaisse Marcellin Courret, mais celui ci s'est battu comme tant d'autres plus connu peut être comme Maffre Baugé, Cases... pour que vive la viticulture ???

Écrit par : chriss | 27/09/2006

merci M'sieur Jean pour votre gentil commentaire, je suis moi aussi trés attaché au passée de ma région en particulier Lodève. Rien ne remplacera les valeurs de nos ancetres, il suffit simplement de les adapter a notre temps!
a bientôt cher voisin de palier! y a pas trop de bruit le soir?

Écrit par : pierrot le zygo | 28/09/2006

pour Chriss :

Vous avez apporté une intéressante contribution à nos échanges en précisant les réelles circonstances de la parution et de la diffusion du cahier d'Edmond Moulières.
Monsieur Clavel disait pour sa part : "Le récit de Moulière a été photocopié et reproduit à quelques exemplaires par un habitant d'Adissan. C'est comme cela qu'il m'est parvenu", explication qui ne nous ramenait pas aux origines comme vous et qui pouvait laisser penser que la découverte était récente.

Or, vous indiquez : "c'est monsieur Marcellin COURRET, alors Président de la Fédération des Caves Coopératives de l'Hérault, qui a photocopié ce récit. Et il a été remis aux participants d'une réunion".

Cela semble donc remonter à des lustres : sauriez-vous à quelle date ou quelle époque ? Merci.

Quel est donc le monsieur qui, dans les divers posts, s'est étonné que vous connaissiez Marcellin Courret ? Je n'en trouve pas trace. J'aurais manqué une partie du film ? Ou est-ce une conversation "off the record" ?

Écrit par : I.Fernagut | 29/09/2006

Bonjour Mr Clavel, je me présente je m'appelle Camille Morata et je suis étudiant en 2ème année de Master d'Histoire militaire à l'université Paul valéry, je travaille dans la cadre de mon mémoire sur Les événements du 20 juin 1907 dans la mémoire biterroise. Je souhaiterais rentrer en contact avec vous si cela est possible. Je vous remercie par avance.

Écrit par : C Morata | 05/10/2006

Bonjour Camille, dites moi où et quand voulez vous que nous nous rencontrions, je suis trés souvent pendant la période de la Foire de Montpellier au stand village des vignerons, bar a vin Sud de France Hall 11. Je vous laisse mes coordonnées sur votre mail.
Bien cordialement
Jean Clavel

Écrit par : clavel | 05/10/2006

Excusez-moi Mr Clavel, je vous avez laissé mes coordonnées pour un éventuel rendez-vous dans le cadre de mon mémoire sur " les évènements de 1907 dans la mémoire des biterrois". Vous m'aviez répondu sur mon adresse mail, ce dont je vous remercie beaucoup, cependant suite à des problèmes informatiques j'ai perdu vos coordonées, je vous serais donc reconnaissant de me les redonner; En vous remerciant par avance. Félicitations pour votre travail.

Écrit par : Morata Camille | 21/11/2006

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