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21/08/2006

Chronologie

La crise viticole de 1907
Chronologie des principaux évènements

 

Janvier 1907: Après un débat parlementaire sur la crise viticole, création à la Chambre des députés d’une commission  présidée par M. Cazeaux-Cazalet, député de Gironde, Jules Razimbaud député de Saint Pons en fait partie. Etablissement d’un questionnaire  très complet adressé à toutes les organisations agricoles et viticoles de France.

 

17-18-19 janvier : Réunion du Congrès viticole national à Paris, après des congrès régionaux, a Bordeaux, Beaune, Lyon, Macon, Perpignan, Narbonne Béziers, Montpellier, Nîmes. Décision de la création d’un Comité permanent  National d’alliance de la Viticulture et du Commerce des vins et spiritueux, qui entreprend des relations de travail avec les représentants des producteurs de betterave, les industriel du sucre et de l’alcool de betterave. Relations contestées par les viticulteurs du Midi.

 

15 Février : Lettre de 50  vignerons d’Argeliès au député Razimbaud et dépêche de Marcelin Albert à Clemenceau, 1° grève de l’Impôt à Baixas dans les Pyrénées Orientales.

 

 

3 au 13 mars : Programme de visites sur le terrain de la commission parlementaire d’enquête viticole,  3 mars à  Nîmes, Montpellier, Béziers,le 11 mars à Narbonne, le 13 mars à Perpignan dans la région.. A Montpellier M. Nègre sénateur, Président de la Société départementale d’encouragement à l’agriculture de l’Hérault leur présente un rapport sur la viticulture départementale et François Astier président fondateur de la Caisse Régionale de Crédit Agricole du Midi développe  la situation économique et l’endettement des viticulteurs.

 

5 mars : 1° Réunion des vignerons d’Argeliès en vue de la création d’un Comité de Défense dont Marcelin Albert est le porte Parole et  établissement d’une  pétition.

 

10 mars : 1° réunion  du Comité hors Argeliès,  à Ginestas. Marcelin Albert propose d’aller remettre à la Commission d’enquête parlementaire la pétition de 400 signatures recueillies localement.

 

 

11 mars : marche des 87 d’Argeliès , accueil en fanfare de la Commission Parlementaire à la gare de Narbonne, tour de ville en chantant « La Vigneronne » avec clairons et tambour. Attente devant la Sous préfecture, la commission reçoit enfin 3 délégués d’Argeliès en fin de journée.

 

24 mars réunion du Comité à Sallèles d’Aude (quelque centaines)

 

31 mars réunion à Bize minervois (600 viticulteurs)

 

7 avril réunion à Ouveillan (1000 viticulteurs)

 

14 avril réunion à Coursan (5000 viticulteurs)

 

21 avril : 1° réunion dans l’Hérault à Capestang (10 à 15 000 vignerons)

            Publication du premier numéro du Tocsin, journal géré rédigé diffusé par le Comité d’Initiative d’Argeliès.

            4 communes de l’Hérault et 15 communes de l’Aude décident de se fédérer pour agir en commun

 

25 avril : un huissier de justice vient saisir les biens d’un viticulteur en retard dans le paiement de ses impôts, à Coursan. 1° intervention du Comité sur ce thème de protection des viticulteurs endettés.

 

28 avril : Manifestation de masse à Lézignan Corbières, (20 000 viticulteurs) 1° mort accidentelle, cheval emballé dans la foule.

5 mai : Manifestation à Narbonne, (80 000 viticulteurs) Ferroul maire de Narbonne, après avoir dénigré le mouvement en développement, se rallie au Comité d’Argeliès. Marcelin Albert fait adopter  le « serment des Fédérés » engagement de se tenir à l’écart de tout engagement politique.

 

12 mai : Manifestation de Béziers (120 à 150 000 vignerons) Ultimatum au Gouvernement : Si celui-ci n’a pas pris de mesures efficaces pour enrayer la crise, le 10 juin, les fédérés décideront la grève des impôts.

 

12 mai Marcorignan :Au moment des déplacements  de la foule régionale, vifs incidents à la gare  ou des viticulteurs ayant acheté plus de 1000 places de voyageur en train , n’ont pas de train pour aller à Béziers. Ils manifestent sur place, bloquent les voies, provoquent le premier déplacement de gendarmerie, le sous Préfet de Narbonne arrive, suivi du Préfet de Carcassonne. La ligne ne peut être rétablie qu’au soir de la journée. Ma parentèle de Montredon était présente.( ARGP, G.oncles, cousins)

 

16 mai : Manifestation nocturne et incidents à Béziers

 

19 mai : Manifestation de Perpignan (170 000 viticulteurs)

 

26 mai : Manifestation de Carcassonne (220 à 250 000 viticulteurs)

 

27 mai : Dépôt par M. Cazeaux-Cazalet président et rapporteur général de la commission parlementaire d’enquête viticole, sur le bureau de la Chambre des députés le rapport de synthèse des travaux de la commission.

 

1° juin ; incidents à la gare de Perpignan, des manifestants veulent se rendre à Nîmes sans payer leur billet

 

2 juin :Manifestation de Nîmes (250 à 300 000 viticulteurs)

 

8 juin : incidents et bagarres autour de la gare de Perpignan,

 

9 juin : Manifestation de Montpellier, point culminant de la mobilisation, ( 600 à 800 000 viticulteurs, des délégations de toute la France, une délégation de viticulteurs d’Algérie)

Le Comité d’Argeliès précise qu’il va donner l’ordre de grève générale des impôts, et démission des municipalités.

 

9 juin : premiers incidents militaires, le 100° de ligne basé à la caserne Montmorency à Narbonne, consigné au quartier depuis plusieurs semaines manifeste, le soir du 9 juin, sur le mur séparant la caserne de la voie ferrée vers Perpignan, lors du retour des trains venant de Montpellier. Ils chantent l’Internationale. Le colonel Marmet  chef du régiment,  est sanctionné, et mis, quelques jours plus tard, à la retraite d’office, ce qui provoquera des manifestations de soutien des Narbonnais à la famille du Colonel.

 

10 juin : La Chambre des députés débat de la situation viticole, et commence l’étude du projet de loi sur la réglementation du sucrage des vins. L’ordre de grève de l’impôt est lancé, premières démissions de municipalités. Il y a des manifestations nocturnes et des actes de violence et des coups échangés avec la police à Montpellier.

 

12 juin : les Préfets de tous les départements du midi sont convoqués par Clémenceau à Paris. Il leur demande de refuser la démission des municipalités. La grève administrative est organisée par le Comité d’Argeliès. Premier pointage : 85 municipalités dans l’Aude, 36 dans l’Hérault, 28 dans les PO ont démissionné et informé leur Préfet.

 

14 juin : 442 municipalités démissionnaires, 160 dans l’Aude, 185 dans l’Hérault, 88 dans les PO, 9 dans le Gard.

 

15 juin : Décision de constituer des Fédérations départementales confédérées au niveau régional en présence de Ferroul. Marcelin Albert est informé que des menaces d’arrestation se précisent. Il part se cacher à Saint Chinian. Clémenceau convoque le procureur général de Montpellier et organise les projets de sanctions.

 

16 juin : Réunion constitutive à Perpignan de la Fédération Départementale des PO

            Albert Sarraut sous secrétaire d’Etat à l’Intérieur auprès de Clémenceau, mais aussi député de Lézignan fait ne démarche auprès du Docteur Ernest Ferroul maire de Narbonne et principal animateur du mouvement. C’est Castel maire de Lézignan qui est en communication avec Sarraut, Laur maire d’Ornaisons va vers Ferroul : « faites un geste vers l’apaisement, et je puis vous assurer que tout finira bien, il n’y aura pas de mal pour personne, Si vous persistez, ce pays sera bouleversé… » réponse de Ferroul : pas de concession, nous irons jusqu’au bout ! si c’est la révolution tant pis….

 

17 juin : Le gouvernement sur proposition de Clémenceau prend la décision concernant les arrestations et les sanctions. Albert Sarraut démissionne du ministère.

Le 17° de ligne basé principalement  à Béziers est déplacé dans la nuit à Agde, effervescence dans la ville.

 

18 juin :De nombreux régiments convergent vers le sud, des renforts de gendarmerie aussi. De nombreux journalistes parisiens arrivent même ceux de la presse internationale, le Daily News, La Gazette de Cologne, le Corriere della Serra.

 

19 juin : A l’aube, arrestation de Ferroul et de plusieurs membres du Comité d’Argeliès. Transfert mouvementé à la prison de Montpellier.  Formation à Argeliès du Comité secret N° 2.

Dans la soirée, attaque de la sous préfecture de Narbonne, en réponse, charges du 7° régiment de Cuirassiers à cheval sur le Boulevard Gambetta, 1 mort, secrétaire de la Bourse du travail, de nombreux blessés.

A Montpellier des barricades sont élevées près de la Préfecture, les manifestants utilisent tout le mobilier des halles, la gendarmerie intervient 24 gendarmes blessés, 25 arrestations.

A 3 heures du matin Marcelin Albert prend  le train à Castelnaudary pour Paris.

 

20 juin : Narbonne est en Etat de Siège, circulation limitée, gens confinés dans les appartements…, mais il y a des manifestants devant l’Hôtel de Ville, plusieurs inspecteurs de  police en civil sont envoyés de Paris pour faire un rapport des évènements. Ils sont repérés par les manifestants, l’un est jeté au canal, repêché, convoyé à l’Hôtel de ville pour le mettre à l’abri, mais une méprise du poste de Garde du 139° d’Infanterie, provoque une fusillade, 4 morts une dizaine de blessés.

Ceci provoque,  en réaction, l’attaque et l’incendie de la préfecture de Perpignan, une nouvelle nuit d’agitation à Montpellier et vers 21 heures, la révolte à Agde, du17° régiment d’Infanterie, qui après avoir pris les armes et les munitions de la poudrière, prennent à pied et en ordre la route de Béziers, musique en tête, sous la conduite du Caporal Fourrier du Régiment Joseph  Gasch de Puisserguier.

 

21 juin : Le Général Bailloud commandant la région militaire demande des renforts, envoie du 142° d’infanterie basé à Lodève vers Béziers. Mais le Comité des vignerons de Paulhan décide de couper la voie pour l’empêcher de circuler par train. Le Sous Préfet de Lodève vient au secours du détachement du régiment bloqué dans les vignes, il est fait prisonnier à Paulhan….Le 142° n’arrivera jamais à Béziers

Marcelin Albert arrive à Paris et se rend chez des amis où il passe la nuit. Il sollicite Félix Aldy député de Narbonne pour qu’on lui permette de rentrer au Palais Bourbon.

 

22 juin : Félix Aldy refuse d’aider Marcelin, dans son entreprise qu’il juge inopportune. Il  attend vainement une réponse  toute le journée.

Le maire de Paulhan réussit à faire libérer le Sous Préfet de Lodève

 

23 juin : Marcelin Albert se rend au Ministère de l’Intérieur à la rencontre de Clémenceau qui le reçoit ¾ d’heure, il y a des échanges pathétiques, les journalistes convoqués après le départ de  Marcelin écrivent qu’il a pleuré. Il reçoit de Clémenceau un billet de 100 francs pour qu’il retourne dans le Midi pour se constituer prisonnier le 26 juin à Montpellier.

 

25 juin : embarquement à Villefranche sur mer, après un passage à Gap,  des 600 mutins du 17° de Béziers sur 2 croiseurs de la Marine nationale, formés en Bataillon disciplinaire sous les ordres du commandant Vilarem, vers Gafsa en Tunisie.

 

27 juin Le président de la Commission Parlementaire, M. Cazeaux-Cazalet se rend officieusement à Argeliès, pour informer le Comité du contenu des lois qui seront votées les jours prochains à l’assemblée,  il assiste le 28 à la réunion interdépartementale.

 

29 juin : Vote à la Chambre des députés de la loi contre la fraude parue au JO le 4 juillet, et d’une loi complémentaire le 15 juillet, ces lois seront suivies d’une circulaire aux Préfets JO du 10 août, et d’un décret du 3 septembre, très détaillé, portant règlement d’administration publique, signé du président de la République, Conseil d’Etat entendu.

 

14 juillet : Les délégués locaux des comités de défense viticole se réunissent dans les cantons pour désigner les 80 délégués départementaux. Au Comité interdépartemental.

 

23 juillet : L’assemblée interdépartementale décide de la constitution d’un syndicat régional , appelé Confédération Générale des Vignerons du Midi (CGVM).

 

2 août : Libération des membres du Comité d’Argeliès (liberté provisoire)

 

25 août : le Comité N°2 d’Argeliès remet ses pouvoirs à la section syndicale

 

15 septembre : dernier numéro du Tocsin

 

22 septembre : Fondation officielle à Narbonne de la CGVM  et désignation du bureau présidé par Ferroul

 

5 octobre :  Renvoie devant les Assises de l’Hérault de 89 inculpés, ceux qui sont détenus seront libérés le 17 février 1908

Commentaires

bjr je suis intéressé à recevoir vos infos sur les crises vinicoles et autres je suis en vacances je vous recontcte car j'ai besoin d'être éclairée sur certains points je m'interesse à l'économie du sud de france particulièrement les crises viticoles et agro-alimentaires que je vous dirai prochainement
amistats

Écrit par : Nicole | 08/09/2006

je suis en vacances et reprendrai contact avec vous mi-septembre, je m'interesse à l'économie ancienne et actuelle du sud de france dans le domaine de l'agriculture (vin bien sur)mon nom florença nicole 19 carrière albanie regourd 3100 tolosa
amistats

Écrit par : Nicole | 08/09/2006

Nicole, envoyez moi un mail à votre retour de vacances, en posant les questions sur les sujets qui vous interessent.
Bien cordialement
Jean Clavel
jean.clavel@wanadoo.fr

Écrit par : Jean Clavel | 08/09/2006

Bonjour,
habitant de Caunes-en-Minervois, et rédacteur en chef du mensuel Le Magazine du Bibliophile, à Paris, je suis particulièrement intéressé par les événements qui ont secoué le milieu des viticulteurs du Languedoc au début du siècle. Où trouver les meilleures sources historiques ? Les coopératives agricoles de la région ont-elles conservé des archives, des souvenirs de cette période ?
En vous remerciant par avance,
F. R.

reitz@club-internet.fr

Écrit par : Frederik REITZ | 23/09/2006

Bonjour,
Voici quelques ouvrages à recommander:
1907 en Languedoc Roussillon Espace Sud Editions à Montpellier de Jean Sagnes, Monique et Rémy Pech, 3 universitaires de premier plan, qui a l'avantage d'avoir une bibliographie des évènements la plus complète et la plus approfondie.
1907 la grande révolte du Midi de Guy Bechtel chez Robert Lafont,
La révolte des vignerons 1907 de Félix Napo chez Privat
Un livre vient de paraître que je n'ai pas lu
1907 La Guerre du vin Chronique d'une désobéissance civique dans le Midi de Georges Ferré, qui est originaire de Caunes ou d'un village voisin, (Loubatières)
Les coopératives sont nées pour la pluspart aprés 1920 et n'ont pas en général d'archives sur la période 1907. Il y a dans l'Aude une Mission 1907 au Conseil Général présidée par Rémy Pech, et basée aux archives départementales, ils ont fait un travail trés important de collecte, et de numérisation, il y a une base documentaire conséquente.
Responsable Sylvie Caucanas archives@cg11.fr
Bien cordialement Jean Clavel

Écrit par : Jean Clavel | 23/09/2006

Bonjour, MCC , donnez moi le nom et le prénom de votre AGP, je pourrai voir s'il est sur nos listes. Si vous souhaitez , vous pouvez mze le faire parvenir sur mon mail: jean.clavel@orange .fr
Bien cordialement

Écrit par : clavel | 06/10/2006

Bonjour, où trouver la liste des mairies démissionnaires de l'Hérault ? Merci du renseignement. MA. M.

Écrit par : MA Mora | 15/05/2007

Bonjour! Je me questionnais pour apprécier les tendances afin de composer un tel blog. J'aimerai egalement connaître si les inscription sont admis avec votre web site. Si oui quelles sont les avantage

Écrit par : robot piscine | 29/08/2012

Bonjour,

Je cherche à vous joindre pour savoir si je peux réutiliser votre chronologie. Je suis désolé de mettre ce message dans les posts mais le mais de vous que j'ai pu trouvé ne fonctionne pas.

En fait je voudrais pouvoir utiliser votre travail pour mon site et géolocaliser les évènements.

Vous pouvez me contacter à weekisto@gmail.com

Cordialement

Jean

Écrit par : Jean | 08/04/2013

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