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26.06.2006

constitution de la CGVM et diverses autres choses:

 L’arrestation des membres du Comité d’Argeliès et du député maire de Narbonne Ferroul à partir du  19 juin 1907 a entraîné immédiatement la mise en place du Comité de défense viticole N°2, secret,  qui s’est mis immédiatement au travail. Il a reçu le 27 et 28 juin le président de la Commission parlementaire venu  présenter la loi qui sera votée le 29/06 à la Chambre des Députés. Il organise une première réunion générale le 27 qui rassemble ceux des Comités de Narbonne et d’Argeliès et villages alentours. Le 28 juin, dans la cave Bonnafous, à Argeliès le Congrès  des délégués des départements fédérés, présidé par M. Faucilhon  débat de beaucoup de choses, en particulier de la confirmation de la démission des maires le 10 juillet, de l’amnistie générale, y compris des militaire du 17°.  Ils ont élaboré une politique du long terme, basée sur la constitution de la Confédération des vignerons du Midi (CGVM). M. Cazeaux-Cazalet président de la commission parlementaire se rend bien compte que les militants viticoles sont un peu décalés par rapport à l’évolution de la situation, on ne pourra pas maintenir très longtemps la grève des maires, la constitution de la CGVM fondée sur l’union de tous les partenaires sociaux  le rend dubitatif.

Le Tocsin  décrit le fonctionnement de la future Confédération:

Le modeste vigneron, le simple fédéré, peut soumettre toute proposition au Comité local. Celui-ci l’adopte ou la rejette. Adoptée, elle va au comité cantonal, qui s’il l’approuve, la transmet au comité départemental et celui ci s’il y a lieu au comité confédéral. En cas de rejet par un comité quelconque, chaque fédéré peut en appeler de cette décision devant le Comité immédiatement supérieur qui statue définitivement…

Cette organisation pyramidale doit rassembler  propriétaires, viticulteurs, employés, ouvriers viticoles. C’est généreux et un peu utopique.

Le 23 juillet a lieu à Béziers la constitution officielle de la CGVM au cours d’une assemblée générale, présidée par Antonin Palazy, sa forme quasi définitive est adoptée, 5 grands syndicats constitués de façon pyramidale, à partir du local et du cantonal, Narbonne, Carcassonne, Perpignan, Béziers et Montpellier. Nîmes et Avignon viendront plus tard. Les statuts seront votés à Narbonne le 22 septembre, Ernest Ferroul est élu président, H. Marès, (Montpellier), Castel, (Carcassonne),Rivière (Narbonne) de Crozal (Béziers) vices présidents, secrétaire général Cathala (Argeliès) Fournier (Lezignan) et Guiter (Portel) secrétaires Bouliard , trésorier. Le siège social est fixé à Narbonne. Une commission poursuite des fraudes est désignée.

Aspect très étonnant : les compte rendus des réunions mensuelles des structures professionnelles traditionnelles, Société centrale d’Agriculture, Société départementale d’encouragement à l’agriculture de l’Hérault ne font pas  mention de la création de la CGVM, ces structures traditionnelles qui ont fait du suivisme dans tous les évènements, qui ont été très légaliste ne voient pas l’importance du nouveau syndicalisme et le ressentent comme un concurrent .Le 27 octobre il y a une séance de la section de Béziers de la Société départementale présidée par M. Carles  : M . le Président dit que si pendant les derniers mois de l’année viticole,les membres  n’ont pas été réunis, c’est que vraiment il ne sait pas sur quel sujet ils auraient été appelés à délibérer la  parole était au Parlement et aux Pouvoirs Publics. Nous, membres d’une association viticole, après avoir indiqué les causes de la crise et ses remèdes,  nous avions épuisé les moyens d’actions dont nous disposions…… !!

Le 2 août 1907 les membres actifs du Comité d’Argeliès détenus, ainsi que Ferroul sont libérés de la prison de Montpellier

Mais certains recherchaient les moyens d’une diversification culturale, on voulait sortir du tout viticole, pour cela il faut de l’eau. Le 30 juillet 1907, la société d’agriculture de l’Hérault adopte un rapport de Maurice Chassant viticulteur et professeur à l’Ecole Nationale d’Agriculture de Montpellier, pour le développement de canaux d’irrigation à partir du Rhône. C’est un projet historique. La Chambre des députés en a  voté le 20 décembre 1879 l’utilité publique, le 5 juillet 1907 elle a voté l’urgence, une commission interdépartementale a été constituée le 18 juillet à Nîmes, Les statut de l’Association dite « Syndicat des canaux d’irrigation dérivés du Rhône » ont été adoptés le 8 août 1907. Il y a plusieurs projets concurrents, projet Dumont, projet Souleyre, projet Hérisson …. Il faudra 2 guerres mondiales pour qu’enfin sous l’impulsion de Philippe Lamour, qui grâce à l’intelligence politique de Jean Monet, on fit voter une loi du 24 mai 1951 permettant la création de la Compagnie du Bas Rhône Languedoc (CBRL). La station principale de pompage des eaux du Rhône, fut inaugurée en février 1960 par le Général de Gaulle, et le mois suivant par Nikita Khrouchtchev, alors grand maître de l’URSS, j’y étais en qualité de secrétaire général des jeunes agriculteurs de l’Aude.. C’est à cette époque que des manifestations avaient lieu à Béziers contre les projets d’irrigation, on brûla la voiture de Philippe Lamour !!! Les quantités d’eau pompées par la station  de Pichegru, représentent à peine 2% des eaux du Rhône qui rejoignent la mer. Dans notre beau pays démocratique, pour mener à bien des projets de ce type, il a fallu 80 ans de débats, d’échecs, d’espoirs déçus, de ténacité, et enfin de réussite reconnue. 

Les élections cantonales ont lieu au premier tour le 28 juillet 1907 et au 2° tour le 4 août, Ferroul se présente à Montpellier contre Pezet, ami de Clémenceau, et au Mas Cabardès, est élu aux deux endroits, il démissionne aussitôt.

Le 31 août 1907, le gouvernement décide de ne pas appeler les arriérés d’impôts de 1904, de 1905 ni ceux de 1906 pour les contribuables les plus endettés. C’est le moyen de ramener le fonctionnement normal des municipalités qui progressivement reprennent leur activité.

 La sècheresse qui dure depuis le printemps réduit la récolte,  les vendanges commencent le

l8 septembre. Mais la pluie arrive généralisée le 25 septembre 1907, et provoque les inondations, la vallée de l’Hérault est la plus touchée, de nombreux vignobles sont dévastés, des villages isolés et partiellement détruits, il y a des morts. Le président de la République A. Fallière se déplace en Languedoc.

La première déclaration de récolte publiée en application de la nouvelle loi, en décembre  1907  dans l’Hérault :13 395 227 hl

 

A suivre….

 

20.06.2006

juin 1907 Débats et décisions parlementaires

 

Au mois de décembre 1894, M. Viger Ministre de l’agriculture était à Montpellier pour l’inauguration du monument  élevé face à la gare, à la mémoire de Jules Emile Planchon, découvreur des moyens de lutte contre le phylloxera, il conseillait aux vignerons de maîtriser la reconstitution du vignoble, on sentait alors les début d’une crise de surproduction. Le 4 avril 1900  Félix Sahut, disait au cours d’une conférence : Mieux que Henri IV, nous demandons que le paysan, le cultivateur, l’ouvrier aient à chaque repas de famille, 1 litre de ce bon vin naturel,dont il faut rendre son véritable caractère, celui d’être par excellence la meilleure et la plus démocratique des boissons. (Il sous entendait que l’on avait perdu la qualité du vin naturel).

Des débats nombreux avaient lieu, au sein des organisations professionnelles, au Gouvernement, au Parlement, sur la nécessité de mettre en place des règles de production et de mise en marché des vins en France. Mais des rapports de force économique et politique retardaient les décisions. Le lobby betteravier/sucre du nord de la France, au Parlement freinait toute initiative  La loi fondamentale du 1° août 1905, sur la répression des fraudes vinicoles, n’était pas appliquée à cause de l’absence des décrets d’application et des moyens administratifs.

Le Congrès National des Sociétés savantes se tint à Montpellier du 2 au 5 avril 1907, Edmond Lagarde, avocat et viticulteur,  membre de la société Départementale d’encouragement à l’agriculture de l’Hérault, la représentait , il fit une communication qui parut au JO du 7 avril. Il déclarait : (extraits) la cause essentielle de la crise que connaît la viticulture est la brusque réduction des droits sur les sucres de 50 fr. à 25 francs le quintal, par la loi du 28 janvier 1903. On put,  à partir de ce moment là, par un sucrage qui n’était plus aussi coûteux augmenter la production. On en a la preuve,  la consommation sucrière était avant la loi de 1903 de 450 000 tonnes par an, après la loi de 1903 elle a monté à 700 000 tonnes par an…..Le sucrage entraîne avec lui d’ autres fléaux dont le mouillage qui lui sert d’adjuvant
 Tout est dit….

Le 27 juin 1907 le président Cazeaux Cazalis, député de Gironde, de commission parlementaire viticole vient à Argeliès s’entretenir officieusement avec le comité n° 2 à Argeliès. Il vient présenter la loi qui sera votée le 29 juin à l’Assemblée Nationale et qui prévoit la confirmation que le terme vin ne peut être employé que pour le produit issu exclusivement de la fermentation du jus de raisin frais, ainsi que  plusieurs choses fondamentales :

1°- la déclaration de récolte et de stock, publique et affichée en mairie,

2°-la communication de ces données à la recette locale des contributions indirectes,

3°le suivie de la circulation des vins par un document fiscal,

4°la limitation de la chaptalisation (utilisation du sucre de betterave en première cuvée),

5°la limitation de l’élaboration des boissons familiales à l’aide de sucre,

6°le contrôle de la circulation des sucres par quantité de plus de 25 kg.,

 7°la possibilité pour tout syndicat de la loi 1884, de participer à un procès de fraudes et d’obtenir réparation. Cette dernière disposition est importante dans la mesure ou le Ministère des Finances avait pour habitude de bloquer toute action judicaire sur la fraude, par une transaction financière avec le contrevenant.

Elle  entraînera la création de la Confédération des Vignerons du Midi (GCVM) par le Docteur Ferroul, lorsqu’il sera libéré de sa détention.

Le 10 août 1907 est publiée au JO la circulaire d’application de la loi, envoyée aux  Préfets qui la répercuteront aux maires, ce qui démontre que lorsque la volonté politique est affirmée par l’urgence des situations, l’efficacité des administrations est surprenante. De fait, la nouvelle loi qui impose des pratiques administratives nouvelles est appliquée dès les vendanges 1907. Les manifestations, les blocages politiques et administratifs du printemps 1907 dans le Midi  ont donné des résultats évidents, au prix de troubles et désordres de l’Ordre Public, de morts d’homme et de femme, de mouvements et sanctions militaires. La société française est ainsi faite, que le centralisme qui rend parfois sourd et aveugle les décideurs parisiens, doit être surmonté par des actes que l’esprit républicain réprouve.

Pendant ce temps d’autres discussions, curieusement toujours d’actualité, avaient lieu au Parlement : Les députés entendaient une communications de M. le Marquis de Dion,  député lui-même, membre et animateur de l’automobile Club de France (ACF) fondateur du laboratoire automobile de l’ACF, qui analyse et commente les résultats de l’utilisation des alcools agricoles dans les réservoirs des voitures automobiles et remplace le pétrole importé. Il disait qu’une partie de la solution des problèmes actuels de la viticulture et de l’industrie betteravière pouvaient être solutionné par la généralisation de l’utilisation des alcools dans les moteurs à pétrole. La technique est au point, les rendements sont bons, il suffit de surmonter les oppositions diverses et variées en particulier les intérêts pétroliers.
Découragés par la coalition d’intérêts qui se dresse contre eux, par toutes les vexations, les formalités sans nom, les promoteurs de l’idée sont tentés de renoncer……L’industrie nationale  a su vaincre la routine pour la traction sur les routes ; elle doit vaincre ces mêmes résistances qui, au service de petits intérêts, sont nuisibles non seulement à l’automobile, mais à la France tout entière…
La Chambre frappée de la justesse des idées que je venais de lui soumettre, a nommé une commission de 22 membres. Qu’elle se mette résolument à la besogne, qu’on lui facilite sa tâche, Elle a en main la solution la plus sûre et la plus équitable de l’épouvantable crise dont souffre le Midi.

Je tiens à la disposition des personnes intéressées le texte complet de l’intervention du Marquis de Dion  qui a été fondateur d’une marque d’automobile avec le concours de l’ingénieur Bouton (marque De Dion-Bouton) Il y avait, à cette époque, 40 000 automobiles en France. C’était le début de l’industrialisation et la naissance d’une activité essentielle de la société moderne et aussi d’une fiscalité qui apporte à l’Etat Français une grande partie de ses ressources.  On parle toujours du même problème, sous un vocable nouveau les Bio Carburants, je vous parie qu’en 2007 il y aura beaucoup de discours sur ce thème…..quant aux résultats, il faudra compter avec Total.....

A suivre…..

 

 

 

 

 

17.06.2006

Provocations ?

En ce matin du 15 juin, on annonce dans Midi Libre que l’entrepôt de matières sèches du négociant en vins Jeanjean de Saint Félix de Lodez a brûlé dans la nuit du 13 au 14 juin, il y a des dégâts très importants, et vraisemblablement le fonctionnement de l’entreprise sera durablement perturbé. Dans cet entrepôt, il y avait tout ce qui est nécessaire au fonctionnement des  chaînes d’embouteillage, cartons, bouchons, étiquettes, palettes, peut être bouteilles, poches et cartons de BIB, tout cela imprimé, classé, plus le matériel de manutention. La reconstitution de ces stocks prendra des semaines ou des mois, la fourniture des commandes de vins conditionnés, sera durablement perturbée, ce qui fera la joie des concurrents de Jeanjean, et les résultats de l’entreprise, premier employeur de la vallée de l’Hérault, hypothéqués. C’est le 3° acte de violence commis contre cette entreprise depuis février 2006.

Le principal problème du Languedoc est la faiblesse de son commerce des vins, et une des rares entreprises performantes, qui met principalement en marché les vins de la région, qui valorise les AOC régionales, est victime de ceux qui devraient la soutenir. C’est une attitude pathologique et suicidaire, qui démontre le faible niveau culturel, l’incapacité intellectuelle d’une claire conscience collective des véritables problèmes viticoles régionaux, et des solutions qui devraient être mise en œuvre. C’est aussi la démonstration que les structures professionnelles, celles de l’Etat et des organismes parapublics concernés ont failli dans leur mission.

La nouvelle organisation de marché vitivinicole européen (OCM vin) dont le contenu sera révélé le 22 juin à Bruxelles, va prévoir sans doute l’arrachage subventionné, en 5 ans, de 400 000 ha. de vignes dans l’Union Européenne, dont 100 000 ha. en France , combien en LR ? je rappelle que nous avons encore 280 000 ha. de vignes en Languedoc Roussillon. Combien de  caves coopératives et d’emplois condamnées ? Y a-t-il un programme de restructuration de la coopération viticole dans notre région ?  Il se prépare une véritable révolution agricole en LR, que faire des surfaces libérées par la vigne ?

Je ne peux m’empêcher de faire des rapprochements avec les évènements de 1907. Il y avait à cette époque, des responsables politiques et professionnels très compétents, courageux, motivés et engagés, pour lesquels le monde viticole avait une grande importance et qui avaient sa confiance.  Le docteur Ferroul, député Maire de Narbonne fondateur de la Confédération Générale des vignerons du Midi fédérait et entraînait l’ensemble des forces professionnelles et politiques régionales, et la CGVM obtenait du Parlement la possibilité d’être l’acteur judiciaire essentiel dans la répression de la fraude sur les vins . Marcelin Albert est reçu par Clémenceau, sans rendez vous,  ça ne lui a pas réussi personnellement, mais ça montre quelle force était dans la mobilisation régionale.

 La commission d’enquête parlementaire avait étudié tous les aspects des problèmes et lancé une vaste consultation écrite auprès de tous les acteurs de la production et de la mise en marché au niveau national, puis s’était déplacée dans les principales régions. Des débats nombreux avaient eu lieu au Parlement qui arbitraient entre des intérêts contradictoires, ceux des producteurs de sucre de betterave et ceux des viticulteurs. Les décisions prises  ont structuré la production viticole jusqu’à nos jours : obligation de déclaration de récolte, après les vendanges, de déclaration de stock à la fin de l’année culturale, et publicité de ces déclarations, création d’un corps de répression des fraudes, chargés d’appliquer la loi de 1905 sur les fraudes,  financé par une taxe prélevée sur les ventes  et les transports de vin(contributions indirectes), faculté donnée aux syndicats viticoles d’être « partie civile » dans les procès pour fraude….

Bien entendu les situations de 1907 et celle de 2006 sont très différentes au point de vue viticole du Languedoc-Roussillon. Le poids économique et social viticole  qui était principal dans l’ensemble régional en 1907, est devenu marginal en 2006. Mais il existait une volonté professionnelle et politique en 1907  dont il faut bien constater l’absence  aujourd’hui. L’incohérence, la dispersion des acteurs professionnels, le manque d’une stratégie viticole régionale conduisent à une faillite dont se sauveront les coopératives ayant construit un vrai marché pour leur production, et les caves particulières s’adressant à des consommateurs situés dans des  niches  rémunératrices.

La démonstration de l’incohérence de la politique viticole nous est donnée par le sujet du Bac technologique série STPA, sciences de la matière et du vivant : Le vin et ses dangers,

Première partie Sciences physiques

1-Le vin

2-l’alcoolémie

3-la sécurité routière

Deuxième partie : Biologie-Ecologie

Les activités vinicoles génèrent des effluents qui lorsqu’ils sont déversés dans les rivières altèrent la qualité des eaux.
Y a-t-il au sein de l’Education Nationale ou du ministère de l’agriculture une délégation de l’ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) qui est  l’organe militant des campagnes anti vin ?  On pourrait le croire tant la méthode utilisée est insidieuse et efficace.
Car les jeunes qui ont planché durant 3 h. 30 sur ces thèmes dont la traduction est très technique, par exemple, le changement de couleur de l’alcootest qui est le résultat  de demi réactions équilibrées des couples de l’éthanol et du dichromate (écrire les équations), ou bien : conduire avec de l’alcool dans le sang ralentit les réflexes, une voiture de masse de 1100 kg. roule à 130 km.h et a une distance de freinage de 110 m  par temps sec…..  se souviendront longtemps des dangers du vin, dans la vie courante.
Je suis convaincu que l’établissement de ce sujet est un acte militant de gens qui  sont parfaitement conscients de ce qu’ils font, qui ont usé du pouvoir que leur donne la Société dans le cadre de l’Education Nationale, pour diffuser de façon sournoise, dissimilée, hypocrite, une opinion appuyée par les campagnes de communication anti-vin et financées par le Ministère de la Santé.
Cette situation est rendue possible par la faiblesse sociétale du monde viti-vinicole, par l’absence de réaction crédible, face aux attaques répétées en France contre la consommation modérée de vin. La situation est totalement différente en Espagne, ou le vin est considéré comme une richesse nationale et protégé au plan culturel et économique par une décision parlementaire
A suivre…..

 

 

13.06.2006

Marcelin rencontre Clémenceau

5°- 23 Juin 1907,  Marcelin Albert rencontre Clémenceau à Paris, et retrouve les autres prisonniers :
Le lendemain de la fusillade de Narbonne qui a eu des conséquences nombreuses dans toute la région, la sépulture de 4 des morts, Ramon le secrétaire de la Bourse du travail, Cécile Bourrel la jeune fille de 20 ans, Maignant et Rouquier, a lieu au départ de L’Hôtel-Dieu de Natrbonne. Plus de 10 000 personnes les accompagnent. C’est un cortège imposant décrit par l’envoyé spécial du  « Petit Parisien ». De nombreuses gerbes de fleur, de couronnes montrent combien ces évènement ont secoué personnellement et collectivement la nation tout entière. « Les Journalistes parisiens » « à nos frères du Midi le Parti Socialiste » « Le personnel des Postes Télégraphes et Téléphone » « le Syndicat des boulangers » « le syndicat des limonadiers »… . Lorsque Ferroul apprend dans sa prison  par son neveu ce qui s’est passé à Narbonne, il est effondré.

Le transfert à Montpellier le 19 juin de Ferroul, Bourges, Cabannes et Senty, provoque des manifestations de rue dans la ville a partir de 19 heures jusqu’à 2 heures du matin 2000 à 3000 personnes s’opposent aux gendarmes renforcés dans la nuit par le 75° RI et le 2° Génie, le feu est mis à une porte latérale du tribunal, la rue Nationale  (Foch) est dépavée, l’éclairage public au gaz fermé, 25 arrestations de manifestants qui sont traduites le lendemain matin en comparution immédiate en correctionnelle, des peines allant de 5 jours à 4 mois de prison ont été prononcées Le jeudi 20 juin arrive au Tribunal à Montpellier, Elie Bernard, Marius Cathala, François Richard du Comité d’Argeliès qui viennent se constituer prisonnier. Ils sont maintenant 7 dirigeant incarcérés. La nuit suivante est très agitée. Des barricades sont élevées rue de la Loge et rue saint Guilhem, les émeutiers sortent des Halles tout ce qui peut être utilisé comme obstacle aux chevaux des gendarmes, 38 arrestations. Le 21 des bagarres éclatent à côté de la gare où vont embarquer le 75°RI et le 19° Dragon  pour Béziers, puis vers 21h30 regroupement des manifestants rue de la Loge, jusqu’à 2 heures du matin ils affrontent les bataillons de gendarmes. Mais les militaires n’utiliseront pas leurs armes et se contenteront de distribuer des plats de coups de sabre. Il y a quelques blessés parmi les manifestants et les militaires.

Pendant tous ces évènements, Marcelin Albert a disparu, il a refusé de se constituer prisonnier, et pendant les arrestations des membres du comité à Argeliès, il s’était réfugié dans le clocher du village et  avait assisté passivement au perquisitions et départ de ses amis. Le Comité secret N° 2 est constitué, et découvrant la présence de Marcelin est bien embarrassé. On lui propose de le conduire au tribunal à Montpellier ce qu’il refuse, il dit vouloir se constituer prisonnier à l’Assemblée nationale à Paris. M. du Lac maire démissionnaire de la commune de Montels se propose de l’amener en voiture à la gare de Carcassonne, en fait il arrive à Castelnaudary et à 3 h. du matin il monte dans le train de nuit pour Bordeaux et Paris où il arrive avec beaucoup de retard, a 21 h. Il se rend chez une connaissance et le lendemain samedi, il prend dès le matin avec Félix Aldy député de Narbonne, après plusieurs transmissions de messages, celui-ci lui demande de l’accompagner en train à Narbonne. Il comprend que sa présence à l’Assemblée Nationale n’est pas souhaitée et il prend la décision de rencontrer Clémenceau, après avoir rédigé une lettre publique à celui-ci qu’il fait distribuer aux journaux.

« Je viens solliciter de vous, le retrait des troupes du Midi, la mise en liberté des détenus d’Argeliès, de Ferroul, la répression des fraudes, et vous prier de tendre une main amie à la viticulture, pour le grand bien de la République ».

Le dimanche 23 juin Marcelin se présente aux grilles de la place Beauveau :  « Je viens voir le Président du Conseil, je suis Marcelin Albert »
Il est introduit aussitôt, les policiers de permanence tentent de s’emparer de lui, mais Clémenceau chasse les inspecteurs, après un échange un peu vif, Marcelin est a court d’argument, le « Tigre » dit qu’il a pleuré : Il se fait patelin : « Je suis sûr que vous êtes un honnête homme. Vous dites que vous êtes républicain, prouvez le : essayez de réunir les principales villes du Midi, les maire,s les conseillers municipaux, et proposez leur de rentrer dans la légalité. Je retirerai les troupes quand tout sera rentré dans la légalité ! Quant à la fraudes nous ferons l’impossible pour la réprimer ».
-Je ne refuse pas d’aller prêcher  à mes amis de rentrer dans la légalité et dans l’ordre, en leur promettant de votre part ce que vous venez de me dire. Mais je ne garanti pas de réussir… »
-Eh bien ! vous aurez fait votre devoir, et vous irez vous constituer prisonnier. On me traite d’assassin, mais je vous donne ma parole que force restera à la loi… »

Il rédige un laisser passer qu’il tend à Marcelin :

« J’invite les autorités civiles et militaires à laisser circuler, jusqu’à nouvel ordre, dans  toute l’étendue du territoire, M. Marcelin Albert, porteur du présent écrit, qui retourne dans le département de l’Aude pour se mettre à la disposition de la loi » A Paris le 23 Mai, (il commet l’erreur de date….)

-Avez-vous de l’argent ?

-J’ai 50 francs mais je ne sais pas si j’en aurai assez pour le voyage !!

Clémenceau lui tend un billet de 100 francs, fait appeler une voiture, reconduit Marcelin par une porte de la rue des Saussaies,  l’abrite d’un parapluie.

Clémenceau convoque immédiatement ses proches pour leur expliquer ce qui s’est passé, et part pour l’Elysée. A son retour les journalistes l’attendent et il fait ses confidences qui vont détruire Marcelin. Il suggère les pleurs, le billet de 100 francs « Ce n’est pas un chef, c’est un malheureux, qui est l’expression vivante des sentiments éprouvés par ses compatriotes, j’ajoute que c’est certainement un brave homme, incapable de faire le mal…

Marcelin arrive trop tard à la Gare d’Austerlitz pour le train de midi, il doit attendre celui de 20h.47 et comme il prend un rafraîchissement  dans un café du boulevard saint Michel, il rédige 2 télégrammes, qu’il signe, et le garçon qui va les expédier prévient la presse de sa présence. Il va passer tout son temps d’attente du prochain train avec toute la presse parisienne qui l’assaille de questions.

A la gare, il se trompe de wagon, celui qu’il occupe n’arrive pas à Toulouse,est décroché à Brive, ce qui l’oblige ensuite a prendre un omnibus jusqu’à Toulouse ou il arrive à 11 h. du matin. Il reprend un train pour Narbonne et on le conduit à Argeliès ou il arrive en fin d’après midi. Le Comité n°2 souhaite qu’il se constitue prisonnier, et on lui donne la nuit pour réfléchir. Le lendemain matin  il est conduit à Narbonne et après un déjeuner il prend le train pour Montpellier, il a le temps de rédiger un mot pour Clémenceau

Monsieur le Président,
Je viens vous informer que j’ai fait ce que je vous avais promis. Je vous adresse ci-joint 100 fr ; que vous avez mis à ma disposition. Et comme convenu, je vais  me constituer prisonnier, aujourd’hui même à Montpellier.
Marcelin Albert

Il est écroué le 25 juin à 15 h. à la prison de Montpellier.

A suivre….

 

 

 

 

 

10.06.2006

le 17° part définitivement, et le bataillon des mutins prend la mer vers la Tunisie

4°   23 Juin 1907   L'exil vers vers la Tunisie:

Une fois dans les wagons, on apprend que la direction est Gap dans les Alpes. Le train ne s’arrête plus et sans ravitaillement,  en fin d’après midi, après  400 km., Joseph Dasch  raconte : Nous arrivons a Gap, nous descendons du train  et reprenons notre ordre de marche, moi en tête. Là surprise, la population nous acclame, et une jeune fille s’avance et m’offre une beau bouquet de fleurs rouges. J’entend derrière moi un copain qui me dit :  ne te retourne pas, le colon fait signe de jeter le bouquet. Je marche droit devant sans tourner la tête et quand j’arrive à la caserne je prends « un savon » mémorable. Installation dans les chambrées, mais pas de ravitaillement, pas de soupe, vous mangerez demain nous dit on et défense de sortir !! Nous décidons d’aller nous restaurer en ville et pesons à 700 ou 800  sur  le portail qui commence à céder, un officier surgit et dit à la garde « ouvrez, qu’ils aillent au diable !!! Avec un copain nous mettons en commun nos finances, il nous reste 21 sous en tout. De quoi acheter du pain !! Mais un civil s’avance, c’est ma fille qui vous a offert le bouquet dit-il, je vous attendais, venez vous restaurer chez moi !! Le lendemain,  réveil à 5 heures et départ, avec équipement complet,  pour le terrain de manœuvre avec revue par un général qui nous dit qu’il sera heureux de nous garder à Gap. Mais surprise, un officier à cheval arrive et remet un pli au Général.
Après lecture, Il dit  : les bons soldats à gauche, les révoltés à droite :…..
Un autre appelé, Edmond Moulières d’Adissan raconte dans ses écrits, que le trie à Gap entre ceux qui avaient fait acte de mutinerie et ceux qui s’étaient abstenu était très superficiel, il y eut 600 d’un côté, ceux des mutins, et 300 de l’autre, l’on fit beaucoup d’injustices, certains qui avaient marché, même en tête, restèrent à Gap, d’autres avec « culot » réclamèrent, et restèrent, d’autres qui n’avaient pas marché restèrent avec leurs copains mutins et partirent…. Un autre raconte que les officiers des compagnies tirèrent au sort le fait de partir avec les mutins. Joseph Dasch qui se tient toujours très informé, suit de près les tractations entre officiers supérieurs pour savoir quel commandant va partir avec le bataillon des mutins. « le Général offre le commandement du bataillon d’épreuve à 2 officiers supérieurs qui refusent  et le commandement échoit au Commandant Vilarem  qui accepte, a ma grande joie car je sais que c’est un homme de cœur, un moment après je peux lui poser la question, où allons nous ? je n’en sais pas plus que toi !! pendant ce temps le reste du régiment rejoint son casernement à Gap » …..

Des fourgons arrivent et on nous ordonne, prenez 4 à 5 pains et autant de boîtes de « singe » chacun,  et ce chargement arrimé sur les sacs, en route vers la gare de Gap, dans la nuit nous sommes à Marseille, et repartons vers Nice. A 3 heures du matin nous sommes en gare de Villefranche sur mer. Direction le port, et nous apercevons deux bateaux de guerre au large. Nous embarquons dans des baleinières et rejoignons le Desaix et le Du Cayla. Je pose des questions aux marins, allons nous en Crête relever le bataillon du 122°RI qui s’y trouve ? Finalement après plusieurs jours de navigation, ils arrivent en rade de Sfax au sud de la Tunisie.

Louis Cabrol de Quarante raconte : Le 28 juin à 4 heures du soir, on est au large de Sfax, l’absence de fond suffisant interdit d’approcher du bord, on reste plusieurs KM en mer et on commence à embarquer sur des bateaux  tirés par des contre-torpilleurs a vapeur, et à 5 heures, on se dirigeait vers la gare pour monter dans un train qui allait 205 km plus loin à Gafsa.

Le commandant Vilarem décrit le contexte : Il n’est point dans tous les pays d’Europe, de prison mieux verrouillée qu’un poste d’Afrique, avec pour ceinture de murailles, le désert immense ou la mort guette sûrement celui qui s’y aventure sans même être poursuivi….
… Pendant les premiers jours de juillet, les transes étaient vives dans le biterrois. Un courrier nombreux m’arrivait 3 fois par semaine et des télégrammes quotidiens pleuvaient, me réclamant avec insistance des nouvelles des enfants. Ces angoisses étaient d’autant plus fortes que divers journaux de France présentaient l’état sanitaire du bataillon comme très mauvais. J’étais dans l’ impossibilité absolue, en raison de mes occupations de satisfaire aux demandes de mes correspondants. J’adressai au Sous-préfet de Béziers un télégramme privé : Prière démentir nouvelles tendancieuses, état sanitaire excellent, moral également, calme absolu… Le Sous-préfet communiqua à la presse cette dépêche et apporta un grand soulagement aux familles, mais me valut une lettre sèche et désagréable du colonel de Gap, m’obligeant  à passer désormais par la voie hiérarchique pour toute communication.
La classe 1903 fut libérée à Gafsa le 25 septembre 1907,ils n’ont fait que 2 mois de plus que les autres appelés restés en France. Les autres classes  ne reviendront que le 20 mai 1908  par le paquebot Djurdura et visiteront au passage Tunis, le bataillon étant dissous immédiatement  à l’arrivée à Gap. Le commandant Vilarem, a qui on avait promis le 5° galon de colonel, s’il réussissait  la remise en ordre militaire du bataillon d’épreuve, promesse sans suite, a rédigé après sa mise à la retraite en 1909, un texte publié aux éditions de l’Oeuvre à Paris « Pour mes soldats, La vérité sur la mutinerie du 17° d’infanterie ». Il fait le point sur les causes, les circonstances, les punitions des hommes, des gradés, les ambitions de certains qui ont prospéré dans cette épreuve. Il dit sa peine des 3 décès de jeunes à Gafsa. C’est lui qui a diffusé le texte écrit par le commandant Bouyssou dans son rapport au ministre :
 Le soldat du midi a sa personnification la plus complète dans le soldat de Béziers. Ce dernier les synthétise tous car il en a tous les défauts, comme toutes les qualités. Le Biterrois est intelligent, paresseux, jouisseur, extrêmement vaniteux, souple et faux. Par nature, il fait de la politique, il lit les journaux, et aime à pérorer sur le forum persuadé qu’il est le premier en tout, et pour tout, il ne trouve pas d’épithète assez forte , assez exagérée, pour servir d’étiquette à ses opinions. Il veut battre tous les records, il veut être celui dont on parle le plus, même au prix des pires folies, et des pires excès. Transporté dans un autre milieu, sous un autre climat, noyé dans des éléments différents de lui, le soldat du midi est susceptible d’être excellent, car ses défauts ne trouvant pas à s’alimenter, diminuent d’intensité. C’est alors que ses qualités d’intelligence, d’endurance, de sobriété réapparaissent. Il s’aperçoit que son éloquence ne trouve pas d’écho, il devient comme tout le monde. Pris isolément, il redoute la force et craint les coups.
Avec ce caractère que je viens d’essayer de dépeindre, cette population devait accueillir avidement les doctrines socialistes et anti-militaristes. Ne reconnaître aucun frein et aucune autorité convenait parfaitement à ces natures indépendantes et orgueilleuses C’est ce qui est arrivé et le Midi est actuellement mûr pour le socialisme. Au point de vue moral, le Midi est totalement perverti. La prospérité inouïe, qui a régné pendant vingt ans dans la région, a fait de ses habitants des paresseux et des jouisseurs. Le sens moral est aboli……

Le Général Coupillaud chargé d’établir le rapport militaire final a utilisé largement tout l’argumentaire du commandant Bouyssou !!!....

Le commandant Vilarem démontre que son départ à Gafsa était prémédité, il était père de 7 enfants, les autres commandants du 17° étaient célibataires. Mais il pouvait mettre en cause le comportement du Lieutenant-colonel Boé pendant la mutinerie, alors que celui-ci a bénéficié d’une promotion importante, nomination au grade de colonel  en août 1908 et attribution de la médaille d’or de la valeur militaire. Le colonel Plocque commandant le 17° an moment des évènements a été mis à la retraite dans le mois qui a suivi la mutinerie et rayé des cadres dans le mois suivant…..

A suivre,

07.06.2006

19/20 juin 1907 entrée des mutins dans Béziers et reddition

3° : 19/20 juin : Les mutins du 17° entrent dans Béziers, et au soir du 20 juin ils se sont  rendent.

Joseph Dasch  raconte l’entrée dans Béziers des mutins du 17° au petit matin, en ordre et musique jouant l’Internationale.  Un mot sur cet hymne , dont j’ai découvert qu’il était très commun à cette époque, chant des jeune contestataires de tous horizons, un peu comme le Rap actuellement. Les soldats du 100° RI de Narbonne chantent l’Internationale au moment du passage des trains qui reviennent de la manif de Montpellier, ce qui vaut la mise à la retraite d’office de son colonel, les manifestants de Perpignan la chantent, c’est en quelque sorte le moyen de contestation pacifique très utilisé. Il n’a pas encore la connotation qu’il prendra par la suite  après la révolution russe de 1917. Le préfet de Perpignan,  qui s’illustrera dans le sac de sa préfecture en se réfugiant avec sa famille et ses proches collaborateurs sur le toit, répond au maire de Maury (c’était  avant les évènements  et la démission des maires) qui l’interrogeait sur l’attitude qu’il devait avoir, en qualité de responsable de l’ordre public, lorsque des manifestants défilaient dans son village en chantant l’Internationale. Il répondait, par écrit que l’Internationale  n’avait aucun caractère séditieux lorsqu’elle était chantée par des manifestants ne se livrant pas à des actes violents. Mais Clémenceau  n’avait pas apprécié et avait convoqué le Préfet Dautresme à Paris pour lui passer un savon mémorable.  Les paroles de l’hymne ont été écrites par Eugène Pottier en 1871, sous forme d’un poème sur la  la Commune de Paris, mis en musique en 1888 par Pierre de Geyter, traduite dans toutes les langues du monde.

Le caporal fourrier du régiment en tête, décrit sa montée de l’avenue d’Agde et l’arrivée sur les Allées Paul Riquet, l’incident du drapeau de l’Hôtel de Ville dont il exige qu’il soit crêpé de noir à cause des morts de Narbonne. Il a tout de suite satisfaction. On installe un campement provisoire en haut des Allées face au Théâtre, des cordes sont tendues entre les arbres, on apporte de la paille et beaucoup se couchent pour faire un somme. Les parents des appelés ont été avertis de leur présence  et arrivent avec des provisions, Joseph Dasch demande de modérer la consommation de vin afin de garder la tête froide. François Rabat,  dont les parents étaient laitiers à Béziers, raconte leur inquiétude  et leur désir que cesse au plus tôt cette mutinerie. A force d’insistance, lui et son copain acceptent à 12 h. de monter dans la carriole du laitier qui, au trot, les ramène à Agde, ce qui ne l’empêchera pas de partir à Gafsa !! Tous les élus de la ville, les responsables professionnels, s’agitent  et prennent des initiatives pour que cesse cette rébellion, on annonce l’arrivée à Béziers de nouvelles troupes et groupes de cavaliers de gendarmerie, des coups de feu sont tirés en l’air ce qui vide les Allées de tout ce qui n’est pas militaire. Beaucoup d’agitation et de fausses nouvelles. On va chercher 3 membres du Comité N°2 d’Argeliès, Marty  rencontre au quartier Saint Jacques le Général Lacroisade, pour tenter une médiation, mais le  général Bailloud commandant la région sud prend les choses en main, envoie des émissaires aux mutins, en particulier, un caporal non mutin, qui est ami des caporaux meneurs. Il  convoque tous les militaires à la place Garibaldi à 16 h.30. Pendant ce temps Antonin Palazy fait des allées et retour entre les militaires et la sous préfecture, pour obtenir qu’il n’y ait pas de sanctions individuelles. Il revient de la Sous Préfecture et dit « le Président du Conseil accorde son indulgence et décide qu’il n’y aura pas de sanctions individuelles », il  tend une dépêche au Général Bailloud qui la lit à la foule. «Cette dépêche a semble-t-il été manipulée pour mettre fin à la mutinerie » A 17 h. les premiers mutins entrent à la caserne de Béziers et à 17 h. 30   tous ceux qui étaient encore en ville avec leurs armes sont désormais dans la caserne Saint Jacques. La révolte est terminée. Après un discours du Général Lacroisade et le dépôt des armes, ils ont quartier libre et doivent se présenter le lendemain matin pour rejoindre Agde en train. Chacun s’organise pour la soirée et la nuit, qui chez des parents qui chez des amis, et Joseph Dasch raconte le départ de Béziers,  sous le contrôle des Généraux Goupillaud et Bailloud lequel lui dit quelques mots d’encouragement. « Arrivée à Agde, c’est quartier libre pour la journée et le lendemain. Ce n’est que le Dimanche 24 vers 1 h. du matin que le branle bas est sonné, équipement complet sur le dos et le régiment au grand complet, caporal sapeur en tête se déplace, quitte les casernements , de nombreuses unités de l’armée de terre sont déployées jusqu’à la gare ou un train nous attend. En passant devant  le 75° RI de Romans, une main me tend un papier que je serre dans la mienne. Le train est garni d’artilleurs et des pièces de 75 sont sur des plates formes. . Je réussis a lire  le papier dans un coin un peu mieux éclairé, il me dit de refuser de monter dans le train, de bloquer les artilleurs dans leurs wagons avec nos baïonnettes, que les militaires autour de nous vont nous donner des cartouches, que les coloniaux qui gardent la voie ferrée ne marcheront pas contre nous. Je réfléchis rapidement avale le papier et nous montons dans les wagons, c’était une folie de tenter ce coup… »
A suivre……

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