UA-391811903-1
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

13/06/2006

Marcelin rencontre Clémenceau

5°- 23 Juin 1907,  Marcelin Albert rencontre Clémenceau à Paris, et retrouve les autres prisonniers :
Le lendemain de la fusillade de Narbonne qui a eu des conséquences nombreuses dans toute la région, la sépulture de 4 des morts, Ramon le secrétaire de la Bourse du travail, Cécile Bourrel la jeune fille de 20 ans, Maignant et Rouquier, a lieu au départ de L’Hôtel-Dieu de Natrbonne. Plus de 10 000 personnes les accompagnent. C’est un cortège imposant décrit par l’envoyé spécial du  « Petit Parisien ». De nombreuses gerbes de fleur, de couronnes montrent combien ces évènement ont secoué personnellement et collectivement la nation tout entière. « Les Journalistes parisiens » « à nos frères du Midi le Parti Socialiste » « Le personnel des Postes Télégraphes et Téléphone » « le Syndicat des boulangers » « le syndicat des limonadiers »… . Lorsque Ferroul apprend dans sa prison  par son neveu ce qui s’est passé à Narbonne, il est effondré.

Le transfert à Montpellier le 19 juin de Ferroul, Bourges, Cabannes et Senty, provoque des manifestations de rue dans la ville a partir de 19 heures jusqu’à 2 heures du matin 2000 à 3000 personnes s’opposent aux gendarmes renforcés dans la nuit par le 75° RI et le 2° Génie, le feu est mis à une porte latérale du tribunal, la rue Nationale  (Foch) est dépavée, l’éclairage public au gaz fermé, 25 arrestations de manifestants qui sont traduites le lendemain matin en comparution immédiate en correctionnelle, des peines allant de 5 jours à 4 mois de prison ont été prononcées Le jeudi 20 juin arrive au Tribunal à Montpellier, Elie Bernard, Marius Cathala, François Richard du Comité d’Argeliès qui viennent se constituer prisonnier. Ils sont maintenant 7 dirigeant incarcérés. La nuit suivante est très agitée. Des barricades sont élevées rue de la Loge et rue saint Guilhem, les émeutiers sortent des Halles tout ce qui peut être utilisé comme obstacle aux chevaux des gendarmes, 38 arrestations. Le 21 des bagarres éclatent à côté de la gare où vont embarquer le 75°RI et le 19° Dragon  pour Béziers, puis vers 21h30 regroupement des manifestants rue de la Loge, jusqu’à 2 heures du matin ils affrontent les bataillons de gendarmes. Mais les militaires n’utiliseront pas leurs armes et se contenteront de distribuer des plats de coups de sabre. Il y a quelques blessés parmi les manifestants et les militaires.

Pendant tous ces évènements, Marcelin Albert a disparu, il a refusé de se constituer prisonnier, et pendant les arrestations des membres du comité à Argeliès, il s’était réfugié dans le clocher du village et  avait assisté passivement au perquisitions et départ de ses amis. Le Comité secret N° 2 est constitué, et découvrant la présence de Marcelin est bien embarrassé. On lui propose de le conduire au tribunal à Montpellier ce qu’il refuse, il dit vouloir se constituer prisonnier à l’Assemblée nationale à Paris. M. du Lac maire démissionnaire de la commune de Montels se propose de l’amener en voiture à la gare de Carcassonne, en fait il arrive à Castelnaudary et à 3 h. du matin il monte dans le train de nuit pour Bordeaux et Paris où il arrive avec beaucoup de retard, a 21 h. Il se rend chez une connaissance et le lendemain samedi, il prend dès le matin avec Félix Aldy député de Narbonne, après plusieurs transmissions de messages, celui-ci lui demande de l’accompagner en train à Narbonne. Il comprend que sa présence à l’Assemblée Nationale n’est pas souhaitée et il prend la décision de rencontrer Clémenceau, après avoir rédigé une lettre publique à celui-ci qu’il fait distribuer aux journaux.

« Je viens solliciter de vous, le retrait des troupes du Midi, la mise en liberté des détenus d’Argeliès, de Ferroul, la répression des fraudes, et vous prier de tendre une main amie à la viticulture, pour le grand bien de la République ».

Le dimanche 23 juin Marcelin se présente aux grilles de la place Beauveau :  « Je viens voir le Président du Conseil, je suis Marcelin Albert »
Il est introduit aussitôt, les policiers de permanence tentent de s’emparer de lui, mais Clémenceau chasse les inspecteurs, après un échange un peu vif, Marcelin est a court d’argument, le « Tigre » dit qu’il a pleuré : Il se fait patelin : « Je suis sûr que vous êtes un honnête homme. Vous dites que vous êtes républicain, prouvez le : essayez de réunir les principales villes du Midi, les maire,s les conseillers municipaux, et proposez leur de rentrer dans la légalité. Je retirerai les troupes quand tout sera rentré dans la légalité ! Quant à la fraudes nous ferons l’impossible pour la réprimer ».
-Je ne refuse pas d’aller prêcher  à mes amis de rentrer dans la légalité et dans l’ordre, en leur promettant de votre part ce que vous venez de me dire. Mais je ne garanti pas de réussir… »
-Eh bien ! vous aurez fait votre devoir, et vous irez vous constituer prisonnier. On me traite d’assassin, mais je vous donne ma parole que force restera à la loi… »

Il rédige un laisser passer qu’il tend à Marcelin :

« J’invite les autorités civiles et militaires à laisser circuler, jusqu’à nouvel ordre, dans  toute l’étendue du territoire, M. Marcelin Albert, porteur du présent écrit, qui retourne dans le département de l’Aude pour se mettre à la disposition de la loi » A Paris le 23 Mai, (il commet l’erreur de date….)

-Avez-vous de l’argent ?

-J’ai 50 francs mais je ne sais pas si j’en aurai assez pour le voyage !!

Clémenceau lui tend un billet de 100 francs, fait appeler une voiture, reconduit Marcelin par une porte de la rue des Saussaies,  l’abrite d’un parapluie.

Clémenceau convoque immédiatement ses proches pour leur expliquer ce qui s’est passé, et part pour l’Elysée. A son retour les journalistes l’attendent et il fait ses confidences qui vont détruire Marcelin. Il suggère les pleurs, le billet de 100 francs « Ce n’est pas un chef, c’est un malheureux, qui est l’expression vivante des sentiments éprouvés par ses compatriotes, j’ajoute que c’est certainement un brave homme, incapable de faire le mal…

Marcelin arrive trop tard à la Gare d’Austerlitz pour le train de midi, il doit attendre celui de 20h.47 et comme il prend un rafraîchissement  dans un café du boulevard saint Michel, il rédige 2 télégrammes, qu’il signe, et le garçon qui va les expédier prévient la presse de sa présence. Il va passer tout son temps d’attente du prochain train avec toute la presse parisienne qui l’assaille de questions.

A la gare, il se trompe de wagon, celui qu’il occupe n’arrive pas à Toulouse,est décroché à Brive, ce qui l’oblige ensuite a prendre un omnibus jusqu’à Toulouse ou il arrive à 11 h. du matin. Il reprend un train pour Narbonne et on le conduit à Argeliès ou il arrive en fin d’après midi. Le Comité n°2 souhaite qu’il se constitue prisonnier, et on lui donne la nuit pour réfléchir. Le lendemain matin  il est conduit à Narbonne et après un déjeuner il prend le train pour Montpellier, il a le temps de rédiger un mot pour Clémenceau

Monsieur le Président,
Je viens vous informer que j’ai fait ce que je vous avais promis. Je vous adresse ci-joint 100 fr ; que vous avez mis à ma disposition. Et comme convenu, je vais  me constituer prisonnier, aujourd’hui même à Montpellier.
Marcelin Albert

Il est écroué le 25 juin à 15 h. à la prison de Montpellier.

A suivre….

 

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.