« Face à la crise des débouchés: les revendications viticoles en 1907 | Page d'accueil | En 2006 comme en 1906 la crise des ventes se poursuit: il faut s'attendre à des arrachages massifs »
18.04.2006
Fraudes et manipulations vinicoles

Ces pratiques étaient généralisées, des négociants-distributeurs des places de consommation pratiquaient en grand cette élaboration, mais les viticulteurs eux-mêmes faisaient souvent plusieurs cuvées, jusqu’à 3 ou 4, retirant le jus de goutte d’une cuve après fermentation, remplissant d’eau ajoutant le sucre, de l’acide tartrique, faisant repartir la fermentation et procédant ainsi plusieurs fois de suite. Le mouillage consistait pour les distributeurs a faire, a partir de deux pièces de 220 litres, une troisième. C’était une pratique habituelle, connue et tolérée des bistrotiers parisiens. Le vinage consistait à ajouter de l’alcool industriel au vin, qui après toutes ces manipulations n’avait plus le degré suffisant. Des ingrédients improbables avaient été utilisés puis interdits, par exemple la fushine que l’on déversait par bonbonnes dans les cuves mouillées et vinées.
Les aromatisations à la baie de sureau, à la graine de coriandre, l’hyèble, l’essence de rose trémières étaient habituelles. La loi Griffe du 14 août 1889 avait tenté de réglementer la production de vin mais sans résultat, l’article 1° était bien rédigé, « Nul ne pourra expédier, vendre, mettre en vente, sous la dénomination de vin un produit autre que celui de la fermentation de raisin frais » mais les articles 2 et 3 « Le produit le la fermentation des marcs de raisins frais avec addition de sucre et d’eau, ne pourra être expédié, mis en vente , vendu, que sous le nom de vin de sucre, même s’il est mélangé en quelques proportion que ce soit avec du vin » il en est de même pour les » vins de raisins sec qui devront être vendus sous cette dénomination » Sur les marché on n’a jamais vu apparaître de vins de sucre ou de vins de raisins sec, même s’il y en avait des millions d’hl.
Mais, bien entendu ces actes procuraient de confortables bénéfices à leurs auteurs, les betteraviers du nord, les industriels fabricants de sucre et d’alcool avaient des défenseurs avisés dans les assemblées parisiennes. Il s’ajoute à ce contexte, l’arrivée en Europe de masses de sucre de canne exotique peu onéreux, qui concurrencent le sucre de betterave et exacerbent les tensions politiques.
A suivre
11:10 Publié dans Histoire de la révolte viticole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : viticulture, revolte, 1907, languedoc-roussillon



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