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07/04/2006

Avant l'explosion de 1907, débats à Paris et en Languedoc


Il y avait à cette époque, des organisations agricoles et viticoles bien structurées et ayant une vie active avec des publications mensuelles documentées et argumentées et des missions variées, techniques, économiques, sociales. La Société départementale d’encouragement à l’agriculture, qui existait dans beaucoup de départements, plutôt à gauche, il y avait dans l’Hérault 4000 membres en 1907, ces membres étaient cooptés, et parrainées par 2 membres anciens, c’est elle qui a été à l’origine de la Caisse Régionale de Crédit Agricole du Midi, qui au moment de la création était structurée de la façon suivante :

Des caisses locales dans la plupart des villages fédérées à la Caisse régionale, sous la tutelle morale du syndicat agricole local . Au moment de son adhésion le vigneron recevait un carnet numéroté, mon grand père avait le numéro 76 à Magalas, faisant le point des droits et devoirs du sociétaire, il y avait beaucoup de devoirs et peu de droits, avec le détail des prêts consentis par la caisse locale, qui étaient garantis par la collectivité des adhérents de la commune auprès de la Caisse régionale :….. ce doit être un déshonneur plus grand encore pour un agriculteur que de ne pas faire face à ses engagements envers sa société de crédit agricole Il doit penser qu’en outre du déshonneur pour lui et les siens, en outre de la perte qu’il fait subir à ses associés, il ferme la dernière porte de salut. Il doit se dire que tous ses associés solidaires auront le droit de le marquer du signe d’infamie, en l’excluant de la Société, en lui reprochant la perte qu’il leur fait éprouver, ils auront le droit de le tenir à l’écart au café et dans tous les lieux publics, et ils le feront.

Les sociétaires doivent être des exemples de moralité à tous égard, ils doivent donner l’exemple du respect des lois, ils doivent non seulement ne faire aucune fraude, comme sucrage clandestin, mouillage, contrebande d’alcool etc.. mais ils doivent encore signaler ces fraudes quand elles se pratiquent autour d’eux, ils doivent les empêcher en se coalisant au besoin. Ce n’est pas de la délation, c’est de la défense contre le vol, c’est la défense de leurs intérêts, du pain de leurs enfants. Enfin le viticulteur associé doit compter un peu sur les pouvoirs publics, mais il doit compter beaucoup plus sur lui-même, sur son esprit d’initiative que l’association décuplera, centuplera…….… le président fondateur de la caisse régionale F. Astier.


La Société Centrale d’Agriculture plutôt à droite, était une section de la Société Nationale d’Agriculture , elle regroupait les grosses entreprises viticoles, et ses membres étaient aussi membres de la Société des Viticulteurs de France, interlocutrice habituelle des Pouvoirs Publics en ce qui concerne la viticulture. Elle publiait mensuellement, la Revue de Viticulture qui faisait autorité, en 1907 le directeur de la revue était P. Viala, Inspecteur général de la viticulture, professeur de viticulture à l’Institut National Agronomique. L’un de ses membres très actif était G. Cazeaux-Cazalet député de Gironde, qui fut président de la commission d’enquête parlementaire viticole crée le 25 janvier 1907 par le Parlement.

Le Congrès organisé par la Société des Viticulteurs de France les 17,18,19 janvier 1907 à l’hôtel Continental à Paris a constitué un Comité Permanent d’alliance de la viticulture, du commerce des vins et spiritueux de France de 38 personnes, 19 marchands de vin, 19 viticulteurs, lequel Comité a proposé un accord entre la viticulture nationale et les délégués très autorisés des 350 fabriques de sucre et d’alcool du Nord. Les délégués des régions viticoles de France se sont très opposés à ce projet d’accord. Lorsque les délégués viticoles du Languedoc se sont trouvés à Montpellier le 9 avril 1907, à l’invitation de la Société départementale d’encouragement à l’agriculture de l’Hérault ils ont commentés les documents finaux du Congrès national , appelée « Charte agricole du Nord » et ont conclu qu’ils étaient totalement en désaccord avec ces orientations, qui entraînaient la viticulture à prendre en charge une partie des pertes de débouchés de sucre des industriels du nord, que les nouvelles règles en préparation allaient provoquer.

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